Écologie et politique démographique

Le progressisme est en porte-à-faux avec les grands impératifs de notre temps que sont la décélération, la déconnexion et la décroissance, surtout démographique, comme l’avait bien vu Lévi-Strauss. Voici une application possible selon Gilles Lacan :

« Nul ne sait vraiment aujourd’hui quel nombre d’habitants pourrait nourrir le territoire de la métropole, avec une agriculture sans pétrole, sans engrais azoté et sans pesticides, soucieuse de la condition animale et de la biodiversité, dans un pays où 99 % de la population n’a pas de formation agricole, où les problèmes de stockage des énergies renouvelables ne sont pas maîtrisés, où les terres arables sont abîmées et où il ne subsiste que 15 000 chevaux de trait. En revanche, il ressort des données de l’ONG Global Footprint Network, mesurées en hectares globaux, que la France a une empreinte écologique 1,87 fois supérieure à sa bio-capacité. Pour que l’empreinte écologique du pays soit équivalente à sa bio-capacité, c’est-à-dire qu’elle respecte les capacités de renouvellement des ressources naturelles du territoire, il faudrait :

– soit diviser la consommation moyenne par 1,87 ce qui donnerait un smic net mensuel de 626 € à population et à répartition des revenus inchangées ;

– soit réduire la population dans une proportion de 1,87 ce qui correspondrait à une France de 36,4 millions d’habitants à consommation inchangée ;

– soit encore réduire la consommation et la population dans une proportion cumulée de 1,87.

La France ne manque donc pas d’habitants, bien au contraire. La politique nataliste menée depuis la Libération n’a aujourd’hui pour finalité que d’accompagner la logique de croissance du système économique. Elle n’est plus justifiée, aggrave notre empreinte écologique et rend la vie quotidienne de chacun plus difficile.

Le solde des flux migratoires est largement positif : d’un côté près de 100 000 ressortissants français partent chaque année à l’étranger, de l’autre au moins 350 000 étrangers s’installent en France. Ce solde contribue pour l’essentiel à l’augmentation régulière de la population globale. Une politique de décroissance démographique ne peut ignorer l’incidence des phénomènes migratoires. Elle doit comporter un volet de réduction de l’immigration légale dans ses deux composantes principales : le regroupement familial et l’accueil des étudiants. Concernant l’immigration clandestine, l’action préventive visant à empêcher l’entrée illégale des étrangers sur le territoire doit être privilégiée par rapport aux mesures ostentatoires mais coûteuses et peu efficaces de reconduites à la frontière. D’où ce programme :

1. Supprimer les allocations familiales au-delà du deuxième enfant.

2. Reculer l’âge légal du départ à la retraite pour répondre au déséquilibre financier résultant du vieillissement de la population.

3. Réduire l’immigration légale en limitant les conditions de délivrance des titres de séjour.

4. Réduire l’immigration illégale en renforçant les capacités de Frontex et de la police aux frontières.

5. Stabiliser la population française en deçà de 70 millions d’habitants vers 2030 et amorcer ensuite sa diminution. »

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3 réflexions sur “Écologie et politique démographique”

  1. D’autant que, on peut maintenir son même niveau de vie et même qualité de vie, en consommant moins de ressources naturelles et en polluant moins… On peut même améliorer la qualité de la vie dans ces conditions. Puisque vous cherchez des idées, en voici quelques unes =

    1/ Dans les immeubles de 4 étages, on est 10 familles par rangée ou par escalier si vous préférez. Or chaque famille dispose individuellement de sa machine à laver. Alors pourquoi ne pas installer 2 ou 3 machines à laver dans la cave et les mutualiser ? Il s’agirait de rendre les machines plus solides et réparables comme à l’ancien temps et les mutualiser. Avantages, beaucoup moins de métaux extraits et utiliser pour fournir les ménages en machines à laver, moins de transports pour les déplacer, aussi bien à la vente que lors des déménagements, les machines n’encombrent plus les appartements des ménages donc espace qui peut être utiliser à autre chose, moins d’accident pour les transporter en montant ou descendant les étages, donc moins de soins, moins besoin d’espace des magasins pour entreposer des machines à laver…. Par ailleurs, dans les caves, on peut installer 1 salle pour suspendre le linge, et d’ailleurs pas besoin d’acheter de sèche-linge et pas besoin d’extraire et utiliser des métaux pour produire de sèche-linge, de même pas besoin de dépenser de l’énergie pour faire chauffer les sèches linge, il suffit juste d’installer 1 déshumidificateur d’eau beaucoup moins énergivore et qui permet de sécher le linge plus vite, en outre ça combattrait l’humidité dans l’immeuble par la même occasion !

    2/ Toujours dans les immeubles, chaque famille dispose individuellement d’outils de bricolage, perceuse, ponceuse, marteaux, tournevis, etc etc… Et là pareil, pourquoi ne pas installer un atelier collectif pour une rangée d’immeuble ? Au lieu de produire, entreposer 10 perceuses ? Pourquoi pas 2 perceuses pour 10 familles ? Parce que ce n’est pas avec 4 trous que l’on fait dans l’année pour fixer une étagère qui justifie autant de matos, non ? Et pareil pour les autres outils…. De même, que c’est autant de matos qu’on n’a plus besoin de stocker dans son propre appartement, on s’en sert puis on le range dans l’atelier collectif…. Puis le jour qu’on doit déménager on a plus besoin de déplacer tout ça, on réaménage dans un autre immeuble qui sera organisé de la même manière. En outre, qu’on peut le voir encore ici, on a extrait et utiliser beaucoup moins de matières premières pour offrir les mêmes avantages à la population en outillage.

