La population mondiale au 1er janvier 2020

La Terre héberge environ 7,7 milliards d’habitants en ce 1er janvier 2020. Le taux de croissance annuel (+,1,1 %) reste élevé au regard de l’Histoire et conduit à une augmentation de 80 millions de personnes chaque année (soit près de 220 000 personnes chaque jour). 

Projection mondiale  pour 2100 (ONU) : 10,9 milliards

Signalons la signature, en novembre dernier, par 11 000 scientifiques d’un appel sur la crise climatique faisant clairement référence au facteur démographique.

Source : http://economiedurable.over-blog.com/2019/12/la-population-mondiale-au-1er-janvier-2020.html

Biosphere-Info, l’échec renouvelé des COP

Pour s’abonner gratuitement à ce mensuel, envoyez un mail à biosphere@ouvaton.org

COP25 fin 2019 à Madrid, 25 années que ça dure. Les Conférence des parties sur le réchauffement climatique (dites COP) se succèdent et l’échec de ces délibérations inter-étatiques est tragique. C’est en effet l’art de contempler la Terre brûler tout en se disant qu’il va peut-être falloir un jour faire quelque chose. L’idée que chacun prenne un saut d’eau et fasse sa part n’effleure presque personne.

La conséquence funeste de ces mascarades diplomatiques, c’est qu’elles incitent les populations à ne pas se sentir personnellement engagé dans la réduction de ses émissions personnelles de gaz à effet de serre : pourquoi faire des efforts, les États s’occupent du climat et ils trouveront bien un jour quelque chose… La taxe carbone est encore loin de devenir une réalité, l’avenir est donc à la carte carbone au niveau de certains pays, puis sa généralisation au niveau mondial, sauf que çà se passera dans une situation de conflits extrêmes au niveau de certains territoires. C’est une prévision réaliste, la catastrophe est déjà présente dans certains pays, famine, État défaillant, bandes armées, inondations, sécheresses, épidémies, etc. Voici nos articles antérieurs sur le blog biosphere :

L’historique du fiasco climatique (de 1857 à 2019)

17 décembre 2019, COP25, des résultats insignifiants

16 décembre 2019, COP25, le réveil très progressif des élites !

14 décembre 2019, COP25, heureusement qu’il y a Greta

13 décembre 2019, COP25, article 6 et sac de nœuds

6 décembre 2019, COP25, un unanimisme de façade

29 novembre 2019, GIEC, prévisions climatiques trop prudentes

28 novembre 2019, COP25 et concentration record de GES

18 décembre 2018, COP24, une mascarade sur le climat, un échec avéré (Katowice)

2 novembre 2017, COP23, vingt trois années de blabla climatique (Bonn)

19 novembre 2016, La COP 22 s’achève à Marrakech sur un bide

22 décembre 2015, La Surpopulation, absente des résultats de la COP21

14 décembre 2015, COP21, encore un succès d’apparence, le 21ème ! (Paris)

4 décembre 2015, François Hollande préfère l’état d’urgence à la COP21

27 novembre 2015, COP21, manifestons à Paris malgré les interdictions

26 novembre 2015, COP21 : interdire les manifs, c’est un abus de pouvoir

17 novembre 2015, la question démographique, un tabou pour la COP21

25 octobre 2015, COP21 : accord préparatoire de Bonn, le fiasco

4 octobre 2015, Les forages pétroliers, incompatibles avec la COP21

3 octobre 2015, Le CO2 de l’aérien sera-t-il invité à la COP21 à Paris ?

10 juin 2015, COP21, l’article le plus perspicace enfin dans la presse

15 décembre 2014, Climat : les trois chiffres clés, zéro / zéro / cent (COP20 à Lima)

30 novembre 2009, le fiasco de Copenhague (COP15)

novembre 2007, Echec de la COP13 à Bali

Pour en savoir encore plus sur le réchauffement climatique, nos articles sur l’effet de serre sont classés :

http://biosphere.ouvaton.org/blog/category/effet-de-serre/

Un jour de réveillon en 2050, la galère

En ce jour de réveillon de 2050, Léa confectionne un repas 100 % local, ce qui réduit considérablement la variété des mets possibles. Elle se souvient comme d’un rêve des papayes que ses parents lui achetaient à la fin du XXe siècle, sans se soucier du fait qu’il avait fallu dépenser pour cela plusieurs litres de pétrole. De toute façon elle est bien seule, il ne lui reste plus qu’un dernier descendant. Ses deux autres petits-enfants sont décédés il y a trois ans, ils ont succombé à l’une de ces nouvelles maladies à côté desquelles l’épidémie de grippe aviaire, qui avait frappé la France en 2010, n’avait été qu’une discrète entrée en matière. Ils avaient été victimes d’un virus apparu en Sibérie du Nord, là où le permafrost a cédé la place à des marais à partir de l’année 2025. Léa a renoncé depuis longtemps à l’idée d’acheter une automobile ; en 2035, l’Union européenne avait réservé l’usage des biocarburants aux véhicules utilitaires. Même l’utilisation du charbon liquéfié a été proscrite car les sols et surtout les océans qui séquestraient le carbone depuis toujours, ne jouaient plus leur rôle, renforçant ainsi très brutalement l’effet de serre anthropique et les dérèglements du climat. Cet été, Léa avait appris par une amie que le thermomètre était monté jusqu’à 45°C à Caen. Maintenant des millions de personnes sont au chômage. Le gouvernement français vient d’interdire toute manifestation et même les rassemblements de protestation. Le ministre de l’Intérieur vient de prendre un de ces décrets maudits, c’est l’armée qui réprimera d’éventuels troubles de l’ordre public.

Deux caractéristiques du changement en cours rendent plus difficiles notre perception du phénomène et notre aptitude à agir : l’inertie et l’irréversibilité. L’inertie renvoie au temps long de réponse de la biosphère aux dégradations que nous lui infligeons. Une fois que nous aurons réchauffé les océans, ce réchauffement perdurera durant des millénaires, et nous n’aurons aucun moyen de les refroidir ; c’est l’irréversibilité. Nous nourrissons de grandes illusions quant à la résistance de nos sociétés. En effet, la sophistication des technologies modernes a deux conséquences : une intensification de la division sociale du travail ; des infrastructures et des équipements de plus en plus nombreux et coûteux. L’une comme l’autre ont accru la vulnérabilité de nos sociétés. Au XIVe siècle, la peste noire avait emporté un Européen sur deux sans entraîner un effondrement total. Les trois quarts de la population se composaient en effet de paysans qui, pour la plupart, se nourrissaient eux-mêmes. Qui en revanche nous nourrirait si la moitié des quelques centaines de milliers d’agriculteurs qui nous alimentent venaient à disparaître ? Quelle entreprise résisterait à la disparition d’un salarié sur deux ? Quelle société contemporaine pourrait faire face aux coûts financiers induits par des ouragans, des sécheresses et des inondations extrêmes à répétition ? (Extraits du livre « Le développement durable, maintenant ou jamais » de D.Bourg et G.Rayssac)

La Biosphère vous souhaite un bon réveillon 2019, coloré de sobriété joyeuse.

Croissance, un objectif économique complètement débile

Au début des années 1970, l’idiotie de la croissance économique n’était encore perceptible par personne. Étudiant en faculté de sciences économiques entre 1967 et 1971, j’en sais quelque chose. Tout autour de moi on ne jurait déjà que par la croissance, les « Trente  Glorieuses ». C’est idiot, c’est un déni de réalité. Le 15 Juin 1972, je découpe un article sur le cri d’alarme de Sicco Mansholt, président de la commission du Marché commun : « La race humaine, menacée par la pollution, l’accroissement démographique et la consommation désordonnée de l’énergie, doit modifier son comportement, si elle veut tout simplement ne pas disparaître… La grande crise devrait culminer autour de l’an 2020. » Même jour, un autre article où s’exprime Philippe Saint Marc : « Nous sommes dans un train qui roule à 150 km/h vers un pont coupé. Le monde court à la catastrophe écologique s’il ne procède pas rapidement à une réorientation fondamentale de la croissance économique. » Ces déclarations se basaient sur le rapport au club de Rome (sur les limites de la croissance) publié en juillet 1971. J’ai lu ce livre aussitôt que paru en langue française.

