La valeur croissante de la simplicité volontaire

Un livre de 1936 que tous les écoliers futurs apprendront à connaître, La valeur de la simplicité volontaire de Richard B.Gregg*. Il a un goût d’actualité car il présente à la fois le problème actuel et sa solution. Voici quelques extraits :

Le problème : L’idée d’Henry Ford selon laquelle la civilisation progresse avec l’augmentation des besoins des gens a l’air sensée. L’énorme quantité de papier et d’encre destinés à la publicité ajoute du poids à cette croyance. Le capitalisme n’est pas une simple organisation extérieure de banquiers et d’industriels. Ceux qui veulent le réformer ou l’éradiquer ont généralement intériorisé certaines des attitudes, des manières automatiques de penser et de désirer inhérentes au capitalisme. La cupidité et la compétition sont deux éléments nuisibles. La rivalité ostentatoire – imiter à tout prix les voisins – est une caractéristique marquante de la vie moderne. Un grand nombre d’Américains, les pauvres comme les riches, pensent qu’ils doivent posséder une automobile et considèrent le téléphone comme extrêmement important. Lorsqu’une personne vit au milieu de possessions pléthoriques, celles-ci constituent un environnement qui l’influence ; sa perception des relations humaines importantes est susceptible de devenir obstruée. Nous payons plus pour nous divertir que pour nous protéger du froid, de la maladie, des criminels. En apparence, les machines et l’argent nous procurent plus d’énergie, mais ils se nourrissent de notre énergie intérieure et nous en dépouillent. Dans la mesure où les désirs de l’humanité sont illimités – et nous tendons tous à justifier nos désirs -, quelles limites devons-nous nous fixer ?

La solution : Afin de corriger notre sur-mécanisation délirante, la simplicité est grandement nécessaire. La sobriété est une question relative, qui dépend du climat, des coutumes, du caractère de l’individu. Ce qu’est la simplicité pour un Américain serait loin d’être simple pour un paysan chinois. C’est à chacun de déterminer le degré de simplification à atteindre. Mais il est facile de voir que nos existences individuelles et notre vie collective seraient grandement changées si tout le monde simplifiait ses desseins. Un mode de vie simple agit comme un moyen de dissuasion contre l’ostentation et décourage à la fois l’avarice et la compétition. C’est à la portée de chacun d’entre nous.

Les actions comptent plus que les mots. La simplicité volontaire affecte en premier lieu la consommation. Elle instaure une limite d’achats. La consommation est le secteur dans lequel chaque individu peut influencer la vie économique de la communauté. Le consommateur a donc le devoir de réfléchir et de se conformer à un niveau de consommation pour lui-même et sa famille. Doit-il posséder trois ou un seul chapeau ? Sa maison doit-elle comporter une salle à manger séparée ? Je n’ai pas le droit de dénoncer le mal sans commencer d’abord par le déloger de ma propre vie. L’exemple est plus puissant que l’exhortation et le modèle donné par une personne, inlassablement répété, s’étendent à tous ceux qui reçoivent ce stimulus. Un groupe combinant la simplicité de vie, la discipline de la non-violence, et une sage transformation des pratiques économiques et sociales, pourrait acquérir une puissance morale suffisante pour guider et façonner une nation nouvelle. La simplicité ne serait pas un facteur négligeable dans l’influence de ce groupe.

* éditions Le pas de côté, 2012

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