Post-covid, rien ne changera-t-il vraiment ?

Un « expert en innovation » qui ne sait que prêcher la continuité, Vincent Charlet : « La pandémie a-t-elle encouragé au détachement matériel ? Bien au contraire, dans moins de deux ans les Français achèteront encore plus sur Amazon et seront encore plus nombreux à s’envoler au soleil pour leurs vacances. La seconde perspective est celle qui voudrait que les entreprises décident de rapatrier une part substantielle de leur production à proximité de leur pays d’origine. Mais déplacer ne veut pas dire relocaliser, surtout si les acheteurs restent peu enclins à payer le surcoût d’une fabrication locale… C’est le changement climatique qui obligera les principales puissances à se rasseoir à la table des négociations. »*

Les commentaires sur le monde-fr nous éclairent :

Xavier : Ce monsieur Charlet nous explique que rien ne changera parce que nous ne le voulons pas vraiment. Mais si cette crise dure, il est question d’endettement public stratosphérique en Europe, de chômage aux US, d’inflation peut être… pas sûr qu’il soit seulement possible de reprendre la même route après ça.

Michel Sourrouille : Vincent Charlet est un fin dialecticien, il dit que rien ne changera à cause du coronavirus, mais que tout changera à cause du changement climatique. Il ne croit pas que nos consommations ostentatoires vont cesser après le confinement, mais il croit qu’on va enfin s’asseoir autour d’une table pour réguler les émissions de gaz carbonique. Il a à la fois tort et raison, tout dépend de l’échelle de temps qu’on considère. ll y a eu une vie sans voiture individuelle il y a un siècle, il n’y aura plus de voiture individuelles dans un siècle. Sauf que le changement ne sera pas du principalement à la Covid-19, on s’accommode très bien des morts humaines pendant une guerre ou une pandémie ; mais on n’évitera pas la déplétion pétrolière et les autres contraintes biophysiques dues à l’épuisement des ressources naturelles. Vincent Charlet d’ailleurs n’est pas dupe : « La catastrophe annoncée se sera matérialisée sous nos yeux sans que nous n’ayons sans doute rien fait. »

Claude Danglot : La pandémie du Covid-19 est l’illustration caricaturale de l’effet dramatique de la mondialisation et du libéralisme sur les équilibres écologiques de la planète et sur son réchauffement climatique. S’imaginer que les choses vont pouvoir continuer « comme avant » alors que l’économie s’effondre est d’une naïveté affligeante. L’économiste américain Kenneth Ewart Boulding avait coutume de souligner : « Celui qui pense qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ……… Dans un système ouvert, il est possible de concevoir n’importe quelle activité humaine. Dans un système fermé, l’homme ne peut plus agir comme bon lui semble s’il ne veut pas disparaître, dans le cas extrême, de la surface de la Terre. »

GERONIMO : Loin de la « pensée magique » habituelle des collapsologues, Charlet décrit bien le monde tel qu’il est. Le consommateur qui ira toujours acheter au meilleur prix et le marché qui ira toujours produire au moins coûteux, l’emporteront toujours sur le citoyen (qui n’est qu’un consommateur comme un autre). Et pour les sceptiques, deux choses : 1/ Renoncerez-vous à vos ordinateurs bourrés de métaux rares et produits en Asie pour $5/jour ? 2/ La terrible Peste Noire du XIVème siècle qui a tué 50 % de la population européenne n’a changé ni les institutions, ni les habitudes alimentaires, ni les échanges et n’a pas mis fin ni même ralenti l’évolution de nos sociétés vers une sortie lente du Moyen-Âge, deux longs siècles plus tard. Elle a juste renforcée la peur en la « Colère de Dieu »… Ca ne vous rappelle rien?

G RICH : Le monde va changer graduellement même si les lobbys se mettent en travers. On ne parle pas forcément d’autosuffisance mais de sécurité d’approvisionnement. Il sera bientôt impossible à des grands groupes pharmaceutiques d’avoir un seul fournisseur au mépris des règles les plus élémentaires d’assurance qualité. Il y aura des relocalisations pour raisons stratégiques. Le vrai coût du transport sera progressivement affecté au prix des produits. Enfin, les moyens digitaux vont amputer une partie de la demande en voyage (voiture et avion).