Considérant le temps de doublement relativement court de nombreuses activités humaines, on arrivera aux limites extrêmes de la croissance en un temps étonnamment court. Notre modèle d’analyse des systèmes traite cinq tendances fondamentales : l’industrialisation, la population, l’alimentation, les ressources naturelles non renouvelables et la pollution. Les interactions sont permanentes. Ainsi la population plafonne si la nourriture manque, la croissance des investissements implique l’utilisation de ressources naturelles, l’utilisation de ces ressources engendre des déchets polluants et la pollution interfère à la fois avec l’expansion démographique et la production alimentaire. Chaque jour pendant lequel se poursuit la croissance exponentielle rapproche notre écosystème mondial des limites ultimes de sa croissance. Étant donné les temps de réponse du système, si l’on attend que ces limites deviennent évidentes, il sera trop tard. Décider de ne rien faire, c’est donc décider d’accroître le risque d’effondrement. [Donella H.Meadows, Dennis L.Meadows, Jorgen Randers et William W.Behrens III du Massachusetts Institute of Technology, The Limits to Growth (traduction française Halte à la croissance ? aux édition Fayard, 1972)]

Exactement comme un cancer qui étend ses métastases et finit par détruire les système vitaux sur lesquels il repose, une économie en expansion continue détruit de plus en plus rapidement l’hôte qui le nourrit, la Biosphère. La croissance pour la croissance, c’est l’idéologie de la cellule cancéreuse. Que faut-il faire ? Sicco Mansholt répondait : « Il faut réduire notre croissance purement matérielle, pour y substituer la notion d’une autre croissance, celle de la culture, du bonheur, du bien-être. C’est pourquoi j’ai proposé de substituer au PNB « l’Utilité nationale brute » ou, comme on le dit plus poétiquement en français, le Bonheur national brut. » Sauf à attendre une avancée technique improbable qui de toute façon va créer plus de problèmes qu’elle n’en résoudra, il n’y avait pour moi qu’une seule réponse, en phase avec les réalités biophysiques : je suis devenu objecteur de croissance avant la popularisation de cette expression car la volonté d’augmenter indéfiniment le PIB dans un monde fini me paraissait une absurdité. La décroissance humaine, qu’elle soit décroissance démographique, décroissance productive ou décroissance de la vanité humaine, est la seule issue raisonnable à la crise qui s’annonce. L’histoire de notre vie est rythmée par la naissance, la croissance et la mort. On ne peut échapper aux cycles de la nature, surtout quand on se croit une grande et admirable civilisation.

(extraits de « On ne naît pas écolo, on le devient », Michel Sourrouille aux éditions Sang de la Terre)

Tout savoir sur l’écologie et les spiritualités

Sur ce blog biosphere, nous classons les articles par thème, rubrique « Catégories ». Voici pour 2019 le récapitulatif sur les spiritualités au pluriel. Pour nous le XXIe scièle verra l’émergence d’une nouvelle religion, dans le sens de ce qui relie et donne une cohérence à la société humaine. Ethique de la Terre, Pacha Mama, peu importe la dénomination exacte et le nom de ses prophètes du moment qu’il ne s’agit plus d’anthropocentrisme, mais d’une humanité qui se ressent à nouveau immergée dans la biosphère. Comme le point de vue des écologistes sur cette question est très diversifié, allant d’un culte particulier à une indifférence totale envers la spiritualité, nous comptons sur les commentaires postés par les internautes pour témoigner de cette exubérance. Vous avez toujours la possibilité de nous envoyer un article de votre cru, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org. A vous de nous lire selon vos centres d’intérêt.

4 décembre 2019, Ouf, l’écologie devient intelligence collective

29 octobre 2019, Coline Serreau, réalisatrice écolo

22 août 2019, Spiritualité, religion et écologie (Arturo Escobar)

25 juillet 2019, L’écologie a besoin d’une spiritualité (Satish Kumar)

16 juillet 2019, Alain Hervé, la religion, le terrorisme…

16 avril 2019, Rubrique faits divers, Notre-Dame de Paris en flammes

15 avril 2019, Rejoignez notre Alliance des gardiens de Mère Nature

11 avril 2019, L’Écologie sera l’idéologie première du XXIe siècle

10 avril 2019, En Uttar Pradesh, le cauchemar de la vache errante

1er février 2019, BIOSPHERE-INFO, Hans Jonas et notre responsabilité

et les moments forts de 2018

1er septembre 2018, Biosphere-info septembre, l’espérance en mouvement (Joanna Macy et Chris Johnston)

20 août 2018, Pour connaître l’écopsychologue Joanna Macy

19 août 2018, Pour connaître John Seed et l’écologie profonde

4 juillet 2018, La religion écologique n’est pas une religion

Tout savoir sur la société spectacle et bien plus

Sur ce blog biosphere, nous classons les articles par thème, rubrique « Catégories ». Voici pour 2019 le récapitulatif sur « sports et loisirs ». Pour nous la société du spectacle, donc le sport médiatisé et les loisirs futiles, sont une source de divertissement, dans le sens « qui nous empêche d’aller à l’essentiel ». Nous traitons ces activités humaines selon le point de vue des écologistes, varié comme de bien entendu… il suffit de lire les commentaires postés par les internautes. Vous avez toujours la possibilité de nous envoyer un article de votre cru, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org. A vous de nous lire selon vos centres d’intérêt.

15 décembre 2019, Miss France 2020, que disent les féministes ?

22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !

29 juillet 2019, Fortnite lobotomie, oublier la réalité

8 juillet 2019, Jean-Marc Rochette, adepte de la décroissance (et auteur de BD)

7 juillet 2019, Le Canard enchaîné, tout contre le tourisme

24 juin 2019, Stations de ski et réchauffement climatique

20 juin 2019, Beaucoup trop de touristes de trop

8 mai 2019, Folie des grandeurs à l’âge de la décroissance (Larry Ellison)

et une petite escapade en 2018 sur notre bête noire, le foot spectacle

29 août 2018, Un intellectuel ne devrait pas faire l’éloge du football

1er août 2018, BIOSPHERE-INFO, futilité du mondial de foot

14 juillet 2018, Total football. Mondial, une arme de diversion massive

10 juillet 2018, Les Belges ou les Français en finale, on s’en foutait

29 juin 2018, Mondial 2018, pour l’élimination de l’équipe de France

13 juin 2018, Le football est coupable de notre décervelage

Tout savoir sur la démographie et même plus

Sur ce blog biosphere, nous classons les articles par thème, rubrique « Catégories ». Voici pour 2019 le récapitulatif sur la démographie. Pour nous l’étude des populations ce n’est pas une simple description de l’accroissement naturel et des mouvements migratoires, c’est un vaste domaine qui inclut aussi bien le sens de la vie que nos conceptions de la mort, notre rapport à la biodiversité et notre souci des générations futures, et bien entendu notre approche de la sexualité, le tout selon le point de vue des écologistes, varié comme de bien entendu… il suffit de lire les commentaires postés par les internautes. Vous avez toujours la possibilité de nous envoyer un article de votre cru, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org. A vous de nous lire selon vos centres d’intérêt.

22 novembre 2019, Conférence internationale sur la population (Nairobi)

16 novembre 2019, COP25 et la sinistre réalité somalienne (le haut commissariat aux réfugiés)

11 novembre 2019, Transformer notre corps en humus, le pied

10 novembre 2019, La guerre des natalistes contre le clitoris

9 novembre 2019, Pierre Fournier (1937-1973), malthusien sans le dire

8 novembre 2019, Terre inhabitable, chute démographique

25 octobre 2019, discuter PMA, c’est interdit par les LGBT

23 octobre 2019, Faut pas rêver de devenir maman ! Pacte, « pas d’avenir pas d’enfant »

26 septembre 2019, La mono-procréation, un homo-sexisme

24 septembre 2019, PMA, qui voudrait vivre sans père ?

