élection/révolution

Souvent les lendemains d’élection déchantent. En effet on ne vote pas pour des idées, mais pour une personne qui une fois élue en fera selon sa libre inspiration : adieu le programme, bonjour le pragmatisme ! Ainsi en 1995 le présidentiable français Jacques Chirac avait bâti toute sa stratégie de persuasion des électeurs sur la fracture sociale et le besoin de solidarité, une fois élu il s’est comme par hasard aperçu qu’il y avait une telle fracture financière qu’il fallait mettre les restrictions à l’ordre du jour. Pourtant on a parfois des surprises agréables. Le présidentiable Nicolas Sarkozy avait un discours environnementaliste réduit à la portion congrue, il parlait plutôt de croissance et d’identité nationale. Une fois élu président de la France, il met Alain Juppé en charge de l’écologie et le dote du titre de ministre d’Etat, le seul du gouvernement. Alain Juppé, numéro 2 du gouvernement, obtient aussi un périmètre ministériel considérablement élargi, énergie, transports, aménagement du territoire… Enfin A.Juppé présente un profil très différent de ses prédécesseurs  à l’écologie : il a un poids politique fort, il n’ignore rien des enjeux internationaux, du fonctionnement de l’Etat et des rapports de force politiques. La lutte contre le réchauffement climatique va-t-elle devenir une priorité ? Le doute s’installe, c’est quand même la droite qui est au pouvoir, soutenue par Bolloré et autres financiers !

 

La révélation écologique de Juppé au Canada ne peut certainement pas lui permettre de comprendre les textes de Théodore Kaczynski. Il ne pensera que fugacement aux tiers-absents (les générations futures, mais aussi les autres espèces de la Biosphère). La sauvegarde de la biodiversité restera un discours, un tel gouvernement est d’abord là pour satisfaire les lobbies…

 

Mais la gauche ferait-elle mieux ?

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