Croissance verte ou décroissance écologique ?

Le terme décroissance commence à être utilisé au plus haut niveau sans en comprendre le sens profond. Quel pourrait être le point de vue des écologistes ?

11 juin 2019, Édouard Philippe lors de sa déclaration de politique générale : « Je ne me ferai pas passer pour un autre. Je ne suis pas un défenseur de la décroissance. Je crois en l’économie de marché régulée par le politique, en l’innovation et en la force de la croissance. Je crois possible un nouveau modèle économique qui produise des richesses, donc de l’emploi, sans salir, sans contaminer, sans détruire, sans condamner ceux qui viendront après nous ou ceux qui vivent loin de nous. »

15 juillet 2020, Jean Castex lors de sa déclaration de politique générale : « L’écologie, c’est notre affaire à tous. Elle doit être créatrice de richesses. Je crois en la croissance écologique, pas à la décroissance verte. »

Face à ces slogans croissancistes et simplificateurs, il me semble qu’un écologiste devrait dès qu’il en a l’occasion rebondir sur le mot-valise « décroissance » en précisant que le mouvement écologiste est contre une croissance du PIB impossible à poursuivre sur une planète dont on a dépassé les limites. Une telle option, caricaturée sous une dénomination « croissance verte ou écologique » qui ne fait qu’escamoter le « business as usual », nous amène en effet inéluctablement à des crises économiques, donc à des récessions (ou dépression) synonymes de décroissance subie. Par contre les écologistes réalistes sont pour une décroissance maîtrisée, sélective. Certaines activités économiques peuvent être développée, mais d’autres, carbonées, disparaître progressivement. Il s’agit de construire une société post-croissance en équilibre durable avec une pérennité des ressources naturelles. Il faut montrer dans toutes les occasions possibles que les problèmes socio-écologiques sont complexes ; par exemple on ne peut soutenir politiquement le secteur automobile ou aérien au nom d’une croissance « verte » utilisant des moteurs « propres » sans être en contradiction avec ses propres déclarations d’intentions. Emmanuel Macron avait dit juste avant Castex croire à une « écologie du mieux, pas du moins ». On présente l’enjeu écologique comme un sujet clivant plutôt que comme un impératif qui devrait nous rassembler autour de fondamentaux thermo-dynamiques comme les mécanismes de l’entropie et du réchauffement climatique. Quelques réactions sur lemonde.fr face au discours du nouveau premier ministre :

Melvin : Castex, ‘ La croissance écologique, pas la décroissance verte ‘ encore un qui a le niveau scientifique d’un enfant de 10 ans. Un ‘anti-science’ à la Trump ou Bolsonaro dont les incantations n’atteignent pas le niveau de l’idiotie. Il comprend la thermodynamique comme un singe une équation différentielle… A pleurer. Il ne peut pas y avoir de croissance sans destruction de l’environnement. Simplement parce que la croissance récompense, de façon ultime, toujours par des biens physiques. Et qu’il faut les créer. Mais ça, les politiciens actuels ne le comprennent pas.

Ricardo Uztarroz : « Croissance écologique » ??? Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Croissance et écologie sont antinomiques pour la simple raison que la croissance (produire toujours plus) est la cause de la dégradation de la nature. La croissance saigne la planète de ses ressources et l’épuise. Tout le discours de Castex est au diapason de cette formule vide de sens. Il n’a été que du verbiage ronflant accompagné d’une gestuelle de colonel de gendarmerie à la retraite parodiant le gendarme de Saint Tropez. Par exemple « séparatisme ». Ces « territoires » dits « perdus » ne cherchent pas à se séparer de la France, comme le souhaitent les indépendantistes corses, basques, bretons, mais à faire tâche d’huile, à s’épandre, à imposer leur loi à tout l’hexagone. Idem à propos des retraites : qu’entend-il par concertation et dialogue social ? Simple consultation ou réelle négociation ? Le vrai dialogue, c’est la négociation. Enfin, il a rendu hommage aux « réalisations considérables » d’Edouard Philippe. Lesquelles ? Les cadeaux aux riches ?

le sceptique @ Ricardo Uztarroz : vous avez raison si vous prenez le programme écologique dans son entièreté, à savoir que non seulement il faut arrêter le réchauffement, mais aussi arrêter les extractions, les artificialisations, les pollutions etc. Nous souffrons justement que peu de gens, même parmi ceux se disant une sensibilité « verte », ont réellement lu et réfléchi la littérature de l’écologie scientifique. On voit déjà que pour une large part des commentaires, l’écologie se résume à la lutte contre le réchauffement. Si tel est le cas, alors en effet, une croissance écologique ou une écologie industrielle est possible (au moins sur 20-30 ans, terme raisonnable d’investissements). Voir ce que fait l’Allemagne. Mais l’Allemagne, ce sont aussi des paysages de plus en artificialisés, des résultats médiocres en biodiversité, etc. Si l’on veut la totalité du programme écolo, c’est une régression massive : vivre du produit d’un lopin de terre en touchant un minimum aux milieux.

Sejas : Croissance écologique ? Quand vous développer les transports électriques et le nucléaire, quand vous développez la production d’hydrogène pour stocker l’électricité intermittente des ENR, quand vous isolez les bâtiments, quand vous développez les carburants à base de produit agricole (carburant avion non carboné), quand vous développez la productivité des cultures (précision farming, semis sans labour..) etc vous faite de la croissance non carbonée. La vraie écologie ce n’est pas les combats d’arrière garde contre les OGM ou le glyphosate qu’il faut pouvoir utiliser une fois par an pour les semis sans labour.

Ricardo Uztarroz @ Séjas : parce que vous pensez sincèrement que toutes les solutions que vous avancez sont écologiques. Transports électriques ? Avec quoi fabrique-t-on les batteries et comment les recycle-t-on ? Comment produit-on l’hydrogène ? Avec une baguette magique ? L’isolement des bâtiments ? Avec quoi ? Avec de la laine de verre. Celle-ci est-elle une création spontanée ? Les carburants « agricoles », comment cultive-t-on les plantes d’où ils sont extraits. J’ai vécu au Brésil à l’époque où les voitures roulaient à l’alcool de cane à sucre (j’en ai eu une). Les conséquences écologiques ont été désastreuses. La croissance écologique (nouvelle formule pour croissance durable) n’est que foutaise, un gros mensonge. Une politique écologique implique la décroissance. Mais personne n’en veut, même pas les écolos. L’humanité court à sa perte malgré elle. Mais ce qu’il adviendra à la planète dans mille ans, je m’en tape allègrement. La société industrielle est une course irréversible vers l’abîme. Lucide le mec !

Les êtres humains sont-ils trop nombreux ?

Bruno Tertrais est un illusionniste qui veut en finir avec le catastrophisme des écolos. Son copain Alain Frachon, éditorialiste au MONDE, soutient son dernier ouvrage, « Le Choc démographique », qui n’apporte absolument rien à la compréhension de la rupture écologique en cours : «  En 2050, la transition démographique sera en voie d’achèvement, au niveau juste nécessaire au remplacement des générations… L’humanité entre « dans l’âge adulte »». Les commentateurs sur lemonde.fr taillent en pièce cette idée d’une arrivée miraculeuse à une démographie « juste nécessaire » :

PierreC21 : L’article réussit l’exploit de ne pas aborder une seule seconde la question de la soutenabilité pour la planète d’une population d’environ 10 Mds d’habitants aspirant tous au même niveau de vie que l’Occident. Indépendamment de la trajectoire démographique, les écologistes font simplement remarquer à juste titre que les ressources naturelles sont déjà extraordinairement sous tension avec « seulement » 7,7 Mds d’êtres humains. Le Monde devrait laisser de telles questions à ses spécialistes du sujet plutôt qu’à M. Frachon, qui ne le maîtrise manifestement, et semble laisser entendre que le problème de la surpopulation va se résoudre de lui-même…

Michel SOURROUILLE : L’année de ma naissance en 1947, la population mondiale était de 2,3 milliards, de façon développée 2 300 000 000 personnes. Ce chiffre me semble déjà vertigineux. Mais si je vivais centenaire, les statistiques pour 2047 de l’ONU prévoient 9,3 milliards d’êtres humains, soit une multiplication par 4 au cours de mon existence. Insupportable. Comment nourrir suffisamment et loger décemment 7 milliards de personnes de plus au cours d’un seul siècle ? N’importe lequel d’entre nous devrait être terrifié par l’ampleur de cette marée humaine. Arrêtons de faire trop de gosses, devenons malthusiens ! Malheureusement les politiciens en France et ailleurs veulent toujours plus de chair à canon pour affirmer leur « puissance », les chefs d’entreprise veulent de la main d’œuvre surnuméraire pour baisser les salaires, et même certains écologistes se veulent anti-malthusiens !! Alors une décroissance volontaire de la population mondiale, je n’y crois pas du tout !!!

Coolektif : Chacun doit donc dire, « oui, je suis trop nombreux!.. ». Se compter dans ce surnombre démographique est la moindre des choses. Pourquoi ce sont « LES AUTRES » qui seraient trop nombreux ? Question bien embarrassante !

Iphigenie : Un rapport de l’ONU nous explique qu’il va y avoir 500 millions de personne en plus dans le Sahel dans les 30 prochaines années. Les rapports du GIEC, qui émanent de l’ONU, nous expliquent que le semi-désert du Sahel va se transformer en désert total dans les 30 prochaines années. Tant qu’on fait des rapports dans son coin en ne regardant qu’une variable, c’est inutile et idiot

Ced5999 : C’est comique de dire que la « bombe démographique » n’a pas lieu …. Alors que si la planète se porte aussi mal actuellement c’est justement à cause d’un accroissement de la population massif qui n’a jamais eu lieu dans toute l’histoire humaine. Cet accroissement est tellement spectaculaire et rapide qu’il engendre toute une série de phénomènes de dégradation de notre environnement qui n’auraient pas eu lieu si l’on était pas presque 8 milliards d’habitants actuellement. Et la recherche de modernité et de confort a laquelle aspire n’importe quel humain sur cette planète entraîne une dégradation de l’environnement sans doute irréversible pour des milliers d’années. Mais c’est sans doute plus simple de dire que tout va se réguler tout seul …

Bobby Videau : Je crois que ce sujet a été réglé depuis un moment : il faut de la croissance économique dans les pays les plus pauvres afin qu’ils améliorent leur niveau de vie et accèdent aux services de base (éducation, santé), ce qui conduira à une baisse du taux de fécondité et à une stabilisation de leur population. En revanche il faut de la décroissance économique dans les pays riches (Europe, USA, Canada, Australie, Japon, une partie de la Chine…) afin de limiter la catastrophe écologique en cours. Ca c’est dans un monde idéal, mais dans la réalité je doute que cela se passe de cette manière.

Lustukru : La nature échoue, pour le moment, à mettre fin à l’existence de cette engeance maléfique qui n’a d’autre but que la destruction ou l’esclavage de toute autre espèce vivante. L’humain est un virus mortel pour toute forme de vie, on souhaite, pour le reste de la Galaxie, qu’il reste confiné sur sa planète pour finir par s’auto-dévorer.

-Alazon- : L’idéal de l’écologiste c’est une nature sans hommes, ou à l’extrême limite avec quelques chasseurs-cueilleurs.

He jean Passe : Personne ne parviendra à faire croire aux terriens qu’à 9 ou 10 milliards ils vivront mieux qu’à 2 ou 4 milliards d’humains. Les seuls pays où l’on vit bien sont ceux (tels les pays scandinaves) où la population et sa densité sont faibles. On sait que l’humanité consomme plus de ressources que la planète ne peut en régénérer et produire. Notre avenir ressemblera soit à « soleil vert » soit, au mieux, à celui d’humains vivant dans un environnement appauvri et dégradé, condamnés à vivre par écran interposé avec un revenu minimum en attendant de laisser un peu de place aux suivants. La démographie est une bombe qui est devenue désormais quasi incontrôlable, les religieux et les marxistes en sont responsables.