Rosemonde : Une partie de la population a déjà changé ses habitudes de consommation, qui boycotte Amazon et l’agriculture intensive au profit des AMAP, prend son vélo plutôt que sa voiture, prend des locations en France plutôt que du all inclusive à Punta Cana, etc. Beaucoup déjà consomment moins mais mieux, c’est à dire ne s’achètent plus l’énième blue-jeans fait au Bangladesh mais payent leurs tomates plus chères. Bref, des hommes et des femmes qui ont une conscience et s’en servent. Il me semble que cette minorité va croissante, et qu’elle est, en plus, portée par plusieurs catégories sociales dont celle des leaders d’opinion…

Bergeist : Sans dévoiler mon identité, je peux dire que j’enseigne dans des très grandes écoles d’ingénieurs. Un constat : les 18-25 ans qui ont tous (pour les français) le bac avec mention TB ont la ferme volonté de changer ce monde, non pas du fait du coronavirus mais parce qu’ils le considèrent comme pervers (il se trouve que c’est le même mot en allemand et en français). Ainsi, 1/3 d’entre eux s’étaient déjà engagés à ne plus JAMAIS prendre d’avion hors obligation professionnelle à la rentrée d’octobre 2018. Un an et demi plus tard, ils avaient tenu bon…

NKN : Je confirme observer aussi dans les derniers recrutements des jeunes diplômés bac+5 qui devraient être le fer de lance de nos industries productivistes sont en fait déjà largement engagés dans une évolution des modes de vie : plus d’avion, pas ou presque de viande, vêtements d’occasion, etc. Ils n’ont pas attendu l’évolution de l’offre des multinationales pour changer. Bien sur il faut que jeunesse se passe mais parmi eux sont peut-être des dirigeants de demain.

Pm42  : Oui, ils sont jeunes. Rien de nouveau. Voyez le bon coté des choses : à une autre époque et dans un autre pays, ils auraient fait gardes rouges pour améliorer le monde et vous auraient flagellé en public afin de se débarrasser du passé.

Christophe M : A l’issue de cette crise, et par effet cumulatif de prises de conscience précédentes, non, Monsieur Charlet, la majorité des Français ne se précipitera pas dès septembre pour acheter un nouveau SUV, oui, une petite partie de la population aura définitivement changer sa manière de s’alimenter, non, le dogme économique financier ne sera plus l’unique étalon de la vie réelle pour certains, oui l’utilité sociale de la vie économique deviendra un critère de plus en plus prégnant. Ce n’est pas un grand soir qui s’annonce mais plutôt une longue journée.

Marius Albufera : L’ idée de relocalisation se heurte à un constat: nous n’ avons pas suffisamment de ressources naturelles et l’ opacité de la finance a été le moyen que nous avons trouvé de les payer à ceux qui les possèdent au lieu de continuer à leur extorquer comme nous avons fait depuis la colonisation (le pétrole…). De la même façon, nous travaillons une heure pour nous procurer un bien que d’ autres mettent 10 heures à produire: là aussi, le tour de passe-passe financier nous permet de faire travailler les autres pour nous. Sans mondialisation et sans masque financier, c’ est la vraie taille de notre richesse qui va se révéler…

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/17/apres-le-coronavirus-un-autre-monde-est-peut-etre-possible-mais-il-n-adviendra-pas_6036908_3232.htm

Pour une Union des écolos par la gauche ???

