Les chasseurs dans le viseur

La colère anti-chasseurs monte, normal quand on voit le discours des viandards*.

Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs : « Ce n’est pas la chasse, c’est la ruralité dans son ensemble qu’attaquent ces activistes minoritaires, comme les végans. Ils ne supportent pas que d’autres vivent différemment. Les chasses traditionnelles existaient avant l’arme à feu. La chasse à courre ? Il n’y a que les cons pour ne pas comprendre que l’animal a dix fois plus de chances de se sauver que d’être attrapé. Souvent le cerf est vieux ou malade, c’est la sélection naturelle. Pas le monde des Bisounours ! On est en haut de la chaîne alimentaire, les animaux sont en dessous, c’est l’ordre des choses. Qui travaille sur la biodiversité ? Ce ne sont pas ceux qui font des grands discours, à Paris, qui plantent des haies, des arbres, qui entretiennent les zones humides, qui nourrissent les animaux, et qui apportent ainsi 4 milliards d’euros à la nature tous les ans ! »

Gérard Lang, patron des chasseurs du Bas-Rhin : « Etre chasseur, c’est dans nos gènes. Parce que, à l’époque préhistorique, celui qui n’était pas bon chasseur ne survivait pas. »

Guy Harlé d’Ophove, président de la Fédération des chasseurs de l’Oise : « Les gens ne connaissent plus les fondamentaux de la ruralité. Dans l’Oise, la vénerie est tout à fait acceptée, à part dans quelques points de fixation artificiellement créés par des groupuscules extrémistes. C’est un spectacle auquel beaucoup tiennent. Ceux qui manifestent viennent de Paris… »

Alain Lignier, directeur de la Fédération de chasse de l’Ardèche : « On est dans l’irrationnel. Dès l’instant où l’on se dit pour la chasse, le débat est fermé, même si l’on construit toute l’année la cohabitation avec les fédérations de randonneurs et de cyclistes… La chasse fait partie du paysage quand on vit en campagne, comme les cloches et le coq du voisin ! »

Le président Emmanuel Macron semble avoir été convaincu de cette équivalence : Chasse = ruralité. il a réduit de moitié le prix du permis de chasse national (de 400 à 200 euros), rouvert les chasses présidentielles, autorisé les silencieux sur les fusils. Au total, 42 millions d’euros de cadeaux au monde de la chasse, pour s’offrir ce vernis ruraliste, sans requérir des chasseurs le moindre effort de changement.Les agriculteurs ne représentent que 8 % des détenteurs de permis. Le gros des bataillons ? Des quinquagénaires ou sexagénaires exerçant une profession libérale ou cadres (à 36 %), citadins les jours de semaine. En Allemagne, les chasseurs ne décrochent leur permis qu’après plusieurs années de préparation théorique – zoobiologie, protection de la faune, maîtrise des chiens… – et d’entraînement au tir ; ils doivent aussi prouver leur aptitude physique.

Les associations anti-chasseurs :

Aspas-nature, association pour la protection des animaux sauvages

AVA, abolissons la vénerie aujourd’hui

Fondation Brigitte Bardot

Front de libération des animaux

LPO, Ligue pour la protection des oiseaux

One Voice, pour le respect de la vie sous toutes ses formes

* LE MONDE des 8-9 décembre 2019, Les chasseurs dans le viseur

16 réflexions sur “Les chasseurs dans le viseur”

  1. Qu’est-ce qui rapproche un motard, un chasseur, un possesseur de pit-bull ? La même incapacité à exister par soi-même. La nécessité de se sentir vivre au travers de la sensation de domination apportée par un objet agressif ou un animal de combat. Comme le chasseur pour qui le meurtre est un loisir, et dont la petitesse de vie ne trouve compensation que dans la sensation de puissance obtenue en tuant un animal. Comme le maître du pit-bull, lequel se sent moins oublié grâce à la crainte qu’il inspire en faisant changer de trottoir la mère et l’enfant. Comme le motard, habité d’un sentiment de puissance – une puissance toute mécanique qu’il aurait bien du mal à retrouver dans l’étroitesse des idées qui dirigent sa vie. Je peux vous le dire, je suis moi-même un ancien motard. J’ai été très con. Ce qui prouve qu’un jour, on peut lâcher son pit-bull, son flingue, sa moto, pour vivre par soi-même et tenter de se construire une vie.
    Casseurs de pub n° 1 (novembre 1999, 25 francs)

    1. Si le problème c’est ce sentiment de domination … apporté par quoi que ce soit… alors je pense qu’il va falloir en rajouter à la liste : Motards, chasseurs, possesseurs de pit-bull, de molosses de toutes marques, winners en tous genres, grands et petits chefs etc. etc.

  2. Même dans le pays le plus Vegan du monde qui est l’Inde avec 20% de végétariens/vegans/végétaliens et ben il n’en demeure pas moins que 80 % de la population indienne mange de la viande… Autrement dit, avec un taux de fécondité de 2,33 enfants par femme (soit au-delà du seuil de renouvellement sur une population de 1,4 milliards d’habitants), et ben même en Inde le nombre de viandards se multiplie plus vite que le nombre de vegan/vegetariens/vegetaliens….

