L’écologie politique ne sait plus où elle habite !

Europe Ecologie – Les Verts (EELV) est en plein brouillard stratégique*. Il faut dire qu’ils ont multiplié les erreurs de positionnement politique. En février 2017, un référendum bidouillé par les proches de Cécile Duflot décide du retrait de la candidature de Yannick Jadot à la présidentielle pour se diluer dans la candidature socialiste de Benoît Hamon. Ces naïfs espéraient en une vague d’électeurs porteurs d’une écologie « plus à gauche » alors que Mélenchon, en maintenant sa candidature au nom des « insoumis », a complètement siphonné les voix de Hamon. Il est vrai qu’avant le premier tour, les écolos encartés se sont dispersés entre un vote Hamon, Mélenchon ou même Macron. Il faut de tout pour faire un monde à la sauce écolo, leurs listes d’échange sont aussi innombrables que leurs intentions de vote. Entre les deux tours de la présidentielle, c’est le sauve-qui-peut général, la promesse d’un groupe parlementaire obtenu auprès du candidat PS va fondre comme neige au soleil : dans une joute politique, on ne récompense pas les perdants (hamonistes). C’est un nouveau fiasco EELV/PS après celui de 2012-2017 dont on n’a jamais voulu faire le bilan puisque c’était le résultat globalement négatif des initiatives de Cécile Duflot. Avant ce dernier tour de la présidentielle, même l’idée d’un front républicain contre l’extrême droite n’obtient pas le consensus des militants ; certains « écolos » parlent même du match Macron/Le Pen comme celui de la peste et du choléra !

Dans ce contexte mortifère, les législatives s’annoncent délétères pour EELV. Ayant opté en congrès pré-2017 pour un candidat autonome à la présidentielle et des candidats dans la totalité des 577 circonscription, le pacte avec Hamon avait démoli ce schéma : échange de circonscriptions entre EELV et PS, surtout pour sauvegarder le poste de Cécile Duflot dans la 6e circonscription de Paris. Tout est de nouveau remis en question depuis la déroute de Hamon à la présidentielle. La direction d’EELV a décidé, sans en parler aux militants, de « reprendre langue avec à peu près tout le monde ». Ainsi s’exprime Sandra Regol, « porte-parole » d’EELV, pour soi-disant tenter « d’empêcher que la France soit totalement à droite, ou pire ». Comme si Macron était un épouvantail étiqueté obligatoirement à droite ! On échafaude un nouveau scénario encore plus improbable, un ticket avec Hamon pour un nouveau parti avec l’espoir d’obtenir un financement public donné à ceux qui obtiennent au moins 1 % des voix dans 50 circonscriptions. Cela voudrait dire qu’on impose aux militants la dissolution d’EELV puisque les dirigeants veulent partir en laissant les dettes. De plus les hamonistes sont déjà gourmands, exigeant beaucoup contre seulement la promesse de soutenir Cécile Duflot dans son fief. Mais les « écolos » discutent également avec le PCF d’« arrangements techniques » au cas par cas. Le tripatouillage électoral est toujours à l’ordre du jour, on a oublié autonomie idéologique de l’écologie prônée par le congrès d’EELV. Le secrétaire national d’EELV, David Cormand, réfléchit aussi à un accord de « non-concurrence » avec Jean-Luc Mélenchon. Le prétexte pour Cormand : « On a une chance d’empêcher Macron d’avoir une majorité absolue. » Comme si la direction d’EELV avait décidé par avance d’être dans l’opposition à Macron au lieu d’élaborer une stratégie de recherche de consensus avec « En marche ! ». Il s’agit pourtant d’aider en tant qu’écolos à bien gouverner la France pour les cinq ans à venir, pas de sauver la circonscription de Cécile Duflot. Laissons pour conclure la parole à trois commentateurs de l’article* sur lemonde.fr :

JPM : si on comprend bien l’article, il y a des écolo ( ex EELV ou pas ) avec : En Marche , le PS , La France Insoumise et le PC . Et tout ça en présentant à la louche moins de 2% des électeurs …. Brasser du vent prend tout son sens avec eux !

le sceptique : Cormand : « On a une chance d’empêcher Macron d’avoir une majorité absolue« . Ils sont encore plus piqués que je ne le pensais. Comment leur score cumulé pourrait augmenter, et non se réduire, avec un scrutin législatif habituellement défavorable, une dynamique porteuses pour le finaliste du 2nd tour, des atermoiements ou vociférations d’extrême gauche, des candidats locaux inconnus ou démonétisés ?

manon troppo : Surtout que Macron se tienne le plus loin possible de ces rois de la machine à perdre !

