Le « mariage pour tous », produit de la croissance libérale

Je voudrais saluer le courage intellectuel dont ont su faire preuve un certain nombre d’écologistes sur le sujet du « mariage pour tous » – pas ceux d’EELV bien sûr. Le rédacteur en chef de l’Ecologiste explique tout de go : « Si le projet de loi devait être adopté, ce serait une négation sidérante de la nature, l’aboutissement consternant de notre société industrielle qui détruit la nature non seulette dans la réalité mais aussi dans les esprits. L’homme se prend pour un démiurge : OGM ; nanotechnologies… sans jamais mettre la moindre limite à son action. Dans la vaste entreprise de marchandisation du monde, toues les règles sont ainsi progressivement éliminées, que cette logique ultra-libérale et ultra-individualiste se retrouve dans le projet de loi d’un gouvernement de gauche est affligeant. (janvier 2013) »

                Il est paradoxal d’observer certains objecteurs de croissance hurler à la reconnaissance des limites de la nature quand il s’agit de la croissance et parallèlement qualifier de « réacs » ceux qui rappellent ces limites quand il s’agit de procréation. Sylviane Agacinski se leurre à l’idée de pouvoir déconnecter le « mariage pour tous », qu’elle approuve, de la « gestation pour autrui » qu’elle combat vigoureusement. L’un est la conséquence de l’autre. Jean-Claude Michéa a parfaitement résumé les enjeux : « A partir du moment où l’une des fonctions anthropologiques du mariage traditionnel est d’organiser officiellement la filiation, il état clair que la volonté politique de substituer au projet d’un véritable « pacte d’union civile » (protégeant les individus quels que soient leur orientation sexuelle) celui – purement libéral – du « mariage pour tous », allait faire surgir aussitôt toutes une série de problèmes connexes, comme la procréation assistée (PMA), la location de mères porteuses (GPA) ou l’élargissement du marché de l’adoption. Il s’agissait donc beaucoup moins de lutter contre l’homophobie que de déstabiliser tout ce qui, dans l’organisation familiale existante, fait encore obstacle au déchaînement des rapports marchands… alors que la famille était l’une des rares instituions où la logique du don prenait encore le pas sur celle de l’échange économique. » La loi Taubira est homophobe par son déni de la spécificité de la sexualité homosexuelle. Elle renforce la haine de la différence car elle subvertit le droit à la différence en un droit au déni de toute différence.

Face à nos arguments, nous nous sommes trouvés confrontés au terrorisme intellectuel, ici le chantage à l’homophobie. Le phare de la pensée contemporaine, Bernard-Henri Lévy, ne pouvait manquer d’éclairer le peuple : « Les gens nous donnent des raisons extrêmement compliquées d’être contre la mariage gay. La réalité, ce que j’entends, c’est ce vieux fond noir de homophobie française et au-delà de la France. Absolument. » On en est arrivé à des absurdités : l’homosexuel qui s’oppose à la loi Taubira (mariage pour tous) est traité d’homophobe. Nous sommes ici face aux mêmes méthodes que celle des sionistes assimilant toute critique d’Israël à de l’antisémitisme. On ne peut s’exprimer sans avoir l’air d’être réactionnaire alors qu’on se confronte à des propos infantiles du type « Mais s’ils s’aiment ? » Certains n’ont que l’« égalité » à la bouche, rabâchée sans nuances, comme si l’égalité des droits pouvait se confondre au droit à l’égalité. La douleur des femmes oppressées par le système patriarcal est utilisée pour imposer la haine des homme et le matriarcat.  Figure médiatique de l’extrême gauche mélenchoniste qui se dit écolo, Clémentine Autian est allée jusqu’à déclarer : « Nous allons créer des parents sociaux qui n’ont rien à voir avec la nature. Je me fous totalement de l’état de nature ! »

Extraits de « Décroissance ou décadence » de Vincent Cheynet

(Editions le pas de côté, 192 pages, 12 euros)

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