Nations « unies » ou retour des dictatures ?

Par essence, un dictateur protège sa personne et c’est tout. Attendre une solution d’un pouvoir autoritaire est une totale illusion. Pourtant, des États-Unis à la Hongrie, de l’Inde à l’Italie, d’Israël au Brésil, des peuples à la dérive élisent les pires d’entre-eux. Tragique. Le Capitaine Jair Bolsonaro devenu Président par la grâce des Fake news, des Évangélistes et de Twitter représente la lie du peuple Brésilien. La situation devient ubuesque quand Bolsonaro s’exprime le 24 septembre devant les représentants des 193 membres des Nations unies, dont 136 chefs d’Etats et de gouvernement. Les premiers mots du président brésilien ont été « pour remercier Dieu d’être en vie », évoquant implicitement l’attentat au couteau dont il avait été victime. Puis il a aussitôt clamé « vouloir rétablir la vérité sur le Brésil, qui renaît après avoir frôlé le socialisme ». Mélange de rodomontades et de digressions confuses, son discours a cherché à dénoncer les agents du régime cubain. Il a répété des contre-vérités évidentes sur l’Amazonie – « notre immense forêt grande comme l’Europe et parfaitement préservée » – et affirmé que les incendies de l’été ont été causés par la météo. « L’écologisme radical et des conceptions dépassées ne font que marginaliser encore un peu plus les peuples autochtones », a-t-il lancé, les peuples autochtones comme le chef Raoni sont « manipulés par l’étranger ». Le Brésil mérite mieux que ce petit capitaine-président dont le discours montre qu’il n’a aucune conscience des enjeux planétaires. Par exemple les populations autochtones hébergées par les forêts tropicales sont, à l’heure de la globalisation et du métissage, les témoins de la diversité génétique et culturelle de notre espèce.

La 74e Assemblée générale de l’ONU montre la réalité d’un monde où les « démocraties illibérales », les « démocratures » et les leaders populistes de tout poil ont le vent en poupe. Juste après le président brésilien venait le tour de Donald Trump. Le président de l’« America First » a une nouvelle fois encensé un principe, celui de la souveraineté des nations. « L’avenir n’appartient pas aux “globalistes”, l’avenir appartient aux patriotes ». Donald Trump a également dénoncé le péril représenté selon lui par un « socialisme » résumé à la descente aux enfers vénézuélienne. Le président s’est fait le champion de la défense de la liberté religieuse. Il n’y a que les faibles qui se raccrochent à un Dieu qui leur sert d’alibi pour justifier leurs propos et leurs actes ; entre Trump et Bolsonaro, nous sommes gâtés. Le locataire de la Maison Blanche a même jugé bon de mentionner la défense d’un libre accès aux armes à feu, qui fait pourtant de son pays une exception mondiale en termes de morts violentes. Comme en 2017 et en 2018, Donald a totalement passé sous silence le climat et la protection de l’environnement. Le ton était donné, se sont succédé à la tribune le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. Dan un monde menacé par le chaos climatique et géopolitique, leurs discours ont mis en évidence le retour des nationalismes et des politiques de puissance, c’est-à-dire la loi du plus fort.

Le contraste était saisissant avec les fondamentaux du système onusien, rappelés longuement par le secrétaire général, Antonio Guterres, avant le début des travaux de l’Assemblée. Il avait souligné la nécessité « de préserver des institutions multilatérales solides dans un monde multipolaire ». Il en appelait à intensifier la lutte contre le réchauffement climatique, n’hésitant pas à parler de « crise climatique ». Mais ce sont les autres, « les nouvelles formes d’autoritarisme » qu’il pourfend, qui ont donné le ton en ces premières heures d’une Assemblée générale d’un système ébranlé entre autres par les États-Unis, le pays qui en fut le pilier. Tragique, il ne nous reste que le discours de Greta Thunberg aux dirigeant du monde pour espérer : « Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. Les gens souffrent, les gens meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse et tout ce dont vous pouvez parler, c’est de l’argent et du conte de fée d’une croissance économique éternelle. Comment osez-vous ? Depuis plus de quarante ans, la science est claire comme du cristal. Comment osez-vous regarder ailleurs et venir ici en prétendant que vous en faites assez ? »

1 réflexion sur “Nations « unies » ou retour des dictatures ?”

  1. Ouais enfin, se cacher derrière le vilain Trump est un peu trop facile pour expliquer qu’on ne peut pas faire de l’écologie en Europe ou ailleurs qu’aux Usa ! Trump n’empêche pas les européens de faire de l’écologie sur leur propre territoire ! Derrière tout ça, j’ai l’impression que c’est plutôt le fait de vouloir étendre le socialisme que l’écologie qui tarabiscote l’auteur de cet article ? Bref les pastèques vertes (pour avancer masqué) et rouge à l’intérieur (idéologie qui veut s’imposer par le cheval de Troie).

    Je vais évoquer une de mes idées en exemple, qui peut permettre d’éviter à l’Europe de déverser des centaines de millions si ce n’est de milliards de bouteilles en plastique chaque année. Alors, par exemple, si pour vendre de l’eau minérale, au lieu de produire des packs d’eau de 6 bouteilles, on installait des cuves d’eau minérale en forme de cube comme pour les jardins. Et ben les clients pourraient venir avec leurs bouteilles à remplir, en outre pourraient choisir l’eau minérale qu’ils souhaitent. Évidemment, on installe 2 barres au niveau du robinet pour empêcher que le goulot de la bouteille rentre en contact avec le robinet afin d’empêcher de contaminer l’eau. D’ailleurs, on pourrait installer jusqu’à 8 robinets sur la cuve pour que plusieurs clients puissent se servir. Ce dispositif permettrait non seulement de produire et jeter des bouteilles en plastique, mais aussi par ricochet on n’aurait plus besoin de robots pour mettre en bouteille l’eau et envelopper les 6 bouteilles d’un plastique supplémentaire. Par ailleurs, on pourrait déplacer beaucoup plus d’eau dans un camion, puisque la forme de la bouteille au niveau du goulot fait perdre de l’espace. J’ajouterai aussi qu’on pourrait donner une forme de la cuve par le dessous afin qu’un transpalette ou fenwick puisse directement déplacer la cuve, ça éviterait d’utiliser des palettes en bois. Vous remarquerez que ma méthode est beaucoup plus simple et surtout plus efficace que de chercher à consigner des bouteilles ou alors transformer les bouteilles en plastique en carburant par électrolyse (qui implique la production d’électricité dans le procédé). D’ailleurs, le fait qu’on n’ait plus besoin de robot pour mettre en bouteille et mettre en pack on économise de l’électricité en plus du carburant sur les routes.

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