M. Maxime Egger, Se libérer du consumérisme

Le système CPC, « Croissanciste, Productiviste et Consumériste » exalte l’illimité avec trois axiomes proprement délirants : technologique, (tout ce qui est possible, nous le ferons), économique (tout ce qui nous fait envie, nous l’acquerrons) et financier (tous les profits potentiels, nous les réaliserons). L’économie est devenue en elle-même sa propre fin et une forme de religion universelle. Avec son Dieu (l’argent), son clergé (les PDG), son credo (le libre marché), ses théologiens (les économistes), ses temples (les supermarchés), ses promesses (le bonheur), ses rites (le shopping), ses fidèles (les consommateurs) et ses tables de loi : rentabilité, compétitivité, libre échange. De la santé à la spiritualité, en passant par l’éducation et jusqu’aux relations de couple, plus rien n’échappe à l’écorègne.

Les débats sur l’après-coronavirus (retour à la normale ou changement de cap ?) ont montré la prégnance de cette religion de la croissance. Ainsi cette position du Centre patronal suisse : « Il faut éviter que certainespersonnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation... »

Alors que les collapsologues nous annoncent la fin de la civilisation thermo-industrielle, nous ne sommes pas disposés à en faire le deuil ; ce qui est à perdre apparaît trop important par rapport à ce qui pourrait être gagné, avec toute l’incertitude dont ce « pourrait » est chargé. Difficile donc de ne pas penser à cette prophétie amérindienne adressée aux Blancs, plus que jamais d’actualité : « Lorsque le dernier arbre aura été abattu, que la dernière rivière aura été polluée, que le dernierpoisson aura été pêché, alorsseulement vous verrez que l’argent ne se mange pas. »

(extraits du livre de Michel Maxime Egger, Se libérer du consumérisme – un enjeu majeur pour l’humanité et la Terre (Éditions jouvence, septembre 2020). Une recension de ce livre a été faite sur le site des JNE,

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4 réflexions sur “M. Maxime Egger, Se libérer du consumérisme”

  1. Si tu veux vraiment te marrer achète le journal La Décroissance, qui entre autres se régale à commenter les déclarations publiques des uns et des autres, les titres de certains journaux merdiatiques etc.

    Exemple, sur LCI le 21 sept 2020 J.B Djebbari, ministre chargé des Transports : «L’ambition collective, et je la partage, c’est de verdir l’aviation. C’est typiquement ce que le gouvernement a choisir de faire en soutenant la filière hydrogène, qui est une vraie révolution […] Il ne faut pas moins voyager […] C’est une démarche de progrès.»
    Le pauvre, en effet. Bon courage pour le libérer de son consumérisme à la con.

    Une autre, marrante elle aussi, tirée de la Dépêche du 20 sept 2020 : «Nous ne sommes pas la hauteur […] Ceux qui imaginent ma candidature en 2022 me surestiment.»
    Petit commentaire du journal de la joie de vivre : «Un éclair de lucidité du rentier immature des gels douche Ushuaïa. Pitié, ne le surestimons pas ! »

  2. JNE (Journalistes Écrivains pour la Nature et l’Écologie) termine la présentation de ce livre ainsi : « Cependant ce livre ne présente pas d’exemples concrets nous donnant les moyens d’une libération intérieure. Il ne suffit pas d’écrire qu’il faut retrouver le sens des limites pour sortir de la démesure du système actuel. »
    En quelque sorte tout ça reste de la théorie. En pratique chacun doit donc se débrouiller comme il peut, avec les moyens qui sont les siens. Ben oui, c’est ça.
    Le truc c’est donc d’apprendre à vivre avec la peur, et de se laisser envahir par les émotions etc. Attention toutefois aux émotions ! Là encore tout est dans la juste mesure.
    Bien sûr la peur de la mort (aujourd’hui la peur de tout), bien sûr le déni de réalité (à chacun sa came, pour survivre), bien sûr la lucidité, bien sûr apprendre à vivre, et à mourir, bien sûr la spiritualité etc. Bref, a priori rien de nouveau sous le soleil.

    1. Ce qui n’est même plus nouveau, c’est ce qu’est devenu le préfixe «éco».
      Il n’y a pas si longtemps «éco» se contentait de nous indiquer le niveau du porte-monnaie ou du réservoir. On inventait alors des trucs et des machins «éco», les bagnoles étaient équipées d’une position «éco», on n’avait pas encore inventé la 5ème et la 6ème.
      Aujourd’hui «éco» se veut être propre, vert, bon pour la planète et patati et patata. Bien sûr et en même temps il est bon pour le porte-monnaie. Bref, «éco» est formidable ! Comparé à lui le bon vieux «néo» ne fait pas le poids, «néo» être devenu ringard. C’est fou non ?

      1. La théologie, la spiritualité, la psychologie, la philosophie et j’en passe ne font plus assez recette. Alors faut bien innover, les barbouiller de vert elles aussi.
        Voilà donc l’«éco-théologie», l’«éco-spiritualité» et l’«éco-psychologie». Que pouvions-nous inventer de mieux pour soigner notre «éco-anxiété» (solastalgie) ? Notre mal de vivre tout simplement.
        Demain l’«éco-christianisme», le curé MM Egger sera alors pape, ou prophète peu importe. Demain des «éco-stoïciens» nous apprendront à vivre et à mourir. Comme dit Biosphère «plus rien n’échappe à l’écorègne.» Le règne de la folie et du grand n’importe quoi !

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