la résilience selon Piero San Giorgo

Des capacités de résilience ? Avec l’effondrement économique, les Etats seront incapables de fonctionner. Ce sera la fin du salariat. Fini aussi l’assistanat de l’Etat providence ! Les retraités, les handicapés et les malades auront intérêt à avoir une famille qui s’occupe d’eux. Sans transport automobile, les villes vont radicalement changer d’aspect ; les gratte-ciel seront laissés à l’abandon et resteront un témoignage de l’époque des énergies fossiles abondantes. On peut imaginer que des organisations continuent d’exercer une forme de gouvernement sur un territoire plus réduit. Des régions, devenues de fait autonomes, du moins celles qui ne seront pas plongées dans le chaos, sauvegarderont un relatif maintien de l’ordre.

Toute entreprise devra redevenir locale. La richesse consistera en l’accès à des ressources physiques, comme la nourriture et l’eau potable, et à des intangibles, comme les relations et les réseaux. La vraie richesse sera surtout celle du savoir-faire : savoir cultiver un potager, réparer des batteries et des panneaux solaires, etc. Les petites fermes vont s’en sortir grâce à leurs connaissances et à leur taille. Les artisans redeviendront vraiment utiles, forgerons, bottiers, menuisiers, etc.

Ceux qui possèdent la terre pourront permettre à certaines familles de s’établir en échange de leur travail. Mais ces propriétaires auront intérêt à savoir défendre leur domaine contre les pillards, ils pourront embaucher des milices. Ce sera le retour d’une sorte de système féodal. Mais une fois le pire de la crise passé, on assistera sans doute, du fait de la vie en communautés plus petites et plus proches de la nature, à un retour à la spiritualité naturelle, à un ré-enchantement du monde pour lui redonner du sens.

In Survivre à l’effondrement économique (édition le  Retour aux Sources, 2011)

8 réflexions sur “la résilience selon Piero San Giorgo”

  1. « Car on peut être d’extrême droite aujourd’hui et se positionner clairement contre toute violence envers la liberté d’expression. »

    C’ est ben vrai ça comme le dirait la mère Denis ; tenez , je n’ accepterais jamais qu’ on supprime la liberté d’ expression des gauchos (no borders, antifas, punks à chiens et autres cas psychiatriques de la gogoche….) car ils sont tellement stupides et excessifs qu’ ils détruisent leur propre cause en mode accelerando !

    Je lis que des transgenres et autres zigues proches de la peste brune (peste brûle ?) auraient brûlé un exemplaire du journal la décroissance consacré au mage EELV Cochet : n’ est – ce pas ce journal qui nierait systématiquement le problème démographique ?
    Qu ‘ est – il donc écrit dans l’ article lèse- Cochet , grand amateur de décroissance démographique du monde blanc ?

  2. À Bure les 10 et 11 août contre l’enfouissement nucléaire, le mensuel La décroissance a été publiquement brûlé par des « transgenres ou amis de ».  Le titre de ce journal (n°162, septembre) qui relate le fait est ambigu : « La peste brune de retour sous un nouveau masque ». On peut être d’extrême droite aujourd’hui et se positionner clairement contre toute violence envers la liberté d’expression.
    Remarquons aussi que la BD de « La décroissance n° 162 » veut déconsidérer Yves Cochet et, pire, le fait mourir en guise de conclusion. Il est absurde de brûler ce journal dont nous avons tous les numéros et dont nous faisons régulièrement la promotion. Mais il faut reconnaître aussi qu’un journal « pour la décroissance » qui traite mal les décroissants en général et Yves Cochet en particulier ne fait pas signe d’un clair respect du pluralisme des idées.
    Pour en revenir à notre article sur Piero San Giorgo, notez que les différents discours de relocalisation de la vie communautaire se ressemblent, qu’il soient le fait des effondristes comme Yves Cochet ou des survivalistes. Il ne faudrait pas affubler les gens d’étiquettes, mais s’interroger sur la validité de leurs écrits ou de leurs gestes.

    1. Je devine que ça n’aura pas été des plus faciles. Ce que je retiendrais donc, de l’opinion de Biosphère, c’est qu’ « il est absurde de brûler ce journal … MAIS … il faut reconnaître aussi etc.»

      Mouai. Si seulement le mot ABSURDE suffisait, ça ne serait pas bien grave. Nous n’aurions même pas besoin d’en parler, ni même d’essayer de comprendre, ou d’expliquer etc. MAIS… tout le monde sait à quoi servent les MAIS.

      Pas besoin de chercher la petite bébête, Biosphère !
      On se fiche ici de la BD du n°162 (notez que c’est le 161 qui a été brûlé), on se fiche de l’ambiguïté du titre et du style et patati et patata ! Dans une telle pagaille on se fiche même de savoir s’il a été brûlé par des «transgenres ou amis de» ou par des soit disant «libertaires». Cette façon de faire nous renvoie tout simplement à une période des plus sombres de notre histoire. La moindre des choses est donc de ne pas chercher à banaliser ou minimiser ce genre d’actes, même s’ils sont le fait de simples et vulgaires abrutis. On se doit d’analyser.

