Macron : « L’écologie, ça commence à bien faire… »

Le 25 avril, il aura fallu attendre près de quarante minutes de discours avant qu’Emmanuel Macron n’aborde la question de l’urgence écologique. Et le Grand Débat National se traduit par… une nouvelle consultation. Une convention citoyenne, avec 150 membres tirés au sort, aurait l’impossible tâche de définir les mesures permettant de traiter de l’urgence climatique ! Macron a également annoncé la création d’un Conseil de défense écologique… alors qu’il a lui-même créé, il y a quelques mois, un Haut-Conseil pour le Climat, dont il n’y a rien à attendre. Au-delà de l’aspect climatique, on ne peut que regretter l’impasse faite sur la transition énergétique, la biodiversité, la pollution, la transition agro-alimentaire… autant de sujets éminemment liés, qui restent sans réponse. L’augmentation de la taxe carbone qui avait mis le feu aux poudres en novembre 2018 n’a même pas été évoquée. De toute façon il y a absence totale d’annonces concrètes. Le premier ministre devra mettre en musique cette partition-brouillon. Quelques réactions complémentaires :

France Nature Environnement reste coi face au pacte productif proposé par le Président de la République pour restaurer le plein emploi en 2025. « Le modèle présenté, digne du 20ème siècle, n’intègre pas la nécessaire évolution de notre modèle de développement et de ses impacts sur la planète, le nécessaire partage des ressources, les questionnements sur notre mode de croissance effréné qui est loin d’être pourvoyeur d’emplois… »

Delphine Batho, ex-ministre de l’environnement : « Il y a de la part du président de la République une incompréhension du mouvement pour le climat, avec les grèves scolaires, les marches, et une négation de la dimension systémique des enjeux écologiques. Il n’a évoqué que le climat. Il reste sur les schémas caducs de la croissance économique, alors qu’on doit passer d’un modèle où le pouvoir vivre remplace le pouvoir d’achat ».

Wojtek Kalinowski, codirecteur de l’Institut Veblen : « L’écologie figurait pourtant comme l’un des quatre thèmes du grand débat national, et, dans sa lettre aux Français du 13 janvier, le chef de l’Etat en avait identifié les enjeux-clés : comment financer la transition et « qui doit être concerné en priorité » ? Comment rendre les « solutions concrètes accessibles à tous » ? Comment protéger la biodiversité et comment « garantir scientifiquement » nos choix ? Autant de questions qui restent sans réponse au moment où le débat est clôturé. »

Maxime Nicolle, l’une des figures des « gilets jaunes » : « Il n’a pas écouté ce qu’on a dit dans la rue depuis cinq mois »

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI) : « Macron sait-il que son discours était censé conclure la crise politique ? Il vient de la relancer en se défilant. »

Raphaël Glucksmann, tête de liste (Place publique et PS) aux européennes : « Où est la vision à la hauteur de la crise sociale et de l’apocalypse écologique ? Rien n’est au niveau du moment que nous traversons. Tout était dit à la 5e minute : pas de fausse route, pas de nouveau cap. »

Fabien Roussel, premier secrétaire du Parti communiste : « Les Français demandent un changement de politique. Le président répond : je continue et j’accélère »

Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes : « On attendait un plan Marshall sur le climat (logement et renouvelables), une sanctuarisation des services publics (gares, maternités…) et des infrastructures vitales (aéroports, barrages…) », et à la fin, « rien ! ou si peu ».

Fondation Nicolas Hulot : « Nous appelions à un tournant social et écologique du quinquennat. Aujourd’hui, il est clair que le gouvernement ne changera pas de cap »

Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde : Le chef de l’État a pris un risque en manifestant « sa volonté d’aller de l’avant et de ne rien renier des orientations prises au début du quinquennat ». » La stratégie d’Emmanuel Macron, c’est de renvoyer la patate chaude aux citoyens. On a l’impression que le gouvernement a pris conscience que l’écologie punitive ne marchait pas, et qu’il était en quête d’une nouvelle méthode dont il n’a pas encore les clés.

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