Le survivalisme, pour résister à l’effondrement

Quel que soit l’avenir, je préfère y faire face entouré de gens de ma communauté locale que je respecte et que j’aime, les gens à qui je fais confiance et sur qui je sais que je peux compter. Nos rapports de proximité mesurent notre vraie richesse. Les collapsologues dans leur dernier livre* précisent : « Chez certains survivalistes, l’heure est à la création de Bases autonomes durables, de lieux propres à assurer l’autonomie de ses occupants après l’effondrement. Chez les transitionneurs, il y a tendance à l’écovillage, d’apparence moins renfermé sur lui-même. Chez les zadistes, les BAD sont appelées ZAD (zones à défendre). Constituer des communautés, c’est se rendre compte que l’union fait la force. Si l’on pousse un pas plus loin cette démarche, on ne peut que souhaiter la constitution de véritables réseaux des tempêtes (selon Joanna Macy, faisant des ponts entre ZAD, BAD et autres écovillages… afin d’augmenter nos capacités de résilience et à diminuer les chances de nous étriper. »

Nous pensons que là est la véritable solution aux crises socio-écologiques qui s’annoncent de plus en plus violentes. On peut rajouter bien d’autres expressions comme communautés de résilience, villes en transition, biorégions, municipalisme, etc. L’idée générale est de promouvoir la relocalisation, les circuits courts, l’autonomie alimentaire et énergétique, la démocratie des petit groupes… Les intentions sont parfois différentes mais le projet reste le même: tout à l’ancienne, décroissance et frugalité. Les différences tiennent à la mentalité : on peut rassembler en communauté des membres d’une secte plus ou moins apocalyptique, des partisans de la loi du fusil, des pacifistes ou des racistes, des végétaliens ou des anthropophages, etc. Les humains ont mille et une manières de concevoir les rapports avec leurs semblables. Le fait à souligner, c’est que les médias commencent à s’emparer des thèses apocalyptiques au travers, comme d’habitude, un mouvements présenté comme extrême, le survivalisme.

« Issu de l’anglais survival, le terme a été inventé dans les années 1960 par Kurt Saxon, un libertarien xénophobe proche du parti nazi américain. Mais aujourd’hui les (néo)survivalistes se préparent à l’effondrement de notre civilisation. Le sociologue Bertrand Vidal a analysé ce mouvement dans « Survivalisme. Etes-vous prêts pour la fin du monde ? » (Arkhé 2018). Construire un abri en forêt, apprendre à se passer d’électricité, maîtriser les techniques de chasse et de pêche, savoir purifier l’eau et reconnaître les plantes sauvages comestibles : tel est le nouveau credo de ce retour à la terre teinté de catastrophisme. Comment s’étonner que l’extrême droite rôde autour de ce mouvement protéiforme ? »** Sur ce blog, nous préférons l’exemple d’Yves Cochet, effondriste assumé qui est parti tout seul se réfugier dans une longère près de Rennes : « Il fallait ne pas être trop proche de la ville, parce que les citadins iront saccager ce qu’il y a autour. » En complément sur notre blog biosphere :

1er décembre 2018, Biosphere-Info, le numéro qui annonce la fin d’un monde (effondrement/catastrophe/apocalypse)

26 mars 2018, Devenir survivaliste ou résilient en cas de catastrophe (salon du survivalisme)

* Une autre fin du monde est possible (Vivre l’effondrement, et pas seulement y survivre) de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle

** LE MONDE du 11 juillet 2019, La tentation du « survivalisme » ?

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7 réflexions sur “Le survivalisme, pour résister à l’effondrement”

  1. Mon pauvre moralisateur à la petite semaine que personne n’ écoute d’ ailleurs,

    a). où ai – je prétendu que j’ échapperais à la solution finale lancée par dame nature ou plutôt par ces humains que vous défendez si ardemment ?
    En disparaissant , j’ aurais au moins le plaisir de voir les autres subir le même sort

    b). Bien sûr que de belles personnes existent mais la masse ne vaut guère tripette et son élimination ne devrait pas nous attrister plus que cela : n’ oublions pas que si nous avons l’ immense chance de survivre , bien plus de ressources nous seront disponibles même dans un pays peu ou prou ravagé par le productivisme induit par le grouillement humain !

