Les questions sociales vues par Alain Hervé

Social : Il faut me semble-t-il penser écologique avant de penser social. L’un détermine l’autre. Ce qui ne signifie pas que l’écologie néglige le social. Mais il faut bien voir que le social s’effondre lorsque l’écologique s’effondre. On ne peut pas répartir le poisson péché dans la mer lorsqu’il n’y a plus de poisson…

Démographie : Les individus veulent des enfants. Plus précisément ils veulent faire des enfants de la même manière qu’ils veulent une voiture, une machine à laver, une télé, un canapé… Ils déploient des efforts considérables pour contourner la stérilité ou faire survivre des fœtus gros comme deux poings. Produire un enfant, des enfants, est un droit. Et pourtant à l’évidence l’espèce humaine souffre d’encombrement. Elle s’encombre elle-même. Elle encombre les autres espèces vivantes au point de les détruire par milliers. Elle dévaste son propre biotope. Elle met en danger les paramètres indispensables à sa propre survie. A partir de 600 millions d’humains, je sais qu’ils ne songent qu’à se reproduire comme des lapins, qu’ils rejettent trop de gaz carbonique, qu’ils envisagent de transformer leur nourriture en carburant. Les six, sept milliards dont on parle m’emmerdent à se compter en oubliant le reste. Je veux dire les milliards de milliards d’autres, aussi vivants qu’eux et qui méritent de rester aussi vivants qu’eux, et sans lesquels ils ne resteront pas vivants. Les chênes et les lotus, les hérissons et les vipères, les virus et les rats, les herbes et les ours blancs… Je me souviens d’avoir lu que la politique de restriction des naissances avait permis d’éviter 400 millions de naissances en Chine pendant les trente dernières années. Autrement dit, si le pape avait gouverné la Chine, il y aurait aujourd’hui 1 milliard sept cent millions de Chinois, au lieu d’un milliard trois cents millions. En l’espace de cinquante ans, la population humaine de la planète a doublé. Pourquoi ? Pour qui ? Pour quoi faire ? Personne n’en sait rien.

Loisirs : Pour ma part, je vous dois cette confidence, la seule idée de loisir me donne la nausée. Les foules qui se portent à heure fixe vers la plage, avec une serviette de bain, un polar, les tubes de crème anti-solaire, et qui doivent tenir toute la journée sous les trous de la couche d’ozone me font pitié. Même si je sais que leur cancer de la peau leur sera remboursé à 100 %… Il semble que se vérifie sans cesse cette proposition, qu’à travail imbécile, succède presque nécessairement loisir imbécile.

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3 réflexions sur “Les questions sociales vues par Alain Hervé”

  1. Didier Barthès

    Bonjour Michel C,
    Je crois qu’il ne faut pas prendre la phrase  » Si le pape…. » au pied de la lettre, ce que veut sans doute dire Biosphère c’est que si une politique antinataliste n’avait pas été mise en œuvre alors oui, la Chine serait beaucoup plus peuplée aujourd’hui et connaîtrait bien des difficultés, sur cela, probablement, beaucoup de gens seront d’accord. C’est ainsi, en tout cas, que j’ai interprété les choses.

    1. Bonjour Didier Barthès
      Si j’ai bien compris, ces propos sont d’Alain Hervé. Mais peu importe, je me doute bien que BIOSPHERE les partage.
      J’ai toujours dit que ça ne servait à rien de refaire l’Histoire (ce qui est fait est fait), et qu’avec des « si » on pouvait tout imaginer (Paris en bouteille). Toutefois il m’arrive à moi aussi de me livrer à cet exercice.

      Si le pape… alors la Chine serait probablement plus peuplée aujourd’hui. Et ne me demandez pas de calculer ni la probabilité ni le nombre. Ce que je peux seulement dire c’est qu’au rythme actuel (env +240.000 / jour), 400 millions ça représente environ 5 ans, au niveau de la planète bien sûr.
      5 ans, nous voilà bien avancés ! D’autre part cette politique de l’enfant unique menée en Chine durant 36 ans n’a pas été sans autres conséquences. Donc je ne me hasarderais pas à dire que sans cette politique la Chine se porterait mieux ou plus mal aujourd’hui.

  2. Social : « penser écologique avant de penser social » ? Bof… Mouai … Penser écologique avant de penser économie, OK, mais le social … pour moi c’est comme l’affaire de la poule et l’œuf : « L’un détermine l’autre. »
    Démographie : Je regrette mais je ne pense pas que les gens « veulent faire des enfants de la même manière qu’ils veulent une voiture, une machine à laver, une télé, un canapé ».
    D’autre part, « si le pape avait gouverné la Chine » … bien malin celui qui pourrait dire combien il y aurait de Chinois aujourd’hui. Pourquoi ? Alain Hervé le dit également : « personne n’en sait rien ».
    Loisirs : Je vais moi aussi vous faire une confidence, bien que la plage ne soit pas mon truc, je reconnais qu’il y a quand même aussi de belles choses sur les serviettes de bain. Et même si ça vaudrait mieux pour leur peau, heureusement qu’elles ne sont pas obligées de bronzer en burka. 🙂

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