24 août 2019, Écologie et politique démographique (Gilles Lacan)

11 août 2019, Naissance de l’eugénisme… dans la lignée de Darwin

10 août 2019, Il y a cinq milliards d’hommes en trop sur Terre (Jean-Michel et Jean-Claude HERMANS)

9 août 2019, Ah, si la population française diminuait !

8 août 2019, La démographie fait polémique au sein des décroissants (Alain Adriaens)

7 août 2019, Que sais-je sur la décroissance… démographique ! (Serge Latouche)

6 août 2019, Des chasseurs-cueilleurs moins prolifiques

5 août 2019, Les limites à la croissance démographique (rapport au Club de Rome 1972)

4 août 2019, Faire un enfant quand tout est foutu (Marianne Durano, l’écologie intégrale)

3 août 2019, Ethologie, économie et démographie (Pierre Jouventin et Serge latouche)

18 juillet 2019, Les enfants face à l’effondrement global (Pablo Servigne…)

17 juillet 2019, Malthus avait raison, la faim existe !

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

29 juin 2019, Bidonvilisation démentielle de la planète

3 juin 2019, Les pro-malthusiens face à la saturation de l’espace (Philippe Bihouix)

2 juin 2019, Conférence-débat sur la Décroissance démographique (organisé par Démographie Responsable))

21 mai 2019, L’acharnement à maintenir « en vie » à tout prix (le cas Vincent Lambert)

26 avril 2019, L’affaire Vincent Lambert, l’euthanasie en suspens

25 avril 2019, Plus de garçons que de filles, que du bonheur

5 avril 2019, Insécurité alimentaire aiguë et insouciance politique

18 février 2019, Trop nombreux pour la planète, vive la démographie verte

17 février 2019, Un site à connaître, QQF, qu’est-ce qu’on fait ?! (Michel Sourrouille)

28 janvier 2019, Serions-nous plus heureux si nous étions moins nombreux

17 janvier 2019, Cocorico, vive la baisse de la fécondité française (1,87 enfant par femme)

10 janvier 2019, Ne disons plus de conneries sur la fécondité humaine (Jane Goodall)

Retour en arrière toute, ce que dit la sagesse indienne

Notre mode de vie s’est fait sur la destruction des autres modes de vie, au début par souci d’impérialisme et aujourd’hui essentiellement pour accéder à leurs ressources en sous-sol. Au final nous avons nettement plus détruit que construit : que les cultures d’avant étaient douces ! Nous les avons détruites pour notre seul petit rêve de progrès qui a répandu la misère partout. Nous, oui, pas eux : car nous nous en satisfaisons, massivement. Un océan de destruction pour un îlot de modernité déshumanisée. Non seulement le mythe des sociétés premières précaires et violentes est faux, archi-faux, mais la nôtre de société est violente, réellement, et a créé la précarité partout ailleurs, au nom de sa réussite locale et de son idéologie qui nous aveuglent par médias interposés. Je vais vous proposer quelques sources qui contredisent votre schéma de pensée erroné, par exemple dans « Pieds nus sur la terre sacrée », c’est la nature qui parle au travers des paroles des Peaux-Rouges :

« Nous avons toujours eu beaucoup ; nos enfants n’ont jamais pleuré de faim, notre peuple n’a jamais manqué de rien… Les rapides de Rock River nous fournissaient en abondance un excellent poisson, et la terre fertile a toujours porté de bonnes récoltes de maïs, de haricots, de citrouilles et de courges… Ici était notre village depuis plus de cent ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée du Mississippi sans qu’elle nous fût jamais disputée… Notre village était sain et nulle part, dans le pays, on ne pouvait trouver autant d’avantages ni de chasses meilleures que chez nous. Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui devait advenir, et qui est advenu, personne dans le village ne l’aurait cru. »

« Jadis nous étions heureux sur nos terres et nous avions rarement faim parce qu’alors les deux-jambes [êtres humains] et les quatre-jambes [animaux quadrupèdes] vivaient ensemble comme une grande famille et il y avait assez de tout, pour eux comme pour nous. »

« Il n’y a pas d’Indien qui ne se regarde comme infiniment plus heureux et plus puissant que le Français. »

« Le soleil du matin, la douce terre nouvelle et le grand silence » écrit par Black Hawk, le chef des Souks et des Foxes.

Il faut ajouter que leur mode de vie était non seulement heureux et confortable, mais écologique au sens qu’il ne détruisait rien. Mais un tel témoignage vous fera-t-il remettre en cause le progrès dont vous êtes seulement 20 % à tirer les bénéfices chimériques et pervers ? Je suis plutôt certain du contraire, au vu de ma triste et désastreuse expérience pour tenter d’ouvrir les yeux de ceux qui vivent dans les pays riches et de changer les consciences occidentales. Je vous le répète, la destruction des sociétés traditionnelles était et est encore consubstantielle à notre développement. Et nous en sommes complices lorsque nous décrétons, en boucle et en cœur, qu’on ne peut pas revenir en arrière, ou que la recherche trouvera une solution. Le fait qu’il faille arrêter de nous culpabiliser n’y changera rien : soit nous entrons en décroissance en renouant avec des manières de produire artisanales, soit nous nous fascisons encore davantage. Jusqu’à y passer à notre tour.

Robin Branchu

pour en savoir plus, http://gorgerouge.unblog.fr/2018/06/06/retour-en-arriere-toute-5-6-juin-2018/

Des vacances de Noël sans chausser les skis

Sur ce blog biosphere, nous allons à contre-courant, vomissant les loisirs à ski alors que cette activité a envahi la planète. Dans les années 1990, la Chine comptait seulement 500 skieurs à peine, pour la plupart des professionnels. Aujourd’hui le ski est la nouvelle coqueluche chinoise ; les stations aménagées autour de Pékin fonctionnent toutes avec de la neige artificielle, on compte dix usines à touristes à moins de 80 kilomètres de la capitale. Sous le dôme de Ski à Dubai, qui contient 6000 tonnes de « vraie » neige, les pistes en poudre de neige ont été disposées en terrasses pour prévenir tout risque d’avalanche dans la chaleur torride du désert !

Avec ses remontées mécaniques modernes et ses domaines skiables reliés, la France offre 350 stations de ski dans 7 massifs. Comment résister devant les snowparks, le snowboard, le freestyle, les boarder cross, les slaloms et les bosses, l’espace ludique Ludo’Glyss et le speed-riding ? Comment expliquer qu’il ne faut pas skier ? Comment expliquer cela dans un monde sur-développé où les loisirs sont devenus un art de vivre ? Comme amener les touristes des sommets à ne plus aimer les vacances à la neige ? Comment faire ressentir que la montage ensevelie dans son manteau neigeux ne peut que mieux se porter sans tire-fesses, nacelles et autres remonte-pentes ? Le skieur qui ne s’occupe que de la réussite de ses vacances peut-il glisser sans se poser quelques questions sur une neige vomie par des canons alimentés par l’eau qu’on est allé chercher deux mille mètres plus bas dans la rivière ? Comment convaincre des gamins qu’on amène en classes de neige que skier n’est pas bon pour la planète ?

On ne peut maintenir la montagne « propre » quand on y multiplie les immeubles et les remonte-pentes. Ce n’est pas un loisir qui préserve la Biosphère que de déplacer des citadins en mal d’air pur vers de lointaines destinations où on va recréer la ville pour poursuivre des activités inutiles. On remplace les files dans les embouteillages par les files devant un remonte-pente. Ce n’est plus l’a montagne quand on pratique la neige « cultivée ». La consommation d’eau en France pour produire de la neige atteint 15 millions de mètres cubes, un chiffre presque comparable aux 25 milliards de m3 qui servent au remplissage des piscines privées. Il faut aussi 108 millions de kWh pour nourrir les canons à neige qui se multiplient pour pallier réchauffement climatique. De toute façon nous sommes sereins, l’avenir est à la disparition des stations de ski avec le réchauffement climatique.

