L’aviation au banc des accusés, coupable !

L’avion a commis des crimes sans nombre, émissions de gaz à effet de serre, complicité de permettre d’aller plus loin, plus vite, plus souvent, épuisement des ressources fossiles par gaspillage du kérosène, destruction des communautés locales en permettant le tourisme de masse. Aucunes circonstances atténuantes ! Coupable, condamné à la peine capitale, les avions cloués au sol, définitivement. C’est le verdict d’une écologie de rupture avec le système thermo-industriel. Ce n’est pas l’avis prédominant. Malheureusement nous continuerons à faire fausse route par la voie des airs. Le monde d’après sera similaire au monde d’avant… en pire. Un plan « historique » pour « sauver notre compagnie nationale ». Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire n’a pas hésité sur les mots ni sur les moyens pour soutenir Air France qui va recevoir une enveloppe de 7 milliards d’euros. Alors que les Verts sont au gouvernement en Suède, la SAS (Scandinavian Airlines) recevra des aides de l’État sans aucune condition. Les écologistes font partie de la coalition en Autriche et n’ont toujours rien imposé sur le sujet aérien. Nulle part les écologistes au pouvoir n’ont encore su concilier exigences sociales et environnementales. Même pas quand ils sont dans l’opposition.

Dimanche 26 avril sur BFMTV, le député européen EELV, Yannick Jadot, s’est dit favorable au « sauvetage d’Air France ». Le gouvernement impose à Air France une condition environnementale pour être refinancé : réduire les vols intérieurs. Une condition, en réalité, pas très impressionnante mais qui a le mérite de montrer ce que doit être le transport de demain. Yannick Jadot, au micro de France Inter, n’a pas su être précis quand on lui a demandé ce qu’il aurait fait, lui, pour sauver Air France. Il a même défendu François Bayrou qui proteste contre la réduction des liaisons aériennes Paris/Pau. Par pragmatisme de compromission, les écologistes se retrouveraient alignés sur le gouvernement. Allez comprendre ! La CGT réclame un « plan Marshall de 10 milliards d’euros pour l’aéronautique ». Le PDG de Dassault Aviation réclame une « prime à la casse » pour l’achat d’avions « moins polluants ». Air France va écarter ses vieux A340, A319 et A318, pour recevoir, à la place, des Airbus A320neo et des A350. Patronat, syndicats, même combat, la protection de l’emploi rejoint la dynamique des profits. Tous les notables soutiennent la ligne Paris-Bordeaux, le maire de Mérignac où se trouve l’aéroport, le maire de Bordeaux, le président de la métropole et le président de la Région Nouvelle-Aquitaine. Les collectivités rappellent que « l’aéroport s’est doté d’un plan d’orientation stratégique volontariste en termes de lutte contre les nuisances sonores et visant à la neutralité carbone, devenant ainsi un équipement éco-responsable ». Le Conseil Régional de la Nouvelle-Aquitaine « est engagé dans la mise en oeuvre d’une feuille de route stratégique aéronautique prévoyant le recours accru aux carburants alternatifs et le soutien à la filière hybride électrique ». Mais les spécialistes pointent que ni les biocarburants comme alternative au kérosène, ni les batteries électriques ne seront capables de faire face au défi climatique posé par l’envol du trafic. L’écoblanchiment sévit, les offres de « vols Paris-Bordeaux » pas cher se multiplient aujourd’hui !!  Avez-vous oublié que l’aéronautique a été à l’origine même de la propagation de la pandémie ? » interroge la Sepanso qui milite « pour le rétablissement des trains de nuits, alternative à l’avion, qui satisfaisait tant de passagers, par exemple ceux de Tarbes, Pau, Irun… »

