James Howard Kunstler, vivre la fin du pétrole

James Howard Kunstler en 2005*

– Il n’est pas inutile de répéter que la banlieue généralisée est le plus gigantesque dévoiement des ressources de l’histoire humaine. La banlieue va perdre sa valeur de façon catastrophique.

– Les gens qui ont fait des mauvais choix en investissant l’essentiel de leurs économies dans de coûteuses maisons de banlieue vont avoir de sérieux ennuis.

– Tous les conforts, luxes et miracles de notre temps doivent leur origine ou leur existence durable aux carburants fossiles. Or nous sommes confrontés à la fin de l’ère de l’énergie fossile bon marché.

– La radio, le téléphone et le cinéma que nous connaissons ne sont que des fantaisies fugitives qui disparaîtront un jour…

– Même nos centrales nucléaires dépendent en fin de compte du pétrole pour tous les processus de construction, entretien, extraction et transformation des combustibles nucléaires. Les sources d’énergie renouvelables ne sont pas compatibles avec des systèmes éminemment complexes à des échelles gigantesques.

– Croire que l’économie de marché fournira automatiquement un substitut aux combustibles fossiles est une forme de pensée magique. La plupart des gens ne peuvent tout simplement pas considérer la possibilité que la civilisation industrielle ne sera pas sauvée par l’innovation technologique.

– La plupart des Américains imaginent que le pétrole est surabondant, voire inépuisable et que de nouvelles technologies de forage accompliront de prodigieux miracles. La réflexion s’arrête là.

– La plupart des économistes orthodoxes ne reconnaissent aucune limite à la croissance projetée dans l’avenir. Otages de leur propre système, ils ne sont pas capables de concevoir une autre forme d’économie.

– Dans l’ensemble, j’imagine le futur proche comme une période de contraction généralisée et chronique. La dimension de toutes les entreprises humaines se contractera en même temps que l’énergie disponible. J’appelle cette évolution la « réduction » de l’Amérique : on pourrait la qualifier de retour à de justes proportions.

James Howard Kunstler en 2019**

– Dans la banlieue américaine, les jeunes sont totalement dépendants du chauffeur familial qui doit passer des heures chaque jour dans sa grosse voiture à faire la navette pour les amener à leurs activités sportives et culturelles hautement organisées. Il y a une profonde déconnexion de la réalité.

– La banlieue n’a pas d’avenir car elle a été conçue sur l’espoir d’un pétrole bon marché qui coulerait sans fin. Elle n’a donc pas d’avenir sauf sous forme de taudis, de lieu de récupérations des matériaux et de ruines.

– La plupart des programmes sociaux risquent d’apparaître comme un luxe dans une économie en plein déclin.

– Les merveilles technologiques de notre époque peuvent être vues comme une sorte de « magie », et elles ont favorisé des croyances très répandues comme le moteur à eau. Cela représente un grand danger, on croit qu’il est possible d’obtenir quelque chose contre rien.

– Le techno-narcissisme, c’est une croyance démesurée dans notre capacité à susciter toujours plus de magie. Au cœur de cette croyance, il y a l’idée erronée selon laquelle énergie et technologie sont interchangeables : si vous manquez d’énergie, comptez sur l’innovation technologique pour tout résoudre.

– Je doute que le système nucléaire puisse fonctionner sans l’infrastructure des combustibles fossiles qui permet son exploitation.

– Aux États-Unis, l’industrie du pétrole de schiste a été un magnifique tour de passe-passe technologique, rendu possible par des taux d’intérêt extrêmement bas. Elle ne va plus durer bien longtemps, personne n’y gagne assez d’argent.

– Si les classes pesantes sont incapables de mettre des mots sur la réalité à laquelle nous sommes confrontés, alors il y a de fortes chances pour que le grand public reste dans la confusion, la colère et le ressentiment. D’où l’élection de M Trump et sa promesse simple mais vide de « rendre sa grandeur à l’Amérique ».

– Nous devons absolument redéfinir le projet de civilisation à une moindre échelle en termes de puissance. La nature le fera pour nous dans tous les cas. Je parle parfois en plaisantant du « Moyen Age qui vient ». Mais je ne plaisante qu’à moitié !

* dans son livre La fin du pétrole (le vrai défi du XXIe siècle)

** mensuel La décroissance de février 2019, « la faillite de la banlieue totale » page 3 et 4 (extraits)

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4 réflexions sur “James Howard Kunstler, vivre la fin du pétrole”

  1. Les bobolandais sont des court termistes et des avides d’ or d’ une rapacité exceptionnelle !
    Le déroulement normal des faits (décroissance pétrolière) leur sera déjà fatal sans intervention de dame nature ; que dire alors si dame nature s’ en mêle ===> épidémies ravageuses , secheresses monstrueuses , volcanisme , tempêtes solaires géantes .
    Il se pourrait aussi que leurs amis islamiques leur ouvre la carotide par simple reconnaissance lors de la guerre civile qui va inévitablement survenir !

