L’écologie n’a pas besoin d’un ministère des sports

En septembre 2017 aura lieu l’élection de la ville hôte des Jeux olympiques (JO) 2024, qui se jouera entre Paris et Los Angeles*. La maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, et le premier ministre, Bernard Cazeneuve, ne comptent plus leur discours de soutien. Les ministres des sports, avec 0,14 % du budget 2017, se contente d’aller voir les matchs. On a bien l’impression que l’activité politique est consacrée uniquement au « sport qui se regarde”». Le sport n’est qu’un affichage politique, pas un réel besoin. Le livre de Michel Sourrouille,  « L’écologie à l’épreuve du pouvoir », est clair sur la question, il faut sortir du sport-spectacle :

« Dans un gouvernement écologiste, il n’y aura pas de ministre dédié aux sports en tant que tels. L’espérance de vie en bonne santé ne dépend pas du sport-spectacle. L’ancien sprinter Roger Bambuck, médaillé aux JO de Mexico en 196 et secrétaire d’Etat à la jeunesse et aux sports de 1988 à 1992, s’exprimait ainsi en 2016 : « L’activité physique est 100 % positive pour la santé, l’équilibre mental et social. Alors que le sport de haut niveau, je n’hésite pas à le dire, est une activité dangereuse à tout point de vue. (LE MONDE du 2 avril 2016) » il est vrai qu’il a été obligé de mettre en place la première loi de prévention et de lutte contre le dopage. Plus grave, le sport de masse détourne l’attention de l’essentiel. Si les médias, les politiques et les Terriens avaient prêté autant d’attention au réchauffement climatique qu’au Mondial de foot, les conférences internationales auraient été un franc succès. Mais le capitalisme libéral préfère que les humains s’intéressent au foot-spectacle plutôt qu’à leurs conditions de vie présentes et futures. La politique n’a pas à se mêler de l’organisation d’un show planétaire, même quand il s’agit des Jeux Olympiques. Les JO ont été privés de ressources financières jusqu’en 1972 parce que le Président du CIO de l’époque était un farouche défenseur de l’amateurisme ; le CIO d’aujourd’hui est devenu richissime grâce à la vente des droits de retransmission et au sponsoring d’épreuves désormais ouvertement professionnelles. Sous le prétexte du sport comme expression des peuples, les Jeux Olympiques sont aujourd’hui le cache-sexe du système marchand : sur le stade comme ailleurs, la lutte entre États se transforme en lutte entre firmes. Quand François Hollande se déclare « favorable à ce que la Ville de Paris, si elle en décide », se porte candidate aux Jeux Olympiques de 2024, c’est sur la base de faux arguments : « C’est très important parce que ce sera un moment de ferveur, et surtout ça fera plein d’équipements avant, plein d’emplois, plein d’industries qui pourront se montrer. » Ce sera plutôt de grands travaux inutiles et imposés. « Plus vite, plus loin, plus fort », telle est la devise des jeux olympiques modernes alors que les principes d’une société équilibrée sont à l’inverse « Aller moins vite, aller moins loin, plus de douceur ». Loin du sport-spectacle, l’activité physique se moque des records. L’activité physique est de la responsabilité de la personne, d’un club ou d’une organisation territoriale, le national n’a rien à gérer. »

Sans l’État, il n’y a pas de JO à Paris : on n’a pas la sécurité, les subventions, l’engagement des politiques auprès du CIO. Sans ministère des sports, cela n’empêche pas les amateurs d’aller pousser le ballon. « La responsabilité de la réussite de la politique sportive incombe en grande partie aux fédérations sportives, écrivaient les auteurs du rapport de la Cour des comptes, en 2013. Sur lemonde.fr, Pierre Dumont s’exclame : « Je me suis toujours demandé pourquoi nous n’avions pas aussi un ministère spécifique du cinéma encourageant son aspect industriel… Un bon gouvernement en fait devrait bien avoir 50 ministères, sans compter celui des ministères ! » René B renchérit : « Il faut supprimer le ministère des sports. Nous avons déjà le ministère de la santé pour le dopage, le ministère des finances pour les fraudes fiscales des joueurs de haut niveau, le ministère de la justice pour diverses affaires (viols, chantage …) et le ministère des affaires étrangères pour les rapports avec le Qatar. »

* LE MONDE du 25 mars 2017, Faut-il encore un ministère des sports ?

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2 réflexions sur “L’écologie n’a pas besoin d’un ministère des sports”

  1. Tout à fait d’accord aussi.
    J’aurais aimé également que tous les écologistes prennent position contre l’organisation des Jeux Olympiques par la France en 2024. Paris n’a pas besoin de ça, ni la nature, ni les contribuables, ni la santé des français, cela ne fera que des perdants.

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