marché de la faim

Le point de départ du film « Le marché de la faim » découle d’une conversation du réalisateur Erwin Wagenhofer avec un rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Celui-ci présente par exemple le cycle du soja brésilien, qui deviendra la thématique du film : la forêt disparaît pour faire place à des plantations de soja qui sera ensuite exporté vers l’Europe pour nourrir des poulets élevés en batterie. Les parties nobles sont consommées sur le Vieux continent et les restes surgelés et envoyés en Afrique, où leur présence détruit l’élevage local. De plus la forêt amazonienne est progressivement rasée (l’équivalent de la surface de la France et du Portugal depuis 1975) afin d’étendre la culture du soja dont ne profite pas une population qui souffre de malnutrition chronique. Il faut donc dénoncer les extrémistes du consumérisme et du libre-échange. Avec cette question complémentaire : Qu’est-ce qu’un marché « libre » s’il est pratiquement monopolisé par cinquante grands groupes mondiaux ? Dans « Le marché de la faim », le PDG de Nestlé conteste même le souhait de voir l’eau reconnue comme un droit public : « L’eau est un aliment, elle devrait donc avoir une valeur marchande ». Une telle attitude condamne définitivement les pauvres.

Al Gore rappelle dans son livre « Urgence planète Terre » que de vastes surfaces, traditionnellement réservées aux cultures vivrières, sont aujourd’hui réservées à des productions d’exportation : les premières ne rapportent que de la monnaie faible (qui n’ont cours que sur le marché intérieur), les secondes des devises fortes. Par une triste ironie, ces devises fortes servent (quand elles ne sont pas détournées) à importer des produits alimentaires pour nourrir une population qui n’assure plus sa propre subsistance.

           L’espèce homo sapiens a mis en place un système parfaitement absurde qui dilapide les ressources de la Biosphère. La souveraineté alimentaire de chaque région du monde devrait devenir une priorité.

 

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