    Seriez – vous un adepte du ‘non , madame , ils ne sont pas tous comme cela (vieille antienne des gauchistes usée jusqu’ à la corde) ?

    1. Mon pauvre MARCEL, premièrement je sais parfaitement que ce que nous (vous, moi, Didier Barthès etc.) racontons là, c’est comme si nous pissions dans un violon.
      Deuxièmement, vous ne faites que me conforter dans ma conviction. Ce plaisir que vous prenez à haïr (vous me direz « mépriser ») l’espèce dont vous faites partie est tout simplement pathologique.
      Troisièmement, si comme moi vous pensez qu’il existe de belles personnes, alors vous êtes vous aussi un adepte du « non , madame , ils ne sont pas tous comme cela (vieille antienne des gauchistes usée jusqu’ à la corde) « . En fait vous êtes un adepte du Grand N’importe Quoi. Tout simplement !

  2. Didier Barthès

    Le choix ne se pose pas vraiment ainsi, de fait les choses ne se conçoivent qu’en petites communautés, aucune famille isolée ne survivrait sans une solidarité à plus grande échelle. (c’est d’ailleurs le choix proposé par Barjavel à l’issu de l’effondrement raconté dans le roman « Ravage »).
    Toutefois ne soyons pas naïfs non plus, une communauté n’est pas seulement un ensemble sympathique, elle se construit aussi par opposition aux autres et nous retrouverons très vite les conflits tribaux et les féodalités d’antan (puis les pillards et autres pirates des temps anciens qui fleuriront dès qu’un pouvoir étatique fort ne s’y opposera plus), bref l’avenir est sombre.
    Et en plus tout cela se construira dans une nature détruite avec des gens incompétents pour s’y débrouiller et sans doute physiquement beaucoup plus faibles que jadis où la sélection naturelle faisait son cruel office.

    1. Bien sûr vous avez raison Didier Barthès, « ne soyons pas naïfs non plus ». L’Homme a encore beaucoup de chemin à faire (ou pas) avant d’être parfait (ou presque).
      Toutefois je persiste à penser que le CHOIX se pose bien ainsi : HUMAIN ou INHUMAIN ?
      Au stade où nous en sommes, pour moi la seule question qui vaille est celle-ci : Que pouvons-nous sauver ? Si ce n’est, que DEVONS-nous sauver ?
      Pour moi ce n’est évidemment pas la Bagnole, ce n’est pas mon petit confort de petit-bourgeois occidental, etc. C’est ce qu’il nous reste d’humanité. Tout simplement.

  3. « C’est également ce que je pense. Selon moi l’homme (Homme, Sapiens) est une espèce « jeune », il n’en est qu’au stade de l’adolescence. Par conséquent il est con, il joue avec le feu, se croit éternel etc. Et on sait que ces histoires peuvent mal finir. »

    Bon sang , vous le défendez bec et ongles ce merveilleux bipède encore adolescent et osez même le considérer comme supérieur à l’ animal : j’ avoue qu’ un tel acharnement me sidère ! ===> plus je connais les humains , plus j’ aime les animaux !
    Désolé pour vous ,mais dame nature se fout éperdument de la maturité ou non du bipède et de son (pseudo) potentiel évolutif : au jour décidé par elle , elle fera le ménage et sa disparition ne m’ arrachera pas une larme que du contraire !

    1. Bon sang, mais décidément vous avez beaucoup de mal à comprendre, mon pauvre MARCEL ! Bien sûr que je le défends ce bipède, puisque je fais partie de cette espèce ! Et où ai-je dit qu’il était supérieur ? Différent oui, tout simplement !