La position de l’écologie politique est incompréhensible sans message et messagers assez affirmés pour tracer un chemin pas forcément populaire au premier abord. C’est pourtant le moment d’être limpide et d’avoir un propos qui tranche. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) recommande de conditionner l’octroi d’aides publiques à « l’adoption explicite de plans d’investissement, avec mesures de vérification, et de perspectives compatibles avec la trajectoire bas carbone ». Par exemple, toute aide au secteur aérien doit être conditionnée à la mise en place d’un plan précis pour atteindre la neutralité carbone. « Ce n’est pas le moment de soutenir l’aviation coûte que coûte, mais d’ouvrir le débat sur le fait de réduire les déplacements en avion, prévient la climatologue Corinne Le Quéré, présidente du HCC. Des aides (formation, reconversion) aux travailleurs des secteurs très émetteurs peuvent parfois être préférées à une aide sectorielle. » Les ministres de l’économie, Bruno Le Maire, et de l’écologie Elisabeth Borne, ont confirmé que le plan d’aide de 7 milliards d’euros accordé à Air France serait conditionné à des critères écologiques, dont « la fermeture de lignes aériennes intérieures », SAUF pour les liaisons vers des hub, et A CONDITION qu’existe une « alternative en train durant moins de 2h30 ». Condition contre condition, autant dire qu’on ne va rien faire politiquement contre l’aviation. Seule source de satisfaction, venant des spéculateurs. Warren Buffett, patron du groupe Berkshire Hathaway, a annoncé le 2 mai 2020, lors de son assemblée générale des actionnaires, qu’il avait vendu toutes ses actions dans les compagnies aériennes américaines, pour un total de 6 milliards de dollars. « L’aérien, je pense que cela a changé fondamentalement », a-t-il expliqué : « Même si le trafic revenait à 70 % de sa capacité dans les prochaines années, il y aurait quand même une énorme surcapacité d’avions. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

30 janvier 2020, CLIMAT, l’illusoire compensation carbone

Air France annonce que, dès janvier 2020, elle compenserait les émissions de CO2 de ses quelque « 450 vols intérieurs » quotidiens en finançant des projets de « plantations d’arbres, de protection des forêts, de transition énergétique »… La forêt devient un alibi qui fait passer au second plan la priorité numéro un, c’est-à-dire la décarbonation de pans entiers de l’économie…

27 juin 2019, Pour l’avion tous bords confondus

Tribune signée par plusieurs sénateurs et députés de gauche, du Centre, de droite et macronistes, « Arrêtez de taper sur l’avion » . L’alliance de l’ancien monde économico-politique contre l’urgence écologique !…

21 juin 2019, Mettre à terre le lobby aérien

Nous avons reçu une déclaration écœurante du GIFAS. Créé en 1908, le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales ose dire que « Le secteur aérien français est mobilisé en faveur de la lutte contre le changement climatique »…

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques)…

7 avril 2019, Faire « tourisme et découvertes » sans prendre l’avion

Les experts semblent penser que la sagesse qu’ils répandent sur la Terre depuis leur siège en première classe à 10 000 mètres d’altitude est si importante qu’elle pèse plus lourd dans la balance que leurs propres émissions de gaz à effet de serre…

7 avril 2019 / 4 commentaires / effet de serre / Par biosphere

Il en est des savants comme des touristes aux antipodes et tant de commerciaux, l’avion est à la mode. No Fly Climate Sci, Hypocrites in the Air ou Labos1.5 en France, des collectifs de chercheurs visent à limiter les déplacements aériens académiques.

26 février 2019, Prenez l’avion, c’est bon pour nos générations futures

Celui qui se prive de voyages au long cours vers des destinations paradisiaques pour montrer l’exemple d’un comportement écologique sans faille ne fait que retarder l’échéance fatale. Son sacrifice offre aux avionneurs invétérés un répit avant d’arriver aux limites biophysiques de la planète : le kérosène qu’il économise, c’est autant de plus à la disposition des destructeurs.

8 octobre 2016, Compensation carbone, l’hypocrisie de l’aviation civile

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) instaure un mécanisme mondial de compensation des émissions de gaz à effet de serre*. Victoire ? Que nenni ! C’est un leurre, du greenwashing (écoblanchiment). Il s’agit d’achat de crédits carbone par les compagnies aériennes auprès d’autres secteurs via une Bourse d’échanges…

13 mai 2016, Compagnies aériennes, un jour le kérosène les tuera

Le transport aérien bénéficie d’un régime d’exception en étant le seul secteur dont le carburant est exonéré de toute taxe au niveau international. Pourtant, il pèse 3 % des émissions carbone mondiales. Ce chiffre n’est pas à négliger : si le secteur aérien était un pays, il serait le 7e pays le plus pollueur en termes d’émissions. Quand le kérosène sera taxé, les compagnies aériennes feront faillite…

23 juillet 2015, Pour ne pas changer le climat, ne pas prendre l’avion

la seule énergie utilisable pour les déplacements humains doit résulter des énergies renouvelables. On ne peut recouvrir la terre toute entière d’arbres. Le système de compensation d’un voyage en avion (détruire à un endroit, acheter une indulgence par ailleurs) a ses limites…

