On assassine 30 % des sangliers français

En 1973, on dénombrait 36 000 sangliers abattus sur l’ensemble du territoire français contre 747 000 en 2019, soit vingt fois plus selon LE MONDE. Pourtant les chasseurs sont débordés, on compte environ 2,5 millions de têtes. Ils doivent pourtant s’en prendre qu’à eux-mêmes, avec l’agrainage qui consiste à répandre du maïs pour les nourrir. L’agrainage a été interdit en 2019 par la loi créant l’Office français de la biodiversité (OFB) mais il est encore largement utilisé. Cette technique alimente le cycle prolifique de la reproduction. La maturité sexuelle arrive à l’âge de un an et la gestation dure en principe 3 mois, 3 semaines et 3 jours soit 115 jours. La laie possède 10 tétines, elle donne naissance chaque année à une portée de 3 à 10 petits. Les excès du nourrissage par les chasseurs entraînent parfois une seconde portée dans la même année. De plus le sanglier s’adapte à tous les environnements et s’accommode très bien de l’espèce humaine.  « Avant, c’était exceptionnel de tirer un sanglier, raconte ce représentant de la FDSEA. Puis il y a eu des lâchers en forêt et, aujourd’hui, c’est un peu le chien qui se mord la queue : les chasseurs veulent du gibier et nous, les agriculteurs, on veut moins de dégâts. » Il y a deux catégories de chasseurs : le local, celui du terrain qui est sensibilisé à la situation ; et le notable qui paie très cher et doit avoir du gibier, quel qu’en soit le prix. Avec le sanglier, les chasseurs deviennent des viandards : ils en veulent toujours plus, ça ne s’arrête jamais. Il vient le dimanche pour la battue, le reste il n’en a rien à faire. Le sanglier met en évidence plusieurs lignes de fractures dans la société, la ruralité contre les villes, les naturalistes contre les chasseurs, les chasseurs contre les agriculteurs…

Les chasseurs doivent-ils être les régulateurs de la faune sauvage ? N’est-ce pas à l’État d’assurer cette fonction ? Ou bien aux loups, l’un des rares prédateurs naturels du sanglier ? Mais la leçon première, c’est que les humains se préoccupent de la régulation du nombre de sangliers sans jamais s’interroger sur la maîtrise de la fécondité humaine. Comme l’exprime récemment un commentateur sur notre blog biosphere, « Écologiquement parlant, un animal prédateur de notre taille ne doit pas être présent à plus de 5 millions. Pourtant nous sommes presque 2 000 fois plus nombreux. Toute réflexion sur l’écologie qui fait fi de cet ordre de grandeur part sur de mauvaises bases. » On se permet d’abattre près de 30 % des sangliers chaque année et nous laissons la planète aller allègrement vers ses 10 milliards d’habitants, avec ou sans le Sars-CoV-2 !

Pour en savoir plus sur la chasse grâce à notre blog biosphere :

10 décembre 2019, Les chasseurs dans le viseur

30 octobre 2018, Le chasseur bientôt interdit de séjour le dimanche ?

28 avril 2018, Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

27 avril 2018, Le bon chasseur respecte l’éthique de la Terre

20 octobre 2017, Une autre façon d’envisager la solution finale

1er septembre 2014, Si tu tues les loups, tu dois aussi tuer les cerfs

4 août 2014, Tuez-les tous et restons bien seuls entre criminels

31 juillet 2008, chassons les chasseurs

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11 réflexions sur “On assassine 30 % des sangliers français”

  1. Je ne dirais pas que c’ est un animal sympathique mais lui ,au moins, est soumis aux lois de la nature et ne dévaste pas autant la terre que le bipède invasif et souvent sinistre .
    Les destructions que le sanglier opère se font au détriment du bipède qui lui rogne son espace naturel mais sa destruction ne présente aucun caractère d’ irréversibilité au contraire de qui vous savez.
    Je préfère la parfois dangereuse compagnie de 25 millions de sangliers à celle de 67 millions de bipèdes arrogants, extracteurs, agressifs, stupides, urbains, bobos, gauchos, umpsiens, CAC40iens ,…
    J’ ai bien envie de dire que je regrette que l’ on ne procède pas de même pour homo stultus et atrox

    1. solange.sentagne@sfr.fr

      Moi je les trouve sympas, les sangliers, quand j’en vois un je pense à Obélix. Et les petits, ah ce qu’ils sont mimis les petits, marcassins ! N’empêche, petits ou gros, ce qu’ils sont bons, les salauds ! Bien meilleurs que leurs cousins d’élevages. Et pourtant dans le cochon tout est bon. Maintenant ça n’engage que Moi, bien sûr. Et comme on dit, des goûts et des couleurs on ne discute pas. Et pourtant on ne fait que ça, comme disait Nietzsche. Et ça c’est ben vrai ça, comme disait la Mère Denis !
      Remarque, quand on n’est pas paysan c’est facile de les trouver sympas, les sangliers. Et de ne pas être CONTRE, ou même Ni-Ni, ce qui d’ailleurs revient au même, quand on est POUR. En fait c’est comme avec les ours et les loups.
      Moi je verrais bien 25 millions de sangliers, plus 25 millions de loups, et autant d’ours, en France, bien répartis dans les forêts de Fontainebleau et de Rambouillet. Et le Bois de Boulogne, bien sûr. 🙂

