en 2012, écologisme contre extrême droite

Il existe seulement deux offres politiques sérieuses pour les présidentielles 2012, celle de l’extrême droite et celle de l’écologie. Daniel Cohn-Bendit pense encore qu’une candidature écolo au premier tour des présidentielles 2012 est inefficace ou superflue. C’est faire peu de cas d’une histoire de l’écologie politique qui présente  sans interruption au moins un candidat aux présidentielles depuis 1974. C’est oublier que l’écologie  progresse régulièrement dans le choix des électeurs : en 2002, Noël Mamère a dépassé la barre  symbolique des 5 % et même les 7 % si on y ajoutait les voix de Corinne Lepage. Notons aussi que l’alliance des écologistes et de la société civile pour les européennes de 2009 a permis de faire quasiment jeu égal avec le Parti socialiste. L’écologie n’est plus une candidature de témoignage, elle devient une nouvelle offre politique. Mais il existe aussi un autre positionnement depuis 1974, celui de l’extrême droite. Face à la crise globale de notre système thermo-industriel, le Front National propose le repli sur nos frontières et désigne des boucs émissaires, l’immigration principalement. Il est en effet plus facile dans l’adversité de montrer du doigt un coupable présumé. Face à cette tactique souvent utilisée dans la pratique électorale, l’écologie politique présente nombre d’analyses et de pratiques possibles, c’est-à-dire des réponses complexes pour une crise multiple. Or une idée juste mais complexe passe beaucoup plus difficilement dans les urnes qu’une réponse fausse mais simple. C’est d’abord pour cela que le Front national est arrivé au deuxième tour des présidentielles en 2002.

La France connaît d’ailleurs, dans la perspective des présidentielles 2012, un alignement de la droite sarkozienne sur les thèses de l’extrême droite. Avec Claude Guéant, Brice Hortefeux ou Marine Le Pen, il existe une homogénéité voulue dans la recherche de boucs émissaires. Avec l’écologie « qui commence à bien faire », l’abandon de la taxe carbone et les rêves envolés du Grenelle de l’environnement, nous voyons que la droite n’est pas capable de traiter l’urgence écologique. De son côté le Parti socialiste continue à sous-traiter la question environnementale ; lors du dernier congrès à Reims en 2008, le PS a complètement ignoré la possibilité de devenir un parti résolument écologique comme le proposait la motion B de son pôle écologique. Face à un socialisme engoncé dans une social-démocratie obsolète et bien proche des fondamentaux de droite, seule une candidature écologiste porte une autre voix, celle de la réconciliation entre les activités humaines et les possibilités de notre planète.

Il y a urgence. Depuis le rapport du club de Rome en 1972 sur les limites de la croissance en passant par les analyses du GIEC, l’écologie scientifique nous a permis de mesurer les dégâts du progrès. Or l’UMP et le PS restent deux idéologies jumelles, associées à la révolution industrielle et vouées à la croissance économique, valorisant le facteur capital et/ou le facteur travail, oubliant complètement le facteur terre. Ces pratiques du « toujours plus » nous ont entraînés dans des impasses tant financières qu’environnementales. C’est l’écologie politique qui montre la nécessité d’une troisième voie, au-delà de la droite et de la gauche, rassemblant tous les citoyens conscients des limites de notre planète. S’il n’y avait pas de traduction politique de l’urgence écologique, ce serait démobilisateur et démoralisant. Face aux crises systémiques, Europe Ecologie-Les Verts propose un changement en profondeur de notre système économique et social qui passe par une rupture dans nos modes de production et de consommation.

Depuis la formation en Nouvelle Zélande du premier parti écologiste, le « Values Party » en 1972 et la candidature de René Dumont pour les présidentielles françaises de 1974, l’écologie politique va bientôt avoir quarante ans. L’âge de la maturité ? Pas encore. Ses porte-parole peinent à s’imposer dans un milieu de libertaires qui peuvent commettre des errements du genre « pacte anti-Hulot ». Mais c’est un projet d’avenir qui valorise le respect de la diversité biologique et culturelle ; l’inverse des choix de la droite. C’est un projet qui prône la décentralisation de l’économie et du pouvoir ; l’inverse des choix de la droite. Mais ce sont surtout les craquements de la planète qui valident la candidature d’un ou une écologiste aux présidentielles 2012.

(chronique déjà parue à notre initiative sur lemonde.fr)

 

Partagez ...

5 réflexions sur “en 2012, écologisme contre extrême droite”

  1. @julien :

    Y.Cochet est la « vox clamans in deserto » .
    J’ai beaucoup apprécié son changement de cap de type malthusien mais malheureusement il ne le réserve (pour le moment) qu’ aux occidentaux accusés par lui d’ être moins nombreux mais bien plus voraces que les habitants du 1/3 monde .
    Que dire de la voracité énergétique des Chine , Inde et Brésil et de leurs immenses populations ?

  2. MLP n’ a rien à voir avec l’ extrème droite (forme tyrannique) dont les figures marquantes sont issues des dictatures sanguinaires sud américaines .
    Pas de vote pour un parti EELV qui nie le problème gravissime démographique et qui compte en ses rangs un tripoteur de gamins (Con Bandit) , une Joly / Duflot et un Hulot .
    Je partage leur peur du nucléaire , leur souci de la protection de la biosphère mais je les crois trop inféodés au gauchisme et son bisounoursisme inhérent .
    Seul un Y.Cochet m’ inspire du respect mais il n’ a malheureusement pas voix au chapitre d’ autant plus que le personnage n’ a pas sa langue en poche .

  3. « Face à la crise globale de notre système thermo-industriel, le Front National propose le repli sur nos frontières et désigne des boucs émissaires, l’immigration principalement. Il est en effet plus facile dans l’adversité de montrer du doigt un coupable présumé. Face à cette tactique souvent utilisée dans la pratique électorale »

    L’ immigration est un facteur de croissance démographique ,contraire semble-t-il ,aux idées prônées sur ce site .
    Ladite croissance est stimulée par l’ arrivée sur sol européen de populations quasi analphabètes et à haut taux de natalité issues d’ Afrique ou de terres mahométanes .
    Le FN dont j’approuve entièrement les idées réalistes sur l’ immigration (facteur de troubles , de surpopulation , de destruction de paysages en vue de la construction d’ immeubles hlm pour y loger leur trop nombreuse progéniture , leur coût (allocations familiales , coût d’ insécurité,chômage élevé , autres coûts sociaux),de limitation de l’ espace vital , de surpollutions, d’ hystérie consommatoire ,….
    Le FN recommande l’ arrêt de l’ immigration (il)légale puis le renvoi moyennant conclusion de traités bilatéraux d’ une grande partie des masses immigrées , sans plus et sans leur reconnaître une quelconque responsabilité dans ce qu’ on nomme les crises périodiques des systèmes productivistes socialistes et libéraux .
    Rappelons que ces gens sont une arme du patronat mondialiste pour nous asservir
    nous acculturer et faire de nous de parfaits consommateurs abrutis .

Les commentaires sont fermés.