ParisGapExpress : Bien que discrédité par la plupart des économistes qui ne savent penser qu’en termes de ressources infinies, Malthus avait raison.

gbouvier : Cet article me laisse perplexe. Dans un autre domaine (le « climat », par exemple), si quelques chercheurs se permettaient d’aller contre le courant ultramajoritaire, ils seraient disqualifiés voire ostracisés. On parle ici d’une poignée de démographo-sceptiques, inventant les hypothèses ad hoc pour qu’une stabilisation de la population mondiale se produise assez vite. Alors que la communauté des démographes s’accorde pour estimer un ralentissement de la croissance, mais doute d’une stabilisation à horizon 2100. Il semble que l’on a décidé une fois pour toutes que Malthus est méchant (voire de droite). Il s’en suit un aveuglement idéologique inquiétant quant aux conséquences néfastes de la surpopulation. On y ajoute le couplet bien pensant des vertus de l’immigration (hors sujet, les migrations déplacent les gens, sans effet sur le total) et celui du dynamisme de l’Afrique (la repentance ?) qui va enfin se concrétiser (ça se dit depuis 50 ans …) pour aboutir à ce gloubi-boulga

le sceptique : A. Frachon n’est probablement pas familier de ces débats. Une croissance démographique jusqu’à 9-10 milliards d’humains, couplée à une croissance économique permettant de converger vers le niveau de vie de l’Occidental moyen, c’est à peu près la réalisation (et non réfutation) du cauchemar des nombre d’écologistes. En fait, il y a une écologie des limites physique affirmant « on ne s’en sortira pas » (celle-là peut éventuellement être mise en défaut par l’innovation depuis Malthus) et il y a une écologie de protection de la nature affirmant « on s’en sortira peut-être mais au prix d’une dégradation du climat et du vivant actuels, qui va imprimer sa marque pendant des millions d’années sur Terre ». Or, la seconde prédiction est probablement vraie, en fait elle est déjà un constat.

César Bistruk : Cet article de Frachon pose problème en des termes inappropriés, et donc apporte de mauvaises réponses. La population supportable par la planète est celle ramenant le jour de l' »Earth Overshoot Day » au 31 déc., moyennant des conditions modernes de vie comparables à celles de la classe moyenne européenne, admettons. Cette population idéale, la cible, doit déterminer les politiques démographiques. À la louche, elle semble être bien inférieure à la moitié de la population humaine actuelle. En 2019, ce jour du dépassement tombait en juillet.

Pour en savoir plus il suffit de lire la rubrique démographie sur notre blog biosphere.++++

Mourir de faim, un choix volontaire

690 millions de personnes, soit 8,9 % de la population mondiale, sont sous-alimentées selon les données de 2019. C’est le constat du Rapport annuel sur « L’état de la sécurité alimentaire dans le monde » (baptisé rapport SOFI). En élargissant à la notion plus vaste d’insécurité alimentaire, qui désigne les difficultés d’accéder de façon régulière à une nourriture saine, équilibrée et nutritive, les Nations unies calculent que 2 milliards de personnes, soit plus d’un quart de la population, étaient touchées en 2019. L’émaciation, caractérisée par un faible poids par rapport à la taille de l’enfant, touche notamment 340 millions d’enfants, soit 6,9 % des enfants de moins 5 ans. Maximo Torero, économiste en chef à la FAO, mentionne l’aide aux populations vulnérables et des mesures de régulation de l’industrie agroalimentaire, il ne dit rien sur l’analyse malthusienne qui montre que famine et surpopulation sont intiment liées. Heureusement les commentateurs sur lemonde.fr compensent cet oubli trop fréquent :

lecteur assidu : Le titre du MONDE devrait être «  la natalité continue à progresser dans le monde » au lieu de « La faim dans le monde en progression lente mais continue » … Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

Hum : La surnatalité est le problème.

Jean Pense Pamoins : Cher Hum, vous avez raison, « surnatalité = dépassement des capacités d’éducation = Ignorance = saccages des ressources comme déforestation et perte de la terre nourricière. Ignorance = prévalence des coutumes et des religions. Ignorance = rôle traditionnel des femmes soumises aux hommes = surnatalité. » La boucle est bouclée.

FOJ : Trop d’humains et des ressources limitées, mais chute, parler démographie est toujours tabou… Avec le réchauffement climatique, la montée des eaux qui l’accompagne et le pic du pétrole que nous avons déjà passé, croire que le problème de la faim dans le monde va se résorber est au mieux naïf. L’explosion démographique est la cause de tous nos maux. Quand le pétrole sera rare la nature se chargera de réduire drastiquement la population humaine à notre place. De toute façon nous autres humains sommes tellement irrationnels sur toutes ces questions qu’il ne fait aucun doute que le pire est à venir.

Paris13 : Je n’ai jamais compris pourquoi des gens mal nourris, vivant dans des conditions précaires et insalubres, faisaient autant d’enfants dont, bien sûr, la vie sera aussi, sinon plus, difficile que celle de leurs géniteurs ??

Georges : La malnutrition vient souvent d une trop forte population : rappelons que la Chine a réussi à contrôler sa population alors que connaissant des famines, ce que l’Afrique peut entreprendre aussi. Rétrospectivement, la générosité européenne et US d’aider l’Afrique en vaccinant sa population ne l’aura peut être pas aidé, entraînant une surpopulation et un saccage de ses ressources naturelles. Aider des pays sous développés est parfois contre productif pour eux, il me semble.

Rabino : Cette idée de l’ONU qui doit intervenir et aider les pays pauvres est néfaste et dépassée. C’est à chaque pays et à chaque État de s’organiser pour équilibrer production et consommation selon les habitudes alimentaires et les possibilités du terrain. Là où les ressources ne sont pas suffisantes pratiquer un contrôle des naissances rigoureux. C’est irresponsable de laisser une démographie

galopa : LA PLANÈTE NE PRODUIT PAS ASSEZ OU LE TIERS-MONDE ENFANTE TROP ? Les pauvres ont beau défricher l’Amazonie ou l’Asie à grande vitesse et pratiquer l’agriculture la plus intensive, il n’y a pas assez de tomates. Faisons des lâchers de préservatifs sur le TIERS-MONDE.

Éric42600 : Pas terrible votre réponse, Galopa. Les comportements humains ne sont pas différents de ceux des animaux : ont fait davantage d’enfants en situation d’insécurité alimentaire afin qu’au moins un ou deux arrivent à l’âge adulte. Quant aux lâcher de préservatifs on vous attend avec impatience dans les campagnes africaines.

In varietate concordia : « Je voudrais rassurer les peuples qui meurent de faim dans le monde : ici, on mange pour vous. » – Coluche

9,7 milliards, la population mondiale en 2064

Selon une étude publiée par la revue médicale The Lancet, la population mondiale pourrait atteindre son pic en 2064, à 9,7 milliards d’individus, et entamer alors un déclin pour redescendre à 8,8 milliards de Terriens à la fin du siècle. Les chercheurs anticipent une baisse globale du nombre de naissances par femme, en raison d’un meilleur accès aux moyens de contraception et d’un niveau d’éducation des filles plus élevé, qui retarderait l’âge de la première naissance. Selon le démographe Gilles Pison, le scénario de convergence des pays vers un taux de fécondité plus bas que celui estimé par l’ONU reste « une hypothèse spéculative ». Ces données diffèrent des projections effectuées tous les deux ans par les Nations unies (ONU) qui prédisent un pic de la population mondiale à la fin du siècle (à 10,8 milliards), mais n’ont jusqu’alors pas anticipé de décrue au cours du XXIe siècle.

Les experts de l’ONU s’appuient sur l’évolution passée des indicateurs de mortalité et de fécondité. L’équipe de l’IHME a anticipé que les décisions politiques, notamment en matière d’éducation et de santé, pouvaient influer la fécondité. Les commentateurs sur lemonde.fr mettent en pièces cette étude de sociologie prédictive :

ROBIN C. : Toutes les projections démographiques effectuées ces dernières décennies se sont trompées en surestimant la baisse de la natalité et donc en sous-estimant la croissance de la population.

Thymie : Bien peur que ce soit une chimère. Les mesures souhaitables sont connues (émancipation des filles et femmes dans les pays à explosion démographique, avec accès à contraception, voire IVG, partage moins mauvais de la richesse mondiale). Mais la nature humaine a horreur de la raison à long terme, et préfère la jouissance à court terme, depuis… Adam et Eve.

Nawak : Peut-on sérieusement croire que dans les pays du Sahel ou en Égypte les politiques mettent à disposition des femmes des moyens de contraception alors que l’augmentation de leur population est justement un objectif politique ?

François Sibeins : comment croire qu’un pays comme l’Italie ou l’Espagne perdrait la moitié de ses habitants d’ici 2100 ? Idem la Chine?

Nicéphore Phocas : Passer d’un indicateur de fécondité de 7 enfants par femme à moins de 2 au Niger, je demande à voir (enfin non, je ne serai plus là pour vérifier)

Gotgot : L’Inde au 3ème rang mondial pour le PIB/habitant ? Je pense que le « /habitant » est de trop, sachant qu’aujourd’hui ils ne sont pas au 7ème rang /habitant, mais loin, très loin de là…

Le Dingue : On parle de décroissance après un pic alors que le chiffre mentionné à l’issue de cette décroissance est supérieur à celui d’aujourd’hui. Bonjour le problème.

Démographie Responsable : De toute façon, la planète est déjà largement surpeuplée et les 8,8 milliards annoncés par cette étude pour 2100, c’est évidemment encore beaucoup trop pour une planète qui ne peut en accueillir correctement qu’à peine la moitié.

Olivier75 : Avec le réchauffement climatique que nous n’endiguerons pas, ça va baisser plus vite et plus tôt (malnutrition, maladie)…

Abandon du natalisme et politique migratoire

Abandon du natalisme : La France ne manque pas d’habitants, bien au contraire. La politique nataliste menée depuis la Libération n’a aujourd’hui d’autre finalité que d’accompagner la logique de croissance du système économique, en dopant la consommation et en équilibrant la pyramide des âges de façon à financer les retraites. Elle aggrave notre empreinte écologique et rend la vie quotidienne de chacun plus difficile. Nul ne sait vraiment aujourd’hui combien d’habitants pourraient être nourris par la seule production agricole du territoire national, avec une agriculture sans pétrole, sans engrais azotés et sans pesticides, soucieuse de la condition animale et de la biodiversité, dans un pays où 99 % de la population n’a pas de formation agricole, où les terres arables sont abîmées par la pratique de l’agriculture intensive et où il ne subsiste que 15 000 chevaux de trait. En revanche, il ressort des données de l’ONG Global Footprint Network que la France a une empreinte écologique 1,85 fois égale à sa bio-capacité, ce qui veut dire qu’à son niveau actuel de consommation, la population française utilise des ressources naturelles et produit des déchets pour une valeur supérieure de 85 % à la capacité physique du territoire à produire des ressources renouvelables et à absorber des déchets. Pour que l’empreinte écologique du pays ne dépasse pas sa bio-capacité, c’est-à-dire qu’elle respecte les capacités de renouvellement des ressources naturelles du territoire, il faudrait :

  • soit diviser le niveau de la consommation moyenne par 1,85 ce qui donnerait un smic brut mensuel de 822 € (4) à population et à répartition des revenus inchangées ;
  • soit réduire la population dans une proportion de 1,85 ce qui correspondrait à une France de 36,2 millions d’habitants (5) à consommation moyenne inchangée ;
  • soit encore réduire la consommation et la population dans une proportion cumulée de 1,85.

Régulation de l’immigration : Avec plus de 255 000 nouveaux titres de séjour délivrés en 2018 et au moins 100 000 entrées irrégulières sur le territoire national (6), l’immigration de personnes non communautaires représente, très loin devant le solde positif des naissances sur les décès, le principal facteur de l’augmentation de la population globale. Une politique de décroissance démographique ne peut ignorer l’incidence majeure des phénomènes migratoires. Elle doit comporter un volet de réduction de l’immigration légale dans ses deux composantes principales : l’accueil des étudiants étrangers et le regroupement familial. Concernant l’immigration clandestine, l’action préventive visant à empêcher l’entrée illégale des étrangers sur le territoire doit être privilégiée par rapport aux mesures ostentatoires mais coûteuses et peu efficaces de reconduites à la frontière. Propositrions

– Supprimer les allocations familiales au-delà du deuxième enfant.

– Reculer de trois ans l’âge légal du départ à la retraite pour répondre au déséquilibre financier résultant du vieillissement de la population.

– Réduire l’immigration légale en limitant les conditions de délivrance des titres de séjour, en matière d’accueil des étudiants étrangers et de regroupement familial.

– Réduire l’immigration illégale, d’une part en révisant les accords de Schengen, d’autre part en renforçant les capacités de Frontex et de la police aux frontières.

– Stabiliser la population française en dessous de 70 millions d’habitants vers 2030 et amorcer ensuite sa diminution.

(Extrait d’un texte proposé comme base de réflexion programmatique aux journées d’été de 2019 du Mouvement Écologiste Indépendant. Il n’engage que son auteur, Gilles Lacan (10/08/2019))

notes (4) En pouvoir d’achat mensuel, l’équivalent du smic en 1973 (avec la semaine de 40 heures).

