Le sentiment qui m’habite, c’est l’angoisse

« Le sentiment qui m’habite, en vérité, et qui habite plein de gens, c’est l’angoisse : quel monde terrifiant va-t-on laisser à nos enfants ? » Les anti-écolos qu sévissent dans les médias devraient méditer un peu plus cette phrase de Ruffin. De source sûre depuis le rapport sur les limites de la croissance en 1972 et toutes les études scientifiques qui, depuis, ont confirmé le mauvais état dans lequel nous mettons la planète, tout le monde devrait savoir que ce monde thermo-industriel court à sa perte. Les illusionnistes anti-écolo ne font qu’accélérer un peu plus la vitesse à laquelle on fonce vers le mur. Voici quelques textes récents de référence :

1) Le sentiment qui m’habite, en vérité, et qui habite plein de gens, c’est l’angoisse : quel monde terrifiant va-t-on laisser à nos enfants ? Nous fonçons droit dans le mur écologique, à vitesse accélérée. On le sait, et on sait pourquoi : avec le triptyque croissance-concurrence-mondialisation, on rend l’air irrespirable, l’eau imbuvable et la planète invivable pour nos enfants. Il nous fallait appuyer sur le frein, changer de direction, mais nous ne faisions rien. A la tête de notre pays, nous avons des gens qui sont psychologiquement, idéologiquement et culturellement incapables de rompre avec la main invisible du marché, et avec la mainmise des firmes. Depuis trente ans, la mondialisation a tracé une frontière entre vainqueurs et vaincus. Nos dirigeants parlent de souveraineté alimentaire, et en même temps, ils signent des accords pour importer du bœuf mexicain ! Laissée libre, la main invisible du marché élève les uns, écrase les autres. Elle ne va pas naturellement relocaliser l’agriculture, les vêtements, les aliments. Aujourd’hui, il faut une direction à l’économie, comme aux États-Unis durant la guerre : toute l’énergie, tous les capitaux, tous les savoir-faire du pays étaient dirigés vers la production de chars, de bombardiers, de porte-avions. Il nous faut une économie de guerre climatique. Que veut-on produire ? Il y a des tas de productions inutiles, qu’il faut cesser. Nous devons rompre avec la croissance. Comme but poursuivi pour l’industrie, je pose l’impératif écologique. L’enjeu, aujourd’hui, est d’ouvrir un chemin d’espérance entre l’extrême droite et l’extrême argent. » (François Ruffin dans LE MONDE du 30 mai 2020)

2) Certains acteurs arguent de leur incapacité à mettre en œuvre ces mesures écologiques en temps de crise économique. Mais les difficultés des entreprises ne doivent pas faire perdre de vue l’impératif de la transition vers une économie circulaire plus sobre en ressources qui favorise l’allongement de la durée de vie des produits. En France, la loi anti-gaspillage a posé les jalons d’une consommation plus durable en facilitant les solutions grâce à des mesures comme l’indice de durabilité, le fonds réparation, la priorité au réemploi et à l’économie circulaire dans la commande publique, la disponibilité des pièces détachées, l’écoconception, etc. Nous, associations et entreprises conscientes de l’urgence écologique, demandons à ce que le cap de la loi anti-gaspillage soit au minimum maintenu pour passer enfin au monde d’après, un monde dans lequel les produits sont conçus pour durer, être donnés, loués, reconditionnés ou réparés, en cohérence avec l’existence d’une seule planète terre sur laquelle prospérer. (collectif du Club de la durabilité dans LE MONDE du 2 juin 2020)

3) Après le prolétaire le planétaire, les radicalités ont trouvé leur nouveau cheval de bataille, et ce n’est que réalisme face au libéralisme économique. Rappelons que ce libéralisme est une doctrine qui repose sur le désengagement de l’Etat, la responsabilité des chefs d’entreprise, la loi du marché et les inégalités. Faire le plus de fric possible le plus rapidement possible ! L’enjeu écologique au contraire nécessite une vision du long terme qui est complètement absente des mécanismes de l’offre et de la demande. L’enjeu écologique nécessite de casser la spirale néfaste imitation/ostentation qui découle de la différence des normes de consommation entre riches et pauvres. L’enjeu écologique nécessite une forte intervention de l’État et sans doute une planification écologique. L’enjeu écologique nécessite la participation de tous aux efforts nécessaires. (biosphere)

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3 réflexions sur “Le sentiment qui m’habite, c’est l’angoisse”

  1. « Impératif écologique » ?????? Plutôt « impératif de soumission à l’ islam  » dans le chef de son parti de charlots présidé par l’ incarnation des fumeuses « valeurs de la république  » ‘multiculturalisme, promotion hystérique de la diversité, antiracisme dément, ….)de Mélenchon
    Sans le vote des derniers gauchistes cachochymes (pléonasme) de 1968 et surtout celui de l’ immigration délirante de FRANCE , son parti serait balayé comme fétu de paille aux élections .
    Encourager une politique écologique d’ un côté et de l’ autre encourager l’ entrée en France de millions de gens issus de leurs « shitholes « ‘ , voilà qui est singulièrement contradictoire .

    Islamocollabos et immigrationnistes , un jour , islamocollabos et immigrationnistes toujours🤢🤢
    On ne peut qu’ espérer que leurs petits protégés leur réserveront un sort digne du Coran

    1. L’angoisse de la victoire de l’Islam, la peur du rouge… ça aussi ça devrait pouvoir se soigner. 🙂

  2. Je le redis, ça ne sert à rien d’opposer écolos et anti-écolos. Suis-je un anti-écolo du fait que je m’autorise à égratigner Nicolas ou Greta ? Plus je vieillis et plus le mot «écolo» m’indispose, je n’arrive plus à le supporter… C’est grave Docteur ?
    Ceci dit je veux croire que l’angoisse est le sentiment qui habite beaucoup de monde. En plus du Covid-19 et autres «douceurs» de cette nature, ces dernières années auront donc vue apparaître de nouvelles maladies. Dans le monde du travail, qui ne connait pas les 3 maladies à la mode, Burn-out, Bore-out et Brown-out ? Sur un CV, pour montrer qu’on ne rechigne pas à l’effort il ne faut surtout pas hésiter à écrire : «Trois burn-out en cinq ans». C’est sûr, c’est un plus.
    Et maintenant nous avons la solastalgie (on dit aussi, éco-anxiété). La solastalgie porte non seulement de l’angoisse, mais un profond sentiment de détresse.
    En attendant que la corde (pour se pendre) soit remboursée par la Sécu, les psys ont un bel avenir devant eux.

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