21 octobre 2014, Christophe de Margerie est mort, le kérosène l’a tué

Tombé dans le baril en 1974, au moment du premier choc pétrolier, Margerie pense que le brut est « la plus belle des sources d’énergie ». La maison brûle ? s’exclamait Chirac à un sommet de la Terre. Haussement d’épaules de Margerie : « Je suis foncièrement optimiste et je ne suis pas inquiet pour l’avenir. »…

25 novembre 2013, tout accord fait grâce à l’avion n’est pas un bon accord

Congressistes, restez chez vous ! Vous ne servez à rien. L’accord 2013 sur le climat est adopté à Varsovie… pour rien. On se reverra l’an prochain pour une autre « conférence d’étape, on prendra l’avion et on étudiera les modalités de la prochaine conférence. Le chef de la délégation sriklankaise à Varsovie met le doigt où ça fait mal : « Nous continuerons à essayer de nous mettre d’accord chaque année en contribuant toujours plus aux émissions de CO2 par nos voyages en avion. »…

8 octobre 2010, trop de touristes prennent l’avion

Aujourd’hui nous ne parlerons pas du tourisme par avion qui profite d’un kérosène détaxé pour abîmer des contrées lointaines et détériorer le climat. Aujourd’hui nous ne parlerons pas du tourisme du troisième âge qui multiplie les « long-séjouristes » puisqu’ils ont tout le temps…

19 avril 2010, des avions cloués au sol, la bonne affaire !

Un petit volcan qui se réveille et c’est une grande partie de l’espace aérien européen qui reste fermé plusieurs jours (LeMonde du 18-19 avril 2010). Pour nous, cela serait une bonne nouvelle si c’était volontaire et durable : l’avion est l’ennemi de la planète et des humains. Nous trouvons ridicule de la part des ressortissants européens de prendre l’avion pour aller dans un autre pays européen que le sien. A plus forte raison si on utilise les lignes aériennes internes à son pays. Les avions doivent rester définitivement cloués au sol…

19 septembre 2009, la fin de l’avion plus lourd que l’air

Les compagnies européennes continuent d’étendre leur flotte ! Ce paradoxe marque l’irréalisme des transporteurs aériens qui se croient encore exonérés de la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, pour la période 2002-2050, le poids des transports aériens dans le réchauffement climatique devrait passer de 3,5 % à environ 10 %…

12 août 2009, les avions, au sol !

Le projet de grand aéroport à Notre-Dame-des-Landes est contesté. Hervé Kempf conclut comme il se doit avec un militant anti-avion: « Ce projet cristallise tout ce qu’on rejette dans cette société : le réchauffement climatique, l’abus de pétrole, la surconsommation, la délocalisation et le gâchis de terres agricoles. »…

8 décembre 2007, avions et climat

Pour la période 2002-2050, le poids des transports aériens dans le réchauffement climatique devrait passer de 3,5 % à environ 10 %. Les climatologues rappellent aussi qu’à consommation égale un avion a un impact climatique qui vaut plusieurs fois celle d’un transport routier, en raison des émissions de gaz à haute altitude…

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10 réflexions sur “L’aviation au banc des accusés, coupable !”

  1. Didier BARTHES

    Quoi que n’ayant pas pris l’avion depuis 25 ans, je serais peut-être un peu moins sévère et plutôt favorable à une position intermédiaire.
    Certes je pense que l’aviation devrait supporter au moins deux mesures restrictives par rapport à aujourd’hui
    – que son carburant soit taxé au même niveau que le carburant automobile
    – que le prix payé par les passagers corresponde au coût d’exploitation , il est aberrant que les voyages en avions soient payés par nos impôts. Donc plus aucune subvention ni pour les compagnies, ni pour les aéroports
    Je suis aussi vraiment d’accord pour dire que l’avion a favorisé outrageusement les déplacements à longue distance et en cela augmenté l’empreinte écologique de l’homme, c’est vraiment une chose dont nous devons avoir conscience.
    Par contre il faut aussi relativiser le problème
    – l’avion ne représente pas énormément en terme de consommation d’énergie, quelques pour cent de gagnés sur le transport automobile (voitures et camions) comptent plus que l’ensemble de l’aviation
    – l’avion a sur les autres modes de transport (hors bateau) l’avantage de ne réclamer que des infrastructures en arrivée et en départ et non une longue infrastructure qui consomme de l’espace et segmente les territoires tout le long du parcours… (à suivre, nous sommes limités dans nos commentaires à 1500 caractères par ce blog !)

