La COP 22 s’achève à Marrakech sur un bide

A peine la COP21 de décembre 2015 à Paris disparaît-elle de nos mémoires que la COP22 s’achève à Marrakech (7 au 18 novembre 2016). Cela fait donc 22 années qu’on papote entre chefs d’État et diplomates pour en conclure qu’on va continuer à ne pas laisser les ressources fossiles sous terre. Rappelons que la COP est la COnférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. C’est ronflant, et cela n’a aucune répercussion sur nos émissions de gaz à effet de serre. Voici par exemple ce que dit le RAC (Réseau Action Climat) qui éditait chaque jour un bulletin d’information « ECO » à l’attention des décideurs et de tout citoyen souhaitant s’informer.

« Alors que la CCNUCC a finalement décidé de se concentrer sur la question des objectifs de court-terme, un gaz à effet de serre invisible et dénué d’odeur n’est pas suffisamment pris au sérieux: le méthane. On ne parle pas uniquement des pets de vaches. Le développement de gigantesques infrastructures de production de gaz, notamment de gaz de schiste, est non seulement extrêmement dommageable pour les populations vivant juste au-dessus des lieux où sont pratiquées des explosions souterraines, mais aussi pour notre capacité au niveau mondial à honorer nos objectifs climatiques à court-terme. Une étude de 2013 démontre que sur une période de vingt ans, le méthane est 86 fois plus puissant que le CO2. Et bien, dans vingt ans, nous aurons largement dépassé les objectifs de court-terme pour 2020, 2025 voire 2035 de la CCNUCC. De façon tout fait ahurissante, de nombreux gouvernements utilisent encore les chiffres du 4ème rapport du GIEC datant pourtant de 2007 qui considère le méthane sur une période de 100 ans – ce qui signifie qu’ils évaluent le méthane comme seulement 25 fois plus puissant que le CO2. Si nous parlons des objectifs de court-terme, nous devons aussi nous pencher sur les potentiels de réchauffement global (PRG). En faisant ces calculs, le gaz de schiste a un impact à court-terme sur le climat près de 3 fois supérieur à celui du charbon !

Il est temps d’abandonner l’idée d’avoir de nouvelles conduites de gaz, terminaux GNL, plate-formes de gaz de schiste, et d’amorcer une réelle transition vers les énergies renouvelables.Alors que le monde se rapproche dangereusement de points de bascule irréversibles, nous devons faire attention à ne pas nous tirer une balle dans le pied et à nous condamner à un sombre futur. Chère Union Européenne, avec votre proposition de 77 infrastructures de production de gaz « d’intérêt général », c’est à vous que nous nous adressons ! »

Découvrez l’édition #11 du vendredi 18 novembre :

http://www.rac-f.org/IMG/pdf/eco11-cop22.pdf

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4 réflexions sur “La COP 22 s’achève à Marrakech sur un bide”

  1. En novembre 2001, la COP numéro 7, déjà organisée à Marrakech, avait dû digérer l’arrivée à la Maison Blanche de George W. Bush. Hostile au protocole de Kyoto (visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés), contraire, selon lui, aux intérêts américains, le président américain avait décidé en mars 2001 que les Etats-Unis ne le ratifieraient pas, fragilisant le processus. Avec l’élection du climatosceptique Donald Trump, un autre scrutin américain a propagé son onde de choc sur la COP22. S’il concrétise ses promesses de campagne, Donald Trump pourrait sortir les Etats-Unis de la gouvernance climatique et dénoncer l’accord de Paris. (informations données par LE MONDE !)

  2. Désolant, la couverture par LE MONDE de la COP22 est si insignifiante qu’on a du mal à trouver un article qui en parle sur lemonde.fr
    Il faut dire que la primaire de la droite, événement absolument insignifiant à l’aune du changement climatique, a droit à tous les égards.
    Ainsi va le monde, droit dans le mur…

  3. Pour le méthane il est effectivement important de lutter contre sa trop grande utilisation
    Toutefois il faut préciser que s’il est un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2 ou la vapeur d’eau (au sens ou chaque molécule est plus « efficace » de ce point de vue) il est présent en beaucoup plus petites quantités
    Mais surtout in fine, cela revient toujours à un problème de CO2.
    En effet lorsqu’il est brûlé le méthane redonne du CO2 et de l’eau par la réaction :
    CH4 + 2 O2 → CO2 + 2 H2O (+un peu d’énergie, c’est pour ça d’ailleurs qu’on l’utilise) et quand il n’est pas brûlé de toute façon il ne reste dans l’atmosphère qu’une dizaine d’années en moyenne et finit par redonner aussi du CO2, donc à terme nous nous retrouvons toujours à terme avec un excès de CO2 (de vapeur d’eau aussi, mais c’est absolument négligeable par rapport aux quantités présentes naturellement dans l’atmosphère et de toute façon ça retourne à l’océan)

  4. Pour le méthane il est effectivement important de lutter contre sa trop grande utilisation
    Toutefois il faut préciser que s’il est un gaz à effet de serre plus puissant que le CO2 ou la vapeur d’eau (au sens ou chaque molécule est plus « efficace » de ce point de vue) il est présent en beaucoup plus petites quantités
    Mais surtout in fine, cela revient toujours à un problème de CO2.
    En effet lorsqu’il est brûlé le méthane redonne du CO2 et de l’eau par la réaction :
    CH4 + 2 O2 → CO2 + 2 H2O (+un peu d’énergie, c’est pour ça d’ailleurs qu’on l’utilise) et quand il n’est pas brûlé de toute façon il ne reste dans l’atmosphère qu’une dizaine d’années en moyenne et finit par redonner aussi du CO2, donc à terme nous nous retrouvons toujours à terme avec un excès de CO2 (de vapeur d’eau aussi, mais c’est absolument négligeable par rapport aux quantités présentes naturellement dans l’atmosphère et de toute façon ça retourne à l’océan)

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