Le secrétaire national d’EELV Julien Bayou dans son discours au Congrès le 4 avril 2020 veut l’unité : « Ce qui se joue aujourd’hui c’est le rassemblement de l’Humanité pour affronter et vaincre une menace commune et invisible. Aujourd’hui la pandémie, demain d’autres crises, et le dérèglement climatique. » Mais comment rassembler ? Dans Le Parisien, Julien Bayou précise son projet le 13 mai 2020. Il a écrit aux responsables de la gauche et aux syndicats pour organiser des « universités du monde d’après » et réfléchir ensemble à un projet de rassemblement. Les appels à un rassemblement de la gauche sont une Arlésienne. Ainsi Laurent Fabius le 14 octobre 2006, « Je veux être le candidat du rassemblement de la gauche et des Verts. Mes combats sont ceux de la gauche rassemblée... »  Depuis la fin de la gauche plurielle, réunie autour de Lionel Jospin en 1997, les espoirs d’unité se sont toujours heurtés aux différences idéologiques des partis et aux ambitions de leurs responsables. « Je reste dubitatif sur tous ces appels souvent vagues, sans proposition de mobilisation, tellement attrape-tout qu’ils n’attrapent rien… Nous sommes actuellement dans la confrontation avec la politique du gouvernement…  », répond le député LFI Alexis Corbière à la proposition de Julien. La commune réponse des autres formations écolos, Génération écologie, Alliance écologiste indépendante, Cap 21 et le Mouvement des progressistes constitue une fin de non recevoir : « La vision qui consiste à engager la préparation de 2022 par une stratégie préalable d’alliance avec des formations politiques qui, en pratique, n’ont nullement rompu avec le productivisme, nous semble être une erreur et ne peut aboutir qu’à la dissolution du projet écologiste dans des compromis boiteux. »

Les associations de leur côté ne se sentent pas concernées par ces circonvolutions politiques. Les commentaires sur lemonde.fr vont bon train :

Capitaine Haddock : Si face a l’urgence climatique les écolos français abandonnaient leur doctrine gauchiste ils seraient demain au pouvoir et dans l’action. Une majorité de citoyens sont prêts a s’engager pour la planète, mais n’y mettons pas des préalables idéologiques. Quel temps perdu!

Izy : L’écologie politique n’existe pas. Il n’y a que de la bonne ou de la mauvaise économie et de la bonne ou de la mauvaise politique. La bonne économie, c’est celle qui intègre la finitude des ressources et les contraintes biophysiques dans ses modèles, est ménagère de ces ressources et prend soin de la ressource humaine. La bonne politique est celle qui s’appuie sur la bonne économie. Tout le reste ne vaut économiquement et politiquement strictement… RIEN, et doit être combattu.

Noodlefr @ Izy : Sauf que votre définition de l’économie et de la politique bonne ménagère c’est ce qu’on appelle le développement durable (ou soutenable) promu par l’écologie politique non radicale. Une autre écologie politique existe qui prône plutôt une économie frugale, basée sur un contingentement fort des activités économiques non essentielles. Ne vous en déplaise l’écologie politique existe bel et bien. Son problème c’est l’immaturité d’un bon nombre de ses partisans et dirigeants, c’est également son noyautage partiel par des groupes extrémistes ayant d’autres objectifs en tête et pour qui l’écologie n’est qu’un vecteur opportuniste. Ses nombreuses divisions obérent toute possibilité d’accession au pouvoir. L’écologie ne peut donc en l’état que demeurer une force politique à part, une sorte de réservoir d’idées, qui manque d’une forte structuration et d’une réelle stratégie de conquête électorale. Enfin il lui manque une vraie figure charismatique forte et fédératrice.

CL2P : Simplement sidéré devant le manque d’inspiration des écologistes français durant cette pandémie du Covid-19. Les différentes écuries, notamment à Paris, semblent uniquement obsédées par une énième « union de la gauche » contre le « Macronisme » (nous disent-elles) ; qui n’augure de rien sur le plan des idées et des projets concrets ; mais permet uniquement aux uns et aux autres de « sécuriser » leurs mandats et fonctions au sein de l’exécutif parisien. Je n’en peux plus avec cette grotesque manipulation au nom voulu des « valeurs de gauche » qu’ils sont les premiers à fouler aux pieds dans leurs vies respectives.

de ma banlieue : Les écolos, qui ont lancé tant d’alertes sur des risques en tout genre, n’avaient pas vu venir le risque épidémie. Qu’à cela ne tienne, le coronavirus confirme la justesse de leur cause, selon eux. Les nationalistes y voient eux la justesse du nationalisme, etc. Hélas les transports en commun franciliens sont parfaits pour la contagion, et la forte densité urbaine la favorise aussi. Mais pourtant l’idée écolo est de densifier la proche banlieue de Paris, déjà bien dense.