    En Afrique, dont il est déjà prévu qu’ils seront 4,4 milliards d’habitants en 2100, selon le rythme des naissances actuel, et ben il faut savoir que le taux de viandard est bien supérieur à l’Europe, plus de 99% des africains mangent de la viande….

    Alors toute ces grotesque propagande anti-viande en France avec sa minuscule population de 68 millions d’habitants sur 7,5 milliards d’habitants, ne sert strictement à rien ! Combien même les 68 millions de français devenaient végétaliens et arrêtaient de manger de la viande, ça n’aurait aucun incidence sur la production et consommation de viande dans le monde !!! Les viandards se multiplient beaucoup plus vite sur Terre que les végétariens/vegans/végétaliens…. Même sans les français, même en tuant les 68 millions de français, l’industrie de la viande verra tout de même ses chiffres de croissance prospérer !

    Alors fichez nous la paix pour manger notre steack et puis c’est tout !

    1. Oui Bga80. Bien que ce détour nous éloigne du sujet chasse, je pense que vous avez raison. Qu’ils nous fichent la paix pour manger notre steack et puis c’est tout !

  3. « La chasse est dans notre ADN depuis la nuit des temps… »
    La connerie aussi !
    (J’ai oublié le nom de l’auteur de cette boutade…)

    1. Oui Sagamore. Bien que je ne sois pas meilleur généticien que ne l’est BB, je pense que vous avez raison.

  4. Didier Barthès

    Je ne vois aucun détour, aucune forme de pensée morale et cohérente par laquelle on puisse valider l’idée de tuer pour le plaisir ! Aucun

    1. Si vous ne voyez pas, Didier Barthès… c’est peut-être tout simplement un problème de lunettes.

      1. Didier Barthès

        En effet, je dois vraiment avoir un problème de lunettes car, là non plus, je ne vois pas du tout ce que je peux répondre à ce genre d’argument.

        1. Ne nous fachons pas mon cher Didier Barthès. Je veux tout simplement dire que ce n’est pas parce qu’on ne voit pas, ou ne
          comprend pas quelque chose, qu’il n’y a rien à voir ou à comprendre. Certains individus peuvent en effet prendre un certain plaisir à faire souffrir un animal ou un semblable, voire à tuer, pas nécessairement avec une arme. Et quand il s’agit de condamner tel ou tel acte, telle ou telle pratique, la morale a elle aussi ses limites. En fait il y a «mille» façons de se faire plaisir et comme je dis, à chacun sa came. Le plaisir est un vaste domaine, exploré entre autres par la biologie, tout ce que j’en sais c’est que ça se passe dans le cerveau. Ceci dit je ne pense pas que la plupart des chasseurs prennent du plaisir à faire souffrir leur gibier, je pense que leur plaisir est ailleurs. Maintenant je rappelle que je ne suis pas chasseur, j’ai dit que j’étais pêcheur à la ligne. Est-ce mieux, est-ce pire ?

  5. Brigitte Bardot : « Je hais et méprise les chasseurs, ces sous-hommes d’une abjecte lâcheté aux trognes d’ivrognes qui, déguisés en treillis militaires, armés d’armes de guerre sophistiquées, s’en vont donner l’assaut aux humbles et innocents animaux de nos forêts qui n’ont comme seul délit que d’être vivants et de servir de cibles. Les chasseurs portent en eux les gênes d’une barbarie cruelle héritée de nos ancêtres primitifs qui, ne pouvant pas s’assouvir sur l’être humain, se défoule sur les animaux. L’exemple flagrant de cette honteuse perversité est le président de la fédération de la chasse ce prédateur au gros visage plein de suffisance « Willy Schraen » qui a osé dire lors d’une interview : «  j’aime la chasse parce que j’aime tuer ».  C’est pas beau ça ??? Et Macron qui leur fait des courbettes et leur accorde des avantages contraires aux lois européennes alors  qu’il n’a rien accordé à l’amélioration de la condition animale… » (éditorial publié dans l’Info-Journal numéro 110 – 3ème trimestre 2019).

    1. Merci Biosphère pour cet exemple qui illustre parfaitement ce que j’ai développé précédemment. Comment BB peut-elle généraliser ainsi, connait-elle TOUS les chasseurs, est-elle généticienne ?
      Vous nous servez là un «superbe » exemple de discours qui ne vaut pas mieux que celui de ce « Willy Schraen ». Un «superbe » exemple, parmi hélas tant d’autres, de cet esprit que je ne cesse de déplorer.
      Quoi que vous pensiez de la chasse et des chasseurs, vous êtes vous aussi dans l’IRRATONNEL.

