Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat

Empêcher d’une manière ou d’une autre une centrale thermique à charbon de fonctionner peut être considéré comme une oeuvre de salut public. On sait en effet que le charbon doit rester sous terre, sinon nous allons droit vers un chaos climatique qui multipliera les réfugiés climatiques, endommagera le rendement des récoltes, produira la famine, détériorera l’ensemble de la trame du vivant, exacerbera les violences, produira des guerres, etc. Mais si je dis maintenant aujourd’hui clairement que je trouve tout-à-fait juste et légitime de saboter une centrale à charbon, c’est moi qui sera poursuivi devant les tribunaux pour incitation au sabotage. Personne n’accusera les promoteurs des centrales à charbon. Beaucoup parleront même à mon égard de terrorisme vert alors que le véritable responsable de la détérioration écologique et socio-économique est la centrale à charbon. Il est plus que temps de définir juridiquement la notion du crime écologique et de traiter l’action de sabotage à sa juste valeur ! Quand pendant la seconde guerre mondiale des cheminots sabotaient les lignes de chemin de fer pour agir contre le nazisme, ils risquaient la mort mais ils avaient raison.

C’est pourquoi la relaxe de l’écrivain Erri De Luca nous paraît un bon signe*. Erri avait réaffirmé lors d’un entretien au site italien du Huffington Post en 2013 son soutien au mouvement « No Tav » (No al Treno ad Alta Velocità) qui conteste la construction de la ligne de TGV entre Turin et Lyon : « Les sabotages sont nécessaires pour faire comprendre que le TGV est une œuvre nuisible et inutile. » Sabotage ? « Un mot noble et démocratique », a expliqué à la barre Erri du Luca prenant en exemple Ghandi et Mandela. Avant que les juges ne se retirent pour délibérer, l’écrivain a redit sa conviction : « La ligne prétendument à grande vitesse en val de Suse doit être freinée, entravée, donc sabotée pour la défense de la santé, du sol, de l’air, de l’eau d’une communauté menacée. »

Nous pouvons conclure avec un commentaire posté sur lemonde.fr : « Combien d’intellectuels engagés comme celui-ci en France ? Combien prêts à aller en prison pour défendre leurs convictions contre le big business et les projets idiots, élitistes et ruineux ? Pas des masses… »

* LE MONDE du 21 octobre 2015,L’écrivain Erri De Luca relaxé dans l’affaire de la ligne de TGV Lyon-Turin

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4 réflexions sur “Les centrales à charbon, un terrorisme contre le climat”

  1. @Tietie007
    Très juste. C’est la meilleure façon de ne pas se poser de questions; et c’est bien ce qu’on attend de nous, n’est-ce pas?

  2. @Tietie007
    Très juste. C’est la meilleure façon de ne pas se poser de questions; et c’est bien ce qu’on attend de nous, n’est-ce pas?

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