Le christianisme était un anti-natalisme

Le christianisme des origines était un antinatalisme, on a bien occulté cette réalité… Acteur important du néomalthusianisme, Théophile de Giraud consacre un essai court et percutant au message anti-procréation de Jésus : « Il semble bien qu’il y ait un gigantesque hiatus entre les discours des Églises officielles (catholique, orthodoxe ou protestante), toutes favorables à la natalité, et le message originel du christianisme ».

Loin d’une ode au natalisme, la lecture des Évangiles nous fait découvrir un Christ farouchement hostile à la famille biologique et plus encore à la reproduction. Dans le sillage du Christ, qui demeura sans enfant tout en appelant à se faire eunuques en vue du Royaume des Cieux, les premiers pères de l’Église chanteront eux aussi les louanges de la virginité perpétuelle et déprécieront la fertilité charnelle. Saint Augustin souhaitera même que tous s’abstiennent de procréer afin que la fin du monde en soit hâtée ! Pas une année pourtant ne s’écoule sans que le pape ou un autre dignitaire chrétien ne se perde en éloges de la fécondité et de la famille, nombreuse de préférence. Il s’agit d’une trahison qui en ce siècle de surpopulation planétaire se révèle encore plus désastreuse que celle de Judas. Le natalisme des églises chrétiennes contemporaines serait-il la plus grande supercherie de tous les temps ? Si l’Ancien Testament ordonne au genre humain de se reproduire et de dominer la Terre (« Soyez féconds, multipliez, emplissez la Terre et soumettez-la », Genèse), il contient des propos antinatalistes dont Théophile de Giraud mentionne les occurrences. Quand Jésus exhorte ses disciples à répudier les liens du sang, à quitter père et mère, il fait prévaloir la communauté des fidèles sur la famille biologique, l’attachement à l’Esprit sur les liens de chair. Vierges, Marie et le Christ, lequel meurt sans descendant, privilégiant une fécondité spirituelle ; apôtres de l’abstinence, de la chasteté : Saint Paul, Origène qui se castrera, Saint Augustin…  

Pour des raisons stratégiques, donnant la primauté au séculier sur le régulier, au temporel sur le spirituel, l’Église a inversé le message ascétique du Messie, sa condamnation de la maternité, en un appel à procréer. Théoricien du « child free », militant pour une décroissance qui soit à la fois économique et démographique afin d’avoir une chance de sauver la planète, Théophile de Giraud prône un néomalthusianisme historiquement soutenu par certains anarchistes et quelques féministes qui, par le choix libre d’une limitation des naissances sans contrainte, entendent construire un avenir plus harmonieux entre humains et non-humains. Car n’oublions pas, chaque bébé qui naît, c’est un peu de la Terre qui meurt…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

2006 L’art de guillotiner les procréateurs (manifeste antinataliste de Théophile de Giraud)

9 avril 2011, manifeste anti-nataliste de Théophile de Giraud

24 février 2014, Un carré de 100 mètres sur 100 pour tous nos besoins

1er juillet 2014, Sanctions pour non respect du permis de procréer ?

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12 réflexions sur “Le christianisme était un anti-natalisme”

  1. Didier BARTHES

    Ajoutons qu’il existe une seconde ligne de fracture entre le christianisme et l’image que l’on peut en avoir, en Europe au moins ce sont les pays les plus chrétiens, voir catholiques (Europe de l’Est, Italie, Espagne) qui font le moins d’enfant (l’Irlande fait une peu exception). En réalité, même s’il est populaire, le pape est peu écouté en la matière
    En terme de natalité c’est l’Islam qui pose problème, car cette religion est à la fois nataliste dans le discours, nataliste dans les faits, et représentée par énormément de personnes. La religion juive est aussi nataliste, mais ça ne concerne que 2 pour mille de la population mondiale

