Le blé, bien plus complexe qu’un homo sapiens

Parmi l’ensemble du monde vivant, le Blé possède un des génomes les plus complexes, environ 17 Gpb (giga paires de bases, soit 17 milliard). C’est 5 à 6 fois la taille du génome humain. De son côté l’amphibien mexicain Axolotl, une espèce de salamandre, possède un génome dix fois plus gros que celui des humains. Végétaux et animaux, homo sapiens compris, ont la même origine, des acides aminés qui se sont complexifiés et répliqués grâce à leur ADN. Mais notre nombre démesuré et nos capacités technologiques démentielles nous ont fait oublier nos origines : sur la biomasse terrestre, seuls quelques pour-cents sont des animaux sauvages, environ un quart sont des humains et tout le reste, environ les trois quarts, sont des animaux vivants destinés à l’élevage.

Pour Frans de Waal*, il existe beaucoup plus de similitudes que de différences entre les humains et les animaux. Le nier pose des problèmes : « J’ai baptisé ce déni « anthropodéni ». Il nous empêche d’apprécier objectivement qui nous sommes en tant qu’espèce. Je crains que le fait de considérer notre espèce comme tellement extraordinaire ne soit la cause fondamentale des problèmes écologiques que nous connaissons actuellement. Nous pensons à l’humanité comme si elle était séparée de la nature et seule dans le cosmos. Pourtant, nous sommes une partie intégrante de la nature, et nous ne pouvons pas continuer à piller la Terre. Nous sommes aussi dépendants de cette planète que toutes les autres créatures. Quand on voit à quel point les animaux agissent comme nous, ont les mêmes réactions physiologiques, les mêmes expressions faciales et possèdent le même type de cerveau, n’est-ce pas étrange de penser que leurs expériences intérieures sont radicalement différentes des nôtres ? »

L’animalisme n’est pas un anti-humanisme, c’est simplement un constat de réalité biologique. L’intelligence des plantes ou la sensibilité des animaux font actuellement le présentoir des librairies. La science a depuis longtemps démontré que les plantes sont des êtres conscients d’eux-mêmes, doués de mémoire, capables de communiquer entre elles et avec d’autres formes de vie. Les réflexions éthiques ont contribué à reconnaître les animaux comme des êtres doués de sensibilité, voire comme des sujets ayant des droits. L’animal a des intérêts liés à ses besoins de base et des préférences individuelles. Le risque aujourd’hui, c’est que nous basculions dans un monde purement utilitaire, où la nature et les animaux sont vus comme de simples ressources. La question animale nous force à critiquer un modèle de développement fondé sur l’exploitation sans limites des autres vivants. Un tel monde conduit à la marchandisation de tout, à l’exploitation de l’homme par l’homme, à la barbarie. Il faut mettre des limites à ce qu’il est décent ou pas de faire dans l’élevage ou dan l’exploitation des sols et sous-sols. L’animalisme est un autre humanisme, un humanisme de l’altérité.

* LE MONDE science du 30 janvier 2019, « Nous n’avons plus aucune excuse pour continuer à traiter les animaux comme nous le faisons »

Sylvie Brunel, la Claude Allègre du climat

Claude Allègre a trouvé un bon successeur à ses élucubrations, Sylvie Brunel. Elle fait encore plus fort, elle nie tout, la surpopulation, les méfaits du réchauffement climatique, l’extinction des esces, les impasses technologiques, l’abêtissement de la populationIllustration de son anti-écologisme primaire: « Une planète bientôt invivable nous est prédite. Certains en viennent à détester l’humanité, au point de voir en chaque bébé une mauvaise nouvelle. Il y aurait les bons, ceux qui vivent conformément au respect de la planète, et les mauvais, qu’il faudrait excommunier, voire éliminer. La haine se déchaîne. La géographie au contraire nous invite à traiter les grandes questions de notre époque avec mesure. Nous ne sommes pas « trop nombreux ». Le surpeuplement est une notion relative, une agriculture intelligente nourrit bien plus d’êtres humains à l’hectare sans abîmer les écosystèmes que la chasse, la cueillette ou l’essartage. Mieux vaut aider l’Africain pauvre à se développer que financer des milices armées pour protéger les éléphants et les tigres. Plus le niveau de vie d’un pays s’élève, plus il se préoccupe de son environnement et plus il a les moyens de le réparer. La ressource est inépuisable car elle dépend de l’ingéniosité humaine, la capacité de réparation et d’adaptation est inépuisable… à condition d’avoir reçu l’éducation nécessaire. Non, nous ne courons pas à la catastrophe : certes les atteintes à la planète sont importantes mais nous avons désormais les moyens de la réparer. Il n’est aucune irréversibilité. La vision d’une trajectoire d’érosion de la biodiversité globale repose sur une méconnaissance de l’état réel de l’ensemble de la faune et de la flore mondiale. Dans ce milieu profondément anthropisé qu’est la ville, une nouvelle biodiversité est en train de naître. Au lieu de nous demander sans cesse quelle planète nous allons laisser à nos enfants, il faut léguer des enfants intelligents à la planète. »* Quelques commentaires bien sentis sur lemonde.fr :

Scoubi Dou : Ça fait honneur au Monde que de publier un tel article après avoir donné la parole aux marketeux de la peur climatique. Si je ne suis pas compétent pour juger de qui à raison ou tort, je peux au moins me rendre compte que les collapsologues vivent des peurs qu’ils génèrent…

Chardon Marie : Alors maintenant le nouveau truc c’est que c’est mal de tenir un discours qui est ressenti comme catastrophiste ou anxiogène par certains. Bon très bien, dans ce cas ne parlons plus s’il vous plaît des épidémies, du cancer, de la faim, de la violence, des guerres parce que ça fait bobo à mon ptit cœur tout mou. Honnêtement, cette fois je n’ai même pas terminé l’article tellement la désinformation est énorme. Rien n’est irréversible ? Mme Brunel n’a pas entendu parler de l’extinction des espèces animales et végétales, des récoltes qui brûlent sur pied, des vignes qui grillent, des arbres qui se dessèchent ?

ChP : Dormez braves gens, dormez, écoutez la chanson rassurante de Sylvie Brunel. Il n’y a pas de problème puisque tout problème a sa solution, grâce au génie humain. La chanson de S. Brunel n’est pas une bonne nouvelle. Mais c’est celle que la majorité des gens veut entendre.

Jujuke : Pourquoi dès qu’il s’agit de sciences et non plus de faits d’actualités le Monde se permet-il de publier des fake news ? Quel avenir Sylvie Brunel nous propose-t-elle ? Celui d’une terre inhabitable sous la latitude de la France mais où nous serions heureux d’aller ensemencer les prairies arctiques ? Quelle preuve avons-nous de la marge de manœuvre restante au génie humain ?

Julien Garcia : Voici un exemple typique de l’expert qui donne son opinion tout en étant en dehors de son domaine d’expertise. Mme Brunel n’est ni climatologue pour parler du caractère réversible ou non des changements en cours, elle n’est pas non plus biologiste pour pouvoir en prédire les conséquences sur le vivant, et elle se permet au passage de traiter les spécialistes du sujet d’ignorants dont l’opinion serait basée sur des connaissances incomplètes, quand bien même elle n’est absolument pas qualifiée pour détenir une telle vérité. Là est le danger, il est trompeur d’accorder une valeur de connaissance à un tel discours venant de la part d’une personne qui n’a aucune légitimité scientifique sur le sujet…

Marco Prolo : Avez-vous lu le rapport de l’Ipbes? Une espèce éteinte est une espèce éteinte pour de bon. Tout le génie humain n’y pourra rien. L’humilité est le mot qui semble avoir le moins de sens pour Sylvie Brunel.

PHILEMON FROG : Madame Brunel que l’on voyait certains vendredis dans le 28 mn d’Arte défendre l’agriculture intensive et dénigrer la révolution Bio fait ici sciemment l’amalgame entre le catastrophisme qui est un courant tout à fait marginal et le progressisme écologique qui propose mille solutions de développement durable : transition énergétique, mutation alimentaire, modification des comportements (économie, loisirs…), etc. Son combat de croisée anti-écologie, anti-bio, hostile à tout changement de notre rapport au monde, est lui-même un catastrophisme par son négativisme radical et dans sa finalité même.

cf. notre précédent article, Sylvie Brunel, la « Claude Allègre » de l’agriculture (2 mai 2015)

* LE MONDE du 26 juillet 2019, « Le changement climatique n’est pas forcément une mauvaise nouvelle »

29 juillet 2019, jour du dépassement

Ce jour, jour du dépassement ou « Global Overshoot Day », toutes les ressources renouvelables de la planète pour 2019 ont été épuisées ; pendant 5 mois, l’humanité va vivre à crédit, puisant dans le capital naturel au lieu de vivre des intérêts que la Terre nous offrait. En d’autres termes, il faudrait 1,75 planète pour satisfaire les besoins annuels de la population mondiale, ce qui est impossible dans la durée puisque nous n’avons qu’une seule Terre. Pire, le calcul de l’empreinte écologique est établi au niveau mondial ; il ne dit rien des inégalités des ponctions sur le stock. Si toute la population mondiale vivait comme celle des États-Unis, il faudrait 5 planètes Terre pour une année de consommation, 2,7 planètes pour la France et 2,2 pour la Chine. Heureusement la France veut rendre notre pays écologiquement compatible et va économiser 1,7 planètes. C’est super-Macron qui va réagir. La secrétaire d’État à l’écologie, Brune Poirson, a en effet twitter : « demain, c’est le jour du dépassement. Avec Elisabeth Borne et Emmanuelle Wargon, nous travaillons quotidiennement pour une économie circulaire à la rentrée. » C’est sûr qu’en supprimant les touillettes en plastique et en signant CETA et Mercosur, nous allons changer le cours de l’histoire… Cet échange pour aller plus loin :

Paul Rasmont : Je ne comprends pas cette notion de dépassement. Nous ne consommons pas en 2019 le blé récolté en 2020.

