Faire moins d’enfants, c’est le geste écolo primordial

Le périodique LE POINT* devient-il malthusien ? « Aux Etats-Unis, on les appelle les Ginks, pour Green Inclinations No Kids… Être Ginks, cela revient à alléger son empreinte climatique, à refuser de peser dans l’explosion démographique, à moins participer à l’épuisement des ressources naturelles de la planète… La maternité devrait aller au-delà d’un besoin personnel égoïste, elle doit aussi prendre en compte l’intérêt de tous… » LE POINT cite Corinne Maier qui a écrit « No Kids : 40 bonnes raisons de ne pas avoir d’enfants ». Il fait aussi référence à l’association « Démographie responsable » qui estime que l’État devrait cesser d’encourager la hausse du taux de fécondité.

Pour nous, il est encourageant de voir qu’un média commence à parler ouvertement de la problématique de la décroissance démographique, c’est trop rare pour être souligné. Un seul politique français à notre connaissance soutient une politique malthusienne, c’est Yves Cochet qui a écrit la préface du livre « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». Ses propos de 2014 restent toujours d’actualité :

« La question démographique se situe à l’intersection des questions culturelles et des questions naturelles, elle en rassemble les difficultés et les controverses. Les néomalthusiens réunis dans ce livre sont l’objet de critiques politiques en provenance de tous les bords. Dans la décroissance démographique que nous soutenons, la droite décèle une campagne en faveur d’avortements massifs, de promotion de l’homosexualité et d’abandon du patriotisme. La gauche nous soupçonne d’attaquer les droits humains, de fuir le problème du financement des retraites, voire de prêcher l’eugénisme ou le racisme. D’une façon générale, la question est taboue ou considérée comme mal posée : l’information, la croissance et la technologie résoudront les éventuels problèmes démographiques. Quant aux organisations écologistes, associatives ou politiques, elles résolvent la question en ne se la posant pas, alors que l’écologie des populations est une discipline importante de l’écologie scientifique () En 2008 lors d’un séminaire public, mon exposé portait sur l’empreinte écologique. D‘un point de vue écologique, l’empreinte énergétique d’un nouveau-né européen est dix fois plus importante que celle d’un nouveau-né au Tamil Nadu. J’en déduisais que la question de la surpopulation ne se réduisait pas au nombre des personnes mais à la multiplication de ce nombre par l’empreinte moyenne de la population du territoire en question. Par conséquent, il était rationnel de se poser aussi la question d’une baisse de la natalité en Europe que j’ai énoncée sous la forme spectaculaire de slogans tels que « l’inversion de l’échelle des allocations familiales ».

Qu’avais-je dit là ! Les innombrables partisans du jeunisme, du croissancisme et du patriotisme, idéologies compagnes du natalisme comme horizon indépassable de la richesse des nations, m’ont immédiatement accablé des qualificatifs les plus pénalisants, jusqu’à celui de « nazi », comme prévu par la loi de Godwin. Cependant, j’avais simplement résumé la principale tendance historique depuis soixante ans : l’accès impérial des Occidentaux aux matières premières du monde et l’exubérance énergétique bon marché sont les deux paramètres qui permirent de propager presque partout la « révolution verte » agricole et l’amélioration sanitaire, engendrant ainsi une forte croissance démographique. Si l’on respecte le principe d’égalité entre tous les humains, règle d’or de la morale politique, et si l’on estime que le mode de vie occidental est le plus désirable – ce qui est contestable, mais qui le conteste ? – on en déduit que nos sœurs et frères chinois, indiens, africains et sud-américains devraient eux aussi vivre à l’occidentale en bénéficiant des joies du consumérisme de masse. Ce lieu commun de tous les discours sur le « développement » depuis cinquante ans est contredit par l’impossibilité matérielle d’une telle fantaisie… »

* http://www.lepoint.fr/societe/faire-moins-d-enfants-le-geste-ecolo-ultime-18-09-2018-2252243_23.php?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&Echobox=1537277174#xtor=CS1-31-[Echobox]

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8 réflexions sur “Faire moins d’enfants, c’est le geste écolo primordial”

  1. Faire moins d’enfants, il faut dire ça en Afrique ! En Europe c’est déjà le cas depuis belles lurettes !

  2. Mais bien entendu et c’est du bon sens, qu’il faut faire moins d’enfants. C’est d’ailleurs étrange que les êtres humains n’en est pas l’instinct. De nombreuses tribus primitives ont organisé leur vie en faisant en sorte qu’il n’ y ait pas beaucoup de naissances et tout cela dans le but de préserver leurs territoires et leurs ressources. Nous avons perdu tout bon sens et toute intelligence pour vivre en harmonie avec la nature et la respecter.