(5) Soit 35 millions d’habitants en métropole, correspondant à la population française en 1842.

(6) La grande majorité des personnes entrées irrégulièrement forment une demande d’asile, ce qui permet d’en connaître approximativement le nombre.

source : http://economiedurable.over-blog.com/2020/06/pour-une-ecologie-de-la-resilience-6.html

Vomissures croissancistes sur la décroissance

Les Croissancistes croient que parce nous avons marché sur la lune, nous pouvons mettre le soleil en boîte (ITER) et terraformer la planète Mars. Fiers de leurs élucubrations, ils se soucient comme d’une guigne de l’état réel de la planète, n’ont jamais lu le rapport de 1972 sur les limites de la croissance, n’ont jamais entendu parlé de l’empreinte écologique, ne savent pas que nous avons déjà dépassé depuis des années les possibilités de la Terre, ignorent la 6ème extinction des espèces, etc. Bref les Croissancistes ne connaissent rien à rien et se contentent dans les médias de vomir sur le concept de décroissance. Exemples (citations extraites du numéro juillet-août 2020 de La Décroissance) :

– Ceux qui rêvent d’un monde en décroissance sont des ignorants qui n’ont jamais eu faim. Les décroissants veulent moins d’enfants, une planète vide et réservée à quelques happy few. Il faut lutter jusqu’au bout plutôt que d’accepter de vivre sous le joug des décroissants verts, bruns ou rouges. (sur le site de Jean-Philippe Delzol, 25 mai 2020)

– L’absurdité de la décroissance est une leçon à retirer de la galère où l’on se trouve (suite au coronavirus). Voilà ce que ça donne, la décroissance. c’est très concret la décroissance, c’est la misère. (Raphaël Enthoven, France 5, 30 mai 2020)

– On ne va pas protéger l’environnement avec de la décroissance. (Bertrand Piccard, Europe 1, 4 juin 2020)

– La pandémie est l’expérimentation en vraie grandeur de la société de décroissance prônée par un certain nombre d’écologistes extrémistes et collapsologues. Si la décroissance économique apparaît comme une méthode radicale pour réduire les gaz à effet de serre, elle représente parallèlement davantage de pauvreté et d’inégalités ainsi qu’une restriction significative des libertés. La croissance économique reste le principal levier du développement humain. (Philippe Charles, Contrepoints, 5 juin 2020)

– La décroissance est plus un poison qu’un remède. Cette idée de décroissance n’est évidemment ni responsable, ni réalisable dans la mesure où elle reviendrait à éteindre la vie doucement et éliminer toute chance d’améliorer le quotidien des habitants de la planète. (Jean-Marc Sylvestre, Atlantico, 9 juin 2020)

– Sonner l’heure de la décroissance serait une erreur magistrale. C’est une vague de préconisation absurdes, écologie punitive, recommandations malthusiennes, technophobie galopante. Tomber dans le piège de la facilité serait l’assurance du déclin. (Jean-Pierre Chevènement, L’Obs du 16 juin 2020)

– Le réchauffement de la planète est une réalité, mais pas moins que le cataclysme économique qui nous attend. Comment mener ces deux fronts à la fois avec pertinence ? Certainement pas en écoutant les apôtres de la décroissance, qui nous conduiraient tout droit au chaos généralisé. (éditorial du Figaro, 19 juin 2020)

– Ce n’est pas la peine de crier « Décroissance ! Décroissance ! » si c’est pour aboutir à une crise majeure, à un taux de chômage et de pauvreté record ainsi qu’à un bouleversement de notre mode de vie. Est-ce que l’on veut sauver le climat en tuant les gens ? (Daniel Cohn -Bendit, Le Point, 19 juin 2020)

– Je formule le souhait qu’Emmanuel Macron ait le courage de soumettre à référendum les propositions lunaires de la Convention climat : que le peuple français tranche entre la décroissance et le progrès, l’écologie punitive néo-marxiste et une écologie humaniste. (Julien Aubert, Les Républicains, 19 juin 2020)

– Nous venons de vire une expérience grandeur nature de la décroissance avec la pandémie. Les hérites new look du communisme que sont les fondamentalistes verts se sont réjouis haut et fort de ce répit accordé à la planète. Ils poussent la Convention citoyenne à plaider pour une décroissance punitive tous azimuts : décroissance énergétique, réduction de la consommation, de la production, du temps de travail, de la vitesse sur les autoroutes, des voyages en avion, de la publicité pour des grosses cylindrées. Pour imposer des mesures destinées à punir nos modes de vie, les décroissants veulent limiter les libertés. (Luc Ferry, Le Figaro, 25 juin 2020)

– Les Bobos veulent imposer la décroissance. (Michel Chassier, Rassemblement National, dans la Nouvelle République du Centre-Ouest, 27 JUIN 2020)

– Si les écologistes d’EELV étaient décroissants, les Français n’auraient pas voté pour eux ! Je tiens à vous dire que les écologistes ne sont pas décroissants. Il y a peut-être eu des branches de la pensée décroissante parmi la pensée écologiste, mais il n’y a pas d’écologie pratique qui soit décroissante ! (Esther Benbassa, sénatrice EELV, CNews, 29 juin 2020)

Commentaire du blog biosphere : Notons d’abord que tout le monde semble d’accord, de l’extrême droite jusqu’aux Verts en passant par les intellectuels. Notons ensuite qu’ils ne disent rien des décroissances économiques récurrentes que connaît le système capitaliste depuis son expansion au XIXe siècles jusqu’aux crises de 1929 et 2008. Or une récession cyclique qui peut même se transformer en dépression économique est bien l’équivalent d’une décroissance, sauf qu’elle est forcée, induite par l’expansion désordonnée du capitalisme marchand. Il ne faut pas confondre cette décroissance subie avec une décroissance voulue et maîtrisée pour revenir à un état d’équilibre durable entre l’activité humaine et les possibilités de la planète. Une société post-croissante implique que l’on décide collectivement des arbitrages entre la décroissance de certains secteurs économique carbonés et le soutien à des activités créatrices d’emploi et économes en énergie. Le résultat final se concrétisera certes pas une décroissance globale du PIB, mais la sobriété partagée peut devenir une source de bien-être meilleure qu’une addiction à l’accumulation de marchandises. De toute façon le PIB est un mauvais instrument de mesure puisqu’une pollution entraîne des dépenses pour réduire cette pollution et donc on ajoute à la fois un mal et un bien. Il est même fort possible que si on enlevait toutes les externalités négatives du PIB, on mesurerait une décroissance du système actuel. C’est ce que fait l’IBED (indicateur de bien-être véritable). Il peut être défini comme la somme [consommation marchande des ménages + services du travail domestique + dépenses publiques non défensives + formation de capital productif (investissement)] moins [dépenses privées défensives + coûts des dégradations de l’environnement + dépréciation du capital naturel]. (cf. Les nouveaux indicateurs de richesse de Gadrey et Jany-Catrice (édition La Découverte, 2005))

EELV, l’écologie au cœur de la politique

Le Conseil fédéral d’EELV a acté le 11 juillet une stratégie d’autonomie contractuelle. Dans la séquence électorale qui s’achève, les écologistes se sont montrés capables de nouer des alliances victorieuses : d’abord, on rassemble son camp pour être le plus lisible possible, et ensuite on ouvre. Fini, les vaches maigres et les combats nobles mais solitaires : l’écologie politique peut désormais parler d’égal à égal avec les autres forces politiques, notamment le Parti socialiste (PS). « Le temps où nous sommes derrière les autres est fini. Nous avons la volonté de présenter un projet dont le cœur est le paradigme écolo. Aux autres forces politiques de déterminer s’ils nous rejoignent ou pas », appuie Sandra Regol, numéro 2 d’EELV. Premier objectif, le scrutin régional programmé pour 2021. Cette étape est indispensable pour asseoir la « centralité » de l’écologie comme projet politique. Viendra ensuite le temps de la présidentielle, en 2022. Devant les piques échangées par Yannick Jadot, candidat déclaré, et Eric Piolle, le maire de Grenoble, qui ne cache plus ses envies, le secrétaire national a rappelé que le choix de leur candidat passerait par une primaire, dont les modalités seront discutées par les adhérents. Le cap est donc fixé, il faut le tenir sans se précipiter dans les coalitions et les initiatives qui rappellent trop la gauche plurielle, a fait comprendre la direction.

David Cormand  d’EELV: « Le débat politique des temps qui viennent est et sera la question écologique. L’objet à construire n’est pas « le rassemblement », l’objet politique à construire est un imaginaire, un récit et un projet nouveau qui a vocation à structurer les grands débats de l’époque. Ce n’est qu’à partir de ce paradigme que le rassemblement peut se structurer à son tour. Commencer par l’injonction unitaire, c’est à mon avis passer à coter de l’essentiel.Il y a visiblement une majorité d’EELV qui considère que l’écologie politique est centrale, qu’elle n’a vocation ni à se « normaliser » dans une dérive centriste, ni à se diluer dans un gloubiboulga de « Gauche ». Qu’une partie de la Gauche « S’écologise »… Selon la nouvelle expression à la mode, fort bien… D’abord cela reste à démontrer… Depuis toujours, nous autres écologistes, avons été suspect aux yeux de cette Gauche là de n’être pas assez « sociaux », pas assez proches du peuples… Procès instruit par les mêmes qui ont trahis la cause sociale quand ils ont été au pouvoir ses 40 dernières années Nous sommes écologistes. Notre audience nouvelle et inédite ne nous donne aucun droit, juste des devoirs. un devoir d’assumer ce que nous sommes. Avec bienveillance, sans hégémonie, mais avec détermination. Sur l’hégémonie, il faudrait d’ailleurs s’entendre sur ce que nous y mettons… Est-ce l’hégémonie Gramscienne, dans le sens de « majorité culturelle »? Ou bien l’hégémonie dominatrice partisane? Dans le premier cas, nous revendiquons effectivement de construire une majorité culturelle… En revanche, nous refusons la pratique hégémonique du pouvoir… il n’y a pas d’arrogance à prétendre assumer un projet spécifique différent des cosmogonies politiques jusqu’alors dominantes. »

Anti-Pollueurs sur lemonde.fr  :Il est en effet temps que les Ecologistes prennent le pouvoir pour enfin protéger notre santé et celle de nos enfants. Les socialistes ont été très décevants sur la protection de l’environnement (M Le Foll protecteur des phytos ou Mme Royale et sa méthode non punitive, non contraignante qui au final nous a fait perdre un temps précieux). Les dirigeants de droite semblent avoir cinquante ans de retard et paraissent encore s’extasier devant les cheminées qui fument. Quant à Macron, il nous aura bien roulé dans la farine avec ses discours sur les campagnes silencieuses. Il semble que sa priorité soit la bonne santé des grosses entreprises et des banques, pas la notre.
PMF : Si les Verts, comme ils le prétendent (ou du moins certains d’entre eux), veulent dépasser le clivage gauche/droite, ils devront s’affranchir en premier lieu de leurs démons nés du gauchisme le plus lourdingue. C’est pas fait. Les thématiques sociétales (cannabis, migrants, PMA, LGBT…) peuvent gentiment aider à faire illusion. Mais quand il va falloir s’atteler à des sujets autrement plus sérieux, l’amateurisme reprendra le dessus.

Lappreciateur: Nous vivons une époque comparable à la Renaissance. Et les dinosaures des diverses espèces politiques qui ont survécus, complètement discrédités les uns après les autres, cherchent à nous faire croire qu’ils sont les plus aptes et sont en train (ou vont d’un moment à l’autre) prendre les mesures urgentes qui s’imposent. Alors que point par point ils ne font pas que laisser la situation en l’état, ils l’aggravent. Faut-il refaire la liste ici : pollution de l’air, de l’eau, des terres, guerres endémiques et risques d’explosion mondiale du fait d’un fou de Dieu ou d’un dictateur mégalo, dégradation de la Santé : famine, malnutrition, malbouffe, Consommation déséquilibrée, de pesticides dont des perturbateurs endocriniens et des cancérigènes. Alors entre une issue EELV difficile à mettre en œuvre et la poursuite du désastre je choisis EELV.

