Nucléaire, une nécessité pour éviter des morts ?

Voici un texte cosigné par le climatologue et lanceur d’alerte James Hansen : « Suite à l’accident de la centrale de Fukushima Daiichi en Mars 2011 au Japon, la contribution future de l’énergie nucléaire à l’approvisionnement énergétique mondial est devenue quelque peu incertaine. Parce que l’énergie nucléaire est une abondante source d’électricité de base à bas carbone, elle pourrait pourtant largement contribuer à prévenir le changement climatique et la pollution atmosphérique. A partir des données historiques de production, nous avons calculé que l’électricité nucléaire a prévenu 1,8 millions de morts dues à la pollution atmosphérique et l’émission de 64 milliards de tonnes CO2 équivalent, qui auraient résultées de la combustion de combustibles fossiles. Sur la base des projections globales prenant en compte les effets de Fukushima, nous trouvons que, d’ici le milieu du siècle, l’énergie nucléaire pourrait prévenir de 420 000 à 7,04 millions de morts et de 80 à 40 milliards de tonnes d’émissions de CO2 équivalent supplémentaires, selon le combustible fossile remplacé. De plus, nous montrons que le développement de l’usage du gaz naturel ne permettrait pas de résoudre le problème climatique et provoquerait bien plus de morts que le développement de l’énergie nucléaire. »* (texte de Kharecha PA et Hansen JE., traduction Bernard DURAND).

Cette étude publiée par la revue scientifique Environmental Science & Technology semble édifiante. D’autant qu’elle émane de sources crédibles et indépendantes de tout lobby du nucléaire. Les deux scientifiques ont combiné plusieurs données. D’un côté, ils ont calculé quelle était la production énergétique des énergies fossiles et extrapolé le nombre de morts liés à cette exploitation Que ce soit des morts de mineurs dus aux conditions d’exploitation du charbon, ou des décès liés à la pollution. Ils ont ensuite analysé ces données pour savoir combien de morts y’aurait-il eu de plus, proportionnellement, si l’énergie produite par le nucléaire l’avait été par des énergies fossiles, comme le charbon, le pétrole ou le gaz naturel…**

Alors, quel est le contre-raisonnement des antinucléaires ? Nous attendons vos commentaires… Quant à nous, il s’agit en quelque sorte du choix entre la peste (le nucléaire) et le choléra (les énergies fossiles). La montée en puissance du réchauffement climatique affole les esprits même les plus éclairés.

* http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23495839

** http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/04/nucleaire-empeche-mort-1-84-million-personnes-climatologues_n_3007198.html

6 réflexions sur “Nucléaire, une nécessité pour éviter des morts ?”

  1. Au sujet de Tchernobyl, le rapport TORCH, financé par les Verts européens, estimait le nombre de victimes à 50 000 personnes, sur toute l’Europe.
    C’est beaucoup, mais pas tant que ça si on compare à d’autres sources de mortalité.

    Par exemple, Greenpreace estime entre 200 000 et 1 million le nombre de victimes du charbon par an, sans compter les conséquences du RC, estimée par Hansen.

  2. Je confirme que les calculs sont aisément faussés, il n’est pas tenu compte des victimes à la source que sont les populations des régions d’extraction minière, puis tout le long de la filière, jusqu’aux industries d’enrichissements qui constituent des stocks de plus en plus énormes de déchets hautement radioactifs, qui sont sujets à accidentologie élevée et surtout ( un peu comme le transport aérien si je peux me permettre ce cynisme, ça pète pas souvent mais quand ça pète… ) il est impossible de connaître les vrais chiffres des victimes puisqu’il n’y a pas le moindre suivi épidémiologique ( pourquoi y en aurait-il puisque la question ne se pose pas ? ) tant aux environs des centrales dont on sait qu’elles provoquent une élévation sensible des maladies de type cancers chez les populations d’enfants ( étude française ), le million de victimes enfin reconnu de Tchernobyl ne compte pas les victimes françaises ou européenne de l’Ouest ( l’association des victimes de la thyroïde a été déboutée ) et surtout pas sur le long terme soit plus de 25 ans, délai de déclaration des cancers des adultes.
    Le chiffre est donc faux, les victimes de Tchernobyl sont bien plus !
    Les chiffres liés à Fukushima ne sont pas connus, il est impossible d’étudier l’évolution des thyroïdes des enfants japonais puisque le risque n’a été reconnu que longtemps après, on ne peut donc rien comparer qu’avec d’autres statistiques d’autres régions du monde !
    La contamination quasi planétaire par les radionucléides de Fukushima n’ayant pas été reconnue, encore une fois il est impossible d’en étudier les conséquences, on sait seulement que la mortalité néonatale a augmenté pendant plusieurs mois de façon vertigineuse sur la côte Ouest des États-Unis pendant que les phoques d’Alaska venaient mourir d’hémorragies nasales sur les rives « sans que l’on en connaisse l’origine »…
    La défense des intérêts monétaires relève parfois de la sûreté de l’État et il n’est pas besoin d’être grand clerc pour savoir que des arrangements sont conclus pour que la machine tourne, ça se nomme « accords sur le libre échange » et que ces arrangements ne sont pas forcément verbalisés ou contractuels, ils font partie des implicites, « si tu joues avec nous, tu connais forcément les règles », simple question de gestion d’entreprise et de balance commerciale, alors vos réactions bas de gamme à propos de théorie du complot, franchement ça sent le rance, tentez d’élaborer un peu de pensée issue de réflexions, pas de réflexes…
    Toujours est-il que cet article-torchon est une des pathétiques tentatives du Village Nucléaire de nous prendre toujours plus pour des simplets !