Apprendre aux enfants à se passer de Noël

Une enseignante remplaçante du New Jersey a annoncé à ses élèves, âgés de 6 et 7 ans, que le père Noël n’existait pas. Face au traumatisme enduré, le directeur de l’école élémentaire a envoyé une lettre aux parents pour s’excuser et leur recommande de « prendre les mesures appropriées pour préserver l’innocence des enfants ». L’enseignante a été renvoyée.* Elle aurait du être remerciée, félicitée, montrée en exemple.

Car l’innocence des enfants est exploitée, dénaturée. « Le Père Noël est devenu le camelot immonde des marchands les plus fétides de ce monde. Tous ces marchands de rêve et d’illusion, véritables pirates des aspirations enfantines, colporteurs mercantiles de l’idéologie du flic, du fric, du flingue, sévissent dans les médias et les devantures. Sauter à la corde ou jouer au ballon devient un exploit quasi contestataire sur des abords d’immeubles transformés en parking. Quelles sont les tendances d’enfants élevés dans un milieu naturel et n’ayant pas à souffrir du poids des divers modes d’intoxication ? Ils courent, ils jouent dans les flaques, se roulent dans la boue, ou tentent de percer les mystères de « papa-maman ». Ils vivent, pensent, créent. Refouler ces pulsions naturelles est donc le but criminel de notre société. Le système des marchands au pouvoir a dit : J’achète le Père Noël. Les marchands tuent l’enfant, tuent les parents, tuent le jouet. »**

Noël est une chiotte ignoble et on va plonger nos gosses là-dedans ? Mais faut bien faire plaisir au gamin ! D’ailleurs ces jeux sollicitent de plus en plus de consommation électrique. Allez, tenez, on va fantasmer un peu : bientôt pour construire des EPR nucléaires, EDF s’adressera à nos gosses et leur proclamera la nécessité de l’atome pour fournir de l’électricité à leurs jouets électroniques !

* LE MONDE l’époque du 16-17 décembre 2018

** la Gueule ouverte de janvier 1973… un texte qui reste toujours d’actualité en 2019 !

Après les fêtes de Noël, l’économie de guerre

En cette période d’insouciance festive et de retrouvailles familiales plus ou moins houleuses, voici le message déprimant que nous a été délivré en décembre 2019 : puisque nous avons été incapables de faire du volontarisme politique en matière écologique, nous entrerons de force dans une économie de guerre, sauf que dans un premier temps ce sera la guerre de tous contre tous, chacun pour son propre pays ou territoire.

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU,  à la veille de l’ouverture de la conférence sur les changements climatiques (COP25) à Madrid : « L’espèce humaine est en guerre contre la planète et la planète rend coup pour coup. » Il a présenté la liste effrayante des effets dévastateurs de plus en plus « meurtriers » du réchauffement : hausse du niveau des océans, fonte des calottes polaires, sécheresses… « Le point de non-retour n’est plus loin à l’horizon, il est en vue et se rapproche de nous à toute vitesse », a-t-il souligné. Il a dénoncé les engagements « totalement insuffisants » de la communauté internationale pour réduire les gaz à effet de serre.

Yves Cochet , ancien ministre français de l’écologie: « Les alarmistes lancent des appels dans les journaux : faites quelque chose, vous, les puissants ! Moi, je n’y crois plus. Il est hélas trop tard pour la transition écologique. On peut quand même minimiser le nombre de morts. Au lieu d’en avoir 4 milliards dans les trente ans, on en aura peut-être 3,5 milliards, en faisant des bio-régions résilientes. Mon discours ne fera jamais recette. Je ne suis pas entendu, et c’est précisément pour cela que l’effondrement va arriver. Pour s’en sortir, il faudrait une économie de guerre comme à Londres, en 1941. Je suis pour le rationnement de l’essence, des vivres, des vêtements, et pour le contrôle des naissances. Mais il n’y a pas d’exemples dans l’Histoire où une économie de guerre a été adoptée avant la guerre. Les gens ne l’acceptent pas. Aujourd’hui, la préoccupation première des Français, c’est le pouvoir d’achat. »

Gilles Lacan, association Démographie Responsable : « Au cours des trois derniers quinquennats, ce sont à peu près les mêmes politiques qui ont été suivies, tournées vers la mondialisation, la croissance et l’emploi. S’il est vrai que l’écologie a été de plus en plus présente dans les programmes des partis politiques, au fur et à mesure que la conscience du danger progressait dans l’opinion, elle n’a jamais consisté qu’en l’habillage d’un même projet économique dans les différentes déclinaisons de la croissance verte. Une telle situation appelle une réorientation radicale , donner une place centrale à l’écologie dans la conduite des affaires publiques, ce par rapport à quoi tout prend sens et s’organise. Nous allons entrer dans une économie de guerre comme l’ont été celle de la France entre 1914 et 1918 ou celle des États-Unis entre 1941 et 1945. Nos décisions en matière de production de biens et services, de mix énergétique, de consommation et de ravitaillement, de commerce extérieur, de démographie et d’immigration, de protection des frontières et de sécurité intérieure, de prélèvements obligatoires, de santé publique et d’éducation, devront être déterminées par l’objectif prioritaire de notre survie collective, si du moins nous ne nous résignons pas à subir l’effondrement.

Pour mener cette politique, il faut un État. L’Europe n’en est pas un, non seulement politiquement mais surtout administrativement : il y a moins de fonctionnaires dans l’ensemble des institutions de l’Union Européenne que dans la seule ville de Paris. Or, notre société va devoir affronter des épisodes de pénurie, qu’il s’agisse de l’énergie, des denrées alimentaires, sans doute de l’eau potable, qui devraient eux-mêmes générer, les métropoles étant devenues peu vivables, un exode urbain incontrôlé et peut-être chaotique. S’il n’y a pas d’État, c’est-à-dire de force publique, sous contrôle démocratique, capable d’assurer un minimum d’état de droit, cela sera, selon la formule de Hobbes, un « état de guerre de chacun contre chacun ». Cet État ne pourra pas être confiné à ses fonctions régaliennes, il devra en outre pourvoir au ravitaillement et au logement de la population, à la santé publique et, dans la mesure du possible, à l’éducation.

Enfin, il nous faut changer complètement de paradigme : ralentir, réduire notre consommation, notre population, nos déplacements, nos connexions, relocaliser notre économie, protéger nos frontières, revenir aux basses technologies pour la production de nos biens. La différence posée ici avec certains « collapsologues » est qu’il faut le faire dès maintenant, en tout cas le plus vite possible, sans attendre d’un effondrement, secrètement espéré, les vertus salvatrices du Déluge, de l’Apocalypse ou du Grand Soir. Il n’y aura pas de catharsis de l’effondrement, l’homme ne sera pas meilleur après la catastrophe. Malheureusement. »

Le père Noël a tué la symbolique de Noël

« NOËL C’EST QUOI ? Des échanges de cadeaux, généralement superflus. Une fête pour les enfants, avec un arbre et des lumières qui n’ont plus aucun sens. Bien entendu une occasion exceptionnelle de vente et d’affaires pour les commerçants. Et puis, la tradition veut maintenant que les autorités politiques s’en mêlent, et dans chaque commune, on tient à dresser le plus beau sapin, et de mettre dans toutes les rues importantes des guirlandes de lumière. Finalement, je crois que, dans l’opinion commune, Noël ce n’est rien d’autre qu’une occasion pour faire la fête. Autrement dit, il ne reste rien de la signification. Qui donc se demande le sens de ce qu’il est en train de faire ?