  2. Le scientisme n’ est que la prolongation délirante du positivisme prêché par A. Comte
    et sa confiance absolue en les progrès de la science et son irrésistible ascension .
    Malthus finira par avoir le dernier mot mais dans combien de temps et au prix de quelles souffrances pour l’ humanité car la plupart des hommes ne changeront en rien leurs habitudes surnatalistes et / ou consommatoires tant qu’ une énorme contrainte ne sera pas exercée sur eux .

  3. Bah oui ! Je le dis depuis bien longtemps déjà, ce sera la disgrâce des scientistes ! Avec leur foi au « on n’arrête plus le progrès », s’il y a bien une religion la plus stupide qui soit, c’est le scientisme. Tous ces athées scientistes laïcards croient que les progrès scientifiques sauveront toujours à temps l’humanité pour aboutir toujours dans une société encore plus prospère et abondante que la précédente. MAIS, comme je l’ai toujours dit, jusqu’à présent les ingénieurs scientistes qui pensent faire mentir indéfiniment Malthus, ont essentiellement des robots consommateurs d’énergie, ils croient que ces robots produisent beaucoup plus que les humains, ce n’est pas tout à fait vrai si ce n’est complétement faux, car si on compare à l’énergie consommée, ben ces robots consomment plus d’énergie que les humains pour produire, ils vont juste plus vite individuellement pour produire mais en consommant plus vite et dans des proportions plus conséquentes que les humains de l’énergie issue des ressources fossiles. Les scientistes parviennent toujours à inventer de nouveaux robots consommateurs d’énergie, mais qu’en est-il des inventions de robots qui produisent de l’énergie sans combustibles, sans consommables ? Et c’est là que leur foi au progrès s’arrête ! Sans énergies fossiles tous leurs robots crèvent ! Et c’est tant mieux ! Place aux vivants ! Marre de toutes ces boîtes de conserves pour nous remplacer au profit d’une minorité à Davos… Les plus malheureux à venir seront tous ces scientistes athées laïcards mondialistes immigrationnistes bobos droit de l’hommiste croyant en la mondialisation heureuse pour jouer aux touristes en mangeant un hamburger chez Mac Do à l’autre bout de la planète, car ils ne savent pas vivre sans robot, et lorsque leurs robots crèveront, ils disparaîtront avec, il n’y aura même pas besoin de les tuer, car le monde qui se dérobe sous leurs pieds les rendront suffisamment dépressifs pour qu’ils se mettent une corde au cou eux-mêmes, si ce n’est se jeter de leur buildings parisiens…

  4. Bah oui ! Je le dis depuis bien longtemps déjà, ce sera la disgrâce des scientistes ! Avec leur foi au « on n’arrête plus le progrès », s’il y a bien une religion la plus stupide qui soit, c’est le scientisme. Tous ces athées scientistes laïcards croient que les progrès scientifiques sauveront toujours à temps l’humanité pour aboutir toujours dans une société encore plus prospère et abondante que la précédente. MAIS, comme je l’ai toujours dit, jusqu’à présent les ingénieurs scientistes qui pensent faire mentir indéfiniment Malthus, ont essentiellement des robots consommateurs d’énergie, ils croient que ces robots produisent beaucoup plus que les humains, ce n’est pas tout à fait vrai si ce n’est complétement faux, car si on compare à l’énergie consommée, ben ces robots consomment plus d’énergie que les humains pour produire, ils vont juste plus vite individuellement pour produire mais en consommant plus vite et dans des proportions plus conséquentes que les humains de l’énergie issue des ressources fossiles. Les scientistes parviennent toujours à inventer de nouveaux robots consommateurs d’énergie, mais qu’en est-il des inventions de robots qui produisent de l’énergie sans combustibles, sans consommables ? Et c’est là que leur foi au progrès s’arrête ! Sans énergies fossiles tous leurs robots crèvent ! Et c’est tant mieux ! Place aux vivants ! Marre de toutes ces boîtes de conserves pour nous remplacer au profit d’une minorité à Davos… Les plus malheureux à venir seront tous ces scientistes athées laïcards mondialistes immigrationnistes bobos droit de l’hommiste croyant en la mondialisation heureuse pour jouer aux touristes en mangeant un hamburger chez Mac Do à l’autre bout de la planète, car ils ne savent pas vivre sans robot, et lorsque leurs robots crèveront, ils disparaîtront avec, il n’y aura même pas besoin de les tuer, car le monde qui se dérobe sous leurs pieds les rendront suffisamment dépressifs pour qu’ils se mettent une corde au cou eux-mêmes, si ce n’est se jeter de leur buildings parisiens…

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