      1. 25 Millions de loups et 25 millions de sangliers, il faut les nourrir, il leurs faut de la viande fraiche, pour le moment dans l’ensemble de nos forêts il n’y aura pas assez de nourriture… En revanche, à Marseille, en banlieue dans le 93 ou le 95 ou encore Grenoble ou le pigeonnier à Amiens, et bien d’autres villes et cités, on pourrait les introduire pour que ces animaux puissent chasser…. voir même réintroduire la forêt à ces endroits là par la même occasion…

        1. Pas assez de nourriture ? Pas assez de viande fraîche ? Dans les forêts autour de Paris et des grandes villes ? Avec toutes ces poubelles à tous les coins de rues, et tous ces promeneurs, joggeurs… et toutes sortes de chasseurs, diurnes et nocturnes… tout ça à portée de griffes et de crocs…

  2. La chasse est le cache minou de l’histoire des soit disant écologistes. Désolé de vous le dire, mais 1- l’homme est omnivore et 2- même si vous végétarien ou vegan, vous êtes TOUS les enfants des chasseurs ! Et tout ce qui vous entoure; c’est à dire toutes les technologies mais aussi l’art, l’écriture et bien d’autres choses prennent la source dans la CHASSE ! En effet, dès l’apparition de l’homme à la préhistoire, c’est à partir de la chasse que les hommes se sont mis à inventer et créer des outils pour devenir efficace, ne pouvant rivaliser à mains nues face aux animaux pour se nourrir, l’homme s’est mis à inventer les outils et les armes pour les combattre afin de se nourrir. En outre, si vous visiter les grottes, en général, les représentations dessinées sur les parois, ne se trouvaient jamais dans la première salle à l’entrée, mais à la seconde.

    1. D’ailleurs, l’homme inventa l’art à partir de la chasse, il faisait les premières musiques et danses pour souder les individus dans le groupe afin de coopérer à la chasse.

      Ce qui a permis l’explosion démographique, ce n’est pas la chasse, mais l’élevage et l’agriculture, bref dès lors que les hommes ont jugé l’élevage et l’agriculture comme plus efficace pour se nourrir. Et l’élevage est beaucoup plus meurtrier que la chasse en terme de massacres d’animaux. D’ailleurs, c’est à partir du moment où l’homme s’est sédentarisé pour devenir éleveur et agriculteur, que beaucoup d’animaux sauvages ont disparu, parce qu’ils ont chassé loups, ours, renards, etc pour protéger leurs animaux d’élevage et ne pas perdre en production… Ceux sont ceux qui font de l’élevage qui font tout pour massacrer et disparaître les animaux sauvages pouvant nuire à leur production d’élevage. Les éleveurs ont massacré beaucoup plus que les chasseurs.

      1. Enfin, un pays comme la France a su faire vivre pendant de nombreux siècles entre 20, 25 à 35 millions d’habitants sans énergies fossiles et sans technologies fonctionnant à l’électricité sur son territoire. c’est une fois la barre franchie en 1900 de 40 millions d’habitants que ça commençait à friter sévère avec les pays voisins.

        5 millions pour un pays comme la France c’est exagérément peu !

      2. Oui, la sédentarité et les progrès médicaux , helas, l’ ont fait se multiplier au-delà du raisonnable !

  3. Bravo Biosphère ! Voilà un sujet qui NOUS change de l’ordinaire, ça ME fait très plaisir. 🙂
    (JE précise pour les nuls, le NOUS désigne ici les quatre pelés qui n’ont rien d’autre à foutre que de déconner, en attendant.)
    Aujourd’hui, Biosphère NOUS invite donc à bouffer du chasseur. Et MOI à réfléchir (intelligemment tant qu’à bien faire) sur l’explosion démographique de la famille Sanglier. Et en même temps, NOUS tenterons de répondre à cette question sur laquelle les plus grands philosophes de tous les temps se sont cassés les dents : Qu’elle est la véritable différence entre le BON et le MAUVAIS chasseur ?

    1. C encore Michel

      Et puis, s’il NOUS reste encore un peu de temps, pour déconner, NOUS essaierons de décortiquer ce petit tour de passe-passe qui consiste à passer du coq à l’âne (JE précise pour les nuls : de Sus scrofa à Sapiens). Afin de voir si ce ON est un con, ou pas, et en même temps afin d’éviter tout malentendu, surtout pour les malentendants, NOUS commencerons par définir le NOUS :
      – «On se permet d’abattre près de 30 % des sangliers chaque année et nous laissons la planète aller allègrement vers ses 10 milliards d’habitants, avec ou sans le Sars-CoV-2 !»

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