L’autorité environnementale en panne

La démocratie environnementale, c’est-à-dire la participation du public à la prise de décision en matière environnementale, est incontestablement en recul sous l’égide de Macron. La saisine de l’autorité environnementale, dont les avis indépendants sur les impacts gênent manifestement le gouvernement, sera désormais réglée au cas par cas, le choix de la saisir ou pas étant dans les mains du préfet. Voici quelques précisions. L’autorité environnementale de la CGEDD* regroupe tous les acteurs, administrations, associations, maître d’ouvrages pour faire une étude d’impact et élaborer des propositions… Même si l’autorité environnementale n’est pas une autorité administrative indépendante comme la CNIL, la CADA ou le Défenseur des Droits, ses avis ne peuvent pas être ignorés par les décideurs car ils sont publics. Ses rapports sont très édifiants : qualités/défauts des projets, imprécision des documents présentés par le maître d’ouvrage, qualité des études d’impacts, etc. Si les promoteurs d’un projet persistent dans leurs intentions marchandes, tout ces éléments seront autant d’arguments devant le juge lorsque les opposants attaqueront les autorisations administratives. Voici quelques exemples glanés dans LE MONDE :

Autoroutes : « Il est paradoxal et juridiquement fragile que le plan de relance autoroutier, qui induit des incidences environnementales majeures, n’ait pas, à l’inverse de la plupart des plans susceptibles d’incidences environnementales, fait l’objet d’une évaluation environnementale », pointe le document de l’autorité environnementale (AE) qui synthétise ses 104 avis rendus entre sa création en 2009 et début 2018 sur les projets d’infrastructures de transport routières : « La situation n’a pas fondamentalement évolué depuis la publication du premier avis. » Au premier rang des « lacunes significatives persistantes » repérées dans « la plupart » des dossiers : les études de trafic « ne prennent presque jamais en compte les trafics induits par la création ou la transformation de l’infrastructure ».

Stations de ski : La stratégie qui vise à préserver à tout prix l’activité économique du ski est fortement critiquée par la MRAe ** d’Auvergne-Rhône-Alpes. La mission note que « le développement des domaines skiables par le haut, porteur des effets environnementaux en général les plus significatifs, apparaît motivé par une volonté d’augmenter l’attractivité économique à très court terme et ne fait pas l’examen de solutions de substitutions raisonnables ». Pour l’autorité environnementale , « certains de ces projets tels que l’interconnexion de la Croix du Sud, l’extension des domaines skiables de Val Cenis ou d’Aussois, sont susceptibles de causer des dommages très significatifs voire irréversibles, à des milieux écologiques d’une valeur exceptionnelle ».

Sites classés : La dune du Pilat, le massif du Mont-Blanc, le Mont-Saint-Michel, les gorges du Tarn ou celles de l’Ardèche, les calanques de Marseille… Tous ces sites classés – ils sont 2 700 en France, couvrant 2 % du territoire – sont-ils menacés ? Seront-ils moins bien protégés ? Un projet de décret, qui fait l’objet d’une consultation publique qui s’achevait jeudi 20 juin, propose de confier la délivrance des autorisations de travaux sur ces sites au préfet, dans un but de « simplification ». Dans l’entourage du ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, on préfère rappeler que « la décision pourra continuer à revenir au ministère pour tous les projets jugés susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement, puisque le ministre conserve le pouvoir de s’autosaisir ou d’être saisi sur chaque demande d’autorisation ».

Filière éolienne : Le Conseil d’Etat a annulé, en décembre 2017, un décret qui désigne le préfet de région comme autorité environnementale, avec pour compétence de valider les études de nombreux projets ayant un impact sur l’environnement. Ce qui concerne, entre autres, les projets éoliens.

* CGEDD : Le Conseil général de l’environnement et du développement durable est un service d’inspection du ministère de la Transition écologique et Solidaire créé en 2008

** MRAe : Les missions régionales d’Autorité environnementale (sous le sigle MRAe) ont quant à elles été créées en avril 2016 et ont repris une partie des missions d’Autorité environnementale antérieurement confiées aux préfets de région. Les plans et programmes à caractère local (SCOT, PLU, PDU, SRADT, SAGE, etc.) relèvent depuis avril 2016 du « MRAe » du CGEDD.

Remarques du blog biosphere : le droit de l’environnement est devenu un fatras immonde de sigles et d’organismes dont on se rend compte qu’ils ne servent à rien puisque leurs recommandations ne sont presque jamais suivies d’effet. Les politiciens pratiquent contre l’urgence écologique leur objectif premier, « Business as usual ». Ils peuvent le faire en toute impunité, presque aucun citoyen ne connaît « l’autorité environnementale » , une « autorité » sans autorité ! En ne comptez pas sur nous pour fêter le 14 juillet, fête des armées…

Barbari Pompili bientôt à l’épreuve du réel

« L’écologie n’est pas une option. Accélérer, c’est au cœur des priorités que le président m’a chargé de mettre en œuvre », a confirmé le nouveau premier ministre, Jean Castex. Pourtant selon le HCC « le gouvernement ne fait pas suffisamment de suivi des politiques climatiques qu’il annonce » et son « pilotage manque de fermeté ». Les grandes lois d’orientation (Egalim, ELAN, LOM), n’ont pas été évaluées au regard de leur impact sur les émissions, contrairement aux promesses du gouvernement. Surtout, la stratégie nationale bas carbone (SNBC), l’outil de pilotage de la politique climatique du pays n’est toujours pas « le cadre de référence de l’action collective. »Le gouvernement, faute d’être parvenu à respecter ses objectifs pour la période 2015-2018, a relevé les budgets carbone − les plafonds d’émissions − pour la période 2019-2023. Pour ne pas prendre la température, on casse le thermomètre !

Les solutions pour mener une véritable relance verte sont pourtant connues depuis plus de dix ans, rappelle le Haut Conseil pour le climat. Il propose soit de relancer la croissance de la taxe carbone – gelée après le mouvement des « gilets jaunes » – mais en corrigeant ses effets inégalitaires, soit de renforcer les mesures réglementaires (par exemple les normes d’émissions de CO2 pour l’automobile). Le troisième projet de loi de finance rectificative en cours de discussion à l’Assemblée nationale permettra de fixer la ligne du nouveau gouvernement sur le point crucial de la conditionnalité des aides accordées aux secteurs polluants. Plusieurs amendements seront débattus pour obliger les grandes entreprises récipiendaires de l’aide publique à baisser leurs émissions dès l’année prochaine. Une position défendue par la député Barbara Pompili lors de l’examen en commission des finances, contre l’avis du gouvernement. Reste à savoir si la position de la nouvelle ministre de la transition écologique et solidaire est inchangée.

Les commentaires sur lemonde.fr montrent que la France est partagée en deux, ceux qui estiment qu’il est urgent de ne rien faire (les imbéciles) et les écologistes réalistes :

untel : « La France n’est toujours pas à la hauteur des enjeux climatiques ». C’est encore heureux !!! Si nous l’étions nous serions des climato-dupes : ceux qui font les efforts que les autres ne font pas et qui, du coup, perdent en compétitivité par rapports à ces derniers… sans que cela ne change rien du climat. Vous vouliez la limitation du réchauffement ? Vous aurez le réchauffement et la faillite.

Davemoz : Untel, ce que vous nous proposez c’est de vivre dans un monde pollué, mais avec des sous sur notre compte en banque ? En espérant que cet équilibre débile dure encore quelques dizaines d’année sans doute. Vous me faites rêver mon cher Untel. Mes enfants certainement beaucoup moins.

jea.vie : Les visions purement françaises des émissions de gaz à effet de serre n’ont qu’un intérêt anecdotique à l’échelle de la planète. Nous sommes a peine 1% de la population et avec le nucléaire l’un des pays développés les plus vertueux en la matière. Nous émettons 2 fois moins de CO2 par habitant que les Allemands. Alors certes on adore se culpabiliser en France, mais pendant ce temps là, la Chine construit 150 GWatt de centrales à charbon…

DLB @ jea-vie : Reprenons votre raisonnement : Imaginons que vous soyez obèse et que votre médecin vous recommandeun régime draconien pour ne pas mourir prématurément. Vous, vous lui répondriez : « oui mais mon voisin est plus obèse que moi, c’est à lui de faire un régime, pas à moi ! » Collectivement nos sociétés ont encore des réflexes d’adolescent immature quand il s’agit de faire des efforts.

Philipp69 : Y en a marre de ces ayatollahs de l’écologie voulant que les Français sacrifient leurs emplois et leur niveau de vie simplement pour avoir bonne conscience. Rappelons-le une énième fois, la France c’est 0,9% de la population du monde, 2,5% du PIB mondial et 1% des gaz à effet de serre du monde. Et on voudrait qu’elle fasse des efforts considérables! Pourquoi? Pour donner l’exemple? Qui peut croire que la France va entraîner la Russie, la Chine, les E-U, le Nigeria, le Brésil ou l’Inde dans son sillage ? Quelle attitude présomptueuse que de croire que le monde nous regarde et qu’il va se sentir coupable s’il ne prend pas modèle sur nous! Bref, ces objectifs de réduction de la part dans la France dans la production mondiale de GES est à la fois irréaliste et pathologique, c’est un désir névrotique d’expiation, une haine de soi en tant qu’occidental développé et libéral.

DLB :On demande juste au gouvernement de respecter ses propres engagements, fruits d’une concertation internationale. Chaque pays peut trouver des prétextes comme les vôtres, Philipp, pour ne rien faire et dans ce cas on va dans le mur. Lisez le rapport du GIEC puisque vous avez l’air d’aimer les chiffres.

Or : Il est important de rappeler que si la France a baissé de 20% ses émissions nationales depuis 30ans, l’empreinte carbone des français n’a pas cesser pour autant d’augmenter et reste très élevée. En effet nous avons délocalisé notre production polluante en Chine mais nous avons continué d’acheter des produits polluants. Une solution, la décroissance : consommer moins mais mieux (donc augmentation des prix pour pouvoir acheter des choses produites en France selon des procédés vertueux), meilleure répartition des richesses (=forte taxation du capital) pour que la décroissance soit socialement acceptable et ne touche pas que les plus démunis et pour ça il faut un état stratège, interventionniste et protectionniste (n’ayons plus peur d’utiliser ces mots)

Thibaut : Je vous rejoins entièrement. Il faut ajouter que ce n’est pas un choix idéologique, mais purement rationnel, qui découle d’une réalité géophysique. On peut s’aveugler, s’obstiner et le retarder, mais on finira immanquablement par y venir. Plus ce sera tard, plus ce sera humainement coûteux.

Tundra Cotton : Tant que l’on ne verra pas une baisse de la population mondiale et donc du nombre de consommateurs-pollueurs, ces efforts ne servent pas à grand chose. Mais les divisions politiques, et la volonté des humains à vouloir faire des gamins, rendent une telle tendance impossible. Le facteur limitant sera donc malheureusement l’épuisement des ressources mondiales, et surtout l’accès à l’eau.

Elisabeth Borne, les petits pas de l’écologie

Le passage à la tête du ministère de la transition écologique et solidaire d’Elisabeth Borne aura duré moins d’un an. Pas plus que ses prédécesseurs l’ancienne ministre n’a réussi à mettre la protection de l’environnement au cœur des décisions du gouvernement. L’avancée des politiques écologiques dépend d’abord des capacités à gagner des arbitrages en réunions interministérielles, et de la confrontation avec des ministères toujours puissants, comme celui de l’économie ou celui de l’agriculture. Il est donc évident que ce ministère est d’une instabilité chronique et renvoie aux choix du président de la République et du premier ministre. Le premier de nos ministres de l’écologie, est nommé en janvier 1971 « délégué à la Protection de la nature et de l’Environnement ». Dans son livre-témoignage, « Le ministère de l’impossible » (Calmann-Lévy, 1975), Robert Poujade s’appuyait sur sa propre expérience pour montrer l’impossibilité d’une politique écologique au sein d’un gouvernement obnubilé par le PIB. « C’est intéressant, votre ministère. Il ne devrait rien coûter à l’Etat », entend-il dès son arrivée. « Vous n’aurez pas beaucoup de moyens. Vous aurez peu d’action très directe sur les choses. » prévient le président de la République Pompidou ! Depuis 50 ans, on constate que la situation n’a pas beaucoup évolué, et Nicolas Hulot a du démissionner du ministère de l’impossible. La nouvelle ministre, Barbara Pompili, a donc de fortes chances d’être virée par Castex si elle fait bien son boulot… Voici un bilan du ministère Borne :

Quelques semaines après son arrivée, à la mi-septembre 2019, Elisabeth Borne avait signé une lettre au PDG d’EDF qui lui donnait une feuille de route pour envisager la construction de six nouveaux réacteurs EPR. Elisabeth Borne a voulu mettre l’accent sur la rénovation énergétique, mais elle n’a pas pu aller très loin, ses marges de manœuvre ayant été très réduites. Pas plus que ses prédécesseurs Elisabeth Borne n’aura infléchi la politique du gouvernement en matière de lutte contre la pollution de l’air. Elisabeth Borne a organisé une consultation publique sur la question sensible des distances minimales à respecter entre aires de traitement et habitations. On réclamait au moins 150 mètres, son décret a retenu des distances de trois, cinq, dix, voire très exceptionnellement vingt mètres. Elisabeth Borne a transféré aux préfets de nouveaux pouvoirs de décision, ce qui a affaiblit le droit environnemental. Enfin, Elisabeth Borne a été en retrait sur la scène internationale, déléguant à sa secrétaire d’État, Brune Poirson, une grosse partie du travail et de la représentation en matière de négociations climatiques (COP, etc.). Pour conclure, Elisabeth Borne ne pouvait pas mieux faire que ses prédécesseurs au ministère de l’impossible.

