LE MONDE complice de Bill Gates complice de Monsanto

LE MONDE donne une page entière* à Bill Gates, et Bill Gates soutient Monsanto. Dans l’interview de Bill Gates, il s’agit apparemment d’aide à l’agriculture en permettant d’acheter de « meilleures semences ». Quelles semences ? En fait, 30 % du fonds de développement agricole de la Fondation Gates a servi en 2008 à la promotion et au développement des variétés de semences OGM. En 2010, sa fondation a investi 23 millions de dollars dans l’achat de 500 000 actions de Monsanto. Cette acquisition, aussitôt dénoncée par le mouvement des paysans Via Campesina, montre que Bill Gates n’est pas un véritable philanthrope, mais un simple pion au service des multinationales semencières. Il n’est pas difficile de faire croire aux gens riches aux vertus du progrès par les technosciences. Or les OGM ne permettent pas de lutter contre la faim dans le monde, cela déstructure au contraire l’agriculture vivrière.

Bill Gates prône aussi la révolution « doublement verte ». Or sa Fondation a engagé en 2006 une collaboration avec la Fondation Rockfeller, « fondation caritative » privée initiatrice de la première révolution verte (semences « à haut rendement ») qui a été un échec socio-économique. Aujourd’hui la Fondation Rockfeller est un fervent promoteur des OGM à destination des populations pauvres. La collusion entre ces deux fondations « humanistes » s’intitule l’Alliance for a green revolution in Africa (Agra), qui est donc en train d’ouvrir le continent aux semences OGM et aux produits chimiques vendus par Monsanto, DuPont et Dygenta. La philanthropie au service des intérêts privés !

Bill Gates dit financer les recherches d’un « maïs résistant à la sécheresse » ; « 2 millions de paysans en bénéficient déjà ». Mais c’est là aussi un projet Monsanto. Il y a privatisation grâce à des « fondations » des politiques alimentaires. Satisfaire des actionnaires semble bien être le motif secret pour s’ingérer dans la santé et le bien-être de la planète et de ses habitants afin de faire du profit. Qu’un journal de référence comme LE MONDE marche dans cette combine montre le peu de recul que ce quotidien exerce à l’égard des intérêts économiques des multinationales !

* LE MONDE du 2 novembre 2011, Bill Gates : « l’agriculture pour réduire la pauvreté »

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