Le président Macron, un chasseur d’oies aux ordres

Le programme du présidentiable Macron avait été écrit par un proche de Nicolas Hulot, des personnalités de droite ou de gauche soutenaient sa candidature… et puis Nicolas Hulot est devenu ministre de la transition écologique et solidaire, numéro trois du gouvernement du président Macron. On pouvait croire que ce jeune président allait faire en sorte que la planète soit grande et reconnue comme tel. On s’est trompé, Macron est un simple pion du système financier, de la dérégulation libérale, du croissancisme et même du lobby des chasseurs. Le Président de la Ligue pour la protection des oiseaux, Allain Bougrain Dubourg, condamne Macron dans une tribune* :

« … L’heure des étrennes étant venue, il est désormais prévu de prolonger la chasse aux oies jusqu’à la fin février. Contrevenant aux règles biologiques qui imposent de cesser le feu lorsque la période de reproduction est engagée, le président Macron a garanti aux chasseurs qu’ils pourraient s’exonérer de cette mesure de raison. Bien que, par dix fois, la LPO a obtenu que cette tentative de prolongation soit retoquée par le Conseil d’État, le président de la République s’estime au-dessus de la Cour suprême et des directives européennes. Pour justifier le fait du prince, il fait référence à une « prolifération » d’oies dans les pays du nord de l’Europe. Qui aurait demandé à la France de tuer des oies sur son territoire pour soulager les Néerlandais ? Personne… Comble de subterfuge, les oies des Pays-Bas sont sédentaires. Chasser les palmipèdes en France n’aurait, en conséquence, aucun effet sur les populations néerlandaises ! »

Lors d’une précédente consultation sur les chasses traditionnelles, en juillet 2018, les avis condamnant ces pratiques ont été à plus de 95 % défavorables à ces pratiques. Que fit le ministère ? Il les a maintenues, conformément à la volonté du chef de l’État. Ce choix rappelle l’épisode de la démission de Nicolas Hulot. Convié à admettre le principe des chasses traditionnelles, au soir du 27 août 2018, Nicolas Hulot m’avait confié en sortant de l’Élysée : « Soit je souscris au plan chasse qui m’est imposé, mais je ne peux m’y résoudre, soit je démissionne. J’en déciderai demain. » On connaît la suite… Voici quelques commentaires bien sentis sur lemonde.fr :

Ragondine : Merci à la LPO qui a fort à faire pour défendre les oiseaux : chasse aux oies, chasses traditionnelles….. Ce gouvernement est indigne ! C’est une triste stratégie que de cajoler des chasseurs. Mais on commence à être habitué : le cafouillage autour du dioxyde de titane montre une fois de plus où vont les choix du président. J’ai voté pour lui et on ne m’y prendra plus. Son mépris du vivant est intolérable.

le sceptique : Un exécutif persistant dans sa position même quand la justice administrative l’a condamné à de multiples reprises : aucun doute, nous sommes dans l’exemplaire démocratie française !

Georges : Décidément ce Président est détestable.

Stop à la chasse : La chasse est un loisir barbare en France. L’animal n’a aucune « chance » de s’en sortir. Cela n’est pas un besoin vital que de chasser. C’est un besoin pervers pour le chasseur.

BERNARD BOUTETTE : Facile de s’attaquer aux oies qui n’ont rien demandé. Et, dans le même temps, laisser proliférer les GJ sur les ronds-points où certains ont fini par se sédentariser…

* LE MONDE du 11 janvier 2019, Chasse : « Monsieur le président, baissez les armes »

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5 réflexions sur “Le président Macron, un chasseur d’oies aux ordres”

  1. Le Conseil d’Etat a ordonné, mercredi 6 février, la suspension immédiate d’un arrêté autorisant la prolongation de la chasse aux oies sauvages en février. Cet arrêté gouvernemental prévoyait un quota pour tuer 4 000 oies cendrées et repoussait au 10 février la date de fermeture de la chasse à l’oie des moissons et à l’oie rieuse. La date officielle de fin de chasse de ces espèces est fixée au 31 janvier, conformément à une directive européenne de protection des oiseaux migrateurs.

  2. Biosphère,
    En l’occurrence, il ne s’agit pas de chasse dans son acception « récréationnelle », mais d’un prélèvement permettant d’étudier son propre impact sur la préservation et la gestion des espèces afin de voir notamment si ce prélèvement supplémentaire permet une pression moindre sur les espaces agricoles.

  3. Les cocus ne doivent s’en prendre qu’à eux même. Attention à ne pas nourrir trop de mauvais sentiments à l’encontre de notre feu « beau et sublime Manu », le malheureux cristallise suffisamment de haine comme ça.
    Didier Barthes suggère que le premier RIC porte sur la chasse, de mon côté je propose de soumettre à la Populace l’idée d’inscrire la fessée dans la Constitution.

  4. la « lettre aux Français » d’Emmanuel Macron : « J’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain… Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement… Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité ; comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ?comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ? »
    Nous n’avons vraiment pas compris le lien entre la biodiversité et la pénalisation de la France dans la compétition internationale. Tout ce que nous savons, c’est que Macron veut prolonger la période de chasse des oies contre la directive européenne et les nécessité biologiques de la reproduction  ! Il n’est pas certain que Macron sache ce que biodiversité veut dire…

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