Voici nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

17 juillet 2019, Elisabeth Borne, l’écologie à la pein

5 septembre 2018, de Rugy ministre de l’écologie, l’ambition au pouvoir

31 août 2018, Nicolas Hulot vivait au ministère de l’impossible

19 mai 2017, Si le 1er ministre n’est pas écolo, il y aura blocage

16 novembre 2014, Etre ministre de l’écologie, une mission impossible

29 avril 2014, Ségolène Royal, une ministre de l’écologie incompétente

14 septembre 2013, un métier à haut risque, ministre de l’écologie

24 juin 2012, éviction de la ministre de l’écologie, un PS anti-écolo

11 juillet, Journée mondiale de la population

De : Population Matters Updates : you’ll know that we’re literally counting down the days to World Population Day this Saturday, 11 July ! Cette Journée mondiale de la population a pour objet d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions démographiques. Le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a en effet recommandé, en 1989, de faire du 11 juillet cette Journée mondiale en référence à la Journée des cinq milliards, nombre d’humains atteint le 11 juillet 1987.

Les prévisions nous annoncent 10 milliards d’être humains en 2050 soit un doublement en 23 ans seulement et nous sommes déjà 7,8 milliards aujourd’hui. Une telle progression, vertigineuse, ne peut se faire qu’au détriment de toutes les autres espèces vivantes, au prix de la détérioration des sols, avec la fin programmée de toutes les ressources non renouvelables, la progression du stress hydrique, l’épuisement des ressources halieutiques, et le réchauffement climatique en prime. Le fait que l’humanité ne prête aucune attention à son nombre et laisse libre cours à l’évolution exponentielle de sa population nous amène donc nécessairement à des famines récurrentes, des guerres incessantes et même des épidémies facilitées par notre densité urbaine. Face à cette situation, il est urgent de devenir malthusien comme nous y incite l’association Population Matters au Royaume Uni et Démographie responsable en France. Pour connaître leurs objectifs :

About Population Matters : « All our environmental problems become easier to solve with fewer people, and harder – and ultimately impossible – to solve with ever more people. » (Sir David Attenborough, Population Matters patron) Our vision is of a future with decent living standards for all, on a healthy, biodiverse planet. Through our campaigning, advocacy and education work we influence policymakers, communities and individuals to make positive changes for a sustainable human population.

Le projet de Démographie Responsable : En incitant à l’autolimitation de la natalité, notre association a pour objet d’œuvrer pour la stabilisation de la population humaine et sa diminution sur le long terme. Excluant tout ce qui ne respecterait pas les droits humains ou qui remettrait en cause la liberté de procréer, notre démarche passe par l’information sur les conséquences de la pression démographique pour les générations futures, les autres espèces et l’environnement. En parallèle à cette information, nous nous donnons entre autre pour mission de soutenir toutes les initiatives en faveur de l’instruction, condition nécessaire à la compréhension par tout être humain des dangers écologiques liés à la surpopulation.

Post-covid, le tourisme de masse à la peine

Rares sont les intellectuels qui pensent du mal du tourisme, Bernard Duterme, coordinateur du livre « La Domination touristique » est l’un d’entre eux :

« Fort d’un taux de croissance annuel moyen de 4 % à 5 % depuis plus de sept décennies et de 1 700 milliards de dollars de recettes en 2019, le tourisme devrait enregistrer en 2020 une chute abyssale. C’est pourtant un secteur central de l’économie globale, 10 % du produit mondial brut et de l’emploi, premier poste du commerce international. Qui pouvait croire l’espace d’un instant que les choses allaient changer ? Qui a pu penser sérieusement que la sortie de l’abstinence touristique post-pandémie allait jeter les bases d’un grand marché du dépaysement « juste et durable » ? L’homo turisticus, assigné à résidence depuis le mois de mars, peut enfin replonger dans les délices de la mobilité de plaisance. En cela, il demeure un « privilégié » – 7 % seulement de l’humanité ont accès au tourisme international –, mais il n’en a cure. On aurait aimé que l’OMT (organisation mondiale du tourisme) saisisse l’occasion pour donner corps à ses propres intentions de « transformer le tourisme mondial et la manière dont il est pratiqué pour le rendre socialement, économiquement et écologiquement durable ». Hélas le business as usual ne souffre aucune inflexion régulatrice. L’OMT le répète aujourd’hui à l’envie : pour récupérer aussi vite que possible son rôle de « moteur de croissance », de « vecteur de développement », de « pourvoyeur d’emplois » et de « trait d’union entre les peuples », le tourisme a besoin du « soutien des gouvernements », mais certainement pas de nouvelles « entraves » qui porteraient « atteinte à sa compétitivité ». Tant pis si sa généralisation, dans ses formes actuelles, est écologiquement impossible… »*

Bernard Duterme nous donne ainsi le point de vue des écologistes. Tapez « tourisme » sur le moteur de recherche de notre blog biosphere, et vous saurez tout le mal qu’on doit penser de cette activité dévoyée du voyageur. Les commentateurs sur lemonde.fr confirment :

Bv34 : Malheureusement, tout ça n’est que trop vrai. J’ajouterais une dernière tare à ce tourisme de masse. Le remplacement de la culture par le divertissement. Les espaces touristiques sont de plus en plus sommés d’être des parcs d’attractions (et de consommation, of course).

Frog : Et il y a beaucoup de gens âgés parmi ceux qui ont recours au tourisme le plus polluant. J’ai pour ma part quelques petits motifs d’espoirs, car même avec tout l’argent du monde (que les Etats n’ont pas), le secteur le plus international devrait tout de même être sinistré pour longtemps après la pandémie.

Michel SOURROUILLE : Le touriste qui se hâte de rentrer chez lui est toujours resté étranger à ses lieux de séjour successifs et aux populations rencontrées : il se contente de remplir un album de souvenirs personnels après avoir parasité une vie sociale ou un lieu de rêve. Pour économiser la Biosphère et épargner ses communautés,  vous devez au  contraire rester des voyageurs immobiles, il y a suffisamment de moyens de communication pour faire le tour du monde dans son fauteuil, il y a suffisamment de richesses relationnelles et naturelles près de chez vous pour ne pas avoir besoin d’autre chose. Touristes de tous les pays, unissez-vous, restez chez vous.

* LE MONDE du juillet 2020: Tourisme : Le redémarrage dans “le monde d’après” s’opère selon la même logique que celle qui prévalait dans “le monde d’avant”

Frydman, promoteur infatigable de la PMA

René Frydman, promoteur infatigable de la PMA (procréation médicalement assistée) : «  Il faut dépasser les diktats idéologiques et religieux d’un groupe qui veut imposer ses croyances à tous sans faire appel à la méthode scientifique. »* En d’autres termes les partisans d’une procréation naturelle ne doivent rien opposer aux techniciens de la fécondité artificielle. Pourtant Frydman reconnaît les inconvénients de la PMA : « Le problème principal, c’est le faible taux de réussite puisque, in fine, 40 % des couples n’auront pas l’enfant désiré. Environ 60 % des embryons obtenus après PMA in vitro ne sont pas aptes à se développer, et ce pourcentage atteint 80 % chez les patientes âgées de 40 ans et plus. Vouloir améliorer les taux de succès est une problématique médicale. Le prélèvement d’une cellule embryonnaire, ou diagnostic préimplantatoire permet l’analyse des chromosomes, mais, à la différence de la plupart des pays européens, cela demeure interdit en France. Il faudrait donc que la loi l’ autorise. Le diagnostic de sexe de l’embryon ou d’autres caractéristiques non médicales ne doit pas être autorisé car seule nous intéresse de reconnaître les embryons qui n’ont aucun potentiel de développement. Pour les femmes, l’épuisement physique des femmes et les faux espoirs dévastateurs seront ainsi amoindris. »

La PMA est une technologie systémique, cloisonnée, réalisable uniquement dans une société complexe. Elle n’est pas durable parce qu’elle repose sur des moyens médicaux importants, liés à un taux d’échec non négligeable, et donc seulement à la portée de couples riches ou pris en charge par le reste d’une société très développée. Ce n’est pas ce type de société que l’écologie désire, la PMA ne devrait pas être à l’ordre du jour d’une société consciente des limites de la technique et de la convivialité nécessaire entre ses membres. Une autre manière de se reproduire est à la portée de tout un chacun, faire l’amour tout simplement, en usant de la différenciation des sexes. Une technique simple qui n’a pas besoin de l’assistance de « médecins » pour porter ses fruits.

En toutes choses, il faut savoir raison garder, c’est-à-dire respecter les limites que nous donnent la nature. Sur ce blog, nous nous interrogeons aux événements en tant qu’ils relèvent de la nature et de l’écologie. Or toutes nos activités humaines utilisent une quantité plus ou moins grande de ressources terrestres. Par exemple le sommeil et la méditation sont les activités les plus sobres qu’on puisse pratiquer, et donc les plus écologiques. On peut alors classer les techniques selon leur intensité croissante en ressources mesurées en termes d’énergie. C’est une première méthode. Rester au plus simple dans notre demande d’énergie exosomatique, c’est alléger notre trace sur la planète. Médicaliser la procréation nécessite des spécialistes alors que la fonction de reproduction n’a pas normalement besoin de porteur de chandelles. La possibilité de voir à l’intérieur de l’œuf et d’intervenir au stade le plus précoce, avec la possibilité de modifier les enfants à naître, c’est la voie vers un nouvel eugénisme. Vouloir contourner la sélection naturelle qui a donné la fécondité aux uns et la stérilité à d’autres relève d’une volonté de toute puissance de l’homme, l’hubris, liberté de faire tout et n’importe quoi au nom du « désir individuel » pour le plus grand profit du système capitaliste libéral et de ses spécialistes comme Frydman.

Pour en savoir plus sur Frydman, nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

14 avril 2018, Jacques Testard, une victime de la techno-science (Testard contre Frydman)

21 mars 2016, Marre de la PMA, marre des marchands d’enfants

5 février 2013, Un technologue face à la procréation médicale assistée

20 décembre 2012, Mariés ou pas, non à la procréation médicale assistée (Testard contre Frydman)

7 octobre 2010, non à la fécondation in vitro

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/06/rene-frydman-il-faut-depasser-les-diktats-ideologiques-et-religieux-d-un-groupe-qui-veut-imposer-ses-croyances-a-tous_6045302_3232.html

Brouhaha médiatique et démocratie réelle

Grâce à un cerveau surdimensionné, nous sommes la mesure de toutes choses, mais notre objectivité n’est que la somme de nos subjectivités humaines. Notre cortex préfrontal permet en effet de synthétiser non seulement notre propre expérience concrète, mais aussi toutes les considérations formulées par d’illustres ancêtres et des parents proches, de doctes ignorants ou des ignorants enseignants, et bien d’autres sources de connaissance qui nous apportent leurs croyances sous forme de vérités. En conséquence, nous avons beaucoup de mal à distinguer le vrai du faux, le mensonge en toute bonne foi et la foi qui trompe, l’apparence de la réalité et la réalité des apparences. D’où la difficulté d’avoir un consensus même sur des faits aussi avérés que le réchauffement climatique d’origine anthropique. D’où l’inertie politique qui se contente depuis plus de 25 ans de conférences internationales (COP1, 23…, 25, 26) sur le climat pour en déduire qu’il est urgent de ne rien faire. En France la convention des 150 citoyens tirés au sort arrive pourtant à des résultats tangibles, il suffisait de leur donner de bonne informations et de les faire travailler sérieusement. C’est ce que démontre Stéphane Foucart : « Les 150 citoyens ont bénéficié de présentations d’experts, ils ont été mis en contact avec des opinions différentes, ils ont cherché à vérifier par eux-mêmes. C’est ce qui devrait se produire dans la société, mais le brouhaha médiatique finit toujours par transformer les faits les plus raisonnables en constructions idéologiques. Il faut bien sûr ne jamais renoncer à débattre, mais contester à tort la réalité d’un problème permet d’éviter de jamais débattre de ses solutions ! »  

Les commentateurs sur lemonde.fr confirment ce diagnostic :

Michel Lepesant : Excellente analyse qui a de surcroît le mérite de relier la question écologique à la question démocratique. A contrario, il est évident que pour les partisans de l’économie punitive (celle de l’idéologie inégalitaire, propriétariste et méritocratique), un peu de démocratie c’est déjà trop.