Qqun : Il est question de dépassement de ce que la nature peut renouveler d’elle-même, et pas de ses ressources en « réserve ». Comme quelqu’un qui dépenserait plus qu’il ne gagne et devrait puiser dans son épargne. Sauf que puiser dans l' »épargne » de la nature revient à la dégrader.

Michel Lepesant : S’il faut 30 ans pour qu’un arbre soit exploitable (de façon soutenable), vous pouvez le couper au bout de 20 ans et en replanter un aussitôt : cela s’appelle vivre à crédit sur le stock de ressources. Supposez que vous avez 30 arbres et que vous n’en coupez qu’un tous les ans : alors votre stock se renouvelle. Mais si vous en coupez 2 tous les ans, dans 15 ans vous aurez toujours des arbres (si vous en avez replanté 2 à chaque fois) mais les 2 plus vieux n’auront que 15 ans. Vous pourrez toujours les couper et dire que vous ne voyez pas le problème : vous êtes en train de vivre au crédit de vos enfants. A la place des arbres, prenez le cabillaud : https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/07/26/le-cabillaud-au-bord-de-l-effondrement-en-mer-baltique_5493603_3244.html

Mathis Wackernagel, inventeur du concept de dépassement : Après sa thèse à Vancouver, Mathis WACKERNAGEL a commencé à travailler avec William REES sur la notion de capacité de charge d’un écosystème. Au lieu de se demander combien de personnes peuvent vivre sur un territoire, ils ont inversé la question en se demandant combien chaque personne utilise de nature, puis de comparer le résultat avec la disponibilité de la nature. Ils avaient inventé l’empreinte écologique. Pour de plus amples enseignements, lire leur livre « Notre empreinte écologique » (1996)

Sur notre blog biosphere, les article antérieurs :

Le Jour du dépassement, aujourd’hui 1er août 2018

13 août 2015, le jour du dépassement des limites

Le jour du dépassement, 19 août 2014 : tous aux abris !

Aujourd’hui 22 août 2012, le jour du dépassement

le jour du dépassement, 27 septembre 2011

Fortnite lobotomie, oublier la réalité

Le jeu Fortnite a remplacé les gadgets de l’année (shambala et autre scoubidous, hand spinner et bracelets brésiliens) dans les cours des écoles élémentaires. On y joue ‘forteunaïteu’ pour de faux en vrai ! Ce jeu phénomène rassemble pourtant 250 millions de joueurs. Pour la finale de la première Coupe du monde, 200 joueurs se sont affrontés les 27 et 28 juillet 2019. Le gagnant est parti avec 3 millions de dollars. On en fait des tonnes sur l’âge de Greta thunberg, égérie écolo de 16 ans… Personne ne s’insurge que des participants étaient mineurs mais « déjà connus du monde des jeux vidéo ». Les éliminatoires de cet epicgame (le jeu consiste à éliminer autrui pour rester seul sur une île !) étaient ouvertes aux 12 ans et plus ! Fortnite lobotomie, oublier la réalité et formater la jeunesse ! Les éliminatoires (le jeu consiste à éliminer autrui pour rester seul sur une île !) étaient ouvertes aux 12 ans et plus ! La société spectacle utilise l’informatique et bien d’autres supports pour manipuler la jeunesse. Il s’agit de faire le vide dans le cerveau pour boire du Coca Cola et s’enfermer dans sa chambres devant un clavier. Il faut bien que certains s’engraissent, Fortnite génère jusqu’à 300 millions de dollars de chiffre d’affaires certains mois. On joue l’apparence de la gratuité… avec possibilité d’effectuer des achats dans le jeu appelé « freemium ».

Du pain et des jeux, est-ce cela qui permettra à nos jeunes d’affronter tout ce qui ressemble à un effondrement probable de notre mode de vie ? Faut-il oublier le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources, l’extinction des espèces, le stress hydrique, la raréfaction halieutique, la dégradation des sols ?

Comment s’occuper autrement ? Il y a de très bons livres écrits pour éveiller les consciences, et beaucoup de jeux de société sans écran. Nos jeunes peuvent même comme Greta Thunberg faire la grève scolaire pour le climat plutôt que s’abrutir devant leur console de jeux…

Le sauvage vit-il son dernier soupir ?

Virginie Maris : « Les notions de catastrophe écologique, d’effondrement et de rupture sont entrées dans les médias généralistes. La nature sauvage, cette part du monde que nous n’avons pas créée, disparaît sous nos yeux. L’avidité humaine se paye directement par la consommation gloutonne des milieux naturels, brûlant des forêts immémoriales pour y faire pousser de l’huile prête à engraisser nos tartines et booster nos voitures. Le tissu vivant se mite par le maillage de nos routes et nos rails. En France métropolitaine, nous ne protégeons véritablement que 1,3 % du territoire. On artificialise l’équivalent d’un département tous les onze ans.La croissance économique n’est que l’autre face de l’effondrement écologique. « Maître et possesseur de la nature » ? Mais c’est d’un monde en ruine queles riches prennent le contrôle un champ de bataille miné de leurs armements (biocides, polluants, CO2). Et pourtant, le sauvage n’a pas dit son dernier mot ! Déjà le béton des cités se fend sous la force des racines, les rivières endiguées débordent, la terre s’échauffe. Il nous rappelle la vanité de l’ingénierie humaine : antibiorésistance, invasions biologiques, maladies infectieuses, dérèglement climatique…

Pour se détourner de la trajectoire macabre dans laquelle nous sommes engagés, il faut accepter de décoloniser la nature. Un tel projet prendra des formes nombreuses et l’une d’entre elles, la plus radicale peut-être mais aussi la plus urgente, est de soustraire de grands espaces à l’influence humaine : ne pas construire, ne pas développer, ne pas organiser. Combien sommes-nous aujourd’hui à souhaiter cette rupture ? Ne sommes-nous pas infiniment plus nombreux que les technophiles, nous qui croyons qu’un monde sans vie sauvage ne vaudrait finalement guère mieux que la fin du monde ? »*

Qu’il est doux de rêver à une insurrection des consciences ! Pour en savoir plus sur Virginie Maris, lire :

philosophie de la biodiversité (petite éthique pour une nature en péril)

* LE MONDE du 27 juillet 2019, « Un autre monde semble disparaître, cette part que nous n’avons pas créée : celui de la nature sauvage »

Revenu universel de solidarité, le débat

Alain : Le « Biosphère-Info » n° 388 sur l’association « TECHNOlogos » qui lutte contre l’esclavage de la technique et son hégémonie sur la vie humaine met en lumière la nécessité du revenu universel de solidarité que Michel Rocard défendait à la fin de sa vie. Je dois dire que j’ai profondément été choqué par le fait que « biosphere » puisse s’opposer à une telle mesure de survie alors que nous sentons que les algorithmes vont déposséder le plus grand nombre, non seulement de leurs droits et de leurs facultés, mais aussi de leur travail et de la démocratie participative à laquelle nous sommes attachés. N’y a-t-il pas là une « urgence écologique » à mesurer et à définir dans un nouveau contrat social, pour ne laisser personne sur le bord du chemin de la solidarité et de la dignité humaine, en utilisant « le contrat naturel » de notre brillant philosophe aquitain Michel Serres ? Aussi, j’attire votre bienveillante attention sur son article paru dans « Philosophie Magazine » de septembre 2017 qu’il intitule « la dialectique du maître et du robot » où il parle du travail qui peut disparaître et comment nous devons nous y préparer.

Biosphere @ Alain : nos rapports ont toujours été sincères, cela va donc jusqu’à « supporter » qu’on puisse avoir un avis assez opposé sur une question, c’est pas grave. D’autant que le revenu universel n’est qu’une infime partie des problématique contemporaines. Notre position de fond sur toutes les questions qui se posent actuellement, c’est que si l’économique étouffe le social on est déjà perdant, mais si le social étouffe l’écologique on va obligatoirement au désastre. En effet ce sont les ressources de la terre qui nous permettent de manger et acheter toutes les autres bricoles. Or le niveau de vie du Français moyen a déjà besoin de deux ou trois planètes, niveau qu’il est donc impossible de conserver sur la durée. D’où le fait qu’il nous faudra arriver un jour ou l’autre à l’idée de rationnement collectivement décidé, ce qui s’appelle aujourd’hui au niveau individuel « simplicité volontaire ». Toute distribution d’une manne généreusement distribuée par l’État va à l’encontre de cette évolution car cela est synonyme du toujours plus, et pour le revenu « inconditionnel » d’un toujours plus sans aucune contre-partie. L’écologie, c’est le sens des limites, pas la corne d’abondance. Quant aux algorithmes et autres fadaises contemporaines sur la fin du travail, la descente énergétique qui va se révéler brutale car nous n’avons rien fait pour nous y préparer, va faire basculer notre conception de la robotique capitalistique (utilisant beaucoup de capital technique) au travail manuel généralisé. C’est-à-dire qu’on va passer d’une société à énergie exosomatique à une société où il faudra compter sur ses propres forces dans tous les sens du terme.