    1. Didier Barthes

      – je suis tout à fait persuadé que nous allons brûler toutes les réserves de combustibles fossiles qui pourront l’être et que donc toute économie sur un secteur, se traduira par une consommation pour un autre. Et même au delà de cette question du transfert de toute façon dans 100 ans le problème sera réglé par les faits (plus de pétrole) , pour la planète c’est déjà gagné. Et que nos mesures d’économie nous permettent de ne brûler ces réserves en 120 ans plutôt qu’en 100 ne change rien à l’affaire en terme écologique.
      – Pour le soutien actuel aux compagnies et aux fabricants d’avions, même si à terme comme l’ai dit plus haut , il faut y mettre fin, je conçois que dans l’immédiat on ne puisse brutalement mettre au chômage des pans entiers de la population. La décroissance et la réorientation de nos activités sont nécessaires et impérieuses, mais nos sociétés sont lourdes et on ne peut pas faire tout du jour au lendemain sauf à provoquer des drames, donc soyons prudents. Il faut aller fermement dans la nouvelle direction mais inévitablement à un rythme qui ne plonge pas la société dans le chaos. Le remède serait sinon à moyen terme pire que le mal.
      Les sociétés passées pouvaient se permettre des révolutions brutales (encore que c’était souvent cruel) mais nos sociétés modernes ne sont pas résilientes du tout, nous dépendons tous de multiples réseaux pour toutes nos activités, mettre tout par terre, c’est prendre un risque énorme.

      1. « l’avion ne représente pas énormément en terme de consommation d’énergie », je sais bien que vous raisonnez là exclusivement en chiffres absolus, mais vous faites à mon avis erreur, car en effectuant un découpage adéquat, alors aucune activité ne représente énormément en terme de consommation d’énergie ! On pourrait aussi, par exemple, découper la consommation automobile selon la couleur des véhicules, ainsi « aucun groupe ne représenterait énormément en terme de consommation d’énergie ».
        Ma consommation personnelle ne pèse elle-même pas bien lourd en chiffres absolus, vous faites bien de me le rappeler, je vais de ce pas acheter un SUV… j’envisage même à faire un gamin…
        L’avion est le moyen de transport le plus intensif et le plus superflu. Pour obtenir des résultats de réduction d’émissions, il convent de s’attaquer d’abord aux usages le plus intensifs, puis descendre jusqu’à atteindre un résultat (absolu cette fois) soutenable.
        Je n’ai même pas abordé l’éthique au rabais du touriste aéroporté, puisque qu’on se baigne là dans l’hubris.

        1. Didier BARTHES

          Bonjour Florian,
          j’ai découpé les choses en grands modes de transports. je ne suis pas allé jusqu’à découper selon le type d’avion ou la couleur de la carlingue, donc la comparaison Automobile / Aviation me semble avoir un sens.
          Non je ne suis pas persuadé qu’il faille d’abord s’attaquer au plus intensif, on peut aussi voir les choses en terme quantitatif. Si vous supprimez les Rolls qui consomment chacune beaucoup chacune vous n’agirez pas beaucoup sur le climat, si vous supprimez les Renault qui consomment beaucoup moins, vous aurez un résultat bien plus significatif.
          De plus se pose le problème du transfert, ce n’est pas une blague quand je dis que nous brûlerons tout, c’est ce qui me semble de loin le plus probable

    2. – «Il faut aller fermement dans la nouvelle direction mais inévitablement à un rythme qui ne plonge pas la société dans le chaos. Le remède serait sinon à moyen terme pire que le mal.»
      Autrement dit, tailler fermement dans le lard mais sans bobo. Oui bien sûr, et tout le monde sera d’accord. Peut-être alors devrions-nous exiger l’anesthésie générale.
      Seulement à ce rythme les gains sont automatiquement anéantis par l’effet rebond. Ce qu’on économise d’un côté est immédiatement consommé de l’autre. Bilan zéro, et encore au mieux. Le problème c’est que ces activités sont dépendantes de la croissance, même une stagnation entraîne des suppressions d’emplois donc des drames sociaux, c’est le Système qui le veut. Après la fin de la seconde guerre mondiale, aux USA les usines de bombardiers continuaient à produire des avions qui étaient démontés en bout de chaîne. Le Système s’inspire des Shadoks. De toute façon, y aller en douceur (et profondeur), de manière à ménager la chèvre et le chou, c’est là encore vouloir le beurre et l’argent du beurre, une chose et son contraire. Depuis le temps, les Shadoks que nous sommes devraient l’avoir compris : S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème.

