La guerre de l’oignon se poursuit

« Au XXIe siècle il y aura la guerre des terres, comme il y aura les guerres du pétrole, les guerres de l’eau, les guerres du climat, les guerres civiles, les guerres aux frontières…et les guerres de l’oignon. La flambée des prix alimentaires mondiaux avaient provoqué en 2008 des émeutes de la faim dans plusieurs pays. Ce n’est pas seulement la faute des catastrophes naturelles et des spéculateurs, c’est aussi la conséquence de la surpopulation mondiale. La pénurie n’est plus conjoncturelle. Nous sommes six milliards d’humains et on en dénombrera 3 milliards de plus en 2050. Pour protéger leur souveraineté alimentaire, l’Inde vient d’interdire l’exportation de l’oignon national. » C’était là le tout début de notre article de janvier 2011, faim du monde, fin du libre-échange.

Aujourd’hui en 2019, après une mousson tardive qui a endommagé sa production, l’Inde vient à nouveau d’interdire l’exportation d’oignons, entraînant une flambée des prix au Bangladesh voisin et provoquant la colère d’une population qui utilise largement cette herbacée dans la cuisine. Le kilogramme de ce légume de base est passé de 32 centimes d’euros à près de 2,78 euros dans un pays où le PIB par habitant est de 4,4 euros par jour. A Dacca, la capitale qui compte 9 millions d’habitants, seuls quelques milliers de personnes ont pu bénéficier d’oignons à prix subventionné. Les trafiquants stockent les oignons pour faire monter les prix, le marché noir se développe, on se croirait revenus aux temps de l’occupation allemande en France. L’histoire est un éternel recommencement.

Sauf que la période qui s’annonce va être particulièrement dramatique, comment nourrir durablement au Bangladesh une population urbaine de 9 millions d’habitants à Dacca (ou 18 millions ?) dans un pays déjà très pauvre de 165 millions d’habitants, avec une densité de 1144 habitants au kilomètre carré, plus de 11 habitants sur un carré de 100 mètres de côté. Comment ne pas voir que cette histoire conjoncturelle d’oignons n’est qu’un signe parmi d’autres des catastrophes qui s’amoncellent au niveau planétaire ? Quand j’envisage l’avenir sur une planète surpeuplée, sur-polluée, surchauffée et sous-alimentée, se faisant la guerre pour un oui ou pour un non, élisant des Trump et Bolosonaro, je suis terrifié. Quand les anti-malthusiens en France veulent ignorer la problématique démographique, je suis terrifié. Quand les Gilets jaunes en France manifestent contre l’augmentation du prix de l’essence, je suis terrifié. Heureusement, comme il est écrit dans LE MONDE*, « La saveur de la ciboulette est proche de celle de l’oignon ». Pour s’adapter, ça on va s’adapter, contraints et forcés !

* LE MONDE du 21.11.2019, Face à la pénurie d’oignons au Bangladesh, un pont aérien, un prix subventionné et des mesures antitrafic

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7 réflexions sur “La guerre de l’oignon se poursuit”

  1. Merci Michel C de confirmer que nos points de vue respectifs en matière démographique sont totalement inconciliables mais je le savais déjà .
    Les malthusiens ne sont pas contre la décroissance consommatoire : je la pratique moi-même autant que possible : déplacements à vélo, achat du strict nécessaire ou d’ objets à remplacer , ….
    La conjugaison de ces 2 formes de décroissance serait une excellent solution

    1. – «Les malthusiens ne sont pas contre la décroissance consommatoire ».
      Peut-être… mais en attendant c’est sur la décroissance de la population qu’ils
      font une fixation. Et ce depuis Malthus.
      Bien sûr que la solution passerait par ces 2 formes de décroissance, mais en attendant, autant il est relativement facile d’imaginer la décroissance de la consommation (et de tout ce que ça engendre comme nuisances), autant celle la décroissance démographique nous pose un autre type de problème. Bien sûr, si la vie d’un être humain vaut moins que celle d’une baleine, ou même d’une bagnole, d’un litre d’essence (Mad Max) alors ce type de problème ne se pose plus.
      Et en attendant (la fin des haricots), aucun malthusien ou autre dénataliste ici présent sur ce site ne m’a jamais dit ce dont il n’était pas question d’enlever de son Caddy. Autrement dit, quels sont ces avoirs, activités, plaisirs et autres, auxquels il refuse de renoncer. Ces choses qui font que son train de vie de petit-bourgeois n’est pas absolument pas négociable.

      1. MichelC, vous êtes de mauvaise foi et vous faites un procès d’intention aux malthusiens. Il n’y a pas de fixation des malthusiens sur la démographie, c’est seulement vous qui le prétendez. Sur ce blog que vous suivez attentivement, vous savez bien que nous avons démontré (équation IPAT ou KAYA par exemple) que la lutte doit se faire en même temps dans tous les domaines, démographique, économique, technologique, croyances, etc.
        Les anti-malthusiens peuvent par contre être considérés comme des natalistes puisque leur attitude consiste à affirmer : « Laissons libre cours à la fécondité humaine, il suffit de diminuer le nombre de voitures. »
        L’anticapitalisme primaire des écosocialistes en est encore au délire marxiste, faisons « la révolution » et il n’y aura plus de problème démographique, politique, économique, etc.

