Eve Libera : « Arrêtez de faire des gosses ! »

Ayant invité chez moi un jeune couple qui venait d’avoir un bébé, je l’ai amèrement regretté. L’appartement s’est rapidement transformé en une boutique d’accessoires de puériculture. Une fois tout le barda déposé, il a fallu attendre que le petit trésor ait fini son biberon pour envisager de déjeuner. Le début de l’apéritif a pris du retard car le rot traditionnel du bébé se faisait attendre. Enfin il fut couché… pour mieux se réveiller dix minutes plus tard et commence à brailler. Ce qu’il fait pendant le repas, après le repas, et jusqu’à seize heures, avec quelques interruptions cependant. Lorsqu’il se taisait, les parents, inquiets de cette sagesse soudaine, se relayaient pour aller vérifier que tout allait bien. Allez tenir une conversation dans ces conditions ! Ce fut la première et la dernière fois qu’ils venaient à la maison. Pour moi ce fut une expérience de plus me confortant dans l’idée que les gosses ne sont pas ma tasse de thé. (p. 28-29)

J’avoue que la première raison pour laquelle je n’envisage pas de faire des gosses, c’est tout simplement parce que ne n’aime pas et n’ai jamais aimé les enfants. Ni les bébés, bruyants, sales, sans intérêt, ni les enfants, turbulents, posant des questions en tous sens, testant vos limites en permanence. Je ne suis pas patiente. Je ne suis pas maternelle. Les cris d’un bébé m’horripilent, ses grimaces insupportent et voir un mioche ne me touche pas davantage que de passer devant une botte de radis sur un étal de marché. Je l’assume. Et surtout je ne pense pas être la seule. (p. 135)

Sans doute suis-je individualiste, égoïste et dépourvue de sentiment maternel, mais au moins en ai-je conscience. Combien de personnes, dépourvues des qualités nécessaires pour devenir un parent responsable (parce que juste se reproduire, c’est facile), s’obstinent pourtant à enfanter ? Là, je pars du principe que les parents ont pour objectif de « bien faire le job » (enfin le mieux possible) et qu’ils ne pondent pas des gamins à la queue leu leu pour encaisser des allocations. (p. 137)

Commentaire sur ces extraits* : Eve Libera, essayiste sur les réseaux sociaux, ne défend pas tellement le sous-titre de son livre, « comment être une nullipare assumée ». Elle a seulement des phobies, y compris par rapport au fait d’allaiter. Si Eve ne veut pas procréer, c’est par pur égoïsme, l’avenir elle s’en fout complètement. Elle se contente de répertorier tous les cas de figures embêtants quand on a un enfant, « L’enfant vous abîme physiquement et moralement… Il ruine votre vie de couple… Il vous piège dans un système », etc. Elle n’a aucune connaissance du malthusianisme ni même aucun apport conceptuel autre que sa connaissance personnelle de la vie courante des couples. Elle n’a aucune connaissance des raisons écologiques de ne pas faire d’enfant, aucun référence aux Ginks, Green Inclinations No Kids. Les adhérents de l’association « Démographie Responsable » ont des motivations plus nobles, ils militent pour qu’on maîtrise notre fécondité. Ce n’est pas par allergie envers les bébés, mais parce qu’ils aiment tellement les enfants qu’ils veulent leur venue au monde sur une planète plus conviviale car moins peuplée : « To reduce the eat, we must count our fee »t.

* Arrêtez de faire des gosses ! Ou comment être une nullipare assumée (édition Amazon)

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7 réflexions sur “Eve Libera : « Arrêtez de faire des gosses ! »”

  1. Je suis d’accord avec la critique littéraire que fait Biosphère de ces trois extraits, je pense que le reste du bouquin n’a pas plus d’intérêt. Nous avons là un exemple de plus de ces bouquins qui ne valent pas l’arbre qu’il a fallu couper.
    Le seul intérêt est l’analyse des raisons qui poussent cette jeune femme à raconter et publier tout ça, autrement dit à s’étaler. Eve Libera se dit lassée de devoir expliquer encore et encore … d’où son besoin de l’ «expliquer» dans un bouquin. On appelle ça la thérapie par l’écriture, la publication d’un livre étant le signe que sa souffrance est grande. Elle pense probablement qu’après ça elle en aura fini de ses tracas et qu’elle pourra enfin se reposer. C’est ce que je lui souhaite. Et comme je dis souvent, à chacun sa came.