      – « plus je connais les humains , plus j’ aime les animaux ! » N’importe quoi !Tous les animaux ? Même les poux, même les pires virus ? En ce qui me con cerne, plus je connais les humains plus j’aime mon chien, tout simplement. Maintenant, à la différence de vous, je ne mets pas TOUS les humains dans le même panier. Et au risque de vous déplaire, ce dont d’ailleurs je me contrefous, j’ose dire qu’il y en a de magnifiques. Et ce n’est pas là une simple question de couleur. Bien sûr, vous me direz que le BEAU c’est subjectif, que c’est une question de lunettes. Seulement il se trouve que je fais encore la différence entre le beau et le laid. C’est normal docteur ?

      D’autre part, moi aussi je pense que dame nature (ou Dame Nature, ou Dieu, ou tout ce que vous voudrez) se contrefout de nous, de moi de vous, des loups des poux etc. puisque je ne vois aucune intention là derrière. J’y vois tout simplement un mystère (ou Mystère). Vous voyez je ne mouille pas, je ne dis pas qu’il n’existe pas une « intelligence supérieure », une « volonté divine », un « grand dessein » ou je ne sais quoi … puisque je n’en sais rien. Comme vous.

      – « au jour décidé par elle , elle fera le ménage et sa disparition ne m’ arrachera pas une larme que du contraire !  »
      Là premièrement je me marre ! Vous pensez peut-être que vous êtes ou serez le Dernier Homme ? N’importe quoi ! Deuxièmement, ce plaisir que vous prenez à haïr (vous me direz « mépriser ») l’espèce dont vous faites partie est tout simplement pathologique. Vous devriez peut-être consulter.

  4. -« Les humains ont mille et une manières de concevoir les rapports avec leurs semblables.  »
    C’est parfaitement vrai. Et nous en avons un tout petit aperçu rien qu’ici sur BIOSPHERE, au travers des commentaires.

    –  » La question de fond, c’est la question de l’homme : humain ou inhumain ?  » (« Survivalistes », par BIOSPHERE) .
    C’est exactement ce que je pense. Des « partisans de la loi du fusil, des pacifistes ou des racistes, des végétaliens ou des anthropophages, etc.  » essayons au moins de voir lesquels sont réellement des êtres humains. Ou du moins ce qui les distingue vraiment d’un vulgaire animal.
    La suite, par BIOSPHERE : « Cette question n’a jamais été historiquement tranchée, sauf qu’on peut dénombrer des individualités particulièrement non-violentes, mais en petit nombre, et des clans agressifs en grand nombre. Dans nos sociétés de masse, la violence est déléguée à l’Etat, ce qui permet de minimiser le nombre de morts sauf quand l’Etat adopte lui-même un comportement clanique. [etc.] un avenir en rose n’est pas certain. Mais contre la brutalité de l’homme, mon choix personnel restera celui de la non-violence et de la coopération : c’est la seule méthode, être humain soi-même pour qu’un jour les humains deviennent plus humains. »

    C’est également ce que je pense. Selon moi l’homme (Homme, Sapiens) est une espèce « jeune », il n’en est qu’au stade de l’adolescence. Par conséquent il est con, il joue avec le feu, se croit éternel etc. Et on sait que ces histoires peuvent mal finir.
    Bien sûr « le temps ne fait rien à l’affaire », c’est ce que chantait Brassens, « jeune con de la dernière averse, vieux con des neiges d’antan, quand on est con on est con ». Toutefois personne ne pourra nier que l’expérience a quand même du bon.
    La question de fond devient alors : bon ou mauvais ? Autrement dit : bon ou mauvais, il faut CHOISIR ! Oui mais voilà … sachant que choisir veut dire être libre, sachant un peu ce qu’est la liberté, le libre arbitre… se pose alors la question, c’est quoi BON ? Et c’est quoi MAUVAIS ? Retour à la case Départ.
    Les fainéants du neurone ont en effet de quoi baisser les bras… et on peut facilement comprendre qu’ils préfèreront (bien sûr ils ne choisiront pas) la facilité des définitions officielles dictées par Big-Brother, ainsi que la simplicité du mode binaire : BON / INBON

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