Non aux skieurs chinois

Le ski envahit la planète. Sous le dôme de Ski Dubai, qui contient 6000 tonnes de « vraie » neige, les pistes en poudre de neige ont été disposées en terrasses pour prévenir tout risque d’avalanche dans la chaleur torride du désert ! Dans les années 1990, la Chine comptait seulement 500 skieurs à peine, pour la plupart des professionnels. Aujourd’hui le ski est la nouvelle coqueluche chinoise (LeMonde du 13.03.2008), avec 3 à 5 millions de sorties de ski. Difficile d’ignorer dans un pays qui s’enrichit de jour en jour le boom des sports-loisirs. Les stations aménagées autour de Pékin fonctionnent toutes avec de la neige artificielle, on compte dix usines à touristes à moins de 80 kilomètres de la capitale. Même si LeMonde montre quatre photos qui dévoilent que les Chinois sont vraiment débutants, plus souvent par terre que sur leurs skis, il n’empêche que la croissance du nombre de skieurs parait inéluctable. Sur une page entière du journal, seulement une phrase pour marquer l’inquiétude des défenseurs de l’environnement alors que Pékin manque cruellement d’eau : comment alimenter les canons à neige si ce n’est au détriment de tous ? Mais le skieur, qu’il soit Chinois ou occidental, ne s’occupe que de la réussite de son temps libre pour glisser sans se poser de question sur une neige vomie par des  canons alimentés par l’eau qu’on est allé prendre à  d’autres.

 Une campagne de résistance peut être efficace contre le développement de zones de ski, l’abattage des arbres, la construction des routes, l’exploitation minière, l’édification de barrages ou de lignes haute tension, l’utilisation de véhicules tout-terrains, l’expansion des zones résidentielles, l’artificialisation des terres. De telles tactiques réclament un degré supérieur d’engagement personnel et souvent un grand courage. Il faut en effet lutter seul contre tous.

Partagez ...

6 réflexions sur “Non aux skieurs chinois”

  1. beacoup de choses dans ton mot, je m’attache à l’idée de décroisance.
    Nous préférons nous appeler objecteurs de croissance plutôt que décroissants. En effet il faut avoir une pensée complexe. Par exemple la décroissance du PIB peut s’accompagner de la croissance de la joie de vivre, la décroissance démographique peut s’accompagner d’une augmentation de l’espace dans lequel tout le monde pourra respirer plus facilement…
    Bien à toi, et merci pour les compliments

  2. Oui l’aphorisme est très bon ! L’auteur est-il connu ?
    En fait je m’inquiète quand-même, c’est que comme toujours, ce ne sont pas les plus riches qui vont souffrir (du moins en premier) mais toujours les mêmes, ceux qui sont déjà le plus défavorisés, alors que les premiers sont ceux qui ont jusqu’à ce jour, et très largement, le plus contribué aux problèmes écologiques. Bref cela est quand-même révoltant à moins… de s’en foutre ou de s’inventer de bonnes raisons.

    Sinon bravo pour ce blog, le site et la lettre que je reçois chaque semaine. Globalement il y a bien des choses pertinentes.
    J’ai juste un problème avec le mot « décroissance », je ne m’y fais pas. Je suis bien d’accord pour voir un inconvénient majeur à notre système où tout est basé sur la croissance quelle qu’elle soit. Mais selon moi c’est ce « quelle qu’elle soit » qui pose problème. La population mondiale va augmenter, les besoins sont loin d’être tous satisfaits. Alors c’est bien sûr premièrement un problème de répartition des richesses.
    Le plus important me semble être de faire une nette distinction entre ce qui est socialement utile et globalement néfaste. Cela n’est pas fait quand on parle de croissance du PIB, d’où le problème.
    Bien à vous

  3. Marc,
    ne t’inquiète pas la catastrophe est devant nous, pas très loin, et nous serons obligés de réagir collectivement et non plus individuellement. J’aime bien cet aphorisme : si nous ne pouvons pratiquer une pédagogie de la catastrophe, alors ce sera la catastrophe qui nous servira de pédagogie…

  4. Oui mais avant que ce soit effectif, le réchauffement, lmes canons ont de l’avenir.

    On peut résister mais les gesn qui résistent sont en nombre marginal, à tel point que ça en aest insignifiant. La population et ses dirigeants ne peuvent voir à moyen terme (ne parlons même pas de long terme).
    Donc avant que quoi que ce soit ne change, il faut que des choses très graves et à grande échelle se produisent. L’histoire hélas, avance ainsi : thèse, antithèse, synthèse. Mais ce n’est pas une dialectique d’idées, c’est quelque chose qui ne se produit qu’avec la violence. Sinon, les gens s’en foute, n’avez-vous pas cette impression ?

  5. Comment résister? Arracher les canons à neige si on aime la prison, ne pas aller au ski pour décourger les investisseurs si on choisit la méthode douce (et lente).
    De toute façon avec le réchauffement, il n’y aura plus assez de basses températures pour que les canons à neige soient efficaces !

  6. Oui l’histoire du ski à Dubaï est un délire mégalomaniaque de nouveau riche. Il fait 45 degré à l’extérieur et eux, en surexploitant des travailleurs pakistanais, ils ont construit un immense frigo ! Des fous.

    « Une campagne de résistance peut être efficace(…) » : oui mais comment ?

    Quoi qu’il en soit, il faudra commencer par la France où là aussi le canon à neige est le seul espoir pour tenter de sauver l’énorme investissement réalisé pour construire toutes les uniformes stations françaises. Oui avec le réchauffement, il ne restera que le canon à neige…

Les commentaires sont fermés.