le point de non-retour grâce aux produits chimiques !

« La question est de savoir si nous n’avons pas atteint le point de non-retour. » Ainsi s’exprime le député socialiste Gérard Bapt à propos des pesticides*. On peut avoir la même inquiétude à propos du bisphénol A dans les biberons ou du chordécone aux Antilles. Les produits chimiques les plus persistants demeure présents dans l’environnement et s’accumulent dans la chaîne alimentaire dont l’homme  constitue le dernier maillon. Les pesticides sont impliqués dans un grand nombre de pathologies lourdes, cancers, maladies du sang, troubles neurologiques, malformations, etc. C’est ce que révèle une étude de l’Inserm ( Institut national de la santé et de la recherche médicale). Pourtant il ne fallait pas attendre l’année 2013 pour le savoir.

En 1962 la biologiste Rachel Carson écrivait Le Printemps silencieux : une femme du Massachusetts lui avait écrit que le DDT, un insecticide, tuait les oiseaux. Après étude, le verdict de Rachel est sans appel : « Les insectes, en effet, dans une splendide confirmation de la théorie darwinienne de la « survie du plus adapté », ont évolué vers des super-races immunisées contre l’insecticide utilisé ; il faut donc toujours en trouver un nouveau, encore plus meurtrier. On a pris tous ces risques – à quelle fin ? Les futurs historiens seront peut-être confondus par notre folie ; comment des gens intelligents ont-ils osé employer, pour détruire une poignée d’insectes indésirables, une méthode qui contaminait leur propre monde ? » Non seulement nous nous empoisonnons, mais l’efficacité de nos pesticides est de moins en moins grande.

Rachel Carson envisageable la solution, revenir aux méthodes « anciennes » : « Tout au long de l’agriculture prémoderne, les insectes ne posaient quasiment pas de problèmes aux paysans. Les ennuis sont apparus avec l’intensification de l’agriculture – lorsque l’on a commencé à consacrer d’immenses superficies à une seule récolte. C’est ce système qui a créé les conditions favorables à la multiplication explosive de certaines espèces d’insectes. La monoculture ne tire pas profit des principes selon lesquels la nature fonctionne ; c’est l’agriculture conçue par un ingénieur. Il supprime ainsi les contrôles internes, il modifie les dosages qui maintenaient le développement de chaque espèce dans certaines limites. Un de ces contrôles naturels est la limitation de l’étendue de l’habitat d’une espèce. » Faire davantage de recherches comme demandé par l’Inserm ou réglementer la vente des pesticides comme l’envisagent les politiques ne résoudra pas le problème de fond.

* LE MONDE du 14 juin 2013, Pesticides : les preuves du danger s’accumulent

NB : l’analyse de Rachel Carson est à rapprocher aussi de l’article du MONDE, Les insectes survivent de mieux en mieux aux OGM (13 juin 2013) : « La théorie de l’évolution fonctionne à merveille. Face à l’augmentation du nombre de surfaces de cultures transgéniques, modifiées pour sécréter des toxines insecticides Bt (Bacillus thurigensis), coléoptères et lépidoptères développent mécaniquement toujours plus de résistances. »

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