    1. Cette jeune femme prétend être une «nullipare assumée», or ce n’est pas le cas. De la même façon que ce «pauvre» contribuable qui chante «ma liberté de penser», que ces malheureux qui sur des plateaux TV ânonnent «c’est mon choix» et «expliquent» les raisons pour lesquelles ils se sont fait tatoué et/ou percé de la tête aux pieds, cette jeune femme se ment à elle même. Si elle assumait réellement son non désir d’enfant elle en supportait les conséquences, ici sociales, elle n’aurait pas besoin d’écrire ce bouquin, de s’étaler, elle se ficherait totalement de ce que pensent les autres.

      1. Même si elle a les caractéristiques d’une femme frustrée de ne pas avoir d’enfants dans ses propos, il n’empêche pas moins qu’il y a une grande part de vérité dans son discours = « qu’ils ne pondent pas des gamins à la queue leu leu pour encaisser des allocations. « …. Combien de père de famille ne s’occupe pas de ses enfants, et achètent des Bmw avec l’argent de la Caf et vont s’amuser en discothèque, et en parallèle renvoie leur femme pleurer auprès de l’assistante sociale pour obtenir de l’argent à nouveau ou éponger les factures (électricité, gaz, téléphone, chauffage) et obtenir des chèques alimentaires pour financer les besoins essentiels des enfants ?

        1. Bah oui, y’a bon les allocs et rentes à la ponte.

          Initialement, lors de la création ces aides étaient beaucoup moindres, et avaient pour vocation de fournir un COMPLÉMENT DE REVENUS aux plus modestes afin qu’ils puissent mieux éduquer et instruire leurs enfants dans de meilleures conditions. Aujourd’hui, ces aides ne sont plus un  »complément de revenus » devant s’additionner au salaire, mais sont devenus des substituts de revenus remplaçant en grande partie les salaires, car ces aides sont devenues beaucoup plus massives. Bref, ces aides ont été détournées de leur but initial, l’argent ne consiste plus à distribuer de l’argent destiné initialement aux enfants même s’il fallait passer par les parents pour distribuer l’argent, mais à présent ce sont les enfants qui doivent naître pour sortir de la précarité leurs parents servant ainsi de rentes à la ponte, permettant à des adultes de fuir le travail.

        2. Non seulement tu ne réponds pas à (aux) la question(s), mais tu ne fais que tirer des généralités de cas dont tu n’as aucune idée de ce qu’ils représentent dans la réalité. En fait tu ne sais RIEN de ce que tu racontes, tu n’apportes donc RIEN au débat.

  2. Didier Barthès

    Article tout à fait nécessaire en effet pour bien distinguer ce qui sépare le combat d’une association comme Démographie Responsable qui se place sur le plan écologique, de ce genre de militantisme qui relève de choix de vie personnels.
    On a le droit de ne pas aimer les enfants (chacun est évidemment libre de ses préférences) mais ce n’est pas du tout ce qui motive les adhérent de l’association ci-dessus, bien au contraire. Ils veulent que demain nos enfants, existent, bénéficient d’un monde vivable et aient à leur tour le droit d’avoir des enfants. Pour tout cela, ils suggèrent que nous ne fassions pas trop d’enfants (un peu moins de deux par couple en moyenne) pour stabiliser la population d’abord puis ensuite revenir à des effectifs plus raisonnables c’est à dire plus durables.

    1. Bonjour Didier Barthès. Certes il convient de faire la part des choses, mais avouez qu’il y a déjà un sacré problème quand on n’est pas fichu de distinguer les motivations qui sont par exemple les vôtres, des motivations de certain(e)s de ces «childfree».
      On sait bien que ce n’est pas seulement l’écologie (disons le souci des génération futures) qui explique ce mouvement «childfree». Ce n’est même pas un certain féminisme, pour moi ce mouvement représente avant tout l’idéologie individualiste. Et pour moi la progression de cette idéologie reste un signe de notre décadence

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