Il faudrait se rappeler que Noël est en réalité deux fêtes confondues et superposées. La fête païenne était celle du solstice d’hiver : la fin de la progression de la nuit, et le début de la reprise de l’allongement des jours. D’où les lumières allumées partout. Fête païenne, celle de l’arbre toujours vert, du sapin, qui a traversé le froid, la neige, attestant la permanence de la vie contre cet hiver qui symbolise la mort. Mais Noël se fonde aussi dans la plus ancienne tradition religieuse : la naissance de Jésus. Bien entendu, le 25 décembre n’est nullement la date réelle de la naissance de Jésus. On a choisi le moment de la fête païenne. Ainsi chaque détail de ce Noël se rattachait à une croyance qui donnait à chacun une signification de ce qu’il faisait. Tout ce qui constituait Noël était « symbolique », destiné à nous rappeler quelque chose de plus important, à nous faire revivre un événement qui avait une valeur essentielle. Mais voici que tout cela est parfaitement oublié, on fait la fête parce que c’est la fête et on donne des cadeaux parce que c’est l’habitude. Par conséquent, cette « fête » n’en est pas une.

Elle est un moment absurde où on est bien content de gaspiller pour gaspiller, la publicité nous y aidant. Et ces jours n’ont plus aucun sens, par conséquent aucune profondeur, et je dirai aucune vie. C’est ce qui me frappe souvent pendant ces journées, cette activité fiévreuse me parait extraordinairement morte. Dépouillée de ses significations, la fête de Noël, devenue simple coutume, est en réalité une fête morte et dévoile notre superficialité. Nous, hommes modernes, nous nous agitons sans que cela ait le moindre sens, nous agissons sans savoir ni le pourquoi ni le but et il en est ainsi non seulement un jour de Noël, mais hélas ! pour tous les jours de notre vaine vie.« 

résumé d’un article de Jacques Ellul (Sud-Ouest du 23 décembre 1984)

Supprimez Noël et fêtons le solstice

En Europe, les rituels liés à l’approche de l’hiver sont ancestraux. Fixer la naissance de Jésus près du jour le plus court de l’année, ce fut d’abord la tentative de l’Eglise catholique de nier un paganisme proche de la Nature. La liturgie de la Messe de l’Aurore rappelle que la nuit est passée, le jour est avancé. La fête de la Saint Nicolas (Nicolas de Lycie, protecteur de tous les enfants) était célébrée le 6 décembre. En France les catholiques, qui depuis longtemps s’échangeaient des petits cadeaux à Noël le 25 décembre en l’honneur de la naissance du Christ, ont résisté un temps au « père Noël ». Mais entre le XIX et le XXe siècle, des chrétiens associent cette « fête des enfants » à celle de l’Enfant Jésus : Saint Nicolas fera désormais sa tournée la nuit du 24 décembre.

L’invention du père Noël résulte d’un détournement historique complémentaire. L’Église catholique avait décidé de remplacer les figures païennes par des saints pour marquer son pouvoir. Saint Nicolas de Lycie désignait le saint protecteur des tout-petits car, selon la légende, il aurait ressuscité trois enfants trucidés par un horrible boucher. Mais il était fêté le 6 décembre : un personnage, habillé comme on imaginait que saint Nicolas l’était (grande barbe, crosse d’évêque, grand vêtement à capuche), va alors de maison en maison pour offrir des cadeaux aux enfants sages. C’est seulement en 1809 que l’Américain Washington Irving a créé le personnage du Père Noël. La mondialisation du Père Noël peut commencer, y compris avec sa couleur rouge, utilisée dès 1866. De nombreuses firmes avaient déjà utilisé cette symbolique dans des publicités, mais Coca-Cola a largement contribué à fixer l’image actuelle : à partir de 1930, une série de publicités pour la marque Coca-Cola utilise le costume rouge et blanc. Le système marchand s’empare dorénavant des mythes religieux.

En 1900, il suffisait d’une orange donnée à un enfant pour avoir l’impression d’un immense cadeau. De nos jours les consoles de jeux vidéos du père Noël finissent par intoxiquer les jeunes esprits autour d’un arbre à cadeaux. Le père Noël n’est qu’un hérétique dont la hotte va être garnie par les marchands du Temple. L’enfant Jésus est bien oublié, Noël est devenu la fête des marchands. Même des pays n’ayant pas de tradition chrétienne comme la Chine utilisent désormais le 25 décembre comme outil de vente. Rien n’est plus emblématique de l’esprit de notre temps que cette fête de Noël (censée représenter la naissance du fondateur d’une religion à l’origine ascétique) qui a dégénéré en un rite purement commercial et mène à son paroxysme la fièvre consumériste. Il nous faut supprimer le père Noël et son emprise commerciale. Il nous faut supprimer Noël et l’emprise de la religion du Dieu unique sur nos pensées. Il nous faut revenir à des fêtes tournées vers la nature endormie au moment du solstice d’hiver le 22 décembre qui correspond à la nuit la plus longue dans l’hémisphère nord.

Le père Noël vu par des yeux d’enfants

Il s’agit d’enfants de CE1 mais cela peut se passer partout en France. Un garçon dit ne pas croire au père Noël. Les autres lui rétorquent : « Attention, si tu n’y crois pas, tu n’auras pas de cadeaux ! » Ce mécanisme d’intimidation est fréquent : « Attention, si tu ne crois pas en Dieu, tu iras rôtir en enfer… »

– Une fillette de cinq ans a fait une liste pour le père Noël longue comme un jour sans pain. Un membre de sa famille lui pose la question : « Si tu n’avais qu’un seul choix à faire, lequel ferais-tu ? » Et la petite fille de répondre sans sourciller, « Premièrement celui-ci, deuxièmement celui-là, et aussi… » Comme chacun sait, la société de consommation ne connaît pas de limites dès le plus jeune âge.

– Ce petit garçon ne croit plus trop au père Noël. Son oncle veut lui faire sentir les limites de toute chose : « Et si ta maman n’a pas assez d’argent pour t’offrir des cadeaux à Noël. » Sans se démonter, l’enfant envisage immédiatement de changer de mode de garde et d’aller vivre chez son père. L’affectif dans une famille n’est plus ce qu’il était.

– Dans cette famille, c’est terrible. Dès que les cadeaux sont achetés et cachés, les enfants ont un sixième sens pour le deviner ; ils exigent d’avoir ces cadeaux immédiatement tout de suite sans attendre le jour de Noël. Pourtant il y a de fortes chances que ces cadeaux soient oubliés aussitôt qu’ouverts.

Ainsi va le conditionnement dans la société des marchands. Cela commence très tôt, dès le jour de Noël et chaque fois qu’un enfant passe devant la caisse d’un supermarché où s’amoncelle (à sa hauteur !) les friandises. Mais on peut toujours rencontrer pire, par exemple l’objet en caoutchouc que machouille le bébé et qui a la forme d’un portable.

Si vous avez d’autres histoires d’enfants intoxiqués par la société de consommation, prière de les mettre en commentaire sur ce post, merci… ou de nous les envoyer à biosphere@ouvaton.org

Noël autrement, Noël écolo

Que dire quand on est écolo à l’approche de Noël ? De la sobriété, de la sobriété et encore plus de sobriété, le plus possible heureuse. Mais pour porter ce message, il ne faut pas trop attendre de l’écologie institutionnelle, accaparée par l’organisation de diverses élections ou le soutien aux grévistes du 5 décembre. Même le mensuel « La Décroissance », trop occupé à fêter ses 20 ans, ne dit pas un mot de la gabegie des fêtes de Noël dans son dernier numéro*. Fin 2005, des mouvements catholiques avaient bien lancé un appel « vivre Noël autrement ». Ils avaient diffusé une affichette avec le slogan : « Noël, bonne nouvelle pour la Terre » puisque « Jésus nous offre un monde nouveau, sans caddies pleins de cadeaux qui comblent les armoires et les décharges. » Les tracts invitaient à consommer moins et à se rapprocher de ses voisins avec lesquels la fête sera plus belle encore sans faire des kilomètres inutiles avec sa voiture, en offrant un peu de temps, un sourire, une oreille attentive, en inventant des gestes qui contribuent à sauver l’air, la terre, la mer, les forêts. Ce mouvement est resté confidentiel, il est même tombé en léthargie. Reste toujours la grande foire commerciale qu’est devenu Noël, l’occasion pour chaque Français de dépenser quelque 570 euros en moyenne avec des enfants sur-gâtés et des cadeaux qui seront revendus au Bon coin. Apothéose consumériste annuelle sans contradiction possible ? Pas sûr !

