municipalisation libérale

Les élus des années 1970 ont transformé leur ville en entreprise qui attire la clientèle. C’est la mode de la politique du  développement local, les zones industrielles, les politiques d’image visant à améliorer le positionnement extérieur de la ville, festival de musique par-ci, festival de la bande dessinée par-là…. Admirez le style de cette conquête : «  C’est à partir de 1968, que la riche et fertile plaine des Milles jusqu´alors consacrée à l’agriculture, va voir peu à peu s’installer des entreprises qui au fil du temps vont offrir au paysage aixois une identité nouvelle. C’est l’œuvre d’hommes qui ont su pressentir avant les autres les formidables atouts d’un projet qui mettait en jeu l’avenir de la région aixoise. 35 ans plus tard, le Pôle d’Activités d’Aix-en-Provence, qui s’étend sur un espace de 800 hectares, est devenu l’un des plus grands sites économiques du sud de la France.  Son essor, le Pôle le doit aux entreprises qui ont fait confiance à son potentiel, ainsi qu’aux acteurs publics et privés du développement économique qui ont pris les bonnes décisions au bon moment. »

 

Maintenant on commence à se rendre compte que ce processus libéral de création d’activités étouffe complètement toute velléité de respect environnemental, on prend des terres à l’agriculture et à la biodiversité, on fait de la croissance pour la croissance, on allonge les déplacements urbains et péri-urbains, on fabrique de la catastrophe écologique. Tout ça pour une rentabilité politique, il faut que l’élu serve à quelque chose, il sera jugé sur sa politique de grands travaux, la construction du plus beau palais des Congrès, le plus grand nombre de création d’entreprises, le plus beau périphérique, et maintenant l’éco-quartier pour attirer les promoteurs !

 

Une seule alternative, la ville lente, la ville compacte, la ville qui ne veut pas rentrer dans la compétition libérale interurbaine…

 (thèmes abordés par « l’écologie consommée par la ville », in mensuel La décroissance de mars 2008)