illusions technologiques

Trop tard ? G.Bush a eu une révélation pour son peuple, celle d’être « les gérants responsables de la Terre que le Tout-Puissant nous a confiée ». Dans son allocution du 28 septembre 2007, G.Bush affirmait donc la nécessité de « produire moins d’émissions de gaz à effet de serre ». Attention, certainement pas en réduisant la consommation d’énergie : « Dans ce nouveau siècle, le besoin d’énergie ne fera que croître ». Car Bush croit au miracle : « En développant de nouvelles technologies à basses émissions, nous pouvons satisfaire la demande croissante d’énergie et, en même temps, réduire la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre. »
M. Bush cite une série de techniques présentant deux caractéristiques : elles ne sont pas opérationnelles et leur succès n’est pas garanti. La première citée par M. Bush est la « technologie avancée du charbon propre » qui vise à enfouir en sous-sol le gaz carbonique produit par la combustion du charbon. Mais, d’une part, son efficacité reste à prouver, et d’autre part, en cas de succès, les premières centrales thermiques adaptées ne viendraient sur le marché qu’après 2020, si bien que toutes les centrales construites d’ici à cette date rejetteront leurs gaz dans l’atmosphère. Deuxième solution proposée : « La puissance nucléaire sûre ». George Bush se réfère à ce que les spécialistes appellent la quatrième génération des réacteurs nucléaires, présentant un risque minime d’accident, une faible production de déchets radioactifs et une conception empêchant de leur trouver une application militaire. Mais cette quatrième génération n’aboutirait, d’après les prévisions les plus optimistes, que vers 2040.
Les autres technologies citées – agrocarburants de deuxième génération, véhicules à hydrogène – souffrent du même défaut majeur : elles ne présentent pas, dans leur état de développement actuel, des performances suffisantes pour répondre aux problèmes d’aujourd’hui et des années à venir. On ne peut exclure totalement qu’elles y parviennent, mais pas avant 2040. Le problème de l’échéance est pourtant fondamental. Pourquoi ? Parce que le même rapport du GIEC évoqué par M. Bush conclut que ce n’est pas en 2040 ou en 2050 qu’il faudrait commencer à réduire nos émissions, mais dès maintenant.
Les climatologues redoutent que, si la concentration de gaz à effet de serre continue à augmenter, le réchauffement dépasse 2 degrés, seuil au-delà duquel un dérèglement incontrôlable du système climatique est envisageable. Dans une Biosphère en folie, les humains se rendront compte (trop tard ?) que leurs technologies n’étaient pas à l’égal du « dieu tout-puissant ».

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