    3/ Pour les pavillons individuels et lotissements, je vois plein de petites pelouses de tailles ridicules mais chaque famille à acheter sa tondeuse. Et là pareil, pourquoi installer chacun 1 cabane pour chacun ranger sa tondeuse ? Bâtir 1 seule cabane avec 1 tondeuse et quelques outils de jardins suffit non ? Mutualiser la cabane, la tondeuse et quelques outils pour 4 à 6 familles, on installe 1 chemin au bout de leurs jardins mitoyens afin d’accéder à la cabane et le tour est joué… Et là, pareil, moins de métaux utilisés pour offrir les mêmes avantages en équipement de jardin aux familles; donc moins de pollution (aussi bien production, ventes et déménagements), moins de matos à déménager, etc

    Quand on constate qu’on pourrait avoir beaucoup moins de machines pour la même qualité de vie; même mieux elle serait améliorée, les magasins pour entreposer et vendre toutes ces machines et outils seraient beaucoup plus petits, et on regagnerait même de l’espace à l’extérieur, soit pour y réinstaurer des forets et animaux, soit de la permaculture ou agriculture ou encore de l’espace pour de l’élevage dans de meilleures conditions que des poules ou cochons en batterie !

    1. Par ailleurs, il y a plein d’autres effets vertueux à ces idées vues ci-dessus. Par exemple, si un appartement venait à subir un incendie, il n’y aurait plus autant de matériel, machines et outils à remplacer et à assurer ! En outre, si on étend ces idées à l’échelle nationale, et ben il n’y aurait plus autant de cambriolages et vols d’outils et de machines, puisque tout le monde, sans exception, serait équipé de cette façon.

      Sinon autre idée, pourquoi ne pas revoir le fonctionnement des librairies ? Par exemple, au lieu de vendre des bouquins, se contenter de les louer ? Créer des librairies spécialisées de quartier par exemple de fantasy/science-fiction, d’autres de romans/policiers, etc …. Pour l’adhérent, il s’agirait de verser 1 dépôt de garantie, équivalent au prix d’un livre, plus s’il a l’intention de louer plusieurs livres à la fois, ensuite il verse le prix de la location du livre 2 ou 3 euros par exemple, il garde le livre autant qu’il veut dans la durée, pour respecter les rythmes de lecture puis voilà (de toute façon il ramènera les livres puisqu’il aura versé 1 dépôt de garantie). Après les fois suivantes, il a plus qu’à ramener les livres et en emprunter d’autres, il n’y aura plus qu’à payer le prix de la location d’un ou plusieurs bouquins. Notamment, il faudra prévoir de quoi reverser une partie de l’argent aux auteurs. Mais ça aurait le mérite, de gaspiller beaucoup moins de papier et d’encre pour diffuser des livres. En outre, il ne sera plus nécessaire de produire des tablettes ainsi que des data-center pour stocker et diffuser des livres, donc économie de beaucoup d’énergie et de métaux…. Ça faciliterait le recyclage des livres, et beaucoup moins d’arbres de couper pour produire du papier…. Et là pareil, les lecteurs n’auraient plus besoin d’acheter, de stocker et de déplacer autant de livres à son domicile ! Autrement dit, il y aura besoin de beaucoup moins d’étagère en bois et métaux pour entreposer les livres !

    2. Le mot à la mode pour désigner quelque chose de nouveau est INNOVATION. L’idée de mettre en commun (mutualiser) des outils, des machines, comme des tondeuses à gazon, perceuses, machines à laver etc. n’est pas quelque chose de nouveau. Cette idée n’est donc pas à ranger dans le registre des innovations à la con. D’autant plus qu’elle reste une très bonne idée.
      Seulement cette bonne idée ne peut rien révolutionner du tout, surtout pas dans l’état où nous sommes. Avant de penser à mettre en commun le sèche-linge électrique pensons plutôt à tirer 4 fils sur le balcon. Avant de réfléchir à mutualiser la tondeuse à gazon pensons plutôt à mettre des chèvres ou des poules sur la pelouse. Avant de chercher à innover, il faut « décoloniser les imaginaires » ! Alors y’aca, décolonisons !

      Nous connaissons les raisons (bonnes et/ou fausses) qui font que chacun de nous a besoin (ou « besoin ») d’AVOIR , de posséder, « des avoirs plein les armoires » (comme chante Souchon). Nous savons bien que chaque petit-bourgeois (gentilhomme ou pas) aspire à posséder SA caisse ou SA cabane personnelle si ce n’est SON petit Versailles bien à LUI. Avec tout ce qui va dedans et autour, bien évidemment. SA reine ou SON roitelet, SA Pompadour ou SA légitime peu importe, Monseigneur a besoin de se sentir chez LUI, et Gente Dame de se sentir chez ELLE. Les petits-bourgeois ont besoin de dire : « MA femme, MON mari, MA progéniture, MON chez MOI, tout ça c’est à MOI, na !  »
      Et puis MA tondeuse, MA ou MES chignole(s), bagnole(s), machines à laver, à sécher, à repasser, à moudre le café et Jean Passe. Et puis MA piscine et MON jacuzzi, dans MON jardin. Et MES thuyas tout autour pour me protéger de MES voisins. Et MA télé dans MES chiottes, dans mes chiottes à MOI ! MA femme, MES gosses, MON chat et MA Pompadour ayant chacun et chacune leurs chiottes personnelles.

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