Quant à Michel Serres, il souffre de dissonance cognitive. Avec « Petite Poucette » (pour la capacité de la jeunesse à envoyer des SMS avec son pouce), il se présente comme un dévot du progrès technique comme il y en a encore partout actuellement. Il croit que « Petite Poucette n’aura pas faim, pas soif, pas froid, sans doute jamais mal, ni même peur de la guerre sous nos latitudes… Et elle vivra cent ans. » Il prolonge les tendance passées de la « révolution techno-industrielle » sans considérer que notre civilisation thermo-industrielle est au bord de la rupture ; nos générations futures connaîtront le sang, la sueur et les larmes. Il croit que la situation actuelle de farniente peut se poursuivre indéfiniment : « La campagne, lieu de dur travail, est devenue un lieu de vacances. Petite Poucette ne connaît que la nature arcadienne, c’est pour elle un terrain de loisirs et de tourisme dont elle doit se préoccuper. » Mais d’un autre côté, et c’est là sa dissonance, Serres est au courant que la planète va mal : « On est entré dans l’ère de l’anthropocène et de l’hominescence, l’homme étant devenu l’acteur majeur du climat, des grands cycles de la nature. Savez-vous que la communauté humaine, aujourd’hui, produit autant de déchets que la Terre émet de sédiments par érosion naturelle… L’avenir de la planète, de l’environnement, du réchauffement climatique… tout est bousculé, menacé. » Entre deux choses contradictoires, le péril d’un côté, le bonheur de l’autre, les humains choisissent généralement la loi du moindre effort, croire encore aux lendemains qui chantent. C’est alors la grande question, pour les parents et les enseignants : que transmettre entre générations, le sens des limites prôné par écologie ou l’illusion qu’on peut tout avoir sans rien faire (le revenu universel) ? Serre prenait l’exemple d’un candidat au concours de l’Ecole normale qui était interrogé sur un texte du XIXe siècle qui parlait de moissons et de labourage. Le malheureux ignorait tout ce vocabulaire ! Il conclut : « Nous ne pouvions pas le sanctionner, c’était un Petit Poucet qui ne connaissait que la ville. » D’autres pédagogues comme nous ont un avis contraire, les pratiques du passé doivent être connues sur le bout des doigts. Il y a maintenant des jeunes qui sortent de classes prestigieuses et ont compris l’avenir : ils se lancent à l’encontre de leurs diplômes dans l’artisanat ou la permaculture car là sera le contenu principal de nos futures études… et de nos revenus d’activité.

Revenu universel d’activité… ou inconditionnel

Le revenu universel d’activité, promesse faite par Emmanuel Macron lors du lancement du plan pauvreté, regrouperait en une prestation unique l’ensemble des minima sociaux, revenu de solidarité active (RSA), allocation de solidarité spécifique (ASS, perçue en fin de période d’indemnisation du chômage), allocation aux adultes handicapés (AAH), allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, l’ancien minimum vieillesse) ainsi que la prime d’activité et les différentes aides au logement. Ce big bang des aides sociales met en jeu des sommes énormes : 48 milliards d’euros, dont 18 milliards pour les seules aides au logement. Un objectif de cette réforme est de conditionner les aides sociales aux efforts d’insertion sur le marché de l’emploi. Pour Marianne Louis, déléguée générale de l’Union sociale pour l’habitat, « Se loger, c’est un droit fondamental,. Et il me semble curieux que l’on conditionne ce droit à une recherche d’emploi. »*

Ce « revenu universel » (ou synthèse de l’existant) ne doit pas être confondu avec le revenu de base ou d’existence, « universel et inconditionnel », soutenu par la droite libérale et paradoxalement par la gauche et le mouvement des Verts. Sur cet aspect lire nos articles antérieurs :

14 janvier 2017, B.Hamon et Y.Jadot, pour quel revenu d’existence ?

21 octobre 2016, Revenu de base, une considération non écologique

8 janvier 2016, Revenu de base inconditionnel et société marchande

11 mai 2014, Vincent Cheynet écrit contre le revenu inconditionnel

28 décembre 2013, le Revenu d’existence, universel et inconditionnel ?

* LE MONDE du 24 juillet 2019, Les acteurs du logement inquiets du futur revenu universel d’activité

Des médicaments à dose homéopathique

Quarante-cinq députés de tout bord disent « non au déremboursement de l’homéopathie » dans une tribune publiée par Le Journal du dimanche du 21 juillet 2019. La commission santé d’EELV va dans le même sens : « Déremboursement de l’homéopathie : il y a danger ! » Pourtant la décision de déremboursement est déjà prise. Qui a raison ? Pour les uns l’effet placebo est psychologiquement efficace, pour les autres c’est scientifiquement sans effet mesurable. Les deux discours ont chacun leur cohérence et on voit bien qu’il n’y pas consensus possible. Il faut donc dépasser le dualisme si on veut prendre une décision politiquement fondée. Voici les questions qu’il faudrait se poser :

– L’homéopathie est-elle un cas particulier ou un simple aspect des médicaments ayant un faible Service médical rendu (SMR) ?

– Faut-il médicaliser tous les aspects de notre existence ?

– Pour être plus proche des rythmes naturels, ne faudrait-il pas le plus possible permettre à son corps de se soigner par ses propres moyens ?

– En démocratie, le citoyen doit-il s’attendre à une aide de l’État dans tous les domaines ou doit-il prendre ses responsabilités ?

– Comment agir pour lutter contre le déficit structurel de la Sécurité sociale ?

– Si l’écologie politique recherche la sobriété partagée, combien de médicaments méritent une prise en charge collective ?

– Si l’écologie politique était au gouvernement, quelle serait sa défense de l’intérêt commun ?

– Comme on doit justifier sa décision, quelle serait l’explication donnée aux citoyens ?

– L’écologie politique revendique-t-elle plus d’État ou moins d’État ?

– L’écologie politique repose-t-elle sur une démarche scientifique ou est-elle de l’ordre de la croyance ?

Nous demandons à nos fidèles commentateurs de répondre à une ou plusieurs de ces questions… Merci. Pour quelques données supplémentaires, lire sur notre blog biosphere :

5 juillet 2019, L’homéopathie est-elle écolo ?

2 octobre 2009, trop de médicaments ?

5 septembre 2008, médicaments sans pub

L’écologie a besoin d’une spiritualité

À l’âge de 9 ans, en Inde, Satish Kumar quitte sa famille pour devenir un moine jaïn : « Selon la tradition indienne, un enfant n’est pas un adulte sous-développé, comme on a tendance à le croire en Occident, mais il a une claire compréhension de ce dont il a besoin. Mon père est mort alors que j’avais 4 ans, un moine jaïn que j’interrogeais m’a répondu qu’il était possible d’échapper au cycle de la vie et de la mort en renonçant au monde. Alors, contre l’avis de ma mère et de mes frères, j’ai prononcé mes vœux et j’ai rejoint un monastère jaïn.J’ai été initié aux deux préceptes d’une existence en marche vers son accomplissement. La non-violence, d’abord, est le principe de vie suprême. Ne fais pas le mal, ni à un autre, ni à la nature, ni d’abord à toi-même. C’est une sorte d’amour, prends soin du monde extérieur et de ton monde intérieur. Et le deuxième grand principe spirituel est celui du non-attachement. Je suis en relation avec les êtres et les choses, mais je ne m’en approprie aucune. Je ne suis pas un être englué. La chaise sur laquelle je suis assis est une bonne chaise, j’aime cette chaise, je la remercie. Mais, pour autant, je n’affirme pas qu’elle est à moi et que personne ne peut la prendre. Quand je veux m’en aller, je la quitte. L’attachement est un fardeau qui ne t’apporte que malheur : «ma» femme, «ma» maison, «ma» mère, «mon» argent, «mon» job, «moi, moi, moi» ! Or même le moi ne m’appartient pas. Il est tissé de non-moi : de ces cinq éléments universels, selon la tradition jaïn, que sont la terre, l’eau, l’air, le feu et la conscience. Si j’oublie cela, je me condamne à vivre dans la séparation d’avec la nature, d’avec les autres et finalement d’avec moi. La diversité n’est pas séparation : nous procédons tous d’une réalité unique qu’est la nature. Voilà pourquoi nous devons agir sans violence ni attachement envers elle, afin de la laisser être.

Pourtant j’ai quitté le monastère. J’avais 18 ans lorsqu’un ami m’a transmis en secret l’autobiographie de Gandhi. Lui aussi prônait la non-violence et le non-attachement, mais à la différence du jaïnisme, il affirmait que ces principes devaient s’exercer dans le monde, et non pas hors du monde : en faisant de la politique, en participant à la vie économique, en s’investissant dans l’éducation. Cette lecture a eu sur moi l’effet d’une révolution spirituelle. Une nuit, alors que tout le monde dormait, je me suis enfui du monastère. Et j’ai rejoint un ashram gandhien.L’ idée que nous sommes tissés de nature nous est devenue étrangère : les Occidentaux se vivent comme en exception de la nature… Mais l’hypothèse Gaïa, de James Lovelock, énonce que l’ensemble du vivant sur la Terre forme un superorganisme qui s’autorégule harmonieusement. Si l’on accepte cette idée, nous devons sortir d’une vision mécaniste où chaque cause aura un effet déterminé. Il y a des effets de feedback et de boucle : une interdépendance constante, comme on s’en rend compte aujourd’hui avec le désordre climatique. Cette vision scientifique de Lovelock doit être complétée par la vision éthique d’Arne Naess, philosophe norvégien et fondateur de la deep ecology (écologie profonde). Les plantes, les animaux, les rivières et les montagnes ont un droit intrinsèque à vivre. Il n’y a pas un sujet «homme» et un objet «nature». Il n’y a que des sujets ! Et tous dépendent les uns des autres. L’homme est à la fois l’observateur et l’observé. Avec Lovelock et Naess, nous commençons à nous approcher d’une science, que j’appelle de mes vœux, qui ne serait pas séparée de la spiritualité. J’étais en quête d’une trinité capable d’incarner notre nouvelle histoire : un paradigme neuf dont nous avons besoin pour penser les défis qui nous attendent. La trinité française «Liberté, Égalité, Fraternité» est magnifique, mais ne vise que l’homme et oublie la nature. Quant à la trinité new age du «Mind, Body, Spirit» (l’intellect, le corps, l’esprit), elle néglige la société. D’où ma proposition : «la Terre, l’âme, la société» (Soil, Soul, Society). J’entends certains dire : «Je m’engage pour l’écologie.» D’autres : «L’urgence, c’est le combat pour la justice sociale.» D’autres encore : «Je médite car seul l’éveil spirituel compte.» Ça ne peut pas marcher ! Comme nous l’enseignons au Schumacher College, nous devons faire les trois à la fois : prendre soin de la Terre, c’est prendre soin de son âme ; prendre soin de son âme, c’est se donner les moyens de s’engager de manière juste en politique, et ainsi de militer en retour pour une société favorisant la vie de l’âme et la préservation de la nature. Car le changement ne viendra pas du sommet – dirigeants politiques ou multinationales -, mais de la base : d’une prise de conscience des gens ordinaires. Je reste convaincu que nous pouvons aller vers une société meilleure. Mais ça ne peut pas être un objectif mesurable, planifiable, maîtrisable. C’est un voyage : un pas après l’autre, une action après l’autre. Attentif à ce qui, imprévu, émerge et nous appelle.