      – « Car on peut être d’extrême droite aujourd’hui et se positionner clairement contre toute violence envers la liberté d’expression. »
      Mouai… pourquoi pas. Aujourd’hui il ne faut plus s’étonner de rien, aujourd’hui tout est permis.

      J’en ai déjà parlé, le N°162 de cet été (celui qui a été brûlé à Bure) traite spécialement de La Grande Confusion. De mon côté j’appelle ça « le grand n’importe quoi » et je ne cesse de le dénoncer sur ce blog. Ce blog sur lequel j’ai des « copains » qui prendraient un plaisir fou à me faire brûler… s’ils le pouvaient. Alors Biosphère, je vous invite tout simplement à veiller au grain. Faites gaffe à la peste ! Ou à la haine… ou à l’ivraie… si vous préférez.

  3. Si la première partie de la prophétie risque hélas de se produire (encore qu’on ne regrettera pas les gratte-ciel) je crains d’être encore plus pessimiste que Piero San Giorgio quand il évoque un possible ré enchantement du monde une fois la crise passée.
    D’une part elle aura été si douloureuse qu’elle laissera des traces très durable, d’autre part je ne crois pas qu’une seule société humaine ait jamais été enchantée. Cela n’est pas compatible avec notre façon d’être, cela se marie mal avec le quotidien et avec les inévitables jalousies, échecs, attentes déçues et autres contraintes qui accompagnent toute vie.

    1. Bonjour Didier Barthès.
      Cette pub (avec ou sans guillemets) pour le «business-man survivaliste» (stop) débouche sur un échange intéressant. Du moins que JE juge intéressant. Pour une fois donc, je parviens à échanger réellement quelques idées, et ce avec vous Didier Barthès. J’en suis tout simplement content et je le dis. Parce qu’envoyer ou renvoyer des baballes pourries à une paire de ? … c’est peut-être nécessaire, mais ça va un temps. C’est peut-être rigolo, mais comme partout il y a des limites. Et puis ce n’est certainement pas ce genre de jeu à la con qui nous permet d’avancer, ne serait-ce qu’au niveau individuel.

      Hier soir (6 septembre 2019 à 21:39) vous me répondiez sur «Survivaliste à 8 ans, Y-Cochet a 73 ans». J’espère que vous aurez compris que je même si j’emploie à tours de bras le mot «rigolo», ce n’est pour autant je ne me moque (à proprement parler) des collapsologues et des survivalistes. Au contraire, je prends tout ce qu’ils racontent très au sérieux.
      Hier soir encore (6 septembre 2019 à 21:39) sur «Survivalisme selon P-San Giorgio», vous me répondiez en abordant des questions là encore des plus intéressantes. Vous évoquiez les buts ultimes… le stade bestial, l’humanité, l’évolution… Ne serait-ce qu’à partir de ça il y aurait de quoi discuter (échanger) longtemps. Au sujet du mot HUMANITÉ vous disiez : «je me méfie un peu de ce mot) je crois toutefois que les choses n’ont pas évolué depuis très longtemps». Si vous croyez à l’évolution, comme moi j’y crois, vous savez qu’elle a tout son temps. J’ai déjà dit que Sapiens n’en était qu’au stade de l’adolescence, autrement dit à l’âge con, on dit aussi «l’âge bête».
      Vous avez raison de vous méfier de certains mots, du moins de l’idée qu’ils véhiculent, aujourd’hui. Toutefois je pense que comme moi vous savez encore reconnaître une vessie et une lanterne.
      Je pense que vous le savez, l’époque est à la Grande Confusion (Lire La Décroissance de cet été). Aujourd’hui tout se mélange, tout se confond, tout peut s’interpréter d’une manière ou d’une autre etc. etc. J’appelle ça le grand n’importe quoi. Vous voyez bien comment l’écologie a été récupérée, de tous les côtés, j’ai dit que l’écologie avait bon dos, j’ai également dit qu’elle «couche avec tout le monde». On voit également comment Malthus a été récupéré (pas que lui, bien sûr), on peut également dire que la démographie (ce problème qui vous tient tant à cœur) a bon dos. Maintenant, on peut même avancer que le survivalisme a bon dos.

      Vous êtes sceptique au sujet de ce «possible ré enchantement du monde une fois la crise passée». Bien évidemment vous avez de quoi l’être.
      Mais, Didier Barthès… vous n’êtes pas sans savoir que pour arriver à bien vendre n’importe quoi, il faut raconter n’importe quoi. Et puis qu’il faut ratisser large. Comment voudriez-vous vendre des flingues, des stages de survie, des bunkers, bref comment vendre cette saloperie estampillée «survivaliste» à de braves gens pas spécialement haineux ni violents, mais seulement perdus ? Il faut donc leur promettre ou leur laisser entrevoir le Paradis sur Terre, le «Meilleur des mondes».

