Locavore, l’art de cuisiner dans le futur

Les locavores mangent local. Tout ce qui n’a pas été produit, préparé et emballé dans un rayon de 160 km (ou 30, ou 200) est interdit de séjour dans les assiettes de ceux qui adoptent la façon de manger locavore.  Le New Oxford American dictionary a fait de locavore son mot de l’année 2007. Ce sera le mot d’ordre du XXIe siècle. Pour économiser l’énergie et conforter la sécurité alimentaire, il faudra produire et consommer le plus possible localement sa nourriture. Mais le locavore que nous deviendrons tous de gré ou de force après le choc pétrolier n’aura pas la vie facile. Manger local, ce sera souvent faire vache maigre, avec de préférence un régime très végétarien. Une compensation cependant, manger quelque chose de local nous permet de rencontrer de vraies personnes, et pas seulement des liens abstraits car simplement monétisés. C’est par exemple la tentative des AMAP (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) en France ou ailleurs, qui associe étroitement un producteur local et ses clients.

Le rôle des médias est essentiel dans l’inversion des interactions spéculaires, c’est-à-dire notre condamnation du consumérisme en imitant d’autres modèles. Prenons le programme télévisons du 4 au 10 juin 2012 : Cinq familles deviennent locavores dans « 200 km à la ronde » sur France 5, tous les jeudis à 20h35 à partir du 7 juin. Voici le témoignage de Didier Guillot : « On nous a vidé le frigo. Il ne nous restait qu’une bouteille d’huile d’olive d’un ami de Lézignan et un bocal de cornichons et de piments de mon père. Pas de café, pas de chocolat, pas de corn flakes, pas de sucre… Le premier matin, nous avons cueilli trois fraises au jardin et fait une tisane de romarin. Et après, nous avons filé au marché de Bérat faire des courses locales. Puis, tout s’est mis en place petit à petit. Nous avons trait des vaches, ramassé du miel, fait réduire de l’eau de mer pour avoir du sel, aidé un vigneron à Montauban, fait un concours de pizzas à Lézat et rencontré plein de producteurs locaux qu’on ne soupçonnait pas. Nous avons partagé un repas « locavore » au restaurant avec 55 convives… »

Etre locavore, c’est remplacer le temps passé à travailler pour courir les grands magasins par un temps plus long consacré à la cuisine, en épluchant les légumes ou cultivant son potager. Nous avons tout à y gagner…

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