Sennepy : Le problème de fond dans notre société c’est que la connaissance est tout autant dévalorisée que le politique, en cela l’école a failli, n’a pas été capable de former des jeunes pouvant chercher la bonne information dans le fatras de ce qui circule sur internet. Et cela est malheureusement parachevé par les réseaux sociaux qui n’ont qu’un objectif, faire du fric, du coup les mauvaises informations habillées d’un grand nombre d’avis positifs deviennent réalité et empêchent la réflexion du citoyen, ajoutez quelques populistes qui déversent leur bile et leur hargne et vous arrivez au blocage complet.

dmg : Ainsi donc, prenez un panel de Français au hasard ; confrontez-les pendant 6 mois à des spécialistes incontestables et incontestés sur des sujets compliqués et polémiques ; au final, vous aurez un consensus intelligent. Ne pourrait-on pas faire la même chose avec les journalistes ? A part quelques rares, dont l’auteur de cette chronique, ils tournent en rond sur les sujets compliqués et les montent en polémiques avec des postures dogmatiques, traités sur des modes catastrophiques, à l’opposé d’une éthique journalistique digne de ce nom, parce que ça fait vendre, construisant ainsi une opinion déboussolée, à la merci des discours extrémistes.

Frog : Bien vu. Il n’y a aucun doute sur le fait que le manque d’intérêt vis-à-vis de l’environnement vient d’un manque de connaissances claires.

Bv34 : Est-ce que ce constat, au demeurant fort juste, n’est pas un terrible acte d’accusation contre nos média ? Qui d’autres qu’eux, en effet, peut faire en sorte que les faits l’emportent auprès du public, sur l’idéologie ou les intérêts ? Il ne faut pas compter sur nos politiques, qui ont décidé une fois pour toutes, semble t-il, que les français étaient trop immatures pour leur dire la vérité…

Pessicart : On peut aussi conclure qu’un citoyen moyen n’est pas au niveau pour juger un problème d’envergure nationale. Cela pose un problème d’envergure puisque chaque citoyen pèse autant que les autres dans les élections et que la masse des électeurs n’est pas capable de comprendre les sujets en profondeur. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des populistes au pouvoir, leurs idées simples attirent les électeurs simples. S’en remettre à des experts comme dans cette convention c’est donner un porte voix à ces experts ; pour paraphraser une phrase célèbre, ces citoyens nous ont donné l’heure avec la montre des experts.

Sherlock06 : La réussite de ce débat ne vient pas selon moi de la mise en évidence de base factuelle. Cette base factuelle existe pour tout le monde. Et n’est pas nouvelle. Elle vient selon moi de deux choses : 1) cette convention citoyenne a travaillé à l’abri des lobbys (ce qui n’est pas le cas de nos parlementaires ou responsables politiques qui sont en permanence sous influences intéressées) 2) ces citoyens ont pensé au bien commun et n’ont pas cherché à privilégier « leur élection ou leur réélection » à court terme. A partir de là, des débats plus sains ont pu avoir lieu et le bien commun à long terme a pu être analysé.

Sarah Py : C’est le jeu de l’opinion qui doit interroger et sa faiblesse intrinsèque. Nous vivons le règne de l’opinion, expression de l’émotion, du préjugé, de l’esprit de contradiction et du baratin. Imaginons le contributeur ‘’ le sceptique ‘’ choisi pour cette convention. Avec une responsabilité et des obligations, serait-il toujours pourfendeur des khmers verts ?

le sceptique @ Sarah Py : je refuse le principe qu’un comité de 150 prenne en quelques jours à peine de travail utile des mesures impactant la vie de leurs concitoyens, surtout celles qui iront directement en normes par voie réglementaire (un scandale anti-démocratique). Je supporte déjà mal le jacobinisme et le centralisme des élus, alors celui des tirés aux sorts, non merci.

Michel SOURROUILLE : Alors que nos activités humaines rentrent en interférence avec les cycles vitaux de la biosphère et engagent ainsi la survie des générations futures, nous faisons comme si seul l’instant présent avait de la valeur. Comme l’animal qui se contente de son environnement immédiat, nous préférons nous satisfaire d’une vision restreint,e avec un état d’esprit limité par nos sens abusés et conditionné par la société du moment. Contrairement à l’animal cependant, nous pouvons percevoir que notre perception n’est que construction sociale, que tout est relatif et compliqué, que l’apparence n’est pas gage de réalité. La Convention citoyenne, panel à l’image d’une opinion collective bien informée, démontre que nous pouvons par cet intermédiaire essayer de percevoir le monde tel qu’il faudrait le voir s’améliorer mieux que ne le fait la démocratie dite « représentative » et ses élus souvent désinformés, soumis au jeux du pouvoir et simple relais de ce que disent les dirigeants de leur parti…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

15 novembre 2019, Sans écologisme, la démocratie part en vrille

7 octobre 2019, L’écologie sera-t-elle fasciste ?

24 mai 2019, Quelle démocratie en période d’urgence écologique ? (synthèse)

13 avril 2019, Quelle démocratie en situation d’urgence écologique ?

6 janvier 2019, Climat 2019, la démocratie à l’épreuve de l’écologie

11 juillet 2010, démocratie et écologie

9 janvier 2010, démocratie Internet et écologie

Barbara Pompili fera-t-elle mieux que Hulot ?

Le 6 juillet 2020, Barbara Pompili est nommée ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Jean Castex. Elle avait adhéré aux Verts en 2000, elle était chargée des relations avec la presse pendant la campagne présidentielle de 2002 de Noël Mamère, candidat de écologie politique. Barbara a une vertu première, elle a été longtemps proche du plus radical de nos institutionnels écolos, Yves Cochet. Durant cinq années, elle travaille avec lui en tant qu’assistante parlementaire, fonction qu’elle définit comme son métier. Elle le soutient lors de la primaire présidentielle écologiste française de 2006 et le présente comme son « père politique ». Voici ce que nous avons déjà dit de Barbara Pompili sur notre blog biosphere :

– La députée Barbara Pompili avait posé en 2012 une question écrite au ministre de l’Éducation nationale sur la pratique de l’espéranto : « L’usage de cette langue est reconnu pour son intérêt dans les échanges entre les peuples et son action en faveur de l’amitié transnationale. L’apprentissage de l’espéranto est également considéré comme relativement aisé, notamment pour les jeunes. C’est pourquoi je demande s’il est envisagé que l’espéranto puisse devenir une option facultative au baccalauréat. » Le ridicule de la réponse officielle qui laisse penser à une infériorité de l’espéranto sur le bambara laisse pantois. Notre mère la Terre a pourtant besoin de l’élaboration d’un langage commun aux humains.

– Le jeudi 23 janvier 2014 les débats de l’assemblée nationale sont consacrés à la « niche » des écolodéputés, seul jour dans l’année où le groupe peut présenter ses propres propositions de loi en séance. Barbara Pompili, avec Eva Sas et François de Rugy soutienent la modification de la loi organique relative à la programmation et à la gouvernance des finances publiques visant à la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse

– Yannick Jadot ne digère pas que Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et Emmanuelle Cosse quittent EELV le 11 février 2016 pour devenir ministres, les accusant d’« instrumentaliser l’écologie politique à des fins d’ambition personnelle ». François Hollande suit le préceptes de son mentor François Mitterrand en son temps, diviser les écologistes pour mieux régner. Sont nommés les transfuges suivant, ceux qui passent à l’ennemi, ceux qui rejoignent un gouvernement socialiste qui a amplement démontré depuis quatre années son penchant anti-écolo : Ministre du Logement et de l’Habitat durable : Emmanuelle Cosse, ex-patronne d’EELV ! Secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat et de la Simplification : Jean-Vincent Placé, ex-président du groupe EELV au Sénat. Secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité : Barbara Pompili, ex-porte parole d’EELV à l’Assemblée nationale

Début 2016 la toute nouvelle secrétaire d’Etat à la biodiversité, l’ex EELV Barbara Pompili, s’est crue obligée de défendre un amendement gouvernemental mettant en pièces le principe du pollueur-payeur. A lire l’exposé des motifs de l’amendement, le but de l’exécutif était clair : éviter, est-il écrit, « un risque juridique excessif » pour les milieux économiques. Un quasi copié-collé de la position du Medef, qui lors de l’examen au Sénat disait craindre « des risques juridiques pour les entreprises ». Tout est dit, le gouvernement socialiste de François Hollande est à la botte de l’appareil productif.

– 16 mai 2017, lendemains de la présidentielle. Pendant les cinq années à venir, l’enjeu est de pouvoir coopérer avec le nouveau président de la République . Macron a été déjà rejoint par beaucoup d’écologistes, de gauche, de droite ou du centre, Jean-Paul Besset, Barbara Pompili, Corinne Lepage, Serge Lepeltier, etc. Leur raisonnement est de faire avancer la cause écologiste à l’intérieur du parti dominant. Ce point de vue est respectable, surtout à l’heure où l’écologie diffuse dans tous les partis. L’ensemble des citoyens de ce monde est censé être ou devenir écologiste puisqu’il s’agit d’envisager les moyens de vivre en équilibre durable avec les possibilités de la biosphère.

₋ législatives de juin 2017, EELV paie ses divisions et est balayé un seul de leur candidat est en passe d’être élu … il n’avait pas à affronter un candidat d’En marche ! Le symbole de cette hécatombe est la défaite de Cécile Duflot dans la sixième circonscription de Paris, arrivée en troisième position. Seuls surnagent les écologistes qui ont apporté leur soutien à Emmanuel Macron. François de Rugy a obtenu 45,34 % des voix et Barbara Pompili arrive aussi en tête avec 40,70 % des voix.

– juillet 2019. Sous le poids des affaires, François de Rugy vient de démissionner de son poste de ministre de la social-écologie. Barbara Pompili, l’une des parlementaires LREM les plus proches de François de Rugy, avec qui elle avait été élue sous les couleurs d’Europe Ecologie-Les Verts en 2012 : « Je ne peux pas comprendre cette légèreté dans la gestion des moyens publics destinés à l’exercice du mandat parlementaire ».

SVP, ne pas confondre culturel et élitisme

Le mot « culture » est polysémique, voici d’abord son sens sociologique : la culture constitue un ensemble complexe englobant les connaissances, les croyances, la morale, les lois et coutumes, tout ce qui est issu d’une socialisation qui permet à un individu de s’insérer dans une société en adoptant son langage. Si nos phrases ont en sens pour autrui, c’est qu’elles s’inscrivent dans un jeu de langage dont les règles sont connues de nos interlocuteurs. Bref, c’est l’appartenance à une même culture qui nous fait parler et vivre notre communauté. Mais dans le sens ordinaire du mot culture, il s’agit de formation de l’esprit où on étudie les œuvres d’art et écoute de la « grande » musique, tout ce qui fait l’esprit cultivé des sociétés bourgeoises. Les activités culturelles de ce type sont en France une priorité, c’est la politique de l’élitisme pour tous. De Malraux aux politiques de la ville, on démocratise l’accès à la culture, on veut atténuer la fracture sociale. Mais la politique de l’offre culturelle n’a pas crée de nouveaux publics, les classe populaires et modestes ne se reconnaissent pas dans cette culture qui reste le reflet des seules activités de la bourgeoisie. Pourtant c’est cette dernière conception que défend Michel Guerrin (Rédacteur en chef au « Monde ») :

« Jusqu’aux municipales 2020 on se souciait peu du programme culturel des écologistes. Mais ils ont pris Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Annecy, Poitiers, Tours… Comme les villes sont le premier financeur de la création, les milieux de l’art s’échauffent. Ils ont plus à perdre qu’à gagner. Les théâtres, musées et opéras, bâtiments imposants souvent plantés au centre-ville, se taillent la part du lion dans un budget culturel municipal. Autour de 80 % si on les met ensemble. Les écologistes estiment que ces institutions attirent surtout les élites et veulent mettre l’accent sur une culture populaire, participative. Autant dire que l’argent pourrait être distribué autrement. Le monde culturel de l’écologiste Eric Piolle, en place à Grenoble depuis 2014, c’est plutôt un modèle à fuir ; l’édile grenoblois a supprimé du jour au lendemain les 438 000 euros de subvention à la formation classique des Musiciens du Louvre, il a fermé la salle de concert Le Ciel, baissé de 100 000 euros la subvention à la prestigieuse Maison de la culture MC2 (à ne pas confondre avec une MJC). Le laboratoire grenoblois explique en grande partie l’extrême méfiance du monde culturel envers les écologistes. Un pays a besoin de théâtres, musées ou Opéras prestigieux… »*

Le choc des deux cultures se retrouve dans les commentaires sur lemonde.fr :

XX : Le Grenoble bashing en action ! Dans les milieux parisiens pas de pitié pour « les tueurs » des musiciens du Louvre ! Mais personne n’est allé voir de près pourquoi ! Un orchestre coûte cher, alors s’il ne remplit pas ses missions envers la mixité d’accès à l’excellence, aucune raison de maintenir un coût aussi élevé dans une ville qui paye encore les dérives financières de Carignon ! La culture subventionnée de ce pays profite aux plus aisés. De gros efforts sont faits certes mais il faut tenter d’autres approches. Alors cessons de considérer comme des crimes de lèse majesté toute alternative!

