économie circulaire, écologie industrielle, un leurre

François Hollande a fait un choix très clair : faire semblant de verdir la croissance et ne jamais céder aux sirènes vertes de la décroissance. C’est donc une récession subie qui va résulter de sa politique. La pyramide de nos activités économiques est basée sur des ressources fossiles en voie d’épuisement. Ne pas comprendre ce fait fondamental est une impasse qui ne peut que précipiter la crise. Le circuit économique qui équilibre production et consommation a été élaboré sans se soucier de la disponibilité des ressources naturelles et la thématique actuelle de l’économie « circulaire » n’est que la dernière mouture du greenwashing, de l’écoblanchiment.

Une des cinq tables rondes de la conférence environnementale lui était consacrée*. Le journaliste Gilles van Kote prend l’exemple d’une agriculture qui utilise un compost. Procédure classique bien mis en évidence par sir Albert Howard en 1940 : « Le maintien de la fécondité de la terre est la condition essentielle d’un système d’agriculture durable. Le cycle de la vie consiste en deux processus, croissance et décomposition., l’une étant la contrepartie de l’autre. Au cours du processus normal des récoltes, la fertilité diminue constamment : sa reconstitution continuelle est donc absolument indispensable… » Le problème, c’est que le compost actuel est produit à partir des déchets ménagers urbains et non plus à partir des résidus de la ferme. Il faut donc trier, enlever verre, métaux, plastiques et autres composantes plus ou moins toxiques, le tout avec consommation d’énergie et déplacements multiples des ordures. Une société complexe ne peut pas mettre en place une agriculture circulaire viable, alors qu’il s’agit du B.A.-BA du recyclage en nourritures terrestres. Encore moins une industrie circulaire.

Dans leur livre Cradle to cradle (du berceau au berceau ou créer et recycler à l’infini), les auteurs espèrent qu’un jour tout ce que l’humain peut produire pourra littéralement être mangé ou tout au moins digéré sous forme d’humus, éliminant ainsi jusqu’à la notion même de déchets. C’est l’économie circulaire de « l’écologie industrielle ». Notons pourtant que William McDonough et Michael Braungart définissent une éco-bénéficience sans jamais donner de moyens sérieux pour la réaliser… Ils travaillent pour les grandes entreprises et rêvent de moquettes et de pérennité de la voiture individuelle ! Ils rêvent de perpétuer le mode de vie actuel, avec plein de voitures « bio » : « Il ne s’agit plus de concevoir une voiture, mais de concevoir un nutrivéhicule… Tandis que le carburant serait brûlé, la vapeur d’eau de ses émissions pourrait être récupérée et réutilisée… Les routes pourraient être couvertes, et offrir ainsi de nouveaux espaces verts pour l’agriculture… Au lieu de relâcher le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, pourquoi ne les stockerions-nous pas dans des boîtes que l’on vendrait aux fabricants de caoutchouc ? » Ce n’est que par inadvertance qu’ils abordent la seule solution durable, des communautés locales résilientes, ce qu’on appelle aujourd’hui les territoires en transition, pour une civilisation de l’après-pétrole très décentralisée et plutôt artisanale qu’industrielle.

* LE MONDE du 21 septembre 2013, En Bretagne, le pari de l’économie circulaire

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1 réflexion sur “économie circulaire, écologie industrielle, un leurre”

  1. Les théoriciens de la transition s’inquiètent peu me semble-t-il du problème de la croissance démographique. On peut douter pourtant que vivre en permaculture et recycler, fût-ce à 100%, suffise à terme!

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