Nicolas HULOT nous quitte, il reviendra après sa déprime

Nicolas Hulot vient d’exposer les raisons qui, à ses yeux, expliquent le « rejet » dont il a fait l’objet*. Pour lui, c’est d’abord le sectarisme des Verts. NH dénonce aussi la tentation d’EELV de passer un contrat de gouvernement avec le PS pour 2012. Pour NH l’écologie reste la « troisième dimension de la politique », hors du clivage gauche-droite. Nicolas, dont nous avons salué plusieurs fois l’engagement écolo sur ce blog, nous déçoit. Il a abandonné le combat, il devient le Jospin de l’écologie qui démissionne au moment le plus crucial. Dommage ! Nous laissons la parole aux commentateurs du monde.fr qui reflètent le mieux notre sentiment :

  • Un politique, ça donne des coups, ça prend des coups. Visiblement Hulot n’en a pas la trempe.

  • Et oui monsieur Hulot. Quand on s’engage dans un parti, quel qu’il soit, il faut s’attendre à n’être pas applaudi tout le temps. Et il faut ruser, il faut travailler et ne pas imaginer que son seul nom suffira…

  • Où est la cohérence ? Il regrette que les membres du parti l’aient considéré comme « un corps étranger suspect », mais qu’a-t-il fait pour mériter la confiance ? A-t-il milité au sein du parti dont il souhaitait les suffrages ? Non, il est juste entré en jeu à l’approche des élections. Maintenant, il râle, et cette aigreur dresse de lui un portrait pitoyable.

  • Il a essayé, peut-être, mais très peu. S’il avait eu la conviction d’être au bon endroit, il serait resté. S’il pensait forcer le destin à lui tout seul et d’un seul coup, il se fourrait le doigt dans l’œil. Et puis ce ne sont pas les militants EELV qui ont voté plutôt Eva JOLY, mais l’ensemble des sympathisants qui se sentaient concernés.

  • Voilà le mauvais joueur, le mauvais perdant. Il montre un mépris pour ses électeurs et une faible volonté.

  • Manifestement N.Hulot est un naïf, il ne comprend pas le fonctionnement et la logique d’un parti politique… EELV est un parti politique qui se présente devant les électeurs : il faut gagner. Pour gagner, il faut se positionner, faire des alliances, attaquer… Faire de la politique, c’est gérer des rapports de force dans un processus électoral.

  • Vous ne l’avez pas compris, il essaie JUSTEMENT de changer la manière dont la politique est faite. Le rapport de force ne me semble pas être compatible avec le débat de fond. Hulot avait la capacité de mobiliser bien au delà d’EELV.

  • M. HULOT découvre que l’intérêt commun n’est pas le moteur de la politique. Faire avancer l’écologie politique commence par prendre conscience de cela puis d’agir ensuite de façon tactique comme l’a bien fait Mme Joly.

  • Il est évident que NH avait été infiniment plus efficace pour l’environnement en 2007 qu’il ne l’aurait été en 2012 au sein du panier de crabes qu’est un parti. Même s’ils n’ont pas tenu toutes leurs promesses (loin de là…), le « Pacte écologique » puis le « Grenelle de l’environnement » ont plus fait concrètement que des générations de Voynet ou Cochet.

  • Hulot comme Bayrou est victime de cette bipolarisation droite-gauche qui ruine ce pays depuis 45 ans. L’élection présidentielle est une catastrophe, alors que dans une vraie démocratie on aurait des législatives, une majorité de circonstance avec des alliances et un vrai 1er ministre responsable. Toutes les sensibilités représentées, c’est ça la démocratie, pas ce cirque d’un monarque élu.

  • L’urgence écologique presse comme l’a fait remarquer M. Hulot dans ses documentaires. Alors ne vaudrait-il pas mieux contribuer à un parti « écologiste » imparfait que de ruiner ses chances en distillant son poison dans la tête des électeurs potentiels ? M. Hulot dessert la cause écologiste.