La «révolution de l’amour», comme on disait du temps de ma jeunesse, doit commencer par un acte de paix envers soi-même. J’admire Greta Thunberg, mais je l’ai mise en garde : si tu agis par peur, tu seras forcément déçue par le résultat de ton action. Cela ne se passe jamais comme on veut. Alors que si nous agissons par amour, chacune de nos actions, même la plus quotidienne, est un accomplissement, une joie, elle se suffit à elle-même. Agissons en confiance. Nous réussissons ? C’est un cadeau de l’univers ! Nous ne réussissons pas ? Cela valait malgré tout la peine d’être fait. Il s’agit donc d’agir, mais sans s’attacher au résultat ? » (source, Mme Le Figaro, 22 juillet 2019)

Deux lectures pour une formation à l’écologie spirituelle :

Pour une présentation de la spiritualité de Satish Kumar, « Tu es donc je suis – une déclaration de dépendance » (1ère édition 2002, Belfond, 2010) :

http://biosphere.ouvaton.org/de-2000-a-2006/1260-2002-tu-es-donc-je-suis-une-declaration-de-dependance-de-satish-kumar-parution-francaise-belfond-2010

La présentation de « Small is Beautiful » d’Ernst Friedrich Schumacher a été faite par Satish Kumar dans son livre« Pour une écologie spirituelle » (Belfond, 2018), lire :

BIOSPHERE INFO, Small is Beautiful

Après les homosexuels et les trans, les fluides

L’écologie scientifique constate que les escargots et les lombrics sont hermaphrodites, mais dans la plupart des espèces sexuées on naît mâle ou on naît femelle. Par contre pour l’espèce humaine, qui prend ses constructions cérébrales pour des réalités, on ne naît pas homme ou femme, on le devient par la socialisation. Certains profitent de cette faille potentiellement anti-nature pour entretenir la confusion entre les deux problématiques suivantes : l’ordre biologique, fondé sur la différence de sexe et la complémentarité en vue de la reproduction, et l’ordre culturel qui institue des inégalités de pouvoir selon le sexe d’origine. Or qui dit différence ne dit pas inégalité. Cette confusion est entretenue par un article* de Catherine Vincent dont on peut comparer les deux argumentations :

nature : il existe une catégorisation binaire entre masculin et féminin.

culture : le terme « fluidité de genre » englobe tous ceux qui ne se sentent ni tout à fait homme ni tout à fait femme, ou à la fois homme et femme, ou encore homme né dans un corps de femme ou inversement. Depuis deux ans des étudiants viennent faire part (à leur enseignant es genres) de leur impossibilité ou de leur refus de se voir assigné à un genre. Un nombre croissant de personnes réclament que le « M » ou le « F » puisse être remplacé par un « X » (pour « neutre ») sur leur certificat de naissance, comme l’autorise la ville de New York depuis début 2019.

synthèse : Le concept de genre apparaît pour la première fois dans les années 1950, sous la plume du psycho-sexologue américain John Money, qui utilise l’expression « gender role » pour distinguer le statut social de l’homme et de la femme de leur sexe anatomique. Cette idée est reprise par les féministes, qui s’en emparent pour interroger la domination masculine. Les filles ne sont plus tenues de jouer les midinettes, ni les garçons les fiers-à-bras. MAIS une dizaine d’années plus tard, le psychiatre américain Robert Stoller forge quant à lui la notion de « gender identity » pour étudier les personnes trans, qui ne se reconnaissent pas dans le sexe assigné à leur naissance. La philosophe Judith Butler se démarque en 1990 du féminisme traditionnel en remettant en cause la bipolarisation entre homme et femme. No limit, tout peut s’inventer, tout devient possible, le genre devient fluide. Au plan technique, la prise d’hormones pour un changement de sexe est plus facile à obtenir qu’auparavant… Quelques réactions sur lemonde.fr :

Buber : Le livre de Jean François Braunstein (La Philosophie devenue folle) indique que la personne qui a permis à John Money de lancer ses théories s’est suicidé et voulait revenir à son sexe masculin d’origine. Dans les années 80, il y a eu une épidémie de « personnalités multiples » aux E-U, une catégorie mise en circulation par certains psys. Aujourd’hui les fantasmes de certains sont les profits de certains médecins et l’on voudrait accuser ceux qui sont sceptiques de tous les maux (réacs, homopobes…).

vivement demain : Confusion des genres, ou confusion des esprits ? Une habile propagande dans notre société qui n’aime rien tant que la transgression et l’individualisme, des assocs revendicatives efficaces, et une pensée quelque peu totalitaire (et simpliste au fond dans son propos). Et pourquoi ? Pour constater que des gens, pour changer de sexe et contester la nature, prennent… des hormones. Ça s’appelle un médicament, et c’est fait pour soigner une maladie…

Alta : L’article dit, « Il est essentiel de laisser nos enfants s’épanouir dans différentes directions sans les contraindre au nom de la biologie. » Autant je comprends l’idée de ne pas foutre un enfant dans un carcan sans dialogue et contre son gré, autant je trouve ça inconscient de laisser tous les gosses « s’épanouir dans différentes directions » sans jamais oser leur donner des normes, des codes. L’éducation, c’est aussi d’imposer et de modeler. Qu’une femme puisse se sentir masculine ou inversement, aucun problème, mais l’absence de genre ressemble plus à une immense confusion et à une construction inachevée du Moi qu’à une libération des carcans sociétaux.

Simon : Quand on veut nous faire passer 0,0000001% de la population (qui a toujours existé) pour un mouvement sociétal, c’est un peu gros quand même.

Max Lombard : Prochaine étape de la fluidité d’espèce, si j’ai le sentiment d’être un rhododendron, alors je suis un rhododendron.

* LE MONDE du 20 juillet 2019, Le genre gagne en fluidité

Greta Thunberg, le climat face aux députés

La Suédoise de 16 ans a prononcé devant les députés le 23 juillet 2019 un discours sur l’inaction climatique aux côtés d’une climatologue. Le président des députés LR, Christian Jacob : « J’aurais préféré que l’on mette en avant les scientifiques du GIEC, l’Assemblée nationale a vocation à prendre en compte l’avis d’experts. » La climatologue et membre éminent du GIEC Valérie Masson-Delmotte répond a cette contre-vérité : « Jusqu’ici, je n’avais pas été invitée à l’Assemblée. Ce sera le cas mardi, et j’en suis très reconnaissante au mouvement des jeunes pour le climat : grâce à eux, le message des scientifiques retient davantage l’attention. Or le moindre demi-degré compte. Chaque année où l’on n’agit pas implique un changement climatique plus important à l’avenir. » Pour mieux comprendre l’inertie des politiques, rappelons cet événement d’il y a près de treize ans. Une (petite) partie des députés français avait assisté le 11 octobre 2006 à la projection du documentaire d’Al Gore consacré au réchauffement climatique, « Une vérité qui dérange ». Au sortir de la séance, une sénatrice des Verts rappelait que « le Parlement français a voté à l’unanimité en faveur de l’application du protocole de Kyoto, mais nous n’avons concrètement changé aucune de nos politiques ». Le centriste F.Bayrou appelait les politiques à renoncer à leur approche habituelle par étiquette droite/gauche car, avec l’affrontement politique, il ne peut plus y avoir d’action continue contre le changement climatique.

Aujourd’hui les réactions disproportionnées de certains politiques contre la venue de Greta démontrent que l’aveuglement climatique est toujours présent malgré la canicule qui frappe la France. L’eurodéputé du Rassemblement national Jordan Bardella dénonce « la dictature de l’émotion » et une « nouvelle forme de totalitarisme ». Guillaume Larrivé : « Faire la grève de l’école, je ne peux l’approuver. » Le député (LRM) de Paris Sylvain Maillard dit de même, « Faire la grève de l’école, quel triste symbole ». Le député Julien Aubert, également en lice pour la présidence LR comme Guillaume Larrivé, qualifie la jeune suédoise de « Prix Nobel de la peur » : « Pour lutter intelligemment contre le réchauffement climatique, nous n’avons pas besoin de gourous apocalyptiques, mais de progrès scientifique et de courage politique. » A La France insoumise (LFI), le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière avait fustigé l’« hypocrisie » consistant à faire cohabiter dans la même journée le vote sur le CETA, « un accord climaticide », selon lui, et la venue de Greta Thunberg. Julien Aubert tenait le même raisonnement, « Le jour où vous ratifiez l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada [CETA], on invite une égérie qui permet de regarder ailleurs. On nous invite à écouter une prédication qui repose sur des présupposés. C’est du spectacle, de la mystification.  » La LRM Peyrol : « Mes héros à moi ne sont pas comme Greta, ce sont des agriculteurs, des chefs de PME qui essaient de trouver des solutions .» Pour résumer la réponse de Greta Thunberg, cette phrase : « C’est très triste que les gens soient si désespérés qu’ils inventent des choses. On dirait qu’ils ont plus peur de moi et des manifestations des jeunes que du vrai problème, à savoir le réchauffement climatique ».