      La peste brune progresse, il n’y a pas photo là-dessus. Elle profite de la situation, du désastre planétaire comme du désastre intellectuel, moral, spirituel. Hier 6 septembre 2019 À 11:52 sur «Le message déplait tuons le messager !» j’évoquais l’exemple de Bure, qui devrait tout de même faire réfléchir, et réagir… Et je vois que même pas.

      1. À Bure les 10 et 11 août contre l’enfouissement nucléaire, le mensuel La décroissance a été publiquement brûlé par des « transgenres ou amis de ».  Le titre de ce journal (n°162, septembre) qui relate le fait est ambigu : « La peste brune de retour sous un nouveau masque ». Car on peut être d’extrême droite aujourd’hui et se positionner clairement contre toute violence envers la liberté d’expression.
        Remarquons aussi que la BD de « La décroissance n° 162 » veut déconsidérer Yves Cochet et, pire, le fait mourir en guise de conclusion. Il est absurde de brûler ce journal dont nous avons tous les numéros et dont nous faisons régulièrement la promotion. Mais il faut reconnaître aussi qu’un journal « pour la décroissance » qui traite très mal les décroissants en général et Yves Cochet en particulier ne fait pas signe d’un clair respect du pluralisme des idées.
        Pour en revenir à notre article sur Piero San Giorgo, notez que les différents discours de relocalisation de la vie communautaire se ressemblent, qu’il soient le fait des effondristes comme Yves Cochet ou des survivalistes. Il ne faudrait pas affubler les gens d’étiquettes, mais s’interroger sur la validité de leurs écrits ou de leurs gestes.

      2. Bonjour Michel C

        Je suis vraiment d’accord avec vous pour considérer qu’il faut évoquer l’évolution sur le long terme, par contre je suis plus prudent sur la question de l’humanité qui serait dans son adolescence et cela pour deux raisons :
        – Si nous faisons remonter l’humanité au dernier moment où nous avons des ancêtres communs avec d’autres espèces (les grands singes donc et en particulier les chimpanzés) alors notre espèce a déjà 7 millions d’années ce qui est long pour une espèce. Bien sûr, des variétés très différentes du genre homo ont vécu durant cette longue périodes, elles se sont côtoyées, croisées, mélangées, éteintes, tous les jours on s’aperçoit que le scénario est plus compliqué et plus embrouillé qu’on ne l’imaginait. Et même si l’on remonte moins loin, il est loin d’être évident que l’humanité soit jeune, sans doute avons nous déjà dépassé l’essentiel de notre existence.
        la deuxième raison est plus fondamentale encore, c’est que le concept d’espèce qui aurait une maturité n’a selon moi guère de sens car si il y a une unité génétique (c’est la définition de l’espèce, nous sommes tous interféconds) il n’y a pas d’unité de but, d’unité d’action et d’unité de pensée. Aucune espèce d’ailleurs n’en dispose. Doit on supposer que, du fait de nos capacités intellectuelles supérieures nous accédons à un stade ou le concept d’adolescence, de maturité et de sagesse peut s’appliquer à l’ensemble de l’humanité comme on peut l’appliquer à un individu seul ? j’ai tendance à penser que non, il n’y a pas d’agrégation possible.

        1. Bonsoir Didier Barthès.
          Peu importe finalement à quand on pourrait dater la naissance de l’humanité. On sait que la vie sur Terre est apparue il y a disons 3,5 milliards d’années et que Sapiens n’a que 200 ou 300 milles ans. Par rapport à bon nombre d’espèces, c’est jeune. De toute façon Sapiens est le dernier représentant de la branche Homo, et à ma connaissance il est le seul à pouvoir penser à tout ça et à en discuter.

          A votre dernière question, à l’inverse de vous je répondrais que j’ai tendance à penser que oui. En effet je crois que l’homme est perfectible. Entendu par là, enfin digne de s’appeler « Sapiens ». Notre espèce a porté et porte encore de magnifiques spécimens qui eux au moins en sont dignes. On sait que l’évolution a tout son temps, on sait aussi un peu comment fonctionne la sélection naturelle, ce ne sont pas nécessairement ceux qui ont les dents les plus longues qui ont le plus de chances de survie, et donc de faire perdurer l’espèce. Bien évidemment, notre espèce, particulièrement bizarre… risque fort aussi de disparaître avant l’heure, à vouloir trop jouer avec le feu. Toutefois je préfère parier qu’après s’être brûlé un bon coup (bon, c’est le cas de le dire), alors cette sagesse fera un petit bond, en avant. Mais là je crois que nous entrons dans un autre domaine, celui de la spiritualité.

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