Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce

Les législations deviennent de plus en plus opposées au « droit à la vie à tout prix », la Belgique reste aux avant-postes.

L’euthanasie au détour des Jeux paralympiques de Rio (LE MONDE du 13 septembre 2016)

L’athlète belge Marieke Vervoort, médaille d’argent du 400 m aux Jeux paralympiques de Rio, avait exposé bien avant les JO ses projets de vie post-carrière sportive : voyager, écrire un deuxième livre, peut-être ouvrir un musée pour raconter son histoire. Et, quand les souffrances ne seront plus supportables et que son corps sera proche de la rupture, se faire euthanasier : « L’euthanasie ne veut pas dire “meurtre” pour moi, mais signifie “repos”. J’espère que mon cas prouve que l’euthanasie peut assurer la sérénité et même contribuer à prolonger la vie. »

Première euthanasie d’un mineur atteint d’une maladie incurable (LE MONDE du 20 septembre 2016)

Un mineur a, pour la première fois, été euthanasié en Belgique au cours des derniers jours. Le médecin qui a interrompu la vie de ce jeune Flamand de 15 ans a déposé la semaine dernière un dossier auprès de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie. Cette instance doit vérifier si une euthanasie est conforme aux critères d’une loi adoptée en 2002 et étendue aux mineurs en 2014. Les médecins sont tenus de déposer des documents auprès d’elle pour chaque interruption de vie à laquelle ils procèdent.

La France reste bien en retard par rapport au droit de mourir dans la dignité. Plus de dix ans après la loi Leonetti, à l’issue d’un long et houleux processus d’élaboration entamé en 2012, la France s’est dotée en janvier 2016 d’une nouvelle loi sur la fin de vie : droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, et des directives anticipées contraignantes pour le médecin… sans être toutefois opposables. Ni euthanasie, ni suicide assistée, un « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ». Encore faut-il être atteint d’une « affection grave et incurable », dont le « pronostic vital est engagé à court terme » et qui présente une « souffrance réfractaire aux traitements ». En fait le nouveau texte propose « pour seule issue la déshydratation et la dénutrition ». La sédation « palliative ou bientraitante » n’est pas responsable du décès !! Le soignant pourra en effet déroger aux directives anticipées « en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation » et lorsqu’elles « apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale ». Les partisans d’un « droit à mourir » et le statu quo défendu par les pro-vie sont donc renvoyés dos à dos. C’est la ligne médiocre, comme tout ce que font les politiciens actuels, mené par un président Hollande qui affecte le mou milieu… sauf quand il s’agit d’envoyer des soldats sur le front extérieur !

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