Faisons la synthèse avec cet Éditorial du MONDE (24.07.2019) : « Par son message « Vous me volez mon avenir », Greta Thunberg incarne la mobilisation spontanée d’une génération qui réalise que la planète dont elle hérite est menacée par un mode de vie, de production et de consommation incompatible avec la croissance démographique… A l’urgence médiatique, on ajoute la dimension générationnelle. Il faut être politiquement aveugle – et l’état de notre débat public montre que nombre de nos élus le sont encore – pour ne pas comprendre que la protection de l’environnement est aujourd’hui un ressort fondamental dans l’électorat .Parce que cette préoccupation transcende les clivages traditionnels, son expression politique n’est pas encore aboutie ; mais la mobilisation citoyenne est réelle, comme l’ont prouvé les importantes manifestations de jeunes.. »

ensavoir plus, Al Gore aux avants-postes de la lutte climatique

A qui appartient l’Amazonie ? à Jair Bolsonaro

Jair Bolsonaro face à la presse étrangère : « L’Amazonie est au Brésil, pas à vous ! » Après deux cents jours à la tête du Brésil, Jair Bolsonaro assume : « Je suis là pour accomplir la mission de Dieu. » Et si d’aventure des maux existent dans le pays, la faute en revient en intégralité à ses prédécesseurs, de droite comme de gauche. Quand l’Institut national de recherches spatiales du Brésil publie des statistiques toujours plus effrayantes sur le niveau de déforestation, le président répond qu’il fera convoquer le directeur de l’organisme, qu’il soupçonne de travailler pour le compte d’une « ONG ». Quant aux populations autochtones, Jair Bolsonaro répond qu’ils vivent « comme des hommes préhistoriques ».Vivant dans un monde peuplé de « socialistes », de « corrompus » et de « fake news », Jair Bolsonaro reste néanmoins confiant quant à la capacité qu’a le peuple « de distinguer le vrai du faux ».

Au-delà de ce trumpiste d’Amazonie, la question de fond reste cruciale : à qui appartiennent les ressources naturelles ? Pour les intérêts globaux comme la nécessité des puits de carbone face au réchauffement climatique, il faut considérer l’Amazonie (et les autres forêts) comme des espaces à sacraliser car favorisant le bien commun planétaire. Pour le pétrole, les pays moteurs de la civivilaiton thermo-industrielle ne se sont jamais posé la question de l’appropriation. Est-ce que le pétrole de l’Arabie Saoudite appartient aux Saoudiens et Saoudiennes ? A la dynastie Saoud qui ne règne que depuis 1932 ? Au roi en exercice Salmane ben Abdelaziz ? Aux Etats-Unis qui ont protégé la dynastie des Saoud ? Aux compagnies pétrolières internationales ? Ou à Dieu puisque le Coran est partie intégrante de la constitution Wahhabite ? En fait le pétrole, offert gratuitement par mère Nature, appartient d’abord au sous-sol et secondairement à l’espèce humaine. Jamais on n’aurait du l’extraire pour le brûler, et comme on ne l’a pas fait, on se retrouve devant le problème amazonien ! Quelques réactions subsidiaires sur lemonde.fr* :

Léon : L’Amazonie est à nous ! Ben non, comme le Sahara, l’Amazonie est multinationale. Elle est partagée entre le Brésil, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, la Colombie, le Venezuela, la Guyana, le Surinam et … la France. Le Brésil en détient 63%. L’Amazonie n’est donc pas « brésilienne ».

Ma Tzu : L’ oxygène appartient à tout le monde !

Pierre K : Puisque Bolsonaro est, selon ses dires, si croyant, on devrait lui rétorquer que l’Amazonie, comme toutes les richesses naturelles, sont à Dieu et non au Brésil, que les hommes qui l’habitent depuis toujours, sont ses frères. Que fait le pape? Mais bon… ce christianisme n’est que façade ou instrument d’oppression comme il l’a été trop souvent.

Dmg : Voyons les choses en face. La société libérale hyper-capitaliste est une invention occidentale. Elle s’est accaparée la totalité de la planète et mène l’humanité entière à vitesse accélérée à sa destruction. Ce qui nous gène chez Bolsonaro, c’est qu’il veut piller son pays pour lui-même, pas pour nous.

jamaiscontent : Sur l’Amazonie, ce grand ami de l’humanisme et de l’environnement a apporté une réponse claire à sa façon aux béni-oui-oui européens encore persuadés que les accords de libre échange obligeront ce pays à respecter des normes en matière environnementales… Tous ceux qui nous vendent l’accord UE-Mercosur comme une possibilité de faire progresser l’accord de Paris ne pourront plus nous mentir impunément.

U. Zée : Un procès pour mise en danger de la vie d’autrui est-il envisageable contre un homme qui massacre le poumon de la planète sous prétexte qu’il lui appartient ?

Woudi Kherenc : Peu de chance de faire entendre raison à un mec persuadé qu’il est là « pour accomplir la mission de Dieu »…:

* LE MONDE du 21 juillet 2019, Jair Bolsonaro, L’Amazonie est au Brésil, pas à vous 

Conquête spatiale, rêveries extraterrestres

21 juillet 1969 UTC, Neil Armstrong, devient le premier humain à marcher sur la Lune. On s’en fout. Décembre 1972, Eugene Cernan reste le dernier humain à avoir marché sur la Lune. On s’en fout. La Lune, c’est un ciel d’un noir absolu, une lumière solaire écrasante, une amplitude thermique de 300 °C entre le jour et la nuit, une surface bouleversée, une poussière abrasive qui s’incruste partout, des particules qui vous irradient. Aucune utilité. La Lune est un monde désert, sans vie, dont le seul intérêt est de nous avoir fait visualiser que notre Terre est bien la seule oasis au sein de l’univers atteignable. Alors retourner sur la Lune, pour quoi faire ? Trump continue de prendre ses désirs pour des réalités ; au début du mois de juillet, il avait tweeté : « Avec tout l’argent que l’on dépense, la Nasa ne devrait PAS parler d’aller sur la Lune – nous l’avons fait il y a 50 ans. Ils devraient se concentrer sur les choses plus grandes que nous faisons, y compris Mars ». Alain Cirou, directeur de la rédaction du magazine Ciel & Espace va dans le même sens : « Il y a aujourd’hui un vrai besoin d’un projet qui enthousiasme et fasse rêver. » La NASA projette depuis quelques années un retour vers notre satellite dans le but de la conquête de Mars. L’envoi direct depuis la Terre d’un vaisseau vers Mars étant difficilement concevable, à cause de la masse énorme qu’il faudrait propulser vers la Planète rouge, ledit vaisseau serait assemblé au LOP-G (Lunar Orbital Platform-Gateway). À la question « retourner sur la Lune, pour quoi faire ? », les décideurs répondent « comme base de départ pour aller sur Mars ». Très intéressant. Mais… aller sur mars, pour quoi faire ?

L’homme n’est pas fait pour vivre dans l’espace, les radiations solaires le lui interdisent à jamais. Les radiations subies par les cosmonautes provoquent des aberrations chromosomiques et l’apesanteur fait que les gènes impliqués dans le système immunitaire, a formation des os et la réparation de l’ADN ne remplissent plus correctement leur rôle. Aujourd’hui les humains préfèrent la conquête à la stabilité, le déséquilibre plutôt que la vie en harmonie avec un territoire déterminé. Vive la con-cu-rrence et le con-flit. Neil plantait avec Buzz Aldrin sur la lune un drapeau américain, geste nationaliste significatif. La fusée a d’abord été inventée pour la guerre, ainsi des V2 mis en œuvre par les Allemands à la fin de la seconde guerre mondiale. Il s’ensuit une compétition entre nations : comme l’URSS socialiste avait lancé le premier spoutnik dans l’espace en 1957, l’Amérique capitaliste a voulu poser le premier homme sur le sol lunaire. En fait la guerre des nations a été remplacé par le goût de l’exploit techniciste au prix d’une débauche de ressources non renouvelables.

MAIS l’humanité a atteint les frontières de son monde, il n’y a plus d’expansion possible. Il y a d’ailleurs fort à parier que lorsque nous aurons les moyens technologiques de nous lancer dans de longs voyages spatiaux, nous aurons atteint un tel niveau de destruction des ressources de la terre que tous les projets extra-terrestres seront jugés déraisonnables. Il faut maintenant reconnaître que nous n’avons qu’une Terre et qu’elle est bien trop petite pour assurer nos fantasmes. L’humanité a trop souvent rêvé de nouvelles frontières, il est temps de se réveiller sur une planète exsangue. Que les humains gèrent au mieux leur propre territoire, qu’ils se contentent pour le reste de contempler la lune et les étoiles. Et à chacun ses propres rêves dans son sommeil, cela ne coûte rien.