    1. Bonjour Didier Barthès. «L’indice de fécondité est de 3,4 enfants en moyenne par femme en 2000 dans l’ensemble des pays arabes. Ce nombre peut sembler élevé par rapport à la moyenne mondiale (2,7) mais il est faible comparé aux six à huit enfants qui étaient la norme dans la génération précédente. La fécondité a donc beaucoup diminué.» (INED)
      Parmi les pays qui n’écoutent pas trop leur prophète, les Emirats arabes unis avec un taux de fécondité de 1,73 en 2018. Le Liban, peut-être un cas à part… taux de fécondité de 1,72 en 2018. Comme quoi nataliste ou pas la religion ne fait rien à l’affaire. Là encore, si l’on souhaite préserver le vivre ensemble, je pense qu’on devrait éviter d’aller sur ce terrain là.
      En attendant les malthusiens et autres dénatalistes peuvent toujours se réjouir que le taux de fécondité a été divisé par deux dans le monde depuis 1950. S’ils veulent qu’on leur décerne une médaille je suis POUR.

      1. Didier BARTHES

        Je crains qu’au nom du « vivre ensemble » vous ne soyez prêts à sacrifier la liberté de parole. Eh bien non, il faut dire les choses comme elles sont et l’Islam cumule bien (en Afrique Sub saharienne aussi et pas seulement dans le monde arabe) les trois facteurs « pro-démographie » que j’ai évoqués. En Europe aussi les couples musulmans ont plus d’enfants que les autres. Il faut au contraire aller sur le terrain qu’on croit juste et non tenir des propos en vue d’un calcul politique pour ne pas déplaire, il faut dire les choses comme on les pense, sinon autant fermer tous les forums

        1. La question n’est pas de tenir tels ou tels propos par stratégie électorale, parce que s’il ne s’agit que de ça nous sommes déjà «bien» servis. Quant à «dire les choses comme elles sont», faut-il déjà savoir comme elles sont réellement, sinon nous ne faisons qu’exprimer des opinions, des croyances. La liberté de parole est une de ces choses à laquelle je tiens, autant que vous probablement, seulement faut voir ce qu’on en fait. Rappelons-nous cette misérable «affaire Mila», devenue affaire d’Etat, essayons de voir de quoi Zemmour est le nom, etc. etc.
          Je dis seulement qu’il y a aujourd’hui des sujets particulièrement délicats, même en faisant très attention tout et n’importe quoi peut être vite mal interprété, déformé etc. Je ne suis pas le seul à déplorer qu’il est quasiment devenu impossible de débattre aujourd’hui.

          1. Bref, nous avons perdu le sens de la juste mesure en toutes choses.
            Ceci dit vous savez bien qu’il faut du temps pour faire changer les mentalités. La baisse du taux de fécondité au niveau mondial comme dans les pays arabes va certainement dans le bon sens, hélas bien d’autres choses se dégradent très vite. Tout ça pour dire qu’il n’est pas évident de voir ce qui prime, d’autant plus quand on rajoute la confusion et les passions.

  2. (1er Juillet 2014) Théophile de Giraud s’insurge : « Comment se fait-il qu’il n’existe à ce jour aucun permis de procréer ? Et pourtant, quel foisonnement, dans nos sociétés, de permis en tout genre : permis de conduire, de chasse, de pêche, de construire, de travail, de séjour, d’inhumer, etc. [etc.]»
    Certes. Mais avant de penser à un permis de procréer, pensons d’abord à un permis de voter. Et peut-être aussi à un permis de publier. De publier, d’écrire et de raconter n’importe quoi.
    Et là je vous vois venir… vous allez me chanter ma «liberté» d’expression, ma «liberté» de penser. Ben oui. Ma sacro-sainte «liberté» de penser et de raconter n’importe quoi !
    Et ma «liberté» de procréer alors ? Mais oui, je sais, je sais… nous sommes (ils sont) trop nombreux et patati et patata. Et trop cons, non ? Alors à quoi bon en rajouter, toujours plus, hein ? Là aussi, essayons de répondre.

