Moratoire sur la taxe carbone, une grave régression

Face au pouvoir d’achat en berne, c’est l’écologie qui trinque. Trop rare sont les commentaires médiatisés qui désapprouvent le recul du gouvernement sur les carburants, sauf à dire que ce n’est pas suffisant ! C’est pourquoi le COMMUNIQUE DE PRESSE de FNE de ce jour nous paraît important à connaître :

« Le Premier ministre vient d’annoncer un moratoire sur la fiscalité sur les carburants dans l’espoir d’apaiser les gilets jaunes. Pour France Nature Environnement, le Gouvernement commet une grave erreur : il abdique le combat pour sauver la planète, sans pour autant répondre de manière pertinente à la colère exprimée. Emmanuel Macron, paradoxalement nommé « champion de la Terre », semble avoir oublié ses grandes déclarations et son « Make our planet great again ». La COP 24, conférence pour mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le Climat, ne figure ni à son agenda, ni à celui de son Premier ministre. Et son Gouvernement, comme les autres partis politiques qui ont relayé cette demande, en renonçant à la hausse programmée de la taxe carbone, au réalignement de la fiscalité entre le gazole et l’essence ou encore à la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier, renonce à des outils clé pour la transition. Ce, sans pour autant apporter de réelle réponse à la détresse exprimée. Renoncer à la taxe carbone ne permettra pourtant pas de résoudre durablement les fins de mois difficiles des Français ! Que faire ?

Rendre la transition plus solidaire

Pour France Nature Environnement, la transition écologique doit nécessairement être solidaire. Des mesures fortes d’accompagnement doivent impérativement être mises en place :

  • Pour la mobilité, il faut donner à tous les Français une alternative à l’auto-solo : transports en commun, covoiturage, vélo… Pour les Français les plus démunis, un chèque mobilité doit être mis en place. L’aménagement du territoire doit également être repensé pour rapprocher les services publics et les commerces des citoyens.
  • Concernant le logement et le chauffage, il est temps d’investir massivement dans la rénovation pour éradiquer la précarité énergétique. Les aides à la rénovation doivent être renforcées et simplifiées pour que progressivement, aucun logement ne reste une passoire énergétique.

Rendre la transition plus juste

Pour répondre au sentiment d’injustice exprimé par les gilets jaunes, il est nécessaire d’appliquer le principe pollueur-payeur de la même façon pour tous. Actuellement, les entreprises notamment du transport routier de marchandise sont partiellement exonérées de la taxe carbone. Pour que la taxation soit acceptable elle doit être juste : France Nature Environnement demande la taxation du transport routier, du transport aérien (la convention internationale qui l’interdit doit être renégociée) et des navires les plus polluants. La fédération appelle donc à rejoindre les marches pour le climat, organisées partout en France ce samedi 8 décembre.

Voir ce communiqué en ligne

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 71 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

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6 réflexions sur “Moratoire sur la taxe carbone, une grave régression”

  1. Florian a raison. Et moi de mon côté, l’avion … késako l’avion ?
    Ah déconstruire tout un imaginaire … le décoloniser … vaste programme ! C’est bien plus facile d’ânonner et de se complaire dans ses certitudes et ses dogmes.

    Tiens, écologie oblige… puisque l’élevage émet plus de GES que les transports, du moins c’est ce qu’on dit … au lieu de mettre le pays à feu et à sang, pourquoi ne pas commencer par mettre une taxe sur le steak et le jambon-beurre ?

  2. Taxer le kérosène, c’est une nécessité depuis un demi-siècle, en tout cas le moins douloureux aurait été de le faire avant l’explosion du tourisme de masse (aéroporté): il y a encore 20 ans, prendre l’avion était assez exceptionnel pour un quidam.
    Maintenant, il s’agit de démanteler d’une part toute une industrie, et d’autre part de déconstruire tout un imaginaire dans l’esprit des (cons)ommateurs. A mon avis, il ne se passera ici aussi aucune décroissance volontaire, mais la paupérisation rampante et la fragilisation du systeme économique s’en chargera mécaniquement avec juste un (douloureux) retard.
    En attendant, vous qui lisez pouvez quand même vivre dans la dignité en vivant comme si l’avion n’existait pas. C’est très simple et économique.

  3. Taxons le kérosène !
    Le trafic aérien est responsable de 12,3 % des rejets de gaz à effet de serre. Et pas un seul sous de taxe verte sur le kérosène. Pourquoi cette impunité ? Le niveau des taxes est fixé, au niveau mondial, par l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale), une annexe de l’ONU. Ses membres ne sont pas favorables à la taxation du kérosène aérien, le prix de l’essence représentant entre le quart et le tiers des coûts de fonctionnement d’une compagnie aérienne. Air France ne parvient à dégager des bénéfices que lorsqu’il peut acheter son kérosène bon marché.
    Le Canard Enchaîné (21 novembre 2018)

  4. Eh oui, le succès d’une démocratie suppose un peuple (et une classe politique à son image) raisonnable, c’est à dire capable d’agir contre son intérêt à court terme pour poursuivre des buts de plus grandes valeurs à long terme.
    Force est de constater que le peuple français a des problèmes avec l’auto-discipline et ce depuis des lustres : j’aime bien l’interprétation de Jean-Marc Jancovici qui imite un peu les méthodes d’Emmanuel Todd en avançant qu’on retrouve cette capacité d’effort collectif notamment en Scandinavie et en Suisse, là où l’environnement est (était) rude. L’insularité du Royaume-Uni a aussi façonné un peuple plus résilient. En France, par contre, la vie était relativement trop facile (aux temps historiques s’entend) pour imprégner au fil des âges la culture de ce sens du collectif qui fait tant défaut aujourd’hui, et même si le peuple français a aussi hérité d’autres valeurs très louables.

  5. Ne voyez-vous pas que le peuple ne supporte plus le blablabla des politicards ? Les Français (pas tous évidemment, la preuve) ne veulent plus les écouter, ils ne peuvent plus, ils n’en ont plus ni l’envie ni la force. La coupe est pleine, elle déborde ! Capito ?
    Alors je vous laisse imaginer ce que peut donner aujourd’hui votre discours écolo. Et n’importe quel autre discours écolo, d’ailleurs.

  6. Didier Barthès

    Absolument, de la multitude d’impôts qui existent en France c’était le plus juste car proportionnel à notre empreinte en la matière et c’est celui que l’on condamne. Comme les dépenses ne vont pas diminuer ce sont les autres impôts qui devront augmenter pour compenser. Donc on va faire payer pour autre chose voir pour des choses qui ne consomment pas d’énergie (comme les impôts sur l’immobilier) On a cédé aux plus violents et on punira les autres. C’est un très mauvais signe pour la défense de l’environnement et large injustice, une régression en effet.

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