  • Imaginons Hulot désigné candidat. Il aurait fait, allez, soyons fous, 17 %. Il n’aurait pas donné de consignes de vote au second tour, comme Bayrou en 2007. L’essentiel de son état-major se serait quand même rallié au candidat socialiste, pour devenir ministre et obtenir un groupe parlementaire. L’exacte duplication du « Nouveau Centre » de 2007, à droite avec Sarkozy. Au fait, en 2011, c’est devenu quoi, le « Nouveau Centre » ? Les mecs du genre Hulot ou Bayrou n’ont malheureusement pas d’avenir.

  • Le centre de Bayrou ou Borloo est le ventre mou de la France, sans autre doctrine que l’ambition électoraliste. L’écologie politique, avec ou sans HULOT, est un projet de changement civilisationnel qui s’appuie sur les données de l’écologie scientifique et les images d’une planète dévastée si bien décrites par le Titanic de Nicolas. Ce n’est pas parce qu’on a échoué une fois dans l’écologisation du politique qu’il faut abandonner…. Nicolas, revient !

* LEMONDE.FR du 12.09.11, Nicolas Hulot règle ses comptes avec Europe Ecologie-Les Verts

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5 réflexions sur “Nicolas HULOT nous quitte, il reviendra après sa déprime”

  1. On aurait tort de penser qu’en s’éloigant d’EELV, l’avenir politique de Hulot serait fermé….on est à 8 mois de l’élection, faut pas l’oublier. Après le coup qu’on lui a fait je pense qu’il a retenu la leçon et comme il ne vise pas un mandat de député…je pense qu’on va réentendre parler de lui.

  2. Il faut voter pour les idées que développe le candidat : mais avant tout être vigilant sur les ACTES réels du candidat !
    Si chaque français vivait et polluait comme Hulot, la terre aurait déjà cessé d’exister.
    Les idées ne valent que si elles sont conformes aux actes !
    Sinon, c’est du pipo médiatique. Visiblement, les verts ont été vigilants.

  3. NH est un homme qui connait ses dossiers (en tous cas ceux qui importent vraiment, descente energetique en numero 1). C’est aussi qqu’un d’ouvert, qui accepte de discuter avec des gens de droite comme de gauche.
    Au dela de la caricature que l’on a trop entendu pendant toute la primaire ecologiste (lux en donne un bon exemple), il aurait certainement pu faire preuve de plus de pedagogie que Eva Joly ne pourra jamais le faire. Ironique: un homme qui s’investit dans l’ecologie pendant des annees se voit preferer une femme qui y arrive tout juste. J’ai assiste a une reunion publique avec Eva Joly et Yannick Jadot: a Eva les questions de democratie, justice etc. A Yannick toutes les questions liees a l’ecologie / energie…
    D’autre part, je comprend son amertume: l’equipe d’EJ n’a pas ete correcte (en insistant lourdement sur « l’affaire Borloo », en faisant un proces en ecologie permanent). Ajouter a cela Stephane L’homme et le seau d’epluchures…
    J’estime EJ, et je vais peut etre voter EELV aux presidentielles. Mais je crains fort que le score ne soit tres decevant, une majorite de gens ne comprenant simplement pas d’ou viennent les ecolos. Hulot etait une vrai opportunite pour l’ecologie en general. Dommage.

  4. Hulot, c’est le show-biz à la télé et les déplacements en hélico ! Comment s’étonner qu’il soit rejeté ?

    1. Lux, il ne faut pas tout confondre. Nicolas Hulot, c’est à la fois l’action de fond pour sauvegarder la planète et les paillettes de la société du spectacle. Mais le show-biz à la télé et les déplacements en hélico, c’était pour son boulot et cela nous a présenté une facette extraordianire de la nature. Mais la Fondation pour la nature et l’homme, ses livres, son film Le syndrome du Titanic, l’action auprès de Chirac puis des présidentiables de 2007, c’est cela que nous trouvons important.
      Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ! Le rejet de Nicolas par le « 
      Pacte contre Hulot » a été une faute anti-écolo propagée de façon ignoble par le mensuel LA DECROISSANCE.

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