  3. « Ou alors elles prennent pour vrais les chiffres fournis par l’AIEA (et donc par l’OMS qui lui est assujettie), qui pratique le négationnisme pour sauver son industrie mortifère,  »
    Theorie du complot … C’est tout ce que vous avez?

  4. Peut-être que les personnes qui ont estimé le nombre de personnes « sauvées » par le nucléaire ont « oublié » de compter celles qui ont trouvé la mort du fait des radiations par exemple après Tchernobyl ?
    Ou alors elles prennent pour vrais les chiffres fournis par l’AIEA (et donc par l’OMS qui lui est assujettie), qui pratique le négationnisme pour sauver son industrie mortifère, alors que les chiffres fournis par les scientifiques des pays les plus touchés donnent en particulier une estimation de 985 000 morts, entre 1986 et 2004, des suites de Tchernobyl :

    Chernobyl : Consequences of the catastrophe for people and the environment
    Alexey Yablokov, Vassili Nesterenko et Alexey Nesterenko
    Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1181

    « En janvier 2010, l’Académie des sciences de New York (NYAS) a publié le recueil le plus complet de données scientifiques concernant la nature et l’étendue des dommages infligés aux êtres humains et à l’environnement à la suite de l’accident de Tchernobyl. Cet ouvrage met à la disposition du lecteur une grande quantité d’études collectées dans les pays les plus touchés : la Biélorussie, la Russie et l’Ukraine. Les auteurs estiment que les émissions radioactives du réacteur en feu ont atteint dix milliards de curies, soit deux cents fois les retombées des bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki ; que le nombre de décès à travers le monde attribuables aux retombées de l’accident, entre 1986 et 2004, est de 985 000, un chiffre qui a encore augmenté depuis cette date. Des 830 000 « liquidateurs » intervenus sur le site après les faits, 112 000 à 125 000 sont morts.
    Beaucoup de ces hommes et femmes ont reçu, souvent sans protection, d’énormes quantités de rayonnements et ont inhalé des poussières fortement chargées en isotopes de l’uranium. L’OMS et l’AIEA avaient présenté, en 2005, un bilan d’une cinquantaine de morts parmi les liquidateurs et jusqu’à 9 000 décès « potentiels, au total », attribuables à la contamination radioactive — et ce uniquement parmi les populations les plus affectées de Biélorussie, d’Ukraine et de la Fédération de Russie… Des milliers d’études ont mis en évidence dans les pays touchés une augmentation sensible de tous les types de cancer, ainsi que des maladies des voies respiratoires, des affections cardiovasculaires, gastro-intestinales, génito-urinaires, endocriniennes, immunitaires, des atteintes des systèmes lymphatiques et nerveux, de la mortalité prénatale, périnatale et infantile, des avortements spontanés, des malformations et anomalies génétiques, des perturbations ou des retards du développement mental, des maladies neuropsychologiques et des cas de cécité. »
    Source : http://independentwho.org/fr/livres/

    Il faut arrêter de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
    Le nucléaire est un crime contre l’humanité.

    Contre le changement climatique, arrêtons nos gaspillages, modifions nos modes de vie, faisons preuve de responsabilité au lieu de faire les enfants gâtés !

  5. Abstract d’origine
    “In the aftermath of the March 2011 accident at Japans Fukushima Daiichi nuclear power plant, the future contribution of nuclear power to the global energy supply has become somewhat uncertain. Because nuclear power is an abundant, low-carbon source of base-load power, on balance it could make a large contribution to mitigation of global climate change and air pollution. Using historical production data, we calculate that global nuclear power has prevented about 1.84 million air pollution-related deaths and 64 gigatonnes (Gt) CO2-equivalent greenhouse gas (GHG) emissions that would have resulted from fossil fuel burning. Based on global projection data that take into account the effects of Fukushima, we find that by midcentury, nuclear power could prevent an additional 420,000 to 7.04 million deaths and 80 to 240Gt CO2-eq emissions due to fossil fuels, depending on which fuel it replaces. By contrast, we assess that large-scale expansion of natural gas use would not mitigate the climate problem and would cause far more deaths than expansion of nuclear power.”
    Source : NASA Goddard Institute for Space Studies and Columbia University Earth Institute

  6. Denis Delbecq en résumé :
    Il est très dommage que ces travaux se soient heurtés à une sorte d’omerta médiatique, car ils sont très critiquables. Peut-être pas sur l’évaluation des décès et du CO2 évités dans le passé. Mais, comme le reconnaissent eux-même Hansen et Kharecha, les projections de l’IAEA reposent sur un cas de figure où rien n’est fait pour réduire la consommation d’énergie dans le monde. C’est peut-être le chemin suivi par nos sociétés aujourd’hui, mais pas le chemin souhaitable qu’un croisé du climat comme Hansen pourrait défendre.
    Que le charbon soit une saloperie, c’est une évidence. Mais ce n’est pas pour autant que le nucléaire peut se parer de toutes les vertus. Car statistiquement, le développement du nombre de réacteurs nucléaires induira une augmentation du nombre d’accidents, y compris grave . Si les radiations de Fukushima ne tueront pas grande monde, voire personne, l’accident laisse les japonais dans une situation douloureuse. Autant sur le plan industriel qu’économique et social.
    http://effetsdeterre.fr/2013/04/11/le-nucleaire-sauve-des-vies-et-alors/

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