F. P. : Attention, tout de même, à ne pas verser dans ce que Freud appelait le narcissisme des petites différences ! Faire cause commune est possible dès lors que la cause en question est bien définie.
Richard Rorty distinguait utilement campagne (politique) et mouvement (pseudo-politique). Celle-ci se donne des objectifs définis, celui-là en appelle à des idées vagues. Hélas ! Il est plus facile de tenir un discours vague, mais persuasif parce qu’il parle au cœur, qu’un discours dûment argumenté, sachant parler à la raison. D’autant plus qu’un discours qui ne parlerait qu’à la raison sera peu entendu, quand bien même la raison en question serait autre chose qu’une rationalité d’expert-comptable. Bref, il faut l’un et l’autre : vouloir conduire sûrement et savoir séduire sans tromper. Ce n’est pas tout trouvé !

Pour en savoir plus sur le positionnement des écologistes grâce à notre blog biosphere :

10 mai 2020, Post-covid, qui sera président en 2022 ?

30 avril 2020, L’après Covid-19 se prépare déjà en coulisses

15 février 2020, EELV. Julien Bayou est-il un écotartuffe ?

28 octobre 2019, Différentes stratégies au Congrès EELV

15 juillet 2029, Lutte des places ou écosophie à EELV  ?

23 septembre 2018, EELV tient un beau discours, quels sont les actes ?

L’écologie nous rassemble par définition

Pierre Charbonnier : « L’écologie est au-delà de la droite et de la gauche, une finalité unique doit réunir l’ensemble des humains à travers leur appartenance commune à la Terre. C’est une stratégie de communion universelle style Nicolas Hulot qui nourrit certaines tribunes dans les médias… En vérité l’écologie nous divise bien plus qu’elle nous rassemble. L’écologie apparaît comme une opportunité de profit pour les uns, et comme un fardeau pour les autres…L’écologie est une ligne de clivage qui passe à l’intérieur de chacun d’entre nous... Il n’y a pas deux camps facilement identifiables, les Terriens contre les Destructeurs. ..L’écologie ne nous rassemble pas, elle nous divise..» Les commentateurs sur le monde.fr ne sont pas d’accord :

Ecureil : Eh bien. Si la prise de conscience unanime n est pas la bonne stratégie… quelle meilleure stratégie envisager ?

Babaille : Passer d’une conscience universelle à un manichéisme caricatural ne semble pas un grand progrès conceptuel.

Un romain: L’écologie nous divise, d’accord. Ceci dit nous faisons quoi? Comment surmonterons nous la division, sachant qu’il y a urgence?

Matt59 : Une tribune qui enfonce des portes ouvertes, tout nous divise, l’inégalité sociale, économique, environnementale. L’écologie n’a pas créé ces divisions, elle vise à les réduire. Voilà un philosophe qui plaira aux populistes…

-Alazon- : Le vrai clivage est entre des boboécolos religieux qui mettent la nature au dessus de tout, et les humanistes qui font de l’homme la mesure de toute chose. Ce clivage est aussi entre des gens qui mesurent l’importance de l’économie pour la vie des gens, et surtout des plus pauvres, et des écologistes qui veulent la sacrifier à leurs pulsions rétrogrades, technophobes et décroissantes. Pensons à la prohibition irrationnelle des OGM qui sont l’avenir de l’agriculture ! Les écologistes sont avant tout des nantis qui ne comprennent rien au monde, des Hulots superstitieux, des patineurs de voie sur berge, des gens du passé.

VDBs @ Alazon : Vous avez clairement choisi votre camp en tout cas… Personnellement, si l’humanisme est encore seulement le principe datant de la Renaissance de l’homme centre du monde, ce concept a été taillé en pièces par la science ces deux derniers siècles. Nous ne sommes qu’un composant de la nature et plus nous tentons de la transformer et de la maîtriser, plus nous créons les conditions de notre propre malheur. Être écologiste, contrairement à votre caricature, ce n’est pas être contre la science ou les avancées technologiques, c’est vouloir chercher un chemin dans ce qu’elles nous proposent qui permette de limiter notre impact sur la nature tout en couvrant nos besoins vitaux. Elle s’oppose en cela à votre scientisme qui considère que la seule réponse à l’avenir de l’humanité est toujours plus de transformation des processus naturels au profit du seul homme, généralement sans évaluation réelle de leurs conséquences sur le long terme.