Sur notre blog le 28 août 2012, Neil Armstrong, un pas sur la Lune, rien pour la Terre

Voiture électrique pour tous, faut pas rêver

Production de 333 différents modèles et de 4 millions de véhicules rechargeables dans l’Union européenne en 2025. C’est l’estimation d’un rapport, comme si la voiture électrique était l’avenir de l’homme ! Les industriels auraient prévu d’investir dans les cinq à dix prochaines années 146 milliards d’euros dans le véhicule électrique et les batteries ! Cela fait penser à tous les plans foireux du type « avion supersonique », on se lance parce que c’est à la mode et techniquement réalisable. Mais on ne considère ni l’état de la demande future, ni le coût financier et écologique, ni la possibilité de produire suffisamment d’électricité de manière renouvelable pour un véhicule à la disposition de chaque ménage. On a une pensée hors sol, motivée par des considérations politiques : « pour faire face aux exigences de réduction de CO2 prescrites par l’Union européenne dès 2021, les industriels n’ont d’autre choix que de se lancer massivement dans le véhicule rechargeable ». Et bien entendu on compte sur les contribuables pour financer cette erreur manifeste. Le rapport suggère en effet « une politique fiscale proactive : mesures d’incitation pour les flottes par une surtaxation des véhicules thermiques associée à une baisse de TVA pour l’électrique, aides financières à l’achat concentrées sur les ménages modestes… Elle insiste aussi sur l’importance d’un déploiement d’une infrastructure de charge omniprésente, universelle et d’usage simple et pratique ». Car franchement vous vous voyez faire la queue à la prise électrique pour recharger pendant 1/2 heure votre voiture sur une aire d’autoroute le 1er Août ? Vous vous voyez réclamer à corps et à cris la construction de nombreuses centrales nucléaires du type EPR ? Vous vous voyez continuer à être complètement dépendant de la voiture pour faire vos courses ? Quelques extraits déjà parus sur notre blog biosphere :

24 octobre 2017, La voiture électrique nous empêche de voir l’essentiel

…« Seule une foi aveugle dans le progrès technique nous permet de croire que demain seront résolus de très vieux problèmes, notamment : le poids de la batterie (250 kg pour 100 km), la lenteur de la charge (dix heures en moyenne), le fait que le véhicule électrique ne se révèle supérieur au thermique sur le plan de l’émission de CO2 qu’après 100 000 km. Comment alimenter avec des énergies non polluantes un marché qui serait en 2030 d’un milliard de véhicules ? Comment faire face à l’arrivée massive d’un nouveau mode de consommation électrique sinon par la centrale thermique, ou nucléaire ? Les citadins gagneront peut-être un air pur mais la planète perdra à coup sûr. »… (Alain Gras)

9 février 2015, La voiture électrique de Ségolène Royal est très sale

… Pour mémoire, l’Observatoire du nucléaire a contraint les principaux constructeurs de voitures électriques à retirer les mots « propre » ou « écologique » de leurs publicités, en particulier parce que le rechargement des batteries est effectué en France à 75% par de l’électricité nucléaire. Par ailleurs, l’Ademe a montré que, même pour les émissions de CO2, la voiture électrique n’est pas plus vertueuse que la voiture thermique. D’autre part, la ville de Berlin a considérablement assainit son air en imposant des conditions draconiennes aux voitures thermiques et non en tentant vainement de remplacer la peste (voitures thermiques) par le choléra (voitures électriques)…

29 juin 2014, Ségolène Royal et le fiasco de la voiture électrique

… Le projet de loi sur la transition énergétique (18 juin 2014) fait la part belle aux voitures électriques en prévoyant 7 millions de points de recharge en France d’ici à 2030…    Le problème de Ségolène Royal, c’est le soutien aveugle qu’a apporté l’actuelle ministre de l’écologie à la voiture électrique quand elle était aux commandes en Poitou-Charentes. La Chambre régionale des comptes (CRC) d’Aquitaine révèle le gouffre financier qu’a creusé le soutien « important et inconditionnel » de l’ancienne présidente du Poitou-Charentes à un projet de voiture électrique qui s’est terminé par la mise en liquidation de la société Eco & mobilité. Au mauvais choix stratégique s’était ajouté une gestion financière opaque…

9 mars 2013, Zoé, véhicule électrique tout public, fiasco assuré

Jean-Michel Normand est le journaliste du MONDE préposé aux bagnoles. Il nous présente Zoé*, la première voiture électrique « grand public ». Voici le commentaire de Biosphere.

Normand : « Renault a investi 4 milliards d’euros dans les véhicules « zéro émission » de gaz à effet de serre. »

Biosphere : Un vélo est aussi un véhicule « zéro émission » dont les frais de conception sont amortis depuis longtemps.

Normand : « L’embonpoint de Zoé (1,4 tonnes) s’explique par la présence de près de 300 kg de batteries. »

Biosphere : Le ratio 1 ou 2 personnes de 60-80 kg pour un véhicule de 1400 kg… Pas terrible quand on sait qu’un vélo ne fait que 20 kg environ et un tandem pas beaucoup plus !

Normand : « Son moteur développe l’équivalent de 88 ch, délivre des accélérations vigoureuses et immédiates. »

Biosphere : Ah ! le mythe de la vitesse. La réalité de demain obéira aux principes « moins vite, moins loin et moins souvent », au rythme de nos pédales.

Normand : « Magie de la fée électricité ! »

Biosphere : illusion de l’électricité qui est produite à 70 % dans des centrales nucléaires et nécessite des kilomètres de fils. Il s’agit d’une technique hétéronome, extériorisée, alors que le vélo permet l’autonomie, n’ayant besoin que de la force physique du cycliste.

Normand : « Opter pour une électrique, c’est laisser vibrer une corde sensible environnementale. »

Biosphere : Miracle du greenwashing qui fait passer un véhicule super polluant pour une voiture propre. Quelle nocivité pour produire tous ses composants ? Quel recyclage ? Quelle durée de vie des batteries ?

Normand : « Le succès ou l’échec de Zoé permettra de savoir si l’époque est prête à tourner la page du moteur à essence. »

Biosphere : Nécessité fait loi. Avec une énergie qui deviendra de plus en plus cher étant donné la déplétion des hydrocarbures, l’avenir est au vélo.

Normand : « Les ventes dépendront de la profondeur des convictions des consommateurs et de leur capacité à changer leurs habitudes ».

Biosphere : Ce jour-là 21 octobre 2008, LE MONDE avait fait un long reportage sur de pauvres malheureux qui avaient passé « huit semaines sans voiture ». Il s’agissait d’une expérience inoubliable pour les quatre personnes concernées. Le sapeur-pompier : « Avant, je pensais voiture ». Une salariée de banque ajoutait, « J’étais intoxiquée ». Un réalisateur de télévision concluait: « Après dix jours de sevrage, je n’éprouvais aucun symptôme de manque ! » Pourtant la journaliste Nathalie Brafman osait en dernière phrase : « Même si elle dort pratiquement tout le temps au parking, la voiture, c’est la liberté. Et la liberté, ça a un prix ! » Non, Nathalie, la voiture n’est pas une liberté mais un esclavage, une pompe à pétrole et un perturbateur de climat. Non, Jean-Jacques, la voiture électrique n’est pas un substitut fiable au moteur thermique.

* LE MONDE du 19 juillet 2019, Raz de marée de voitures électriques d’ici à 2025 en Europe

La justice protège le nucléaire

La justice a interdit à Greenpeace de s’approcher des convois de déchets nucléaires, voici les réactions (presque) unanimes pour saluer sur lemonde.fr cette décision :

Gerard Grunblatt : 10 contributions a 14h34 ce samedi toutes très négatives pour Greenpeace. Il semble donc que Greenpeace n’ait pas la faveur des lecteurs du Monde intéressés par ce sujet. Bonne nouvelle

Reggio : Si les militants de Greenpeace avaient mis autant d’énergie (!) a combattre les fossiles qu’ils en ont mis pour le nucléaire, peut être que nous n’en serions pas là où nous en sommes : 410ppm CO2, augmentation de 2%/an en progression, seuil des très très gros emmerdements à 500…C’est dans pas bien longtemps…et ça va faire très très mal…

JJ14 : Si Greenpeace voulait vraiment faire quelque chose d’utile pour l’environnement, ils bloqueraient les livraisons de charbon aux centrales thermiques allemandes.

Untel : On devrait aussi s’interroger sur le bilan de Greenpeace. Depuis qu’ils font, pardon, leur cirque, à quel résultat concret cela a-t-il mené ?

pierre guillemot : On comprend que ces organisations qui appartiennent au monde du spectacle (se faire voir pour que les donateurs se réjouissent) opèrent en Europe, et en France en particulier, et pas dans les pays sans caméras, ni dans les pays où les forces de sécurité ne sont pas inhibées. Aux USA, on ouvrirait le feu sur les envahisseurs de centrales atomiques et la police viendrait vérifier que les cadavres sont tombés ã l’intérieur de la clôture.

Dmg : Les déchets nucléaires, c’est un des totems des zécolos : si on démontre qu’on sait les transporter, les traiter, les stocker, l’essentiel de leur argumentaire délirant s’effondre. Et donc, ils font tout leur possible pour nuire à la bonne marche du processus,

Orion : Excellente décision de la Justice !! Greenpeace se croit au-dessus des lois de la République depuis trop longtemps. Il était plus que temps de mettre fin aux actions dangereuses de ces idéologues anti-nucléocrates de service. Les faits sont qu’il y a 19.000 convois par an et aucun accident à déplorer. Cela doit certainement gêner cette ONG…

Diryan : 19000 convois par an et pas d’accident, qu’en dites vous, messieurs de Greenpeace. Et que proposez vous comme énergie pas chère en remplacement. C’est vrai que les gilets jaunes dans la rue, ce n’est pas votre problème. D’ailleurs, on ne vous a pas entendu beaucoup à ce sujet.

Bernard Naud : N’en déplaise à Greenpeace ces convois entre le site de la Hague et Valognes ne sont point cachés. Il faut savoir que des combustibles irradiés qui arrivent à La Hague, 97% sont récupérés afin d’être réutilisés, les 3% restant, les fameux déchets, sont vitrifiés sur place puis stockés en attente d’un stockage définitif ….

jacques Fauvet : Greenpeace sert à faire vivre sa bureaucratie et à rien d’autre

Dupanloup : A quand une grande enquête sur les ong élues par personne proches de l extrême gauche pro immigration évidemment contre le nucléaire alors que cette energie est la plus propre du moment

MD : Enfin, on se rend compte du danger de ces ONG anglo-saxonnes. Quels sont leurs buts réels ? D’où vient l’argen t?

