L’objectif de Kyoto s’éloigne, désastre assuré

Alors que l’Union européenne s’était engagée à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % entre 1990 et 2010, la baisse n’a été que de 0,9 % entre 1990 et 2004. L’Allemagne est proche de son objectif en ayant fermé de nombreuses unités de production dans l’ancienne Allemagne de l’Est, le Royaume-Uni de même puisqu’il a substitué le gaz au charbon dans ses centrales thermiques. Mais les pays méditerranéens font pencher la balance du mauvais côté, les émissions espagnoles ont grimpé de 48 % entre 1990 et 2004 (contre + 15 % autorisé) et l’Italie de 12 % (contre – 6 % autorisé).

Si l’Europe peine, les Etats-Unis font pire. Selon les chiffres de l’Agence d’information sur l’énergie, l’Amérique du Nord, qui émettait déjà en 2003 un surplus de 16 % de gaz carbonique par rapport à 1990, atteindrait en 2030 le chiffre de 54 %. Comment convaincre la Chine, l’Inde ou le Brésil de s’engager dans la voie de l’abstinence si les pays déjà industrialisés ne respectent pas le protocole de Kyoto ? Pourtant, avec la croissance des pays émergents, le monde entier passerait de 21 milliards de tonnes de CO2 aujourd’hui à 44 milliards en 2030.

Bush ne le sait pas, mais la Biosphère le sait : le réchauffement climatique est en marche, certaines espèces migrent ou commencent à disparaître, les plus adaptés survivront…
(écrit le 17.09.2006 par Michel Sourrouille)

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