Le confinement recule en vain l’échéance ?

Il n’est pas certain que la période de confinement réussisse. Notre refus de la sélection naturelle n’est-elle qu’une vaine tentative ? L’idée s’est installée à tort que les progrès scientifiques font reculer toutes les maladies. Or la réalité montre qu’au contraire de nouveaux virus et des bactéries plus résistantes continuent d’apparaître. La stratégie la plus efficace, pour réduire de 99 % le nombre d’infections semble être la panoplie complète utilisée en France : fermeture des écoles, quarantaine des malades et éloignement du travail. Mais les spécialistes se risquent à une prévision ; la fin d’un confinement sévère causera un rebond de la courbe épidémique car il n’y aura pas eu assez de « contaminés », donc « d’immunisés ». Comme le bon vieux modèle de 1927* le laisse entendre…

A l’époque trois études publiés par la Royal Society décrivait un épisode de peste en Inde en 1906. L’idée est de mettre les individus en trois compartiments : les « sains », S, susceptibles d’être contaminés, les « infectés », I, et les « retirés », R, ceux qui ne sont plus malades, car soit morts, soit immunisés après une infection. En conclusion de leur premier article, les deux mathématiciens notaient qu’« une épidémie, en général, prend fin avant que la population sensible n’ait été éradiquée ». Autrement dit, les lois mathématiques protègent une partie de la population : tout le monde n’a pas besoin d’être touché pour observer un reflux. La force de cette approche est qu’un seul paramètre donne une intuition simple de la dynamique épidémique. Il s’agit du taux de reproduction, c’est-à-dire le nombre de personnes qu’un infecté peut contaminer. S’il vaut 2, cela signifie qu’un malade contaminera deux personnes, qui ensuite, au total, en contamineront 2×2 = 4, puis 2×2×2 = 8… Le moteur infernal est enclenché, et le nombre de cas suit une loi exponentielle, qui, selon la légende, a ruiné un empereur. Ce derniers, croyant attribuer une modique récompense à l’inventeur du jeu d’échecs, accepta l’accord consistant à doubler le nombre de grains de riz sur chaque case d’un échiquier. Il y a 64 cases. Même partant d’un seul grain, à la fin le total sur la 62e est d’environ des milliards de milliards de grains dépasserait de loin la production mondiale actuelle. En épidémiologie le taux de reproduction, baptisée R0, est parmi la première que les statisticiens essaient d’évaluer ; il varie dans le cas du Covid-19 entre 2,39 et 2,58. Ce paramètre permet de comprendre l’intérêt d’un confinement.

Réduire les contacts diminue le taux de reproduction, et donc la flambée épidémique. Au pic, le nombre de nouveaux cas chute car le taux de reproduction devient inférieur à 1 : une personne contamine moins d’une nouvelle personne. Au moment du pic, le pourcentage de la population touchée est d’environ « 1 – 1/R0 », ce qui correspond au pourcentage à atteindre pour immuniser le groupe. Si R0 vaut 2, c’est 50 %. Si R0 vaut 3, c’est 66 % environ. Il permet aussi d’estimer rapidement le pourcentage total de personnes infectées (un R0 de 2 donne environ 80 %). Mais après une période de confinement, un rebond de l’épidémie est attendu en raison du grand nombre de personnes susceptibles d’être encore infectés. La croissance exponentielle de l’épidémie pourrait donc repartir. Les épidémies sont différées, cela pourrait même tourner autour du globe comme pour les grippes saisonnières. Une deuxième vague de contamination en Europe pourrait aussi venir de l’Afrique, c’est très probable, et si les échanges aériens reprennent, c’est certain. Nous n’allons pas sortir rapidement de l’épidémie ! Il nous faudra des masques et des tests pendant un certain temps.

* https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/03/30/comment-l-epidemiologie-tente-de-cerner-l-epidemie-due-au-nouveau-coronavirus_6034947_1650684.html

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5 réflexions sur “Le confinement recule en vain l’échéance ?”