Elzéard : le « danger de ces ONG anglo-saxonnes » ? Oui, sans doute : de la peinture orange sur un convoi est extrêmement dangereux alors que les « colis » de déchets radioactifs qu’il transporte sont eux totalement anodins nos enfants pourront en témoigner…

Michel SOURROUILLE : Je suis très étonné de l’unanimité anti-Greenpeace des commentaires, à croire que le lobby du nucléaire a rameuté ses troupes dès la sortie de l’article. Accuser Greenpeace de ne pas agir dans d’autres domaines que le nucléaire n’est pas un argument, aucune association environnementale n’est totipotente. Par contre aucun commentateur n’envisage les différents problèmes posés par le traitement des déchets, le démantèlement, le coût de l’EPR, etc. Dire qu’il n’y a pas d’accident ferroviaire, c’est occulter Tchernobyl et Fukushima ! Le financement de Greenpeace est inattaquable, pas de subventions, uniquement des donateurs, des bénévoles et une administration réduite au minimum. Il faudrait que les commentateurs nous indiquent le coût démesuré du nucléaire subventionné par l’État depuis de Gaulle.

le Survivalisme selon Piero San Giorgo

Quelques citations pour mieux comprendre le survivalisme :

– Je ne veux pas vous faire peur, mais je crois que la convergence des immenses problèmes auxquels l’humanité fait face et d’une culture et d’un leadership défaillants rend la catastrophe inévitable.

– Ce que l’on conçoit comme une complexité technologique est en réalité une simplification des flux. Une seule espèce cultivée en monoculture est certes efficace mais va épuiser le sol de ses éléments nutritifs, faciliter l’érosion et finalement détruire rapidement ce sol, et pour longtemps. L’efficience est la route la plus rapide vers l’enfer.

– Nous consommons les ressources de la planète pour acheter avec de l’argent que nous n’avons pas des choses de mauvaise qualité, dont nous n’avons pas besoin, fabriquées par des ouvriers surexploités, pour impressionner des gens que nous n’aimons pas et pour finir dépressifs, insatisfaits et malheureux.

– Au lieu de chercher à faire rouler une voiture avec autre chose que du pétrole, il serait temps de réfléchir à un mode de vie sans voitures.

– Si vous avez la liberté de pouvoir choisir entre 50 types de céréales mais ne pouvez choisir de voter qu’entre deux ou trois partis politiques aux programmes semblables, en fait nous n’avez aucune liberté réelle.

– Cette ferme est tenue par une communauté d’anciens babas cool écolos et leurs enfants. Ils ont tout ce qu’il faut, de l’eau, des panneaux solaires, un très grand potager, un élevage de chèvre. Ils ont recueilli une vingtaine de personnes. Le patriarche explique que la violence ne résout rien et que l’esprit est plus fort que les armes…. La ferme fut occupée par un gang de motards. Tous les habitants furent torturés puis tués, les femmes furent violées, les stocks pillés et la ferme brûlée.

– Une arme à fort impact psychologique dissuasif est le fusil à pompe : le clic-clac caractéristique de celui-ci lorsqu’on charge une cartouche est généralement suffisant pour que les agresseurs se calment et quittent la zone.

– Ses amis milliardaires qui étaient restés à Saint Tropez se sont fait attraper par une horde de chômeurs affamés alors qu’ils essayaient de se rendre, par convoi de limousines, à l’aéroport de Nice. Il paraît que la vue de leurs corps pendus aux réverbères était terrifiante.

– Un voleur de volaille s’est fait attraper et a été immédiatement jugé par le chef coutumier du village. Il a été lapidé. On ne plaisante pas avec la nourriture. C’est trop important.

– Appréciez les vieilles technologies. Les outils d’antan qui fonctionnaient sans électricité et qui étaient inusables sont ceux dont vous avez besoin. Apprenez à faire les choses par vous-même. Soyez frugal et souvenez-vous du mode de vie de vos grands-parents. Apprenez à être en phase avec la nature et à suivre les saisons.

– La survie, ce n’est pas les choses qu’on accumule. C’est des compétences qu’on acquiert.

– Bien qu’au moins 60 % de la population mondiale ait disparu en moins de deux ans, il reste de l’espoir.

– « Il n’est rien au monde d’aussi puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » (Victor Hugo)

Piero san Giorgo in Survivre à l’effondrement économique (édition le  Retour aux Sources, 2011)

Le survivalisme, pour résister à l’effondrement

Quel que soit l’avenir, je préfère y faire face entouré de gens de ma communauté locale que je respecte et que j’aime, les gens à qui je fais confiance et sur qui je sais que je peux compter. Nos rapports de proximité mesurent notre vraie richesse. Les collapsologues dans leur dernier livre* précisent : « Chez certains survivalistes, l’heure est à la création de Bases autonomes durables, de lieux propres à assurer l’autonomie de ses occupants après l’effondrement. Chez les transitionneurs, il y a tendance à l’écovillage, d’apparence moins renfermé sur lui-même. Chez les zadistes, les BAD sont appelées ZAD (zones à défendre). Constituer des communautés, c’est se rendre compte que l’union fait la force. Si l’on pousse un pas plus loin cette démarche, on ne peut que souhaiter la constitution de véritables réseaux des tempêtes (selon Joanna Macy, faisant des ponts entre ZAD, BAD et autres écovillages… afin d’augmenter nos capacités de résilience et à diminuer les chances de nous étriper. »

Nous pensons que là est la véritable solution aux crises socio-écologiques qui s’annoncent de plus en plus violentes. On peut rajouter bien d’autres expressions comme communautés de résilience, villes en transition, biorégions, municipalisme, etc. L’idée générale est de promouvoir la relocalisation, les circuits courts, l’autonomie alimentaire et énergétique, la démocratie des petit groupes… Les intentions sont parfois différentes mais le projet reste le même: tout à l’ancienne, décroissance et frugalité. Les différences tiennent à la mentalité : on peut rassembler en communauté des membres d’une secte plus ou moins apocalyptique, des partisans de la loi du fusil, des pacifistes ou des racistes, des végétaliens ou des anthropophages, etc. Les humains ont mille et une manières de concevoir les rapports avec leurs semblables. Le fait à souligner, c’est que les médias commencent à s’emparer des thèses apocalyptiques au travers, comme d’habitude, un mouvements présenté comme extrême, le survivalisme.

« Issu de l’anglais survival, le terme a été inventé dans les années 1960 par Kurt Saxon, un libertarien xénophobe proche du parti nazi américain. Mais aujourd’hui les (néo)survivalistes se préparent à l’effondrement de notre civilisation. Le sociologue Bertrand Vidal a analysé ce mouvement dans « Survivalisme. Etes-vous prêts pour la fin du monde ? » (Arkhé 2018). Construire un abri en forêt, apprendre à se passer d’électricité, maîtriser les techniques de chasse et de pêche, savoir purifier l’eau et reconnaître les plantes sauvages comestibles : tel est le nouveau credo de ce retour à la terre teinté de catastrophisme. Comment s’étonner que l’extrême droite rôde autour de ce mouvement protéiforme ? »** Sur ce blog, nous préférons l’exemple d’Yves Cochet, effondriste assumé qui est parti tout seul se réfugier dans une longère près de Rennes : « Il fallait ne pas être trop proche de la ville, parce que les citadins iront saccager ce qu’il y a autour. » En complément sur notre blog biosphere :

1er décembre 2018, Biosphere-Info, le numéro qui annonce la fin d’un monde (effondrement/catastrophe/apocalypse)

26 mars 2018, Devenir survivaliste ou résilient en cas de catastrophe (salon du survivalisme)

* Une autre fin du monde est possible (Vivre l’effondrement, et pas seulement y survivre) de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle

** LE MONDE du 11 juillet 2019, La tentation du « survivalisme » ?

Les enfants face à l’effondrement global

 Vous êtes inconséquents, rétrogrades, vous avez sacrifié la planète, affamé le tiers-monde ! En 80 ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espè es vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulets élevés en batterie chaque année dans le monde, et les gens crèvent de faim ! Historiquement, vous êtes la pire génération de l’histoire de l’humanité et un malheur n’arrivant jamais seul, vous vivez hyper-vieux ! »

De ce constat tenu devant un groupe du troisième âge, sidéré, voici ce qu’en dit un livre* préparant à l’effondrement : «  Comment peut-on faire des enfants dans ce monde dévasté ? D’un certain point de vue, élever un enfant dans cette société est un acte absurde, voire égoïste et polluant. D’un autre point de vue, enfanter est un acte d’amour et un acte de responsabilité dans un monde où il y aura peut-être la place pour 8 milliards d’êtres humains sobres et à l’écoute de tout le vivant. Tant qu’il n’y aura pas d’organisation collective de la natalité. (une question extrêmement dangereuse dans le contexte politique et culturel actuel), le choix d’enfanter restera entièrement relégué à la sphère individuelle et privée. Or il se trouve que trois de nos plus jeunes fils sont des « enfants de l’effondrement » : ils ont été consciemment désirés après notre prise de conscience de collapsologues. L’effondrement et tous ses chiffres sont des concepts froids. Mais pour eux nos mots sont chauds, nous allons les aider à construire du sens. Ce qui compte, c’est la manière dont nous racontons l’histoire, les émotions. L’effondrement-métamorphose fait partie de leur paysage mental, ainsi que celui d’un nombre croissant de leurs ami.e.s de leur génération. Certains ont peur de l’avenir, d’autres moins et d’autres pas. Tout enfant a besoin de protection et de soutien, mais il a aussi besoin de vérité ! Il est connu que face à la mort et à la souffrance, les enfants sont souvent bien plus sages que beaucoup d’adultes. »

