du marché carbone au rationnement carbone, l’inéluctable

Il paraît qu’il existe une « intelligence collective » de l’espèce humaine. La preuve manque ! Prenons l’exemple du carbone, c’est-à-dire les ressources fossiles, charbon, pétrole ou gaz, qui irriguent toutes nos activités économiques. Comme il s’agit d’énergie de stocks, il faut bien prévoir la fin de ces ressources. Un marché carbone pourrait renchérir l’utilisation de ces sources d’énergie, donc limiter la consommation. Nous n’en prenons pas le chemin. Avec la crise financière, le prix du CO2 s’est effondré : 25 euros la tonne en 2008, 7 euros en 2012 puis 5 euros récemment.

Cerise sur le gâteau, le Parlement européen vient de signer l’arrêt de mort du marché du carbone*. La proposition de la Commission européenne de relever le cours du quota de CO2 en restreignant le nombre de « permis de polluer » a été rejetée : le prix de la tonne a frôlé les 3 euros ! Plus rien n’incite donc les industriels à investir dans les techniques moins polluantes. Comme toujours les considérations de court terme l’ont emporté : on protège la compétitivité des entreprises et la facture des consommateurs d’un renchérissement du prix du carbone… les Pays-Bas ou l’Allemagne peuvent planifier la construction de centrales au charbon ! Les perdants seront les générations futures dont personne parmi nos parlementaires ne représente les voix : ils restent des acteurs-absents.

Puisque le marché carbone est soumis aux contraintes politiques, puisque la plupart des gouvernements refusent aussi la taxe carbone, le rationnement par une carte carbone deviendra inéluctable lors d’un prochain choc pétrolier. C’est ce que nous prévoyons sur ce blog depuis 2009. Comme l’exprimait déjà à l’époque le climatologue James Hansen, «  il y a une profonde déconnexion entre les actions envisagées dans les cercles dirigeants et ce qui est exigé par la science pour la préservation de la planète ».

Cependant en Angleterre, un système de carte carbone par personne avait été envisagé fin juin 2005 par le ministre de l’environnement. Les points carbone de la carte seraient débités chaque fois que son détenteur achèterait des combustibles fossiles, que ce soit pour se chauffer, pour cuisiner, pour se déplacer, pour acheter des engrais… Un jour ou l’autre, il faudra bien mettre en place ce type système pour éviter l’affolement au moment du prochain choc pétrolier, début de la crise ultime de la société thermo-industrielle.

* LE MONDE du 18.04.2013, Le plan de sauvetage du marché carbone rejeté

pour aller plus loin, un bon dossier :Villes en transition : vers le rationnement (Silence n° 379, mai 2010)

2 réflexions sur “du marché carbone au rationnement carbone, l’inéluctable”

  1. Les leaders n’arrivent pas à faire face aux risques menaçant l’humanité
    18 avril, 2013 – Pendant deux décennies, la communauté internationale n’a pas été en mesure de répondre aux menaces faisant face à l’humanité et l’environnement. Selon Michail Gorbatchev, fondateur de Green Cross International (GCI), elle a favorisé le profit au détriment des personnes avec une dangereuse approche à court terme en ce qui concerne le changement climatique et le développement durable.
    Selon M. Gorbatchev, « l’origine de la crise ne fait pas de doutes. La population mondiale dépassera les 9 milliards d’individus avant 2050. Une telle pression démographique ajoutée à une économie en déroute et une exploitation incontrôlée des ressources naturelles, ne fera qu’accentuer la souffrance des hommes, propager la pauvreté, réduire la sécurité humaine, provoquer de nouveaux conflits et dégrader la question environnementale. Nous avons besoin d’une perestroika du développement durable pour révolutionner la façon dont les gens donnent un sens à leur vie : la leur, celle de leurs enfants et fondamentalement celle de la planète que nous partageons. »
    Paul Garwood, Directeur de la Communication, Green Cross International
    paul.garwood@gci.ch

  2. Les leaders n’arrivent pas à faire face aux risques menaçant l’humanité
    18 avril, 2013 – Pendant deux décennies, la communauté internationale n’a pas été en mesure de répondre aux menaces faisant face à l’humanité et l’environnement. Selon Michail Gorbatchev, fondateur de Green Cross International (GCI), elle a favorisé le profit au détriment des personnes avec une dangereuse approche à court terme en ce qui concerne le changement climatique et le développement durable.
    Selon M. Gorbatchev, « l’origine de la crise ne fait pas de doutes. La population mondiale dépassera les 9 milliards d’individus avant 2050. Une telle pression démographique ajoutée à une économie en déroute et une exploitation incontrôlée des ressources naturelles, ne fera qu’accentuer la souffrance des hommes, propager la pauvreté, réduire la sécurité humaine, provoquer de nouveaux conflits et dégrader la question environnementale. Nous avons besoin d’une perestroika du développement durable pour révolutionner la façon dont les gens donnent un sens à leur vie : la leur, celle de leurs enfants et fondamentalement celle de la planète que nous partageons. »
    Paul Garwood, Directeur de la Communication, Green Cross International
    paul.garwood@gci.ch

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