  3. C’est bon, il a tout dégueulé ? C’est bon, il est soulagé, il se sent plus léger notre pauvre malheureux misérable marcel et fier de l’être ?

  4. « le meilleur service que nous pourrions rendre à la planète, surtout si on habite dans un pays riche, ce serait de se suicider. »
    Lorsqu’on évoque le malthusianisme , il se trouve toujours un moralisateur de gauche bien entendu seul dépositaire de la bonne parole , et gorgé d’humanisme (pas celui de la Renaissance ), pour s’ exclamer en déchirant sa tunique en mode fausse indignation mais « monsieur, suicidez – vous , alors  » .
    J’ avoue que j’ aimerais en temps de chaos avoir ce genre de personnage sous la main et lui faire subir ce qu’ il recommande aux malthusiens .

  5. J’ oubliais , si dans nos contrées décadentes mais néanmoins bien pourvues en confort matériel, on (les bobos pseudo ecolos mais vrais conos) aime se laisser aller à ratiociner sur la limitation du nombre de bipèdes « humainement (MEGALOL) admissible et sur notre surconsommation , il n’ en va pas de même dans les pays du 1/3 monde grouillants où les gens vivent au jour le jour souvent dans une misère effroyable où il n’ est plus question de discutailler mais d’ agir en force vu l’ urgence de la situation .

    Pour avoir séjourné à de nombreuses reprise dans des pays d’ Afrique noire , je peux me targuer de connaître un peu les problème africains !!!

  6. « autant il en serait tout autre en appliquant cette même logique comptable à des êtres humains. »
    Pensez ce que vous voulez mais le malthusianisme s’ insinue de plus en plus dans les esprits : les Indiens et les dirigeants d’ autres pays du 1/3 monde se foutent de votre opinion et de votre humanisme de gauche : ils sont bien conscients du danger terrible que représente la surnatalité , mère de la surpopulation ===> en Inde , des centres de stérilisation s’ ouvrent par centaines chaque année. En Afrique, même le président du surnataliste Niger s’inquiète du problème démographique et s’apprête à agir .
    Votre cause anticonsommatoire excessive va perdre la partie et c’ est tant mieux !!!!

  7. Les « écolos néo-malthusiens » peuvent raconter tout ce qu’ils veulent, selon leur logique « le geste écolo primordial » reste le suicide.
    – « Nous avons souvent souligné dans nos colonnes l’absurdité d’une démarche purement écologique de la décroissance : dans une logique strictement scientifique, le meilleur service que nous pourrions rendre à la planète, surtout si on habite dans un pays riche, ce serait de se suicider. » C’est ce qu’écrit Vincent Cheynet dans La Décroissance de ce mois-ci au sujet du livre de Laure Noualhat (voir Biosphère 28/12/2018)
    Bien évidemment, il est hors de question ici d’inciter quiconque à faire ce petit « geste écolo primordial » , fusse pour le plus grand bien de la planète.
    Par contre je persiste à dire que le problème démographique ne peut pas, et ne doit pas, être abordé comme n’importe quel autre problème écologique. Autant il n’y aurait rien d’immoral à limiter (rationner) drastiquement nos consommations diverses (donc nos diverses pollutions), à condition bien sûr que personne ne soit condamné à mort par de telles mesures, autant il en serait tout autre en appliquant cette même logique comptable à des êtres humains.
    Je continuerais à soutenir que le pire que nous ayons à perdre dans cette triste histoire, c’est ce qu’il nous reste d’humanité. Et il est inutile d’ essayer de me vendre une quelconque autre définition du mot « humanité » (j’ai ce qu’il faut et ça me va très bien).

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