Je remarque un tournant dans les médias vers un Noël plus responsable. Prenons un journal pas spécialement écolo, LE MONDE*. Du repas de fête aux cadeaux en passant par la déco, on nous donne de multiples conseils. Evitez les sapins artificiels, l’empreinte écologique est désastreuse, comptez 48,3 kg de CO2 contre 3,1 kg pour un arbre naturel. A ce rythme, il faudrait conserver son sapin en plastique plus de 15 ans pour amortir son bilan carbone. Pour la déco, avant de courir acheter de nouvelles boules et guirlandes, sortez du grenier une guirlande un peu déplumée, un Père Noël de guingois, et on répare ce qui est cassé au lieu de remplacer. Pour le repas, donner aux convives quelques boîtes alimentaires en carton afin qu’ils repartent avec les inévitables restes. Pas de produits carnés en entrée, 75 g seulement de viande ou poisson par personne avec un bel accompagnement de légumes. Le plastique est à bannir, privilégiez les jouets en bois et les productions artisanales locales. Privilégiez le train à la voiture et à l’avion, résister à la tentation d’aller retrouver le soleil à l’autre bout de la planète. Etc. etc.

Je dirais dans ce contexte médiatique qu’il n’y a plus besoins de partis écolos. Les menaces qui pèsent sur notre avenir sont suffisamment intenses et reconnues par différentes études pour que l’opinion publique, via les médias, intériorise la nécessité d’une sobriété partagée. Mais il faut reconnaître que les autres partis sont loin d’être devenus écolos et que les élections ont besoin d’Europe Ecologie Les Verts. Avec quel discours ? Le nouveau secrétaire national, Julien Bayou, exprime dans Mediapart l’idée d’un « dépassement ». Le contour reste flou, « cristalliser un troisième pôle entre Macron et Le Pen ». On en reste à la politique politicienne, le nécessaire changement de comportement est évoqué à la marge par Julien : « Pour sauver le climat, nous devons tout repenser, et tout changer dans nos manières de produire, consommer, nous déplacer, habiter nos villes, en sortant du règne de la marchandise et de la croissance. » D’accord, mais cela reste très superficiel. Que pense Julien de la fête consumériste de Noël ?

* numéro spécial décembre 2019-janvier 2020

** LE MONDE du 2 décembre 2019, Sapins certifiés, boules en bois et cadeaux immatériels : des idées pour un Noël (plus) écolo

Faut le faire, ce sera Noël sans cadeau

Décroissant sous le sapin. Pour en finir avec le mythe de la croissance, Noël est un bon indicateur de notre aptitude réelle à changer. Car qui est vraiment prêt à dire à ses proches le jour J : «  Je ne vous ai rien acheté, car on va crever de surconsommation, et je préfère favoriser la vie » ? Combien sommes-nous à regarder en face ceux qu’on aime… sans rien leur offrir ? Combien sommes-nous à fabriquer nous-mêmes nos cadeaux ? Très peu, trop peu. (édito du Kaizen, novembre-décembre 2019)

La meilleure démarche pour un Noël sans cadeau, c’est de nier au cadeau toute valeur pour cette fête. Trop d’enfants n’ont plus accès à cette joie que procure des choses simples. Ils sont blasés devant l’excès et ont perdu la saveur de l’attente et de la patience devant la rareté. Un rituel comme celui de Noël ne devrait être là que pour nous ramener à l’essentiel, contribuer à la fraternisation et à la cohésion de nos groupes sociaux. Que dire à nos enfants ? A ma petite fille de 4 ans à qui je voulais faire prendre conscience des réalités, j’avais posé la question de l’origine des cadeaux : qui les fabriquait ? Elle me répondit du tac au tac que ce n’était pas un problème, les lutins dans le ciel s’en chargeaient… Comment faire ressentir l’exploitation des enfants dans les pays pauvres qui triment pour presque rien en fabriquant les cadeaux qui arrivent soi disant dans nos cheminées ? Que peuvent penser les enfants quand ils prendront conscience de l’énorme mensonge quand ils s’apercevront que le Père Noël n’est qu’affabulation ? Il faut dire et redire à quel point cette fête sainte est devenue un extraordinaire business. C’est important de sensiblerie les enfants à l’aspect mercantile et commercial de cet événement.

Rappelons que la nuit du 24 au 25 décembre, les parents déploient des trésors d’imagination pour faire croire aux enfants que les cadeaux tombent littéralement du ciel. La figure du Père Noël est intimement liée à la société de consommation avec la frénésie d’achat de cadeaux. On cultive la toute puissance de l’enfant qui aura l’idée de « ce que je demande, toujours je l’obtiens ». Et ensuite on se plaindra qu’ils deviennent des enfants gâtés qui réclament toujours plus de cadeaux, ne se rendent pas compte de leur valeur, manque pour finir de reconnaissance envers ceux qui leur offrent. Et si Le Père Noël devient un moyen de chantage « Sois sage, sinon le Père Noël ne passera pas », c’est aussi néfaste car l’enfant peut intégrer qu’il faut faire pour plaire, et si on ne le fais pas on n’est pas digne d’amour. Maria Montessori écrivait à propos du Père Noël : « Mais comment ce qui est le fruit de notre imagination d’adultes pourrait-elle développer l’imagination des enfants ? Nous seuls imaginons et non eux : ils croient, ils n’imaginent pas. » Il ne faut pas mentir à nos enfants et jouer avec leur crédulité. (Faire croire au Père Noël, mensonge ou magie ? in Kaizen, novembre-décembre 2019)

Rappelons aux adultes que le Père Noël est une invention récente qui apparaît seulement en 1823 dans un poème du pasteur américain Clarke Moore : un bonhomme à barbe blanche, assis dans un traîneau tiré par des rennes, apporte des cadeaux aux enfants le soir de Noël. Les couleurs rouges et blanches de son vêtement sont le fait de Coca-Cola en 1931. La marque s’est emparé d’un mythe devenu populaire et habille le vieillard à ses couleurs en le faisant boire la célèbre boisson pour qu’il reprenne des forces pendant la distribution de jouets. Ah Ah Ah, Noël glouglou !

L’art de classer ce qui est bien ou mal

La taxonomie écologique devient une préoccupation partagée, désir de classer ce qui est plus ou moins « propre » au niveau des entreprises, des techniques et des ménages. Le 15 juin 2019, les grands investisseurs mondiaux regroupés dans le Carbone Disclosure Project ont publié une liste d’entreprises ne donnant pas assez d’informations sur leur rôle en matière de climat, de préservation de l’eau et de déforestation. La Commission européenne avait publié le 18 juin 2019 une proposition de « référentiel d’activités durables » pour permettre aux investisseurs et aux entreprises d’identifier les secteurs qui génèrent des bénéfices environnementaux, c’est-à-dire qui contribuent significativement à la lutte contre le changement climatique sans pour autant provoquer des dommages collatéraux. Ainsi les énergies renouvelables vont figurer dans la catégorie verte et le charbon dans la catégorie noire. Mais la chose se complique pour des secteurs comme l’automobile, la construction ou l’agriculture.Et aussi pour le gaz et le nucléaire. Ainsi, le gaz, quand il remplace le charbon, représente une avancée. Mais ne peut constituer une solution satisfaisante à terme. Quant au nucléaire, si, en termes d’émission de CO2, il n’est pas problématique, il pose en revanche de lourdes questions en matière de traitements de déchets. Pour la Commission, ce référentiel a pour objectif essentiel d’inciter les entreprises à passer « du marron au vert ». Mais sur le plan financier, certaines entreprises allaient voir leur valeur s’effondrer du fait d’une transition abrupte vers une économie bas carbone. C’est pourquoi en décembre 2019* la France et le Royaume-Uni ont bloqué la tentative de taxonomie parce qu’elle rendait pratiquement impossible le financement de l’énergie nucléaire par des produits financiers durables. Dans un communiqué, le groupe des Verts au Parlement européen évoque les « tentatives des gouvernements de politiser les critères environnementaux afin d’inclure leurs industries nationales dans les définitions européennes du développement durable ».