        1. Et oui, les pénuries alimentaires commencent à s’accentuer… Et comme je le pense et crois sincèrement, l’humanité dans sa grande majorité deviendra anthropophage….. Les croque-monsieur deviendront à la mode alimentaire, on pourra même dire que le croque-monsieur sera le mode alimentaire emblématiques des mondialistes, de ces cosmopolites sans frontière…. On mangera des croque-monsieur chacun à sa façon selon les continents, halal ou pas halal, on les aura sous forme de nems (les humains remplaceront les chats et les chiens qui en sont essentiellement la garniture à l’heure actuelle), en kebab (on remplacera les moutons animaux par des moutons humains), en burgers, en hachis parmentier, en boudins antillais, et que sais-je encore, bref tout…. Tout ça parce que les gauchises de l’UmPs à lunettes roses pour percevoir le monde n’ont pas voulu répondre aux problèmes démographiques à temps…. Et pourtant dans les années 70, le monde était déjà averti comme par des films Soleil Vert….

        2. Biosphère : De la même façon, je pourrais dire que vous aussi, êtes de mauvaise foi. Et que vous aussi me faites là un procès d’intention. J’aurai préféré qu’on vienne m’expliquer ce qu’il n’est pas question d’enlever du Caddy, ce mode de vie qui n’est absolument pas négociable. Mais c’est comme ça. Et quoi qu’il en soit, depuis le temps que vous lisez mes commentaires, attentivement ou pas, vous savez bien que je ne vois pas le monde en bicolor.
          Etant donné que je suis POUR l’enseignement du port du préservatif dès la maternelle, dites-moi si je dois me con sidérer comme nataliste ou bien dénalatiste. Voire malthusien. Ah oui, binaire ou primaire ?
          Mais plutôt et plus sérieusement, je vous propose d’en finir de ces oppositions stupides entre PRO et ANTi , comme ici natalistes vs anti-natalistes, malthusiens vs anti-malthusiens, capitalistes vs anti-capitalistes. Et même chose de cette logique absurde selon laquelle «les ennemis de mes amis sont ennemis, etc. »
          Demandez-vous aussi, ce que votre blog apporte réellement. En BIEN évidemment, autrement dit ce qu’il fait ou pourrait faire avancer. J’espère au moins que nous sommes d’accord sur le sens de l’avant et de l’arrière.
          Demandez-vous ce que vous démontrez réellement avec cette équation où on mélange allègrement les dollars (PIB) et les êtres humains, autrement dit des carottes et des navets afin de démontrer l’évidence, ici, que le nombre X d’habitants a une incidence sur la quantité Q de CO2 émis . Cette équation dont Jancovici lui-même, dit : «géniale parce que si simple (et, comme on va le voir, si terrible !), et que la rumeur attribue à un professeur japonais dénommé Kaya »

  2. Le nettoyage démographique s’ opérera tôt ou tard inexorable dans les rangs des pondeurs tiersmondistes invasifs tentant par tous les moyens d’ échapper à une misère dont ils sont pour grande partie responsables par leur lapinisme : on rappellera à ces lapins et lapines qu’ il existe des planning familiaux même au Bengale ou en Afrique !

    Que la parole du maître se répande vite sur toute la terre et que l’ oeuvre de décroissance démographique supermassive porte ses fruits : à xcet effet ,les Hindous construisent chaque année des centres de stérilisation pour endiguer le flot hallucinant des naissances .
    Des marchands d’ illusions aux lunettes teintées de rose bonbon et gravées d’ angelots et séraphins s’ ébattant dans un ciel bleu azur , s’ imaginent que la décroissance consommatoire sera suffisante pour nourrir toute la planète : TERALOL !!!!!!!!!

  3. Je ne dirais pas que cette histoire d’oignons me terrifie, elle m’a juste fait pleurer. Espérons que la mousson tardive n’aura pas et en même temps endommagé les pommes de terre. Ce serait alors là, la fin des haricots.
    Mais quand je vois où on va, quand je m’amuse à compter les grands fous, et les petits aussi, quand je pense à ce «crédit social» chinois, ce système de notation des individus, quand j’entends ce fou de Xi Jinping dire «pas de pitié ! »… et tout ça dans l’indifférence quasi générale… quand j’entends la peste brune qui gronde, en France, en Europe et ailleurs, quand je la vois qui s’affiche et manifeste sans aucune pudeur, nous rappelant ainsi les années les plus sombres de notre histoire… quand je vois ces malthusiens et autres dénatalistes qui refusent d’aborder le problème de l’embourgeoisement des classes d’en bas… etc. etc. … là oui, je suis terrifié.

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