Le salon de l’automobile en accusation

Le XIXe siècle a connu l’émergence du mouvement ouvrier contre l’exploitation de l’homme par l’homme, le XXe siècle a connu l’endormissement de la classe ouvrière, bercée par le consumérisme et la société du spectacle, avec le XXI siècle débute le siècle de l’écologie. La lutte des premiers syndicat, interdits au début du XIXe siècle, a été une exigence. Aujourd’hui nous réconcilier avec la Terre-mère, à laquelle nous faisons une guerre de rapines et de forêts brûlées, devient un impératif catégorique. Nous commençons à vivre de nouvelles formes de grèves (de l’école par exemple), de systèmes de production (bio, artisanal, convivial…) ou de distribution (circuits de proximité, AMAP, etc.), sans oublier les comportements personnels de sobriété et les manifestations (en vélo et à poil de préférence).

Entre 15 000 et 25 000 manifestants, la plupart en vélo, ont défilé samedi 14 septembre à Francfort à l’occasion du salon international l’automobile. Le slogan « des sous, des sous » est remplacé par des évidences, « On ne peut pas remplacer nos poumons », « Le salon de l’automobile représente le siècle passé », « On n’en veux plus de ces gros SUV  », etc. Le collectif « Sand im Getriebe » (« Du sable dans les rouages »). On a bloqué dimanche une partie du salon. Une fraction radicale du mouvement écologiste est prête à des actions illégales pour attirer l’attention. La « génération climat » commence à faire entendre sa voix. De la condamnation du salon de l’automobile, Le Figaro en parle, et France-info, sans compter Ouest-France, LE MONDE et la presse allemande. La désobéissance civile connaît une percée médiatique et devient un cri de ralliement.

En plus des grèves pour le climat à l’appel de Greta Thunberg, des mouvements se répandent comme une traînée de poudre de Londres à Berlin, en passant par Paris. Le groupe « Ende Gelände » (« Terminus ») avait réussi en juin à occuper et forcer l’arrêt temporaire d’une vaste mine à ciel ouvert de lignite. Extinction Rebellion agit en Angleterre et ailleurs. Aujourd’hui on s’en prend au salon de Francfort, et bientôt on interdira les courses automobiles et chacun de nous intégrera de nouvelles priorité du type « piétons > vélos > voitures ». Le dévoiturage est sur la bonne voie. Fini bientôt la boîte où l’on se regarde passer sa vie dans les bouchons, le transport redeviendra un temps de vie, on ira au boulot à pied !

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2 réflexions sur “Le salon de l’automobile en accusation”

  1. Euuuuh… le salon, j’en sais rien !
    Mais la « course automobile » en 2019, c’est comme la corrida = caduque, obsolète, périmé…
    .
    [… et gonflant ! ]

  2. « Entre 15 000 et 25 000 manifestants, la plupart en vélo […] La « génération climat » commence à faire entendre sa voix » … on en parle partout dans les merdias… ahahah la belle affaire ! « On n’en veut plus de ces gros SUV » ??? Mais qui n’en veut plus ? Les SUV représentent quasiment 40% des ventes de bagnoles. 15.000 ou 20.000 manifestants … Et combien se bousculent au Salon de L’Auto, à Francfort et ailleurs ? Et qui bavent sur la dernière de chez Peugeot. Qui sont ceux qui vont au salon de l’Auto, au salon du Camping-car, de l’Habitat etc. Qui sont ceux qui, pour rien au monde, ne rateraient l’occasion de célébrer le culte de la sacro-sainte Bagnole, de la Vitesse, de la Compétition et de la Consommation ?

    Je ne crois pas qu’il s’agisse d’endormissement, je dirais plutôt que le XXe siècle a connu l’embourgeoisement (nuance !) « de la classe ouvrière, bercée par le consumérisme et la société du spectacle ». Pour moi c’est de ce côté là que chacun devrait commencer à gratter. Force est de constater que la notion de classe ouvrière fait partie de l’histoire ancienne, tout comme celle de lutte des classes, force est de constater que ceux qui en parlent encore aujourd’hui passent pour des ringards. Qui parmi les travailleuses-travailleurs (comme disait Arlette) a encore le sentiment de faire partie d‘une seule et même classe sociale, celle des travailleurs ? Peut-être 1 % … Demandons-nous pourquoi cette idée de lutte des classes a disparue, qui particulièrement s’est appliqué à la nier, à la faire disparaître, et pourquoi, dans quel but ? Pour dire si la confusion est grande, notamment du côté des petits (bourgeois), le sentiment d’appartenir aux classes moyennes se retrouve bien au-delà des 50%. Autrement dit, même dans les classes populaires on se plait à croire qu’on fait partie des classes moyennes. On est donc bel et bien un petit-bourgeois dans sa tête mais on reste infichu de l’admettre ! Hélas, réfléchir ça fait mal à la tête. Alors laissons tomber la réflexion, con sacrons-nous plutôt aux débilités, aux jeux du cirque, au spectacle !

    Ceci dit, rien ne nous assure que le XXIème siècle sera marqué par l’écologie, c’est à dire par le réel souci de préserver notre environnement. Force et de constater là encore que la religion de «la Terre-Mère», autrement dit le culte porté à «la terre nourricière», n’existe plus que chez une toute petite minorité de peuples sur cette planète. Et que ces peuples sont en voie d’extinction. Ailleurs et notamment chez les petits-bourgeois, tout ça n’est que du cinéma, si ce n’est une mode. Hier c’était le Ché Guévara et le Dalaï Lama, aujourd’hui c’est la Pachamama. Ah ce qu’ils sont rigolos nos « rebelles » !

    Maintenant, que le XXI ème siècle et particulièrement sa seconde moitié, soit marqué par une série des catastrophes écologiques, ça oui. C’est même plus que probable. Selon moi cette période marquera tout simplement la chute et la fin de notre civilisation. Espérons alors, seulement, que dans quelques siècles les petites têtes blondes ou brunes puissent lire ça dans leurs livres d’histoire, et en tirer les leçons qui se doivent. En attendant, même si cette chute a déjà commencé, cette période mettra un terme au déni et à l’acharnement thérapeutique. La mort sera donc officiellement reconnue, enregistrée, par tous. Adieu les rêves shadokiens, le culte du sacro-saint Progrès et Jean Passe !
    Après, comme à chaque fois, il faudra faire son deuil. Ou pas. Comme on sait un deuil ça fait mal et puis ça prend du temps, d’où l’intérêt de le faire et au plus vite, à moins d’être maso. Seulement ce n’est pas ce deuil qui fera forcément le plus mal , et qui prendra le plus de temps. Bref, il va s’en passer des horreurs et du temps avant que ne revienne le printemps.

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