Le terrorisme islamique, plus visible que l’écoterrorisme

Mino avait appris tant de choses. Et il avait enfin un but : tuer. Il avait compris qu’il n’y aurait plus jamais de grandes guerres mondiales comme par le passé. Il avait compris qu’il n’y aurait plus de grandes guerres mondiales comme par le passé. Mais une autre guerre était en marche : le terrorisme systématique contre ceux qui avaient le pouvoir de détruire, d’empester et d’oppresser, contre ceux qui n’avaient pas compris l’importance des déplacements des fourmis, la communication sensible des feuilles, la perception exceptionnelle des animaux et la nécessité des concepts environnementaux. Il avait appris qu’il y avait des écosystèmes, des chaînes d’événements assemblées et forgées au cours d’un lent processus ayant duré des millions d’années. Et que ces chaînes avaient été brutalement rompues par une course aveugle aux profits à court terme. Il n’y avait pas de grâce à accorder. Il ne pouvait pas y avoir grâce. » Ainsi débute l’introduction d’un livre récent*, reprenant le thriller écologique de Gert Nygardshaug, « Le Zoo de Mengele » paru en Norvège en 1989. Mino, enfant vivant dans la jungle amazonienne, avait vu sa famille et ses amis massacrés par l’armée au service d’une multinationale américaine du pétrole !

Le livre sur l’écoterrorisme continue : « A travers les actions du commando de Mino, ce sont les victimes de la déforestation et de la mondialisation qui se vengent ; leur révolte, c’est celle du monde animal et végétal. Ce roman est emblématique d’une tendance à la radicalisation de certains activistes. Cette évolution porte en elle un paradoxe majeur : alors que les causes défendues sont quasiment toujours parfaitement légitimes (défense de la planète, protection des espèces, etc.), toutes finissent par engendrer un mouvement qui tente de les imposer par la force. Bien évidemment, nul ne peut approuver les exactions commises par les multinationales qui détruisent les écosystèmes, mais la lecture de cette apologie de la violence pose la question de la légitimé des actions violentes et des meurtres au nom de la défense de l’environnement. »

Sur ce blog, nous avons parlé souvent des écowarriors**, un mouvement ultraminoritaire qui pose le problème de la violence thermo-industrielle contre la nature et l’homme plutôt que le problème de la violence physique contre des individus. Une journaliste du MONDE, Macha Séry, écrivait qu’on aurait tort de voir dans le pamphlet antilibéral de Gert Nygardshaug une apologie du terrorisme. Il faudrait prendre ce roman pour ce qu’il est : d’abord un cri d’alarme – au rythme actuel, la moitié de l’Amazonie aura disparu en 2050, voire dès 2030. 

* Ecoterrorisme (altermondialisme, écologie, animalisme) d’Eric Denécé et Jamil Abou Assi, éditions Tallandier 2016, 368 pages pour 21,50 euros

** sur notre blog, articles sur les écoguerriers :

La désobéissance s’apprend, savoir déterminer l’injuste

Un terroriste comme nous les aimons, pirate Paul Watson

Tous ensemble contre les Grands Projets Inutiles

Les Khmers verts et autres Ayatollah de l’écologie

Où sont les écoguerriers ? Partout et près de vous !

Ecoterrorisme et écoguerriers, le cas Paul Watson

Les écoguerriers en vert sont-ils des terroristes ?

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