Cette préoccupation à propos de l’investissement devrait être relayé par une réflexion sur la classification des techniques, de la plus appropriée à la plus néfaste. Nous pouvons opérer une taxonomie des technologies par les caractéristiques de l’énergie utilisée. Ainsi pour les méthodes de déplacement, nous sommes passés de l’utilisation de notre énergie endosomatique, propre à notre corps, puis nous avons ajouté l’énergie exosomatique, énergie animale, et l’énergie du feu (bois, énergie fossile, nucléaire…) pour finir par se déplacer avec des machines de plus en plus monstrueuses. Ainsi ce tableau donnant la marche de l’histoire vers le « progrès » :

marche cheval vélo train voiture voiture électrique avion fusée

La société de croissance nous a fait passer de la gauche du tableau à la droite en épuisant les ressources non renouvelables et en créant une pollution dont le réchauffement climatique n’est qu’un des aspects. Le paradigme actuel du déplacement motorisé va s’inverser, le mot d’ordre deviendra « moins loin, moins souvent, moins vite… et beaucoup plus cher ». Les mouvements anti-aéroport, anti-autoroutes ou anti-LGV (ligne à grande vitesse) préfigurent  cette évolution. On peut de même classer toutes nos activités de la plus approprié à l’inacceptable :

– Energie humaine > solaire passif > éolien > hydroélectrique > bois > biomasse > photovoltaïque > agrocarburants > Gaz > pétrole > charbon > nucléaire

– Maison non chauffée > bois > Géothermique > gaz > électricité > fuel > charbon

– Bouche à oreille > téléphone fixe collectif > téléphone fixe au foyer  > téléphone mobile > mobile 3G > nouvelle génération…

– Radio  > cinéma (collectif) > télévision noir et blanc (individualisée) > télévision couleur analogique > passage au numérique >société des écrans

Au niveau d’une taxonomie de nos besoins, la notion de sobriété nous invite à nous interroger personnellement sur nos besoins, sur leur importance réelle ou supposée, ainsi que sur les priorités que nous pouvons établir entre eux. Nous pouvons définir une hiérarchie qui passe des besoins vitaux aux essentiels, puis indispensables, utiles, convenables, accessoires, futiles, extravagants et inacceptables. Chacun peut se livrer à l’exercice pour lui-même, en famille ou au travail, de façon à prendre conscience de l’impact de tel ou tel achat ou comportement. Rien ne sera possible sans une adhésion pleine et entière de tous nos concitoyens. Il s’agit de faire jouer à plein ce qui est la contre-partie indissociable de notre liberté : notre responsabilité ! Prenons l’exemple de nos besoins de mobilité individuelle. Ai-je vraiment besoin de me déplacer ? Quels sont les déplacements de loisirs et les déplacement contraints ? Le principe de sobriété nous incite à les réduire en essayant de nous rapprocher de notre lieu de travail. Nous pouvons aussi recourir à un mode doux de déplacement, marche, vélo, rollers, trottinette… La sobriété dimensionnelle nous incite à éviter toute surpuissance inutile dans le choix d’un véhicule. La sobriété coopérative repose sur la mise en commun pour réduire les besoins : mutualisation des équipements, autopartage, co-voiturage, auto-stop. La sobriété d’usage consiste à limiter le niveau et la durée d’utilisation d’un appareil, conduite douce par exemple.

La définition de taxonomies par un gouvernement aurait l’avantage de devenir un élément de langage collectif permettant à une société de retrouver à la fois une certaine cohérence et des perspectives d’avenir moins sombres…

* LE MONDE du 13 décembre, L’Europe peine à s’accorder sur ce qu’est réellement une activité économique « verte »

TV sur l’eau ce soir, à voir absolument

Main Basse sur l’eau, un documentaire de Jérôme Fritel sur Arte à 20h50. Cela nous change du néant dans lequel se dissout les chaînes de télévision ce jour. Sur une planète de plus en plus peuplée et victime de dérèglements climatiques, l’eau, dont 70 % des réserves sont exploitées par l’homme, se raréfie. Les Nations unies estiment que la demande va augmenter de 50 % d’ici à 2030, et que 40 % de la population mondiale souffrira de pénuries. Pour certains fonds spéculatifs, cette richesse naturelle est en passe de devenir un produit financier comme un autre. Un responsable de Citigroup annonce clairement la fin de l’eau gratuite. « Ce n’est pas parce que l’eau est la vie qu’elle ne doit pas avoir un prix. Comment convaincre les gens de réduire leur consommation si vous leur donnez l’eau gratuitement ! » Mais pour les financiers vautours, la sécheresse est synonyme de bonnes affaires, avec des rendements rapides et élevés au détriment de ceux qui ont besoin d’eau, c’est-à-dire tout le monde.

Après avoir épuisé les ressources non renouvelables au XXe siècle, nous entrons dans la raréfaction des ressources renouvelables, à commencer par la plus précieuse, celle qui est nécessaire à notre corps et fait vivre l’agriculture, l’eau. Rappelons-nous le verre d’eau de René Dumont lors de la présidentielle 1974, ou alors découvrons, voir la video. Dans combien de temps couperons-nous l’eau pour cause de factures impayées ? C’est déjà fait dans plusieurs pays sur la planète. Il y aura des guerres de l’eau, elles ont déjà commencé. Alors pour donner un peu d’espoir, allez lire Elinor Ostrom. Elle nous donne les principes de gestion durable des ressources communes :

1. des limites aux prélèvements clairement définies ;

2. la concordance entre les règles et les conditions locales ;

3. des dispositifs de choix collectifs sur le mode participatif ;

4. une surveillance et une autosurveillance des comportements ;

5. des sanctions graduelles pour les transgressions ;

6. des mécanismes de résolutions des conflits ou arènes locales ;

7. le droit à s’organiser sans intervention d’autorités externes ;

8. des entreprises imbriquées (pour les systèmes à grande échelle).

Nous sommes loin de la financiarisation de l’eau et des politiques libérales à la Thatcher !

COP25, des résultats insignifiants

Greta Thunberg : Almost nothing is being done apart from clever accounting and creative PR.

Cassandre : Pourquoi prêter attention aux élucubrations de ce robot immature et téléguidé ?

Erklärung : Greta schématise et elle a bien raison. En revanche votre pinaillage est lui absolument ridicule. Les Etats devraient faire 100 contre le réchauffement climatique. Ils font 1. Donc oui, assimiler cela à zéro c’est plutôt cohérent. Votre attaque contre cette militante qui pointe du doigt un problème fondamental est effrayante. Être dans le déni du problème environnemental (ou pire dans la croyance que l’on avance vers des politiques permettant de le résoudre) est d’un danger extrême.

Beatrice75 : Le déni, la lâcheté, l’égoïsme, l’irresponsabilité et la cupidité….. Des qualités généralisées dans les hautes sphères de ce monde comme chez l individu …. Faut se faire une raison visiblement. Accepter que rien ne bougera.

Jlj : Dans un phénomène de temps long où chaque mesure met des années à avoir de l’effet, est-il judicieux d’avoir une COP par an ?

