L’agriculture biologique est bien la plus performante

L’agriculture biologique est un mode de culture qui proscrit les intrants chimiques, engrais, pesticides et autres produits phytosanitaires. En fait il s’agit de la méthode appliquée dans les pays développés avant l’utilisation des engrais artificiels, ce que Albert Howard appelait la mentalité NPK (azote, phosphore, potassium). Il s’agit presque toujours de la méthode encore appliquée dans les pays pauvres. Commentons l’article de Pierre Le Hir dans LE MONDE* :

« Fin 2011, l’agriculture biologique n’occupait que 37,2 millions d’hectares dans le monde, soit seulement 0,9 % de la surface agricole totale. »

commentaire de Biosphere : étonnant, on fait comme si la majorité des cultures faites par les paysans des pays pauvres n’était pas biologique. Or il s’agit bien d’une agriculture qui se passe d’intrants chimiques, engrais, pesticides et autres produits phytosanitaires !

« Ses détracteurs lui reprochent ses piètres rendements, comparés à ceux de l’agriculture conventionnelle. Les dernières grandes études internationales sur le sujet, publiées en 2012, indiquaient que les rendements moyens des productions végétales sont, en mode biologique, de 20 % à 25 %  inférieurs à ceux des pratiques traditionnelles. »

commentaire de Biosphere : Le calcul des rendements est faussé car il ne considère pas tous les éléments du rapport productif. Pour avoir une vision complète du rendement à l’hectare, il faudrait mettre en comparaison le nombre de calories des végétaux produits sur une superficie donnée et tous les facteurs de production qu’on peut transformer en calories : le tracteur, les engrais, les pesticides, l’irrigation, etc. En terme imagé, nous mangeons du pétrole. Le résultat de ce rendement « généralisé », c’est que l’agriculture biologique (traditionnelle) est dans presque tous les cas bien plus performante que l’agriculture conventionnelle (productiviste).

«  Une récente publication montre que le différentiel est beaucoup plus faible lorsque les exploitations biologiques ont recours soit à la polyculture (plusieurs plantes cultivées sur la même parcelle), soit aux rotations : il tombe alors à respectivement 9 % et 8 %. »

commentaire de Biosphere : il faut pouvoir toujours compenser la perte de fertilité entraînée par les productions végétales et animales. L’agriculture productiviste le fait de façon artificielle et non durable, la fin des énergies fossiles marquera le glas de ce type de surexploitation des sols. L’agriculture biologique est inséparable de la polyculture associée à l’élevage et des jachères. Concluons avec Claire Kremen : « Augmenter la part de l’agriculture faisant appel à des pratiques durables n’est pas un choix, mais une nécessité : nous ne pouvons tout simplement pas continuer à produire de la nourriture sans prendre soin des sols, de l’eau et de la biodiversité. »

* lemonde.fr | 10.12.2014, L’agriculture biologique, plus productive qu’on ne le pense

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