* LE MONDE du 5 mai 2017, Les écologistes hésitent sur leur stratégie aux législatives

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4 réflexions sur “L’écologie politique ne sait plus où elle habite !”

  1. Un grand Merci pour votre billet.
    Vu de très loin (à plus de 9 mille milles de la France métropolitaine).
    -Il est difficile de comprendre pourquoi les lambeaux de politiciens « écologistes » français s’emploient déjà à parler d’opposition à un éventuel gouvernement Macronien avant d’envisager de porter les priorités écologiques et d’apporter la philosophie d’une écologie profonde a la nouvelle donne gouvernementale et législative. Serait-ce tout simplement parce qu’ils n’en sont pas capables ? On peut le craindre, en voyant que le tweet leur tient lieu d’étude, de réflexion et d’action.
    -Dans ces médiocres arrière-cuisines partisanes, qui porte réellement la volonté d’articulation et de synergie avec les mouvements citoyens et les corps politiques constitués dans l’espace européen ? Tel le nuage de Tchernobyl, l’écologie s’arrête aux frontières françaises?
    Mal que bien, l’Europe est en ce moment la seule région du monde ou vivent encore une réflexion d’écologie profonde et des comportements d’écologie politique. Déjà oublieux (sauf pour leurs vacances cachées) de l’espace Polynésien et de la Nouvelle Calédonie, -pourtant parties intégrantes de la France, des territoires et des citoyens qui ont faim de réflexion, de concepts et d’action-, les lambeaux parasites de l’Hexagone vont-ils aussi saborder cela en ignorant la dimension européenne.
    Nos amis européens, moins sectaires et mieux formés, sont demandeurs d’échanges, de coordination et de mutualisation. Un gouvernement macronien ouvert leur paraît aujourd’hui une chance conjoncturelle pour tous. Mais les mollahs d’EELV semblent plutôt préparer des fatwas. Ou le sanglot de l’homme blanc.

  2. Sûrement un brouillard rouge dans lequel flottent des marteaux et des faucilles !
    Que EELV disparaisse à tout jamais est la meileure chose qui puisse arriver à l’ écologie : foin de défense délirante du métèque invasif et agressif ainsi que sa smala d’ abdelkader, du réfugié pour farces et attrapes , de l’ antinucléaire hystérique,foin du pandemonium Mamère – Cosse – colonel Placé (remplacé , déplacé) – Voynet – Joly et miss gros derche (j’ ai oublié son nom) , en bref foin du cirque Barnum d’ Europe escroquerie les voleurs !

  3. Une réponse possible à Michel C trouvée sur la toile :
    Quel avenir pour l’écologie politique ? Le mouvement écologiste au sens large regorge de nombreux talents dont certains ont rejoint le mouvement « En marche ». Or le programme écolo d’Emmanuel Macron, s’il est incomparable avec celui, irrationnel, de Marine Le Pen, peut encore gagner en ambition. L’écologie politique va continuer de se déployer, mais sous différentes formes, à l’intérieur des différentes formations politiques généralistes.
    Une formation politique écologiste dédiée est-elle donc devenue inutile ? Non, si elle assume la diversité de ses courants de pensée et ne s’interdit pas de travailler avec des majorités différentes. L’écologie politique pourrait ainsi devenir un espace de dialogue, un réseau dépassant les clivages, destiné à créer plutôt qu’à défaire des liens entre écologistes.
    http://www.liberation.fr/france/2017/04/24/arnaud-gossement-les-idees-ecologistes-ont-progresse-pas-le-parti_1565093

  4. Il n’y a pas que  » l’écologie politique  » qui ne sait plus où elle habite , je vois bien que Biosphère non plus !J’aime bien les casse-têtes. Je vous avoue que je me marre bien en essayant déjà de trier.
    D’un côté les écolos … les vrais, les labellisés, les authentiques, les 100% pur jus, ou pure sauce (écolo), les disciplinés, les « républicains » …
    Et de l’autre ces satanés « écolos » … les contre-façons, les plus rouges que verts, les plus anars que verts… Ça m’en fait des boites , et des tas de boites ! J’en ai à gauche, à droite, au centre, en haut, en bas, de tous les côtés … et du coup je ne sais plus où ranger les écotartuffes.
    Je crois que je vais arrêter de jouer à ce jeu débile, je sens que je vais finir par ne plus savoir où j’habite .

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