Anael : En théorie oui, puisqu’il faut fixer de nouveaux objectifs selon les prises de conscience. En pratique les COP ne sont qu’un espace de discussion international sur l’écologie. On peut donc mesurer le non respect des objectifs une fois par an, on peut espérer que ça fasse réagir les populations…

Jb57 : L’avenir n’est pas rose. Le chacun pour soi continuera tant qu’il n’y aura pas de catastrophe. Les humains sont une malédiction pour la planète.

Strasgorod : Il y a toujours une solution, restons optimistes. Un unilatéralisme s’imposera t il au final ? Imaginons: la réduction drastique du commerce international. Ne plus acheter chinois, brésilien ou australien. Si c’est chacun pour soi, alors il faut lancer un grand programme d’adaptation (changement de végétation, villes réfrigérées, etc.). On peut aussi réduire les dégâts en ne se reproduisant plus. (En 30 ans on peut ainsi réduire de moitié la population, puis sans autre génération pour se reproduire en 100 ans on règle le problème pour nous).
MaxLombard : Allez, une bonne bouffe, quelques effusions et on repart avec nos gros navions et rendez-vous pour la COP26 qui servira surtout à préparer la 27.

Vieux : La solution – car solution il y aura, qu’on le veuille ou non – se fera de force et non de gré. Dans un monde au bord du conflit, il ne peut pas y avoir de solution concertée. Toute décroissance est synonyme d’affaiblissement à un moment où l’enjeu essentiel est d’affirmer sa force. Le plus gros pollueur du monde, c’est le nationalisme, c’est le besoin de puissance transformé en démence. A partir de là, le calcul est simple : survivre à la régulation mécanique que va provoquer le climat lui-même et sortir du chaos en position de force. Autant dire que cette régulation va nécessairement passer par la disparition de populations.

Stéphane : Éternelle balance entre compétition et coopération chez les humains pour assurer leur survie. Comme vous le suggérez très justement, le curseur semble s’orienter clairement vers la compétition pour faire face au chaos attendu. Misons néanmoins sur des solidarités locales qui pourront alléger le traumatisme et garder Foi dans l’humanité.

Edouard : Il devient clair que ça se jouera sur l’espérance de vie pour la réalité et sur son écart type pour l’espoir.

Michel SOURROUILLE : Le problème principal de ces 25 années de Conférences des parties sur le climat n’est pas leur manque de résultats, c’est qu’elles incitent la population à ne pas se sentir personnellement engagé dans la réduction de ses émissions personnelles de gaz à effet de serre : pourquoi faire des efforts, les États s’occupent du climat et ils trouveront bien un jour quelque chose… L’avenir est donc à la carte carbone au niveau de certains pays, puis sa généralisation au niveau mondial, sauf que çà se passera dans une situation de conflits extrêmes au niveau de certains territoires. C’est, je crois,une prévision réaliste, le bordel a déjà commencé dans certains pays, famine, État défaillant, bandes armées, inondations, sécheresses, épidémies, etc. Le message de Thomas Robert Malthus en 1798, « faites moins des gosses », n’a pas été écouté quand il était temps. Le message climatique aujourd’hui rajoute des problèmes aux problèmes que les humains se sont créés eux-mêmes.

LE MONDE du 17 décembre 2019 : La COP25 s’achève sur des avancées quasi insignifiantes dans la lutte contre le changement climatique. La conférence s’est terminée, avec quarante-deux heures de retard, par la signature d’un accord minimal avec des pays plus divisés que jamais sur des sujets clés, d’apparence techniques mais ayant des conséquences politiques. Emmanuel Macron n’a pas daigné se déplacer à Madrid, et aucun ministre français n’était présent lors de la phase politique finale des négociations. Les négociateurs ne sont pas parvenus à s’entendre sur l’épineux dossier des marchés carbone, déjà laissé en suspens à la COP24 – qui avait adopté les règles d’application de l’accord de Paris – et qui devra donc être réglé à la COP26, prévue à Glasgow (Ecosse) en novembre 2020. Le poids est désormais lourd sur les épaules de la présidence britannique de la COP26 afin d’accélérer l’action. Plus on avance, plus il est urgent d’agir, mais plus ce processus échoue à accélérer.

COP25 et la sinistre réalité somalienne

Nous disons aux grévistes français qui veulent s’assurer un bonne retraite, heureusement que nous n’êtes pas né Somalien ! Nous disons aux négociateurs de la COP25, vous avez joué avec le feu ! Regardez la Somalie. Tous les fonctionnaires, agents administratifs, enseignants, personnels communaux, perdirent leurs emplois en janvier 1991, date ou l’État somalien s’est effondré à cause de la guerre civile. De toute façon les salaires n’étaient plus versés depuis plusieurs mois. Les centres des impôts, les mairies, ou autres bâtiments administratifs furent fermés, puis, généralement pillés. Sur les routes sévissent des bandits encadrés par des chefs de guerre. Depuis 1991, il n’y a plus d’État pour encadrer le système éducatif, l’université de Mogadiscio ne fonctionne plus. Les écoles publiques sont fermées depuis cette époque. La compagnie nationale d’électricité avait déjà cessé son activité en 1990.

Comme si la malédiction humaine ne suffisait pas, les perturbations climatiques font des dégâts en Somalie. L’été dernier, une nouvelle fois, aucune goutte d’eau n’est tombée durant des mois, entraînant la perte des cultures et du bétail. Le pays a été frappée à nouveau, à la fin du mois d’octobre, par les pires inondations qu’elle ait connues depuis des années. La famine s’installe, des centaines de milliers de Somaliens sont contraints de quitter leurs foyers en quête d’eau et de nourriture. La Somalie compte déjà l’une des plus importantes populations de déplacés internes du monde – plus de 2,6 millions de personnes –, et près de 750 000 réfugiés dans les pays voisins, soit 25 % de la population. Filippo Grandi occupe la fonction de Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés depuis 2016. Il s’épanche :

« Nous constatons chaque jour l’impact croissant du changement climatique. Les communautés hôtes font face à une pression croissante. Du fait de sa rareté, l’utilisation du bois de chauffage peut faire naître des tensions avec les locaux, sans compter l’épuisement des ressources et la dégradation de l’environnement. Un petit nombre de pays, dont presque tous sont à revenu faible ou intermédiaire, est touché de façon disproportionnée. Terres d’accueil de millions de réfugiés, ces pays ont besoin de notre aide. Je lancerai un ambitieux défi pour une énergie propre lors du Forum mondial sur les réfugiés, qui se tiendra les 17 et 18 décembre à Genève. L’objectif est que tous les camps de réfugiés et les communautés hôtes qui les entourent puissent avoir accès à une énergie abordable, fiable et durable d’ici à 2030. J’ai confiance que les gouvernements, les entreprises et les agences de développement s’engageront avec nous dans cette direction. Ensemble, nous devons placer l’énergie durable au cœur de notre réponse aux besoins des ménages, en matière d’éclairage public, d’éducation, d’accès à la santé et de ressources en eau... »*

Filippo Grandi rêve, il ne semble pas savoir que la COP25 a échoué et que les pays pauvres ne peuvent rien attendre de pays riches qui jugent qu’il est urgent de ne rien faire. Si le réchauffement climatique n’attire depuis 25 ans aucune attention de la part des dominants, ce n’est pas un « Forum mondial sur les réfugiés » qui va changer la donne. Rappelons l’irréalisme du pacte mondial sur les réfugiés né il y a juste un an ; ses quatre objectifs sont les suivants : a) alléger la charge reposant sur les pays d’accueil ; b) renforcer l’autonomie des réfugiés ; c) élargir l’accès aux solutions dans des pays tiers ; et d) améliorer les conditions dans les pays d’origine pour rendre possible les retours en toute sécurité et dignité. Des mots, des mots, comme lors des COP. Chirac en 2002, lors d’un Sommet de la Terre, s’exclamait : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». L’aveuglement subsiste, vive le concours Miss France, la démission de Jean-Paul Delevoye, la grève dans les transports, vive le présent au détriment de l’avenir…

* LE MONDE du 17 octobre 2019, « Les mouvements de population de grande ampleur ont un impact environnemental »