Balturi : Charbonnier écrit « L’écologie nous divise. Et c’est tant mieux » !!! Il y a des individus, qui s’affublent du titre de philosophe, qui se réjouissent de la division… Donner n’importe quelles mauvaises nouvelles à un esprit actif et constructif : il proposera des solutions qui rassembleront le plus grand nombre. L’esprit réactif en dérivera des motifs de division, et s’en réjouira ! L’écologie a besoin des premiers, pas des derniers.

Vince : On peut philosopher tant qu’on veut, dire qu’on est divisés, tiraillés, attachés à nos libertés, nos ambiguïtés et tergiversations ne feront jamais le poids devant la vérité crue : nous détruisons notre maison commune. On ne discute pas avec les lois de la nature, on ne peut pas changer ces lois ni au parlement ni à l’ONU. Les sciences disent ce qui est (la vérité): réchauffement climatique et destruction de la biodiversité, deux éléments qui menacent la vie humaine. Donc soit on essaie solidairement, forcément maladroitement, de faire quelque chose qui aille dans la bonne direction, ou alors on reconnaît qu’on s’en fout et qu’on laissera les prochaines générations avec les conséquences de notre « sainte liberté ».

JFA : Tout divise en permanence. La liberté dont profitent les uns est interdite aux autres, l’égalité est purement juridique, quant à la fraternité, les SDF qui croupissent sur les trottoirs des villes témoignent de son caractère illusoire. On est divisé entre riches et pauvres, entre habitants des champs et ceux des villes, entre progressistes ouverts et réactionnaires bornés, citoyens du monde et nationalistes, gay friendly et homophobes, macronistes et macrophobes, etc. À travers tout cela, il faut concocter une très relative unité permettant à tous de vivre le plus convenablement possible. Une obligation pourtant, quand les excès des hommes ont détraqué le monde dans lequel ils vivent, il est urgent d’agir. Le crash qui nous menace aura des conséquences autrement graves que le covid.

DIEU est avec Nous : Pourquoi il y a autant de commentateurs ou commentatrices qui dénigrent les écologistes. Dire que l’écologie c’est trop sérieux pour la laisser aux mains des écologistes, je trouve ça grave et triste. Nous devons toutes et tous être écologistes ! Et comme je le dis souvent, la véritable écologie est transversale, elle doit être au cœur de tous les sujets, et nous devons faire une écologie holistique qui considèrent la planète dans son Unité. Ainsi, me semble t’il, nous pourrions rassembler tout le monde autour d’un grand Tout : climat, biodiversité, circuit de l’eau, terres clean, océans, forêts anciennes, pollution, propreté, etc, etc, etc. Bien à vous

Michel D. : Et pas un mot de la démographie dans cette tribune ! Le seul combat qui vaille est celui contre la surpopulation galopante, qui annihile tous les progrès permis par les sciences.

Faux rhum : Et donc ? On commence par vous supprimer ? Ou on compte sur vous pour décider qui on va euthanasier ?

As1 @ Miche D: C’est sûr que lutter contre la surpopulation c’est quelque chose de simple. Merci d’avoir trouvé la solution. J’espère que vous avez pris la précaution de ne pas faire d’enfants. Car finalement, nés en France, leur impact écologique aurait été bien plus grand que nés ailleurs.

François C.H. @ Michel D : L’argument massue habituel flirtant sous couvert de bon sens avec le racisme. Avez-vous comparé le bilan carbone d’un occidental avec celui d’un africain? Bon, regardez de plus près et vous verrez que le problème vient peut être moins de la surpopulation (celle des autres, forcément) que de nous-même.