  1. Le Danemark, la Norvège et la Finlande ont confiné leur population, la Suède fait bande à part. Seuls y sont interdits les rassemblements de plus de 50 personnes, les visites en maisons de retraites et le service au bar dans les cafés et restaurants. Les crèches, les écoles et les collèges sont toujours ouverts. Les piscines et les salles de sport aussi. Le télétravail n’est que recommandé. Et s’ils sont priés de limiter au maximum les interactions sociales, les Suédois sont encouragés à sortir se dégourdir les jambes. La cote de popularité du premier ministre Stefan Löfven, a gagné 21 points en un mois, il avait averti : « Nous allons compter les morts par milliers. Autant s’y préparer. » A Stockholm, un tiers des maisons de retraite font part de contaminations. Les services de réanimation approchent de la saturation. Le ministre norvégien de la santé, Bent Hoie : « Il n’y pas de réponses toutes prêtes, l’histoire montrera si le résultat est différent, en fonction des approches. »
    La stratégie de l’immunité collective suppose que, tôt ou tard, on arrivera à 60% de la population contaminée. C’est tout sauf évident. En Chine, en Corée, le taux de contamination est maintenu à un niveau très bas, peut-être jusqu’à l’arrivée de traitements efficaces ou d’un vaccin. La stratégie du confinement n’est pas tant de diminuer le nombre de malades que d’éviter qu’ils arrivent en même temps par crainte de saturer les hôpitaux ; ce n’est pas pour éviter le nombre le nombre de morts. Mais la stratégie de l’immunité collective demande un courage politique et un sens du sacrifice collectif qui n’existe pas dans la plupart des pays. Les britanniques ont failli adopter cette stratégie mais se sont ravisés.

  2. Une démocratie « fière et adulte » : c’est ainsi que le premier ministre hollandais, Mark Rutte, a décrit son pays à plusieurs reprises lors d’une conférence de presse télévisée, mardi 31 mars 2020, pour justifier le fait que les Pays-Bas ne comptaient toujours pas recourir à un confinement généralisé et contrôlé. Les autorités néerlandaises semblent toutefois jouer sur les mots : le « lockdown intelligent » qu’elles évoquent est désormais plus proche du confinement à la française ou à la belge que de l’idée suédoise − ou britannique au début de l’épidémie − de « l’immunité de groupe », une dispersion du virus dans la population, afin de favoriser l’immunisation la plus large possible.

    Le risque de voir le système hospitalier débordé par l’afflux de malades est la principale raison qui a poussé les autorités à réviser la politique de l’immunité de groupe. Les chiffres ne permettent pas d’assurer que la stratégie de l’immunité de groupe s’est avérée plus performante que le confinement général.

  3. Pékin a déjà fermé le pays aux étrangers qui avaient un visa permanent la semaine dernière. La Chine, comme la plupart des pays asiatiques, ne veut pas prendre de risque avec ce que leurs experts ont appelé la deuxième vague d’infections : celle en provenance des nouveaux épicentres que sont l’Europe et les Etats-Unis. C’est de la maîtrise des flux entrants que dépend en partie le retour à la normale en Chine.
    La peur du « virus venu de l’étranger » cède peu à peu la place à « la peur de l’étranger ». Pas un jour ne se passe sans que la presse rappelle que les non-nationaux doivent respecter les règles sanitaires en vigueur et mette en avant l’exemple d’un étranger puni, voire expulsé, pour s’en être affranchi.

  4. L’Afrique n’est encore que faiblement touchée par le coronavirus, avec 299 décès sur 8 085 cas de contaminations recensés au 3 avril. « Nous ne sommes qu’au matin de cette pandémie » constate John Nkengasong, le directeur du Centre africain de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) et « l’Afrique n’aura pas les moyens de répondre médicalement à un afflux de cas graves comme en Asie, en Europe ou aux Etats-Unis ».

    La solidarité internationale ne pourra se limiter au seul domaine médical. Sans ce soutien, le nombre de malades pourrait fortement augmenter avec le risque de voir le virus muter et, comme a prévenu Antonio Gutteres, « revenir du Sud vers le Nord ».

  5. Les mondialistes ainsi que les zozos de l’ouverture des frontières et des migrations à outrance en ont pour leur compte de la mondialisation heureuse = la frontière à domicile ! C’est ça le mondialisation heureuse c’est le confinement heureux où la famille ne se sépare plus ! Bref, la frontière à domicile ! Et si on n’est pas encore assez heureux, on reprend un p’tit tour d’avion pour chercher d’autres microbes qui eux aussi sont des bestioles heureuses de migration ! La mondialisation heureuse où chacun attend son tour d’appareil respiratoire pour défier la mort tout autant heureuse ! Et c’est d’autant plus heureux qu’il n’y a même plus besoin de célébrer les morts dans les églises histoire de ne pas propager les pandémies trop vite… Comme en Italie, le curé a augmenté le rendement des cérémonies de deuil, tout seul à organiser la messe entouré de cadavres par dizaines (de mondialistes qui furent heureux tout de même)… Ah là là Sacrés champions ces mondialistes d’heureux antifas ! Plus besoin de chialer dans les églises pour enterrer les morts… Et qu’on ne me raconte pas que ce n’était pas prévisible, tout le monde sait que les migrations font des ravages de masse et on le savait déjà lorsque les européens sont arrivés aux Amériques, nos microbes débarquant aussi, puisque les européens en étaient les porteurs, décimèrent énormément d’indiens par épidémie… Donc on le savait que ça devait arrivé, et c’est arrivé (fort heureusement diront les mondialistes heureux)…

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