Souabe : Ancien vert dès la fin des années 70 je considère ce parti avec une incompréhension croissante. La culture n’a jamais été « démocratique, c’est obligatoirement le résultat du travail d’un individu qu’il s’agit d’un peintre, musicien ou autres. Inviter un maximum de gens à y participer et à partager oui, détruire l’opéra et autres lieux de culture c’est du barbarisme.

Nicolas84 : Les citoyens choisissent la culture qui leur convient. Faut-il rappeler que pendant le confinement le manque d’accès à la culture était cité en dernier, bien après les bars et les restaurants ?

Jfb : Vive le rap, le hip-hop, le street-art, etc… Adieu Mozart, Molière, Verdi, etc.

6russe de 5chameaux : Pas sur que le style de vie des rappeurs trouve grâce aux écolos……. Beaucoup trop de CO2 dans la virée en avion/ lambo avec les filles peu farouches et peu vetues. Ce sera danse tantrinque à la MJC avec WE randonnée et nuit dans une chevrerie bio du Vercors.

Marabbeh : Je suis ébahi que 80% des budgets soient consacrés à des lieux culturels qui n’intéressent pratiquement que 20% des habitants d’une ville. Je fais partie des autres, ceux qui n’aiment ni théâtres, ni musées encore moins opéras, et je me réjouis de la démocratisation de la culture.

Un commentateur français @ Marabbeh, Vous que n’aimez ni théâtres, ni musées, ni opéras, mais vous gavez de chips devant des séries Netflix, vous aurez la culture que vous demandez et que vous méritez : des soirées Harry Potter sur la place de l’Hôtel-de-Ville, des lectures de Guillaume Musso sur les quais, des rétrospectives Fort boyard ou Intervilles sur écran géant, des tournois de foot de rue à gogo… Tant pis pour une certaine idée de l’art, qui s’épanouit depuis la Renaissance et a donné tant de chefs-d’œuvre. Je pleure sur la médiocrité de mes contemporains.

Peps72 0 : Tremble culture officielle d’Etat nombriliste et élitiste, ça commence à se voir qu’il existe également une noblesse culturelle privilégiée qui ne représente plus personne. Perso j’aime beaucoup le réflexe idéologique du journaliste qui dans un article de taille moyenne traitant d’un sujet aussi vaste que la culture dans les villes en général descend à un niveau de détail tel qu’il nous signale que le metteur en scène grenoblois intervient dans les prisons… non mais quelle grosse ficelle idéologique (intervenir dans les prisons = faire du social = être quelqu’un de bien = mériter les subventions de la ville = victime de fascisme si on ose diminuer ou ré-allouer les budgets). D’ailleurs le terme « populisme » utilisé par ce metteur en scène en dit plus long sur son arrogance que sur l’édile censé être visé par cette insulte…

Cartesien : Vive la culture locale! On remplace les acteurs, les chanteurs traversant Europe ou la planète en avions par des artistes locaux. Ça favorisera la diversité et évitera l’homogénéisation planétaire de la culture. Meilleur bilan carbone et dépense moindre

Fontaine : Molière, Mozart, Verdi font partie de la culture populaire. Rappelez-vous par exemple qu’en Italie l’opéra a été longtemps un art populaire et que Molière a commencé par le théâtre de tréteau. Une élite se sont appropriés ces auteurs, il faut les rendre à tous maintenant.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 septembre 2018, Le show-biz se lance dans la bataille climatique

23 mai 2017, L’écologie ne semble pas inspirer les artistes

* L’expérience de Grenoble explique en grande partie l’extrême méfiance du monde culturel envers les écologistes

2022, Macron n’ira pas au second tour

En cette période de changement de gouvernement, faisons le point. La présidentielle 2017 était centrée sur le dégagisme porté par le Front national de Marine et les Insoumis de Mélenchon, « à mort les élites, le peuple vaincra ». C’est le nouveau venu Emmanuel Macron qui a remporté la mise avec le slogan « dépassons la droite et la gauche, votez pour moi, EM, En Marche ». Une fois élu, Macron jubile : « Vous n’avez qu’un opposant sur le terrain : c’est le Front national », mot d’ordre adressé aux députés de La République en marche (LRM) le 16 septembre 2019. Neuf mois plus tard, la poussée d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au second tour des élections municipales change la donne : 28 juin, la vague verte submerge la Macronie. Désormais, le chef de l’état est attaqué sur deux fronts, à son extrême droite le Rassemblement National, et de tous les côtés les Verts. L’émergence brutale des thèses environnementales dans la perspective de l’élection présidentielle menace directement l’accession de M. Macron au second tour. Deux lignes principales de défense ont émergé. D’un côté, certains élus préconisent de verdir le programme pour capter une part de l’électorat aujourd’hui attiré par EELV. Dès le lendemain du scrutin municipal, Macron a présenté un plan pour l’environnement lors de la réception des membres de la convention citoyenne sur le climat. A l’inverse, certains députés de son aile droite préconisent de s’opposer frontalement aux représentants d’EELV, qu’il convient de caricaturer en « pastèques » – verts à l’extérieur, rouges à l’intérieur –, afin de les décrédibiliser. Hors de question pour eux de travailler avec des élus « d’extrême gauche ». La jeune députée Aurore Bergé croit bon d’alerter Macron sur un supposé péril vert, en assimilant EELV à « des gens qui sont contre les vaccins », « contre l’extension de la 5G » et « qui vont dans des manifestations indigénistes ». Face à ce dilemme stratégique entre deux voix contradictoires, le patron de LRM, Stanislas Guerini, plaide pour une voie médiane : « Contrairement à EELV, nous ne voulons pas nous contenter d’une écologie de l’incantation, mais mettre en œuvre une écologie concrète, non punitive, qui s’appuie sur la science et l’innovation, qui mobilise les entreprises, et ne renie pas les libertés individuelles. »

Quelques réactions sur lemonde.fr  à l’article « Comment Emmanuel Macron veut contrer la poussée écologiste » :

PL : Ce qui est assez effrayant dans ce genre d’article, c’est qu’il considère comme acquis que le seul souci de Macron est sa réélection et la façon dont son parti doit communiquer, et aucunement le souci de l’intérêt général. C’est un travers, grave, et qui devrait être présenté comme tel, et pas comme une façon naturelle de faire de la politique… Je trouve inquiétant de voir les journalistes banaliser de plus en plus le carriérisme et l’irresponsabilité des politiciens (Macron ou d’autres d’ailleurs).

Françoise B. : En somme, il s’agit d’avoir l’air « vert » pour contrer ceux qui le sont vraiment, afin d’être réélu. Calcul peu digne. Cela semble confirmer qu’un Président se fiche des soucis des électeurs, mais cherche à les manipuler pour rester au pouvoir.

Isto : Accablant que la seule chose qui semble les préoccuper avec l’écologie, ce sont les voix qu’elles risquent de capter. De l’écologie pro-business !

In varietate concordia : Face à l’urgence climatique – et écologique de façon générale, la réponse du gouvernement : lutter contre les écolos. Bravo. C’est parfait. De bons petits soldats au service des grands patrons pollueurs.

Francis C : « le message (de Macron) n’est pas bien passé… » Mais si, au contraire il est très bien passé : rien à faire de l’environnement, à part quelques symboles qui ne coûtent pas grand chose. La fermeture de Fessenheim comme bilan sur l’environnement…

nihaho : Ils pleurnichent que ça imprime pas. Mais si mais si, ça imprime très bien : le glyphosate tjs là, le merveilleux libre échange grâce auquel je pourrai acheter du steak canadien, les emballages plastiques interdit en …. 2040, le plan vélo doté d’une somme dérisoire, un ministre de l’agriculture contre l’introduction d’un repas végétarien dans les écoles…

Marcus : Manu n’est pas content, c’est ce qu’il redoutait: le renouvellement d’une force crédible à gauche. Lui qui s’est maladroitement évertué à faire croire que le choix politique était restreint au « progressisme » (sic) dont il serait le valeureux représentant (re sic) versus le « populisme » d’extrême-droite. IL s’est vraiment démené pour maintenir cette fiction. Hélas, ceci n’est fort heureusement plus crédible. Ses plans s’écroulent: il ne pourra plus invoquer (comme il nous l’a déjà fait en 2017) comme seul argument piteux et anti-démocratique: « moi ou le chaos ». C’est terminé et ceci est une extrêmement bonne nouvelle pour nous. Quant au si soudain engouement de Macron pour l’écologie….ouarf, no comment.

Gilles Roger : La palme d’or pour le palmipède qui cette semaine titre : « Le virage écolo de Macron : un vert à moitié vide ou un vide à moitié vert ? »

5G, technolâtres contre techno-réalistes

Les décodeurs du MONDE sont des dévots de la 5G : « Des voix de quelques scientifiques et de certains militants se font entendre. Comme la 4G avant elle et les ondes téléphoniques en général, la 5G comporterait des risques pour la santé. Sauf que ces accusations reposent sur des argumentaires bien fragiles, voire fallacieux, et illustrent le phénomène du cherry picking. » Pour compléter notre propre analyse sur L’obsolescence programmée par la 5G, voici quelques commentaires sur lemonde.fr qui montrent la virulence du débat entre les écologistes qui estiment que la société doit définir des limites à la techno-science (les techno-réalistes) et les dévots du progrès technique (les imbéciles) qui disent « amen » à toute nouveauté.

Untel : Merci au MONDE pour un vrai décodage. On n’avait pas l’habitude d’en rencontrer, sauf de nom. Les adversaires de la 5G vivront ce qu’avant eux ont vécu les adversaires de la 4G et avant eux encore les adversaires des chemins de fer.

Le Renard Masqué : Mais avant tout: avons nous besoin de la 5G? Au moins posons nous la question comme nos amis helvètes… Pour que Facebook aille plus vite sur nos telephone ? Youtube ? Des milliards de truc connectés pour faire de la pub ?

Zoee : Mauvaise question. La 5G est inévitable puisqu’ elle est internationale, la France est piégée.

The Ad : Il y a à peine 25 ans, on vivait très bien sans 1G. Et on n’avait pas perpétuellement le stress du maximum d’infos et de data au plus vite.

Chemin : Il fallait, s’en douter, après la 4G et les compteurs Linky et bien d’autres choses les casse-pieds sont encore à l’action. Quand, la presse va-t-elle arrêter de relayer ces âneries qui ne font peur qu’à ceux qui n’ont pas la chance de faire la part des choses?

XX : Je n’ai pas de compétence particulière concernant la 5 G mais ma confiance dans ces agences officielles qui sont plus au service des industriels que du public est assez limitée. Elles ont toujours 3 temps de retard sur les lanceurs d’alerte. La question par ailleurs n’est pas seulement sanitaire ou industrielle. Je ne veux pas de frigo, de lave-linge, de porte de garage connectés, autant de portes d’entrées à des intrusions dans ma vie privée, des piratages et à un asservissement croissant à des oligopoles sur lesquels nous n’avons aucun contrôle. Quant aux arguments du type tiers-monde, le jour où ces technologies seront dysfonctionnelles, c’est carrément à la préhistoire que nous retournerons si nous mettons tous nos œufs dans le même panier. Où est le débat démocratique sur ces questions ?

RLap : Les militants anti-rayonnement et quelques scientifiques militant s’opposent à tout ce qui est nouveau en mettant en avant le principe de précaution, merci Chirac. Quelques personnes, souvent âgées,sont contre toute connexion mais elles vont bientôt se retrouver bien démunis car le travail mais aussi les loisirs, les services , la consommation, etc. passeront par internet et tous les autres modes de e-connexion. Il n’y a aucun complot derrière cela, simplement un progrès extraordinaire avec quelques inconvénients qui seront éliminés lorsqu’ils apparaîtront et d’immenses avantages qui d’ailleurs ridiculisent ceux qui croient encore que la terre ne peut donner que ce qu’elle a ! Alors que l’homme et la femme! peuvent créer, produire, sans terre et s’adapter en fonction des réalités qu’ils rencontreront.

