Les 8 apocalypses climatiques selon DWW

Le réchauffement climatique menace l’humanité par une série de cataclysmes en cascade, telle est en tout cas la conclusion de la très riche enquête de David Wallace-Wells, du New York Magazine. Dans cet article, le journaliste égrène froidement les faits et les menaces, répertoriés en huit catégories d’apocalypses potentielles.

1. La grande submersion : « La plupart des gens parlent de Miami ou du Bangladesh comme s’ils avaient encore une chance de survivre mais la plupart des scientifiques avec lesquels j’ai échangé assurent que nous perdrons ces régions dans le courant du siècle. Même si on arrête de brûler des combustibles fossiles dans les dix ans à venir. » Première conséquence du réchauffement climatique, la montée des eaux (fonte des glaciers et dilatation thermique des océans), est le premier cataclysme que nous devrons surmonter.

2. Une chaleur mortelle : « Vous avez peur de la montée des eaux mais cela occulte les autres menaces. Fuir les côtes ne suffira pas. » L’auteur explique que la chaleur de l’air sera elle-même extrêmement délétère pour l’être humain.« Au Costa Rica, ou l’humidité est de 90%, se promener dehors par plus de 40°C pourrait déjà être mortel. En quelques heures à peine, le corps humain serait mortellement cuit. »

3. La famine mondiale : Il y a certes des variations suivant les cultures et les climats, mais la règle générale pour les céréales poussant actuellement à leur rendement optimal est que « chaque degré de réchauffement supplémentaire diminue les rendements agricoles de 10 %. Certaines estimations montent à 15 ou 17 %. » Avec un réchauffement de 5°C à la fin du siècle, l’équation cauchemardesque serait donc : comment nourrir une population 50 % plus nombreuse avec 50 % de céréales en moins ?

4. Les pestes climatiques : « Qu’arrivera-t-il quand la peste bubonique congelée sera libérée ? »… « Notre système immunitaire, s’il venait à rencontrer ces pestes préhistoriques, n’aurait absolument aucune idée de comment réagir pour s’en protéger »… « En Alaska, des chercheurs ont déjà trouvé des traces de la grippe espagnole de 1918, qui avait infecté 500 millions de personnes et en avait tué 100 millions, soit 5 % de la population mondiale. »

5. L’air irrespirable : Le CO2 ne se contente pas de réchauffer l’atmosphère, il en change aussi par définition la composition. Or, l’air que nous respirons a un impact sur notre santé, da façon parfois inattendue. Si la teneur en carbone monte à 1 000 ppm en 2100, l’auteur assure qu’« un tel air pourrait baisser les capacités cognitives humaines de 21 % ».

6. La guerre perpétuelle : La sécheresse fait partie des facteurs d’instabilité sociale ayant conduit à la guerre civile en Syrie. Le journaliste américain cite une vaste étude de Marshall Burke et Solomon Hsiang qui relève, au-delà des particularismes et conjonctures locaux, une corrélation entre violence et température : pour chaque demi-degré supplémentaire, les sociétés verraient augmenter de 10 à 20 % la probabilité d’un conflit armé.

7. L’effondrement économique : le journaliste signale que chaque degré de réchauffement pourrait coûter 1,2 point de PIB. Plus généralement, les chercheurs ont calculé comme projection médiane une perte de 23 % des revenus par personne à la fin du siècle, due aux différentes conséquences du changement climatique (agriculture, violences, tempêtes, énergie, mortalité, etc.). David Wallace-Wells suggère que le principe même de croissance est intrinsèquement lié à l’exploitation des énergies fossiles, et voué à s’interrompre avec la fin de celles-ci. « Avant les énergies fossiles, personne ne vivait jamais mieux que ses parents. »

8. Les océans empoisonnés : Plus du tiers du carbone est absorbé par les océans. Les effets secondaires sont terribles : acidification des océans, blanchiment et mort des coraux, qui « supportent le quart de la vie marine et nourrissent directement un demi milliard de personnes ». L’absorption du carbone peut déclencher un cercle vicieux : la sous-oxygénation de l’eau entraîne le grand développement de bactéries qui diminuent encore le taux d’oxygène disponible, faisant grossir les « zones mortes » dans les eaux profondes, puis de plus en plus près de la surface.

Conclusion :

– Optimiste :  « nous avons trouvé une voie pour créer une Apocalypse technologique, nous trouverons une voie pour trouver notre salut technologique », assure David Wallace-Wells.

– Pessimiste : Aucune civilisation dans l’univers n’a jamais réussi à se développer sans dérégler son environnement au point de péricliter avant même de pouvoir s’envoler vers d’autres planètes. C’est pour cela que nous n’avons pas encore rencontré d’extra-terrestres !

Source : https://usbeketrica.com/article/changement-climatique-les-8-apocalypses-a-venir

(Usbek & Rica est le média qui explore le futur. Tous les futurs : ceux qui nous font peur et ceux dont on rêve)

Pour approfondir : Climat : les raisons de s’inquiéter sont innombrables (8 décembre 2015)

7 réflexions sur “Les 8 apocalypses climatiques selon DWW”

  1. Et si je pense que l’Apocalypse ce sera plutôt un cocktail de ces « 8 apocalypses climatiques », assaisonné d’un bon nombre d’autres « douceurs » … va t-on me qualifier d’optimiste ou bien de pessimiste ?

    Ceci dit, faudrait peut-être arrêter avec ce genre de « très riche enquête » et autres conneries, non ? Demandons-nous en quoi toutes ces prédictions, toutes plus apocalyptiques les unes que les autres, nous avancent réellement. Est-ce ça qui va nous pousser à revoir notre copie ? Vous y croyez, vous, à « l’ heuristique de la peur » ? Mais depuis le temps… quand même ! Non, je vais finir par croire que tout ça ne sert, tout connement, qu’à vendre des torchons aux petits et grands enfants en manque de gros frissons.