Michel D. : Mes contradicteurs moralistes étant dans un incroyable déni, rappelons des chiffres, à savoir la population en 1950, la population en 2019 et la progression sur la période. Monde: 2,5 => 7,6 milliards, +204%… France: 42 => 67 millions, +59 %… Nigéria: 38 => 190 millions, +400%. Egypte: 21 => 100 millions, +376%. Indonésie: 70 => 270 milliions, + 285%. Etc…. Désolé, connaissant bien Mumbai, Djakarta ou Mexico, je ne me sens absolument pas responsable des problèmes qu’ils connaissant et je ne suis pas prêt à faire le moindre effort tant que les pays dits émergents ne prennent pas des mesures drastiques pour réduire leur natalité.

Le coût de l’espérance de vie « augmentée »

Certains organismes vivants se reproduisent par simple duplication (bactéries, amibes…) et sont de ce fait immortels. Pour les autres le corps, une fois fourni l’effort nécessaire à la reproduction, va lentement décliner jusqu’à la mort : la mouche va vivre 17 jours en moyenne, le rat 6 années et le séquoia géant 6 000 ans. Ces différences sont inscrites dans les gènes qui donnent à une espèce une durée de vie maximale. Comme les autres espèces, les humains sont programmés pour mourir, mais ils modifient leur environnement pour mieux résister au processus de vieillissement. Ainsi la réduction de la mortalité infantile, les progrès de l’hygiène publique et privée et la lutte contre les infections ont fait passer l’espérance de vie moyenne à la naissance en France de 25 ans en 1750 à 45 ans en 1900 et 83 ans en 2017. On a même pu calculer que sept années de vie supplémentaire découlaient de traitements médicaux ou chirurgicaux très coûteux. Les dépenses de santé sont en constante augmentation et représentent actuellement près de 11 % du PIB, soit environ 271 milliards d’euros annuels. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Certains technophiles veulent agir contre les processus de vieillissement, faire de la télomérase, lutter contre les radicaux libres, encombrer les centres de soins palliatifs. Le transhumaniste Laurent Alexandre vise même à « euthanasier la mort » pour vivre mille ans. Il suffirait selon lui de modifier notre nature humaine par des interventions technologiques en utilisant la puissance des NBIC (nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives) : « La demande de vivre plus longtemps est insatiable… La fixation des limites dans la modification de l’espèce humaine conduira très certainement à des oppositions violentes entre bioconservateurs et transhumanistes. » Quel est le point de vue possible des écologistes face à l’hubris transhumaniste et trop coûteux de l’homme « augmenté » ? Soulignons d’abord que si les inconvénients du système technico-médical commencent à prendre le pas sur les bénéfices qu’ils nous ont apporté, c’est pour des raisons globales. Les gains en termes d’espérance de vie n’augmentent plus en proportion des dépenses par la faute des maladies de civilisation ! L’inactivité physique et la malnutrition jouent un rôle majeur, ainsi que l’exposition à la pollution, aux stress de la vie socioprofessionnelle, aux pesticides, à la consommation de sodas, aux produits ultra-transformés, etc. La prévalence croissante de l’obésité, de la stéatose hépatique, du diabète, de l’hypertension artérielle, des maladies chroniques cardio-vasculaires, respiratoires, rénales… et les cancers deviennent des maladies chroniques largement liée à notre mode de vie. Les maladies de civilisation pèsent désormais plus lourd dans la mortalité que les maladies naturelles. L’espérance de vie en bonne santé commence à régresser dans bon nombre de pays. La mortalité par Covid-19 ne fait donc que se rajouter à un tableau clinique peu encourageant.

Il est donc utile de se demander si cela est durable de perfectionner sans cesse nos moyens d’assistance sanitaire au prix d’un épuisement de nos ressources fossiles (non renouvelables), si c’est respecter les cycles vitaux que de s’attarder sur la planète et prendre un peu de l’espace vital à toutes les autres espèces, si c’est écologique de lutter indéfiniment contre notre mort inéluctable, si c’est bien vivre que de vivre centenaire. Enfin noublions pas qu’une part importante de l’accroissement de la population mondiale vient de l’allongement de l’espérance de vie : si nous en étions restés au niveau de l’espérance de vie en 1900, nous serions quelques milliards de moins. Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

9 mai 2020, espérance de vie et équivalent pétrole

11 spetembre 2017, Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu (Jean- Marc Jancovici)