Réponse à RLap : Avec la 5G bienvenue au piratage en temps réel. La ville intelligente sans électricité et où brutalement plus rien ne fonctionne, on a eu un petit aperçu en Ukraine mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend. Et toujours les messages caricaturaux: entre « être contre toute connexion » et être un béat de la connexion tous azimuts sous la houlette des GAFA. Il y a une autre voie. J’aime beaucoup le « nul ne pourra s’y soustraire ». Pas besoin de critiquer la Chine. La surveillance et la notation généralisées se font là-bas de façon autoritaire sous le houlette du PC, et ici sous la houlette d’industriels avec une com plus élaborée et sous couvert de modernité obligatoire.

Giloup : Le Monde nous sert une information très orientée dans le sens « circulez y’a rien à voir »…  Comme si les experts à conflit d’intérêt qui peuplent les agences d’évaluation n’étaient pas militants de leurs financeurs. On pourra affirmer quelque chose de tangible quand des études sérieuses et indépendantes auront été réalisées ce qui n’est pas le cas. La meilleure façon de ne rien trouver est de ne pas chercher jusqu’à ce qu’une catastrophe sanitaire nous explose à la figure et dans ce cas les industriels se défilent et c’est la collectivité qui prend en charge les dégâts. 171 scientifiques, issus de 37 pays ont réclamé un moratoire sur le déploiement de la 5G, en attendant que les risques potentiels sur la santé humaine et l’environnement aient été pleinement étudiés par des scientifiques indépendants du secteur. Vu les enjeux cela paraît raisonnable. Dans l’immédiat il y a des hypothèques à lever. Ex Simon Green, « Hundreds of bees drop dead around ‘5G towers’ in California »Dailystar.co.uk, 2 août 2019

Pour en savoir plus sur la question technologique grâce à notre blog biosphere :

1er novembre 2019, Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

Références bibliographiques

1954, Jacques Ellul, démesure de la société technicienne

1956, Mumford, l’embrigadement technologique

1973, Ivan Illich et l’outil convivial

1988, Ellul et le bluff technologique

2008, Kaczynski contre la technologie cloisonnée

2014, Bihouix, Low tech contre High tech

2015, Mumford contre les techniques autoritaires

L’obsolescence programmée par la 5G

Il en est du rasoir électrique comme de la 5G. Comme l’exprime Nicholas Georgescu-Roegen : « Il faut nous guérir du circumdrome du rasoir électrique, qui consiste à se raser plus vite afin d’avoir plus de temps pour travailler à un appareil qui rase plus vite encore, et ainsi de suite à l’infini… Il est important que les consommateurs se rééduquent eux-mêmes dans le mépris de la mode. »  Autour de nous, toute chose s’oxyde, se casse se disperse, etc. N’en rajoutons pas inutilement avec des lames jetables ou rechargeables, ne rajoutons pas à la 3G, la 4G, puis la 5G, l’obsolescence programmée. On peut distinguer l’obsolescence technique, c’est-à-dire la perte de valeur des équipements du fait de l’apparition de nouveaux modèles imposés par l’innovation. Il y a aussi l’obsolescence symbolique, ou déclassement prématuré des objets par la publicité et la mode. Il y a enfin l’obsolescence programmée, c’est-à-dire l’introduction à dessein d’une défaillance dans les appareils. L’exemple de la 5G montre que nous créons par un nouvel appareillage technologisé plus de problèmes que nous en résolvons.

Le gouvernement a identifié la 5G comme un enjeu stratégique pour la France, mais l’utilité réelle de la 5G pour le quotidien des citoyen.ne.s n’a pas été clairement établie. D’un point de vue environnemental tout d’abord, la consommation énergétique liée aux usages numérique ne cesse de progresser, les études montrent que les gains attendus par la “dématérialisation” n’existent pas. C’est dans ce contexte qu’arrive la technologie 5G, conçue pour permettre des débits 10 fois supérieurs à la 4G qui va multiplier les occasions de collecte des données personnelles des usagers, via les nombreux gadgets “connectés” qui seront proposés à la vente. Dans cette perspective, l’obésité des données transportées par la 5G impactent d’autant l’ensemble des usages. Ce n’est pas moins de 2% d’augmentation de la consommation électrique à l’échelle nationale qui est évoquée, une fois la 5G déployée en France. Les conséquences écologiques de la 5G sont loin d’être négligeables: poursuite de l’épuisement des ressources non renouvelables, accumulation de déchets électroniques polluants et peu recyclés. Le véritable critère de mesure d’impact environnemental est l’AVC, ou “Analyse de Cycle de Vie” donnent le plus souvent un rapport d’impact de 3⁄4 de la totalité d’impact pour la fabrication de l’infrastructure et du matériel et de 1⁄4 pour son seul usage. Enfin, le fait que les opérateurs aient systématiquement bridé les anciennes technologies à chaque arrivée d’une nouvelle est aujourd’hui bien documenté, créant de fait une obsolescence programmée massive. La 5G va exiger un renouvellement complet des smartphones mais aussi d’éléments importants de l’infrastructure réseau des entreprises et des industries. La portée des fréquences de la 5G étant moins importantes, le manque de rentabilité du déploiement des antennes favorisera le développement de la couverture urbaine et exclura de fait les zones rurales, creusant ainsi encore plus la fracture numérique territoriale. Dans son rapport d’octobre 2019 sur la 5G, l’ANSES affirme d’ailleurs avoir “mis en évidence un manque important, voire une absence de données, relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels” de la nouvelle technologie. Il y aurait aujourd’hui entre 600 000 et 3 millions de personnes électrosensibles en France, bien que les estimations soient délicates au vu de la diversité des symptômes signalés.

Ni technophobe ni “techno-béat”, tel est le point de vue des écologistes. A l’heure de l’urgence écologique et sociale, on doit refuser une technologie de substitution qui augmente la consommation d’énergie et épuise un peu plus les ressources. La loi votée en juillet 2015 punit l’obsolescence programmée qui devient un délit. Une telle loi devrait permettre d’empêcher la mise en place de la 5G par le gouvernement. Pour en savoir plus grâce à notre réseau de documentation biosphere :

11 janvier 2020, La 3G évitable, 4G superflue, 5G inacceptable

26 novembre 2017, Pour résister au Black Friday, il fallait être bien armé

21 septembre 2017, Déconsommation rime avec Décroissance et Écologie

2 septembre 2014, L’obsolescence programmée bientôt punie par la loi ?

25 mars 2014, agir contre l’obsolescence programmée, enfin une loi ?

22 février 2014, Autonomie de la technique, obligation du téléphone portable

à lire, Bon pour la casse (les déraisons de l’obsolescence programmée) de Serge Latouche … (2012)

à lire, 2009 Casseurs de pub, 10 ans (collectif) (2009)

ITER, symbole de la croyance technologique

Un article dithyrambique, « Au cœur du chantier ITER, qui va tenter de maîtriser la fusion nucléaire à l’œuvre dans les étoiles ». LE MONDE du 2 juillet verse dans la technolâtrie : « L’aimant supraconducteur circulaire dit « de champ poloïdal », en provenance de Chine, de 10 m de diamètre et d’une masse de 400 tonne, arrive à Cadarache… Le coût total de ce projet international est estimé à 18 milliards d’euros… L’enjeu d’ITER (acronyme anglais de Réacteur thermonucléaire expérimental international et qui signifie « le chemin » en latin) : « Démontrer, dans la machine expérimentale que nous fabriquons, notre capacité scientifique et technologique à maîtriser la fusion des noyaux d’hydrogène, la même qui est à l’œuvre dans le Soleil et les étoiles. »… Température du plasma : 150 millions de °C, soit dix fois plus qu’au centre du Soleil… Les aimants supraconducteurs devront être refroidis à la température proche du vide interstellaire, soit – 269 °C… Un gramme d’hydrogène libère autant d’énergie que huit tonnes de pétrole… Pas de risque d’accident majeur, pas de déchets de haute activité à vie longue.. Ce serait une source d’énergie non carbonée et respectueuse de l’environnement… Dans le contexte de réchauffement climatique, de demande énergétique croissante et de recours de moins en moins viable aux ressources fossiles, la maîtrise de l’énergie des étoiles serait une très bonne nouvelle pour le devenir de la planète et de ses habitants. »

Les commentaires sur lemonde.fr ne font pas dans la dentelle :

VincentB : Très beau publi-reportage. Mais j’ai lu des articles bien moins élogieux sur ITER. Désengagements financiers qui conduisent à un allongement des délais de construction, choix d’autres pistes technologiques aux Etats-Unis… Cela fait des décennies que les promesses de la fusion sont reportées à la prochaine génération. La question est de savoir si la terre aura pris feu avant la production du premier kwh « fusionné ».

Archisauvage : Il est dommage que cet article du MONDE ne donne la parole aux nombreux scientifiques qui considèrent que cette voie est une impasse. Contrairement à ce qui est avancé, cette technologie n’est pas dans danger quand on sait que 2 kg de tritium vont être utilisés. Les dizaines de milliards injectés dans ce laboratoire (ITER ne produira jamais d’électricité) pourraient être mis à profit pour d’autres types de recherche, notamment en vue du stockage de l’électricité renouvelable.

Toto le Rigolo : C’est formidable, le génie humain n’a pas de limites ! Merci à tous ces scientifiques qui travaillent pour le bien de l’humanité

Piérick : Euh… On fait comment pour neutraliser les flux de… neutrons ?! Et, aussi, on fait comment avec la fameuse instabilité MHD de Velikov… ?! Pour info, aucun prototype en amont n’a été en mesure de résoudre ces deux « problèmes » cruciaux…

Invisio : Toujours plus gros, toujours plus cher, toujours plus compliqués, toujours plus longs à construirs. Générations après générations, les takomaks ont vu leur coût décupler, aujourd’hui il faut 35 pays très riches pour en financer un seul, et 25 ans pour le construire. Sachant qu’il ne seront opérationnels que dans minimum 2 générations, comment pourra t’on en construire un peu partout dans le monde pour répondre à la demande énergétique? C’est une très belle machine pour la recherche, mais l’équation de rentabilité semble impossible à résoudre.

Corentin : Sinon il y a un truc qui fait la même chose mais avec de quoi fournir en une heure de temps la puissance nécessaire à alimenter toute la planète pour une année, le tout sans aucun risque ni matériaux contaminés et pour un prix bien moins élevé : le soleil 🙂

Petit Pierre : La maîtrise de la fusion nucléaire de l’hydrogène pose des problèmes techniques considérables, résistance des matériaux, extraction de l’énergie etc.. L’ancien directeur d’ITER montrait l’évolution du projet jusqu’en 2100.. où peut-être on pourra avoir une production d’énergie supérieure à l’énergie que l’on met dans le tokamak pour qu’il fonctionne. Entre temps le réchauffement climatique aura fait son chemin, et ITER sera toujours un projet d’avenir, alors que l’énergie solaire qui vient de la fusion nucléaire du soleil est déjà là, disponible.

Tartifliste : Peut être est-ce séduisant pour la planète de générer de l’énergie en quantité, sans risque et sans pollution… Sauf que si la technologie tient ses promesses et est économiquement viable et concurrentielle, alors on produira plus d’énergie, donc on consommera plus d’énergie… pour faire des tas de choses qui n’iront probablement pas améliorer le triste sort de la planète !

Michel SOURROUILLE : On oublie trop souvent de dire que la vocation d’ITER n’est pas de produire de l’électricité, mais d’établir la faisabilité scientifique et technique de la fusion thermonucléaire. C’est un message biblique, demain le paradis sera notre destin. La technoscience et ses technophiles veulent nous faire croire qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir, après-demain l’innovation trouvera la pierre philosophale : la preuve, elle cherche ! Entre 2025 et 2035 pourrait être construit un prototype électrogène. Et ce n’est pas avant 2050, avec la première génération de réacteurs industriels qui n’est encore qu’une promesse, que l’on saura si le rêve n’était pas un cauchemar !! La Biosphère n’a pas besoin qu’on tripatouille ses atomes. L’espèce homo sapiens (homo demens) ferait mieux de lancer une grande campagne de méditation sur la vanité de la société thermo-industrielle.

Nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

2 mai 2007, la technique est le problème, pas la solution

4 mai 2016, ITER, Sarkozy ne sait même pas ce que c’est

17 mars 2019, Nucléaire, des risques sans alternative nucléaire