    1. D’ailleurs dans un tel contexte, qui devra procéder à l’évaluation de l’intelligence des citoyens pouvant devenir d’éventuels électeurs ? Qui attribuera le droit de vote ? Un comité d’experts constitué de Martine Aubry, Taubira, Mélenchon, Cécile Duflot, Besancenot, Poutou, Artaud, Benoît Hamon et tout ce beau monde présidé par Michel ?

      1. Qui ? Comme pour le permis de conduire ou celui de procréer, pardi ! Ceux qui savent et/ou qui détiennent la vérité (ou la «Vérité») sur la question.
        S’il ne s’agissait là que d’une question d’intelligence (?) il suffirait alors de mesurer le fameux Qi. Des spécialistes te feraient passer l’examen (une série de tests) et te délivreraient, ou pas, le fumeux permis. Permis de voter et/ou de procréer ! D’une pierre deux coups ce serait formidable !
        En attendant le permis de voter pourrait simplement être un examen sur des connaissances basiques de nos institutions, pour s’assurer déjà que le dit citoyen sait reconnaître la gauche et la droite. Exactement comme pour le permis de conduire. Je ne vois donc pas pourquoi ce serait nécessairement Méluche, Duflot et Compagnie.
        Pour le permis de procréer c’est un peu plus compliqué, mais après tout, dans le contexte où nous sommes, toi ou Théophile de Giraud pourraient très «bien» faire l’affaire. 🙂

    2. Comment déterminer ceux qui auraient le droit de voter ? De la même manière que pour déterminer ceux qui auraient le droit de procréer, pardi !

  3. Mon dieu, que ne va-t-on pas inventer ! Tout le monde sait ce que sont les Évangiles, d’où elles sortent etc. et a entendu parler des évangiles apocryphes. On sait comment, longtemps après sa mort (en admettant qu’il ait réellement existé), le personnage de Jésus a été inventé. De ces traductions de traductions les Pères de l’Église ont pris ce qui les arrangeait, jeté le reste, interprété à leur sauce ceci ou cela, pour en faire le «message de Dieu» porté sur Terre par son fils unique, amen.

    1. Presque 2000 ans plus tard on ne compte plus les bouquins et les théories nous «révélant» La Vérité, en l’occurrence ici qui était réellement Jésus, ce qu’il prêchait etc. Et on a besoin d’en rajouter, toujours plus, c’est formidable !
      Ainsi là encore chacun peut croire ce qui l’arrange et affirmer «preuves» historiques à l’appui que Jésus couchait avec Marie-Madeleine, qu’ils étaient mariés, qu’ils avaient des enfants etc. Dans «La Véritable Histoire de Jésus» (2006) James Tabor, spécialiste du sujet, nous raconte entre autres que Jésus était un révolutionnaire politique, dans «Marie»(2020) il raconte que Jésus avait plusieurs frères, que Marie aurait eu au moins huit enfants, ce qui finalement n’est pas mal pour une vierge, ou pour une veuve heureuse, c’est comme on veut. Dans ce fatras les évangélistes seraient unanimes pour dire que Jésus avait des frères et des sœurs, va savoir.

      1. Et voilà que Théophile de Giraud, un autre «spécialiste (auto-proclamé), vient dénoncer «La grande supercherie chrétienne» et rétablir la Vérité. La Vraie bien sûr, la Sienne bien sûr, celle qui va bien avec sa religion. La bonne blague !
        Tant que nous y sommes on pourrait aussi bien soutenir que Jésus était gay. Un type toujours entouré d’une douzaine de mecs, c’est louche non ? Moi je pense que cette bande de potes formait tout simplement une équipe de foot. Maintenant eunuques ou pas, je n’en sais rien, et en plus j’avoue que j’en ai rien à foot !
        En attendant … mes biens chers frères, mes biens chères sœurs… reprenez avec moi tous en cœur : «Maintenant l’amour est devenu pêché mortel, ne provoquez pas votre Père Eternel ! Pas de boogie woogie avant de faire vos prières du soir ! Boogie woogie, pas de boogie woogie ! Non pas de boogie woogie avant vos prières du soir !»

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