4 janvier 2017, longévité, intelligence…. tout commence à décroître

14 mars 2015, Mainmise de l’industrie sur nos repas : trop de sucre

6 juin 2013, Le fantasme de l’immortalité, une perte de sens

Le confinement généralisé, une grave erreur

Plutôt qu’un confinement généralisé, nos gouvernants auraient mieux fait de dire : « les jeunes restent à l’école et les travailleurs au boulot, l’immunité collective est un passage obligé ». Par contre toutes les personnes à risque (comorbidité, âge avancé) restent confinées chez elles si elle ne veulent pas attraper le virus au vol. A chacun de prendre ses responsabilités. Le risque de mourir est peu élevé. Parmi les individus infectés, 3,6 % seulement ont été hospitalisés et 0,7 % sont morts. Le taux de létalité varie de 0,001 % chez les moins de 20 ans, à 10,1 % chez les plus de 80 ans.

De toute façon il suffit d’attendre, le virus perdra de sa virulence. La grippe espagnole de 1918 ou la grippe de Hongkong de 1968 se sont éloignées au bout de deux années sans qu’on fasse quoi que ce soit de spécial. C’est dû à la recombinaison génétique qui préside à l’évolution des espèces. Les changements du génome du virus (ARN) sont issues des erreurs d’association des bases dans la chaîne de la molécule au sein de la cellule hôte. Ces erreurs sont faites au hasard, il n’y a pas de déterminisme préétabli. La virulence des virus change pendant sa réplication dans chaque personne et continue en sautant d’une personne à l’autre. Au bout d’un certain temps de contagion, il existe des souches différentes avec des virulences différentes. Les souches virulentes vont continuer à provoquer des malades jusqu’à ce que la virulence cesse. Le temps pour la perte de la virulence n’est pas un facteur en lui même mais il est relié à la réplication et à la transmission. Il suffit donc d’attendre passivement le temps nécessaire à la modification du génome et à la perte de sa virulence du virus. Pour le Sars-cov-2, personne ne connaît encore la période nécessaire puisqu’il est nouveau mais il semble qu’il s’affaiblisse au bout de 3 mois. La seule motivation du confinement généralisé reposait sur le fait de ne pas encombrer les services hospitaliers. Mais là il suffit de faire du triage médical, sélection de qui doit vivre et qui doit mourir, méthode absolument nécessaire en période de crise sanitaires aiguës et qui a été effectivement utilisée par les soignants avec le SARS-CoV-2. Beaucoup de commentateurs sur lemonde.fr préfèrent l’immunité collective plutôt que le confinement :

Joan Alcover : Tout cela suggère que la « contagiosité » de la maladie est faible ; et elle l’est aussi dans les pays qui n’ont pas confiné ou ont confiné de façon moins exigeante que la France. Par ailleurs, il est maintenant acquis que la « létalité » de l’infection est très faible, sauf pour les personnes âgées. Alors, pourquoi a-t-on confiné tout le monde y compris les « actifs » (non « âgés ») qui ne courraient aucun risque et pas seulement ceux qui courraient un risque réel : les personnes âgées, qui ne font plus partie de la population active ? On aurait pu éviter ou fortement mitiger le désastre économique qui nous attend.

GERONIMO : Faudrait savoir : C’est le confinement ou l’immunité collective que l’on recherchait ? Parce que l’un EMPÊCHE l’autre. Donc si vous voulez prouver qu’en plus de toutes les omissions et de tous les mensonges, on nous a AUSSI mené en barque au sujet du confinement, vous marquez sûrement des points.

Le Renard Masqué : Avez-vous regardé la forme de la courbe au moment où le confinement a été mis en place? Sans confinement, la dynamique de l’épidémie aurait été exponentielle. Le nombre de morts (y compris chez les plus jeunes) aurait lui aussi atteint des hauteurs stratosphériques. Et les personnes âgées confinées auraient été plus contaminées car le reste de la population ne l’aurait pas été, à suivre vos préconisations qui font frémir…

Joan Alcover @ Le Renard Masqué : j’ai bien regardé « la forme de la courbe » en France et aussi dans les pays qui n’ont pas pratiqué le confinement « à la française » ; je vous invite à en faire autant. Vous observerez qu’il n’y a pas de différences significatives dans les formes de ces différentes courbes. La notion d’exponentielle qui monte jusqu’au ciel est un concept mathématique rarement observé dans les phénomènes naturels (la fission nucléaire n’étant pas, pour moi, un phénomène « naturel »).