  6. Les phrases de ces dirigeants d’association de chasseurs sont significatives de personnes qui en sont restés à l’époque de la chasse et de la cueillette. Le chasseur aujourd’hui devrait s’apercevoir que tuer des gibiers d’élevage ou des espèces en voie de disparition, ce n’est plus de la chasse.
    Bien entendu, le fait de réguler les populations de chevreuils ou de sangliers paraît indispensable sur des territoires où le seul prédateur, c’est l’homme. Rien n’est tout blanc ou tout noir. Nous aimons les chasseurs qui sont aussi dans une association environnementale, il doit bien en exister quelques-uns ! Mais ils n’ont pas encore compris que chasseur d’images est bien plus agréable à la nature que tuer pour le plaisir.

  7. En une seule phrase, Alain Lignier, directeur de la Fédération de chasse de l’Ardèche, résume très bien ce sujet : « On est dans l’irrationnel. Dès l’instant où l’on se dit pour la chasse, le débat est fermé.»
    Je rajoute que le débat est également fermé entre les ANTi-chasse et les «Ni-Ni». Dans ce genre de sujet on ne peut qu’être POUR ou CONTRE. Alors, choisis ton camp camarade !
    Biosphère a choisi … Ce qui nous donne donc d’un côté « le discours des viandards* » … et de l’autre celui qui logiquement devrait se faire entendre, celui des connards ANTi-viandards .

    C’est quand même triste cette manie d’opposer les uns aux autres, et c’est finalement désespérant cette vision binaire des choses. La connerie humaine semble pourtant être la chose la mieux répartie sur cette planète. Partout nous trouvons des cons, il en existe des blancs, des noirs, des verts, des grands, des petits, des jeunes, des vieux, des pauvres etc. etc. Et quand ils sont gros on dit «connard». Ainsi nous avons des petits connards et même des gros connards. Bref, il n’y a évidemment pas que dans les rangs des chasseurs que nous trouverons les plus remarquables spécimens. Dans la grande famille des connards me(r)diatiques nous avons tous ces pauvres types en grande souffrance, qui vomissent leur haine de L’AUTRE. L’autre étant celui qui est différent, celui qui par sa façon de faire ou de penser est étrange. Finalement, nous devrions facilement comprendre que nous sommes tous un étranger pour l’autre, quand nous ne le sommes pas déjà pour nous même. Mais non.
    Parmi ces gens pas comme les autres, nous avons donc cette famille qui pèse à peine 2%, disons 3%… avec ses membres qui se croient à la mode, parce qu’ils se sont convertis à cette religion interdisant de manger de la viande. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Tous ne sont pas des connards, bien sûr ! Seulement dans cette famille (comme dans toutes) nous trouverons ces connards qui nomment «viandards» tous ceux qui mangent de la viande. Peu importe que ce soit un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie, un viandard est un viandard. Et un connard reste un connard !
    Parmi tous ces pauvres misérables, les pires sont ceux qui avouent le plaisir qu’ils prendraient à tuer un boucher, ou un chasseur, ou un toréador, et à le prendre par les tripes etc. etc. ad nauseam. Les bouchers, les chasseurs , les toréadors, les viandards etc. tous dans le même panier, et feu ! Misère misère !

    Et les pêcheurs dans tout ça ? Non… je demande juste, parce qu’il se trouve que je suis pêcheur à la ligne.

    1. « Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Tous ne sont pas des connards, bien sûr ! »

      Et bien moi , je le dis !!
      Ces gens ont décidé de ne plus rien « consommer » qui vienne du monde animal , même pas la laine des moutons , par exemple , qui ont besoin d’être tondus !!
      C’est idiot , mais soit , ils font encore ce qu’ils veulent.
      Mais , et de plus en plus , ils veulent l’interdire aux autres !!

      C’est inacceptable , stupide , dictatorial , etc …
      Donc , je les considère pour ce qu’ils sont : des c…
      Et des beaux …

      1. @ Ricquet : Ceux dont vous parlez là sont les vegans. De mon côté je parlais des végés en général. Je connais des végés (plutôt tolérants…) qui qualifient les vegans de connards. Reste à voir si les vegans sont TOUS des connards. Comme je ne les connais pas TOUS, je botte en touche. 😉

        Ceci dit, je faisais remarquer que parmi les ANTi-chasse on trouvait effectivement un bon nombre (?) de ces connards que je nomme «Anti-viandards». Je connais la définition du mot «viandard » et je peux affirmer que TOUS les chasseurs, comme TOUS les pêcheurs, ne sont pas des viandards. Ni des connards. J’invite donc Biosphère à faire un peu mieux la part des choses.
        Pour en revenir à ce genre de connards, le «débat» sur la chasse est pour eux l’occasion de faire leur prosélytisme en laissant parler leurs tripes. Comme dit Alain Ligier, on est là dans l’irrationnel.
        Le «débat» sur la chasse est en quelque sorte l’arbre qui cache la forêt. Nous pouvons également qualifier d’ «inacceptable , stupide , dictatorial , etc.» cette vision binaire des choses (PRO vs ANti). Parce que ce n’est certainement pas avec ça que nous pourrons améliorer le vivre-ensemble, qui lui aussi va mal.

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