    1. Les peuples s’en battent les steaks du climat ou encore de la déplétion des ressources, tout ce qu’ils veulent étant de la croissance avant tout ! (tu ne parviendras pas à lutter contre la volonté d’expansion de plaisir des individus, car c’est bien ce que traduit la croissance = toujours plus = expansion de plaisir)

      1. Pas si simple que ça, je te l’ai déjà dit.
        Imagine qu’au lieu de faire rêver et bander les cons-ommateurs avec toujours plus de gadgets et d’innovations (à la con), qu’au lieu de leur rabâcher que « le bonheur c’est d’avoir des avoirs plein les armoires » (Souchon), que la réussite c’est la Roleix à 50 balais (Séguéla), etc. etc. imagine qu’au lieu de ça on les gave, à longueur de journée… d’exemples de joie de vivre dans la simplicité volontaire. Et puis imagine qu’au lieu de leur faire peur, comme on fait peur à des gamins pour qu’ils soient sages… imagine qu’on les habitue depuis le plus jeune âge à ne pas prendre leurs désirs pour des réalités, à accepter qu’on ne puisse pas avoir le beurre et l’agent du beurre, à accepter la réalité, la mort etc. etc.

        1. La simplicité volontaire n’est pas attractive ! Même par effet mimétique, sinon ça ferait longtemps que de nombreux membres de mon entourage y aurait adhéré en suivant mon exemple !

          Par exemple, la voiture, une fois qu’un individu y a goûté au moins 1 fois en tant que passager, et ben il en aura envie d’une dans la plupart des cas. Moi, j’en ai pas, mais on me rabâche sans cesse que je devrais en avoir une ! Pourtant ce sont des personnes que je ne dérange même pas pour qu’ils me conduisent occasionnellement, puisque je me déplace essentiellement à pied et transport en commun. On me rappelle toutes les opportunités que j’aurais si j’en avais une, « tu pourrais aller à la mer » « sortir plus souvent » « ça serait plus simple pour faire tes courses » etc etc

          Aujourd’hui, lorsqu’on emprunte le bus, étant qu’à présent, c’est toujours silencieux pendant le trajet, plus personne ne discute à l’intérieur et ils sont tous hypnotisés par leur tablette. C’est ça le grand secret des outils de communication, plus ces moyens sont sophistiqués et transportables, et plus les gens se claquent un vent. On a tous un moyen de communication portable mais plus personne ne discute directement pour se sociabiliser ! Le grand paradoxe, plus on a d’outils de communication et moins on se sociabilise !

          1. D’accord avec toi. Comme quoi…
            Le problème … c’est que tu passes pour un ringard, si ce n’est pour un anormal. Moi aussi, dans mon genre, même si j’ai une bagnole. Je te souhaite d’arriver à faire comme moi, de t’en foutre. Et ainsi tu conserveras ton équilibre… ainsi le problème sera réglé… du moins de ton côté.
            Ceux qui te rabâchent tous les avantages d’avoir une bagnole, ou un smartphone etc. sont des perroquets, ils ne font que répéter ce qu’on leur a foutu dans le crâne. Et bien sûr ils ne prennent pas la peine de remettre tout ça en question. Pourquoi ? Parce que c’est fatiguant de réfléchir, parce que c’est tellement commode que d’autres le fasse à notre place. L’homme (comme tout ce qui vit…) cherche toujours la voie la plus facile, celle du moindre effort. Même si ce « moindre effort » se traduit par bosser comme des esclaves, comme des cons, même si la recherche de ce plaisir imaginé (ou imaginaire) se traduit par plus de souffrance que de plaisir. Comme je t’ai dit, ce n’est pas si simple que ça. D’autre part, réfléchir ça peut mener à prendre conscience qu’on est à côté de la plaque, qu’on a tout faux. Et ça c’est particulièrement déstabilisant, ça vient perturber notre si précieux petit équilibre vital. (Lire par ex. Laborit)

            Maintenant, comment rendre la connaissance, la simplicité volontaire et la joie de vivre attractives ? Là j’avoue que je n’ai pas de recette miracle. Toutefois on peut toujours croire, ou penser, que si… la propagande (le bourrage de crânes, le formatage…) se faisait dans ce sens, alors le monde tournerait autrement. Seulement voilà, tu sais bien tout ce qu’on pourrait faire avec des « si ».

  2. «  »– Pessimiste : Aucune civilisation dans l’univers n’a jamais réussi à se développer sans dérégler son environnement au point de péricliter avant même de pouvoir s’envoler vers d’autres planètes. C’est pour cela que nous n’avons pas encore rencontré d’extra-terrestres ! » »

    –> Pessimiste ? Pourquoi utiliser ce terme pour faire sous-entendre que c’est infondé ? Non, non ! A la conclusion il aurait plutôt fallu marquer « Réaliste »

    Ensuite, pour pessimiste, indiquer que l’on mangera tous des croque-monsieur et des croque-madame pour survivre, selon les recettes d’Hannibal Lecter aurait été plus pertinent, et même ça n’est pas à exclure !

  3. Tous ces Gilets jaunes, bleus, verts, roses, rouges, jaunes me font penser aux Power rangers… Hormis que ça ressemble plutôt à

    Looser rangers qui invoquent leur super-pouvoir avec ce slogan =
    «  »Formole jaune, formole bleue, formole vert, formole rose, formole rouge…… Unissons nos formoles contre la vie chère ! « 

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