NDDL : l’écologie politique à l’épreuve de la violence

Manif à Nantes « en soutien » aux ex-zadistes de NDDL ce samedi 14 avril : les CRS ont répondu à des jets de pierres et de fusées de détresse sur leurs camions par un premier tir de gaz lacrymogènes, avant de mettre en action leurs canons à eau. Parmi les manifestants, les éléments les plus radicaux avaient descellé des pavés de la ligne de tramway pour s’en servir comme projectiles. Du mobilier urbain, ainsi que des vitrines de commerces et de banques du centre-ville ont été dégradés. Paniqué, une partie du cortège, composé de familles, s’est dispersée.*

Les activistes de Greenpeace, les casseurs de pub, les saboteurs d’une ligne à grande vitesse ou de tout autre grand projet inutile vont dans le sens du long terme. Défendre violemment quelques cabanons à NDDL ne fait pas avancer une des causes de l’écologie politique, ce n’est qu’un combat d’arrière-garde que nous n’avons pas l’intention de soutenir. Un appel d’EELV à rejoindre des manifestations dans le contexte actuel, propice à des débordements, était pour nous une faute politique.

* LE MONDE du 15-16 avril 2018, Notre-Dame-des-Landes : des milliers de manifestants à Nantes en soutien aux zadistes

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3 réflexions sur “NDDL : l’écologie politique à l’épreuve de la violence”

  1. Didier Barthès

    Non je ne pense pas du tout que Biosphère soit sur cette ligne, simplement le combat était contre l’aéroport (et il a été gagné, c’est très bien) pas pour l’appropriation des terres au profit de ceux qui menaient ce combat.
    En soutenant cette appropriation nous délégitimons par avance tous ceux qui lutteront pour d’autres choses. Ils ne seront plus vus comme des écologistes, mais comme des gens cherchant à terme leur intérêt personnel. La politique du fait accompli me semble très dangereuse et très immorale, je trouve pour ma part que Biosphère a raison de ne pas soutenir les zadistes. Cela ne signifie pas qu’on soit pour leur expulsion violente, mais qu’on pense qu’ils doivent effectivement maintenant rendre ces terrains. Une occupation ne vaut pas titre de propriété.

  2. Nous savions déjà que Biosphère voyait cette résistance à NDDL comme un « combat d’arrière garde » (idem à Bure).
    Sur la ZAD de Nantes elle ne voit rien qui puisse aller « dans le sens du long terme » … elle ne voit là que quelques cabanons sans intérêt, servant probablement de refuge à de sinistres terroristes… Biosphère ne voit rien d’intéressant dans ces expériences menées là depuis des années et ne juge pas nécessaire de les défendre ni de s’en inspirer. Finalement il n’y a rien d’étonnant à ça, c’est tout simplement un problème de lunettes.
    Biosphère a donc « choisi » de ne pas soutenir les zadistes de NDDL , de ne pas suivre EELV et les autres soutiens, qui commettent là « une faute politique ».
    Dans l’intérêt de l’écologie, la vraie, et de l’intérêt commun à long terme… Biosphère croit plus utile de soutenir le gouvernement Macron. Se rangeant ainsi du côté des défenseurs du sacro-saint État de Droit, et le l’ Ordre Établi.

  3. Nous devrions savoir que la violence appelle toujours la violence et ne résout rien au fond. Le premier ministre vient de préciser que « Notre main reste tendue aux zadistes qui acceptent d’entrer dans le processus de régularisation, ils ont une dizaine de jours pour le faire ». Les zadistes avaient créé la ZAD (Zone à défendre) pour empêcher l’aéroport NDDL. L’aéroport est annulé donc la ZAD n’avait plus lieu d’être puisqu’ils avaient gagné. Pour les occupants déclarés depuis longtemps et qui avaient élaboré un projet de vie, leur maintien dans les lieux doit se régler devant des tribunaux, certainement pas à coup de cocktail Molotov lancés contre des personnes. Il n’y a plus de place pour s’agiter, mais pour négocier.

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