Pour ce livre qui est censé nous faire passer de la collapsologie à la collapso-sophie, difficile de traiter la question malthusienne de façon plus superficielle. Rappelons ce qu’écrivait pourtant un des auteurs, Pablo Servigne, dans un livre de 2014 : « « Le modèle World3 de l’équipe Meadows (aussi appelé Rapport au Club de Rome) avait modélisé qu’un « effondrement incontrôlé » de la population mondiale surviendrait très probablement au cours du 21ième siècle. Selon le scénario « standard », celui où rien n’est fait pour modifier la trajectoire de la société, l’effondrement de la population s’amorcerait aux alentours de 2030, quelques années après un effondrement de l’économie. Or, les données réelles montrent que c’est précisément ce dernier scénario que nous avons suivi depuis 40 ans… La question d’un contrôle de la natalité est toujours urgente. Si elle n’est pas traitée, alors se posera très rapidement la question de la mortalité « incontrôlée ». Si nous ne pouvons aujourd’hui envisager de décider collectivement qui va naître (et combien), pourrons-nous dans quelques années envisager sereinement de décider qui va mourir (et comment)? »

* Une autre fin du monde est possible (Vivre l’effondrement, et pas seulement y survivre) de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle

** Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie), collectif sous la coordination de Michel Sourrouille

Elisabeth Borne, l’écologie à la peine

Polytechnique, ingénieure des eaux et forêts, Elisabeth Borne intègre le ministère de l’Équipement dès 1987, c’est une technocrate. Cabinet de Lionel Jospin en 1987, directrice de cabinet de Ségolène Royal en 2014-2015, puis à la tête de la RATP, c’est une politicienne qui monte. Bourreau de travail (dernier mail à 2 heures, premier avant 7 heures), réforme de la SNCF au pas de charge en juillet 2018, ministre des transports et de la fermeture des petites lignes, elle ne fait pas de cadeau. La voici ministre de la transition social-écologique en remplacement de Rugy démissionnaire. Elle perd le statut de « Ministre d’Etat, numéro deux du Gouvernement », elle fera ce que Macron lui demandera. Sur notre blog biosphere, nous avons déjà donné quelques indication sur la personnalité d’Elisabeth Borne :

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques) alors que les automobilistes sont taxés sur le carburant. La ministre des transports, Elisabeth Borne, botte en touche : « Il faut qu’on ait cette réflexion sur la taxation du transport aérien à l’échelle européenne. »  Elle a aussi jugé « possible que le transport aérien puisse aller vers des avions zéro carbone ». L’amendement visant à interdire les vols intérieurs qui ne font pas économiser plus de temps par rapport à un même trajet en train seraient selon la ministre « contraires à la liberté d’entreprendre et à la liberté d’aller et venir ». Les députés ont aussi rejeté un amendement suggérant l’application, sur les billets, d’une taxe d’empreinte carbone aérienne, en cas d’alternative ferroviaire comparable à l’avion. La ministre a mis en garde contre les « distorsions de concurrence » et les risques de « dumping écologique et social ».

30 juillet 2018, Le futur de la mobilité, sans voitures c’est mieux !

Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et la ministre des transports, Elisabeth Borne, ont présenté le 20 juillet, « les engagements de l’Etat en faveur de la mobilité propre et de la qualité de l’air »*. Ils préfigurent la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM), d’abord annoncée au printemps et désormais attendue en fin d’année ou début 2019. Comme d’habitude un retard à l’allumage, de simples déclarations d’intention, une écologie superficielle qui se contente de faux-semblants : zones à circulation restreinte dites ZFE (zones à faibles émissions), le langage technocratique règne en maître quand il s’agit de ne rien faire de sérieux, il n’y aura aucune obligation pour les collectivités concernées. Le gouvernement entend aussi encourager le covoiturage et l’autopartage, les entreprises privées comme Blablacar n’ont pas attendu les directives pour agir ! Il n’y aura pas de plan vélo, Macron évite tout ce qui coûte de l’argent quand il s’agit d’écologie. Autre grand absent des « engagements », le report modal dans le transport de marchandises vers le fret ferroviaire. Comme d’habitude, Nicolas Hulot se contente de miettes !

2 janvier 2018, En finir avec les grands travaux inutiles et imposés ?

« Madame Mobilité » vient de clôturer les assises du même nom. Elisabeth Borne reçoit LE MONDE : « L’urgence, c’est l’entretien et la modernisation des réseaux, c’est l’enclavement des territoires, ce ne sont pas les LGV. A Prades, à Aurillac, à Alès, à Auch, il n’y a pas de desserte routière correcte pour être relié à la grande ville. Ces territoires vont perdre leurs emplois, les entreprises ne vont pas y rester. » Mais la même Elisabeth Borne au conseil des ministres du 13 décembre est plutôt favorable à la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes : «  L’agrandissement de l’aéroport de Nantes-Atlantique a ses détracteurs : il entraînerait des nuisances sonores, même si les avions font aujourd’hui moins de bruit. » C’est là le signe de la contradiction interne des décideurs politiques, car agrandir ou construire, c’est toujours de grands travaux inutiles ; avec les GTI on ne sort pas du schéma croissance-croissance !

Malthus avait raison, la faim existe !

Un peu plus de 820 millions de personnes, soit 10,8 % de la population, étaient sous-alimentées en 2018. L’objectif « faim zéro d’ici à 2030 » que s’est fixé la communauté internationale dans ses objectifs de développement durable était un leurre. Dans son dernier rapport, la FAO a mis au point un nouvel indicateur, « l’insécurité alimentaire ». Alors que la sous-alimentation est calculée selon un rapport calories/dépenses énergétiques, l’insécurité alimentaire est une notion plus vaste qui fait référence à l’accès régulier à une nourriture équilibrée. Lorsque la sécurité alimentaire fait défaut, les personnes concernées font des compromis sur la qualité de leur alimentation, avec des conséquences en termes de carences nutritives, ou de surpoids et d’obésité. Elle touche 2 milliards de personnes, soit 26,4 % de la population. Les chiffres, nous sommes submergés par eux. Les solutions, ça peut attendre !

Comme d’habitude l’analyse du MONDE* ignore le rôle de la surpopulation dans la famine pour faire un catalogue : «  rôle des conflits armés et du dérèglement,les récessions et ralentissements économiques, instabilité économique et politique au Venezuela, pauvreté et inégalités sociales, dépendance envers les marchés internationaux de matières premières, spécialisation sur des monocultures agricoles (cacao, coton, huile de palme…). Les commentateurs sur lemonde.fr ne sont pas dupes :

Démographie Responsable : Même si l’arrêt de l’explosion démographique ne résoudrait évidemment pas le problème dans sa globalité, notons que ces 820 millions de personnes correspondent à seulement 10 ans de croissance de la population. En conséquence, quand on traite de ce sujet, faire l’impasse sur cette question semble assez étonnant.

gbouvier : Toujours hallucinant de lire un article sur la faim dans le monde sans que le rôle de la démographie non contrôlée soit seulement évoqué. Il est vrai que les conflits armés sont notoirement de la faute de l’Occident (par des mécanismes inconnus, mais peu importe), que le dérèglement climatique est de la faute de l’Occident (le point le moins invraisemblable du tableau), les inégalités (fortement réduites en Occident), le modèle productiviste (qui a permis à l’Occident de sortir des famines) qui affament, c’est la faute de l’Occident (là aussi par des mécanismes mystérieux). En fait, la réduction de la mortalité, c’est aussi la faute de l’Occident. Ah, il reste le maintien d’une natalité délirante, fortement corrélée avec la faim et la famine. Ce qui n’est pas vraiment de la faute de l’Occident. On lutte contre le changement climatique, la pauvreté, la faim, les inégalités ou contre l’Occident ?

Lomcha : Les espèces animales adaptent leur taux de reproduction à leur environnement de gré ou de force. Pas l’homme, en tout cas dans une partie du monde. Conséquence: démographie insensée de populations que la raison ne semble pas atteindre, destruction massive de l’environnement. Donc la régulation se fait « naturellement », par la faim, les guerres et les épidémies. Pensez à Malthus !

Quincampoix : Population africaine, 300 millions en 1959, 600 millions en 1989 et 1,3 milliards en 2019 + dérèglements climatiques + du chaos politique = désastre en cours => l’apocalypse dans 30 ans.

Malthus : Substituons à la Grande Bretagne la surface entière de la Terre ; et d’abord on remarquera qu’il ne sera plus possible,  pour éviter la famine, d’avoir recours à l’émigration. Portons à mille millions d’homme le nombre des habitants actuels de la Terre : la race humaine croîtrait selon les nombres 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256 ; tandis que les subsistances croîtraient comme ceux-ci : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Au bout de deux siècles, la population serait aux moyens de subsistance comme 256 est à 9 ; au bout de trois siècles, comme 4 096 et à 13, et après deux mille ans, la différence serait immense et comme incalculable. Le principe de population, de période en période, l’emporte tellement sur le principe productif des subsistances que, pour que la population existante trouve des aliments qui lui soient proportionnés, il faut qu’à chaque instant une loi supérieure fasse obstacle à ses progrès.Les obstacles à la population qui maintiennent le nombre des individus au niveau de leurs moyens de subsistance, peuvent être rangés sous deux chefs. Les uns agissent en prévenant l’accroissement de la population, et les autres en la détruisant. Les obstacles destructifs qui s’opposent à la population sont d’une nature très variée. On peut ranger sous ce chef l’insalubrité des grandes villes, toutes les espèces de maladies et d’épidémies, la guerre, la peste, la famine.

* LE MONDE du 16 juillet 2019, Pour la troisième année d’affilée, la faim progresse dans le monde