      1. Didier BARTHES

        Bonjour Michel C,

        Vous répondez encore par l’ironie (l’anesthésie) mais c ‘est un peu facile. la modération et le réalisme ne constituent pas un renoncement , mais juste une façon d’agir effectivement. Il ne s agit pas de rejouer à l’infini la pièce sur le thème « renversons le capitalisme » ça fait 200 ans que cela n’a mené à rien.
        Oui, je crois qu’on ne peut pas dire à l’ensemble des gens qui travaillent dans l’aérien ou dans l automobile:
        « A partir d aujourd’hui, vous n’aurez plus de revenus ! »
        Oui je pense que ce serait irresponsable. d ailleurs toutes les ressources de la société en seraient affectées et on ne pourrait rien faire pour la transition.

        1. « Oui, je crois qu’on ne peut pas dire à l’ensemble des gens qui travaillent dans l’aérien ou dans l automobile:
          « A partir d aujourd’hui, vous n’aurez plus de revenus ! » »
          C’est pourtant justement à quoi s’attaque ces jours-ci le groupe de réflexion de Jancovici : formuler un plan de sortie qui ne soit pas trop douloureux, car il n’y a pas d’alternative.
          Pour reprendre un exemple de JMJ, avec l’épisode covid, on va mettre env. 4 millions de gens au chômage pour avoir sauvé quelques dizaines de milliers de gens en fin de vie… ne pourrait-on pas mettre à l’arrêt une bonne partie de l’industrie aéronautique (de façon coordonnée cette fois) alors que la contrainte énergie/climat signifie la disparition violente de millions de gens (ordre de grandeurs pour la France uniquement) ?

          1. Didier BARTHES

            Bonjour Florian,
            La comparaison ne me semble pas juste, chacun peut espérer que les 4 millions de personnes au chômage suite au covid le soient de manière provisoire. Si l’on arrête l’aviation, c’est moins de personnes, mais c’est de manière quasi définitive qu’on arrête leur activité, c’est très différent.
            Quant aux millions de personnes qui mourraient en France du réchauffement climatique, je n’en sais rien, mais je pense que dans les problèmes écologiques on accorde trop d’importance au réchauffement par rapport à la perte de biodiversité qui est beaucoup plus grave, beaucoup plus brutale et beaucoup plus rare dans l’histoire de la vie sur Terre. Nous avons déjà éliminé au moins 90 % de la grande faune (sans doute beaucoup plus en réalité)

        2. Bonjour Didier Barthès.
          Croyez-vous que la Transition (la sacro-sainte) serait la Solution ? Notamment pour l’ensemble des gens qui travaillent dans l’aérien ou dans l’automobile ? Qu’ils se rassurent, tôt ou tard, par la force des choses ces gens là pourront se reconvertir dans la fabrication de brouettes et de vélos. En attendant, la modération et le réalisme que vous préconisez là n’est rien d’autre que ce fameux pragmatisme dont tous (ou presque) se gargarisent, depuis je ne sais combien de temps. Et là aussi, on peut voir à quoi ça mène. Bouger pour bouger, brasser du vent, pomper dans le vide, se faire croire qu’on agit, qu’on existe etc. Alors qu’on ne fait que tourner en rond, et encore au mieux.
          En attendant, ben oui l’ironie, ou l’humour tout court. Après tout ce n’est qu’une façon comme une autre de gérer un problème insoluble.
          – «moralité : Dans les situations les plus désastreuses, les humains trouvent toujours le moyen d’en rigoler, et ça que c’est une bonne idée…» (Biosphère : Histoire de planètes parlant du virus humain).
          Rigoler, oh que oui que c’est une bonne chose ! 🙂

  2. L’uniforme, les Ray-bans, les jolies hôtesses… ah ça oui c’est la grande classe ! Les petits enfants peuvent toujours en rêver, pilote de ligne reste un métier d’avenir.
    Sauf si demain ce sont des robots qui pilotent à leur place, alors là adieu le prestige. Conduire une machine automatique, presser sur deux boutons, marche-arrêt, c’est sûr c’est pas ça qui va impressionner la galerie.
    En attendant… c’est plutôt ça que devraient redouter ces fiers mâles dominants, conducteurs de gros engins, Boeing, Airbus, tankers, TGV et autres 30 tonnes. Parce qu’une chose est sûre, ce n’est pas l’état de la planète qui arrêtera cette croissance débile.
    Et puis un jour, les vols seront virtuels, pour les pilotes comme pour les touristes. C’est chez soi qu’on pilotera, voyagera, visitera, fera tout et n’importe quoi, casque sur la tronche. Et qui sait, peut-être qu’alors la planète ne s’en portera que mieux.

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