Athanagore porphryrogenete : Le chiffre qui manque c’est la fraction de la population infectable. On n’en sait rien mais ce qui est sûr c’est que c’est pas 100%. Par exemple on sait que les femmes ont moins de récepteurs du virus que les hommes et ont donc moins de chance de le contracter, pareil pour les jeunes. Si 60% de la population a, pour une raison ou une autre, une protection significative, alors l’immunité collective est la.

PL : J’ai du mal à comprendre qu’on parle d’un « objectif » d’immunité collective à 65 % comme s’il était atteignable et marquerait la fin de l’épidémie. Si on compte une létalité de 0,7 %, et qu’on veut que 65 % d’un pays de 60 millions d’habitants soient contaminés, cela amène à 273 000 morts. C’est beaucoup. Il est donc vraisemblable, ou en tout cas souhaitable, qu’on n’atteigne jamais ce chiffre, c’est d’ailleurs le but de la stratégie du confinement.

Syfre @ PL : la létalité n’est pas la même sur toutes les tranches d’age, si vous laissez le virus se propager par exemple sur la tranche < 45 ans, vous aurez une létalité bien plus faible et vous couvrirez un % important de la population (autour de 50% je crois). Maintenant si dans cette tranche vous excluez les personnes avec des risques aggravants, en les surprotégeant par exemple, la létalité sera encore bien plus faible. Le problème c’est de raisonner sur des moyennes, idem pour le taux de couverture.

Fouilla : Syfre, on peut effectivement rechercher une immunité collective « partielle » en confinant les personnes à risque (mettons 30% de la population) en attendant que les autres soient immunisées à 70%. Le problème c’est que si à ce moment vous « lâchez » les personnes à risque, vous sortez de l’immunité collective, puisqu’au total seules environ 50% des personnes seront immunisées. Ce serait donc perpète pour les personnes à risque? Inacceptable.

Michel SOURROUILLE @ Fouilla il faut bien mourir un jour, mais autant que ce soit en bonne santé. Alors, que ce soit quelques semaines ou quelques mois de plus ou de moins en sursis pour une personne en fin de vie, cela ne semble pas très grave…S’accrocher à quelques lambeaux de vie au détriment de beaucoup de choses vitales, c’est cela qui est inacceptable !

Fep : « Le nouveau coronavirus pourrait « ne jamais disparaître » et devenir une maladie avec laquelle l’humanité devra apprendre à vivre, a averti l’Organisation mondiale de la santé » (OMS) dans un article de ce jour. Caramba, encore raté!

Çaosetout : Fondamentalement le sujet est surtout idéologique : surtout ne pas penser à l’immunité collective, horresco referens. Ceserait un concept barbare digne d’un suédois, ennemi de la Vie à Tout Prix. On a confiné, on reconfinera au besoin (enfin, peut-être pas, cela pourrait mal se passer…), en tout cas vous allez rester socialement distancés, masqués, hydroalcooliqués, fliqués, surveillés, limités, bien gentils, bien sages, jusqu’au Vaccin et au Traitement. On Sauve Des Vies. Sauf que le virus il finira par circuler partout, il ressurgit en Corée, en Chine, etc. Les médecins ont voulu jouer aux plus fins, mais ils vont vite comprendre qui est le plus fort. Et franchement ce sera une bonne leçon. Et oui il y aura des caisses en bois. Et alors, c’est la vie… 95 % de plus de 60 ans… et en mauvaise santé

tiède : 0,001 % de létalité pour les moins de 20 ans ? À comparer au 0,0016% à 0,002 % de mortalité en termes d’accidents domestiques (en temps normal càd hors confinement qui fait plus que double le temps passé à la maison !) pour les moins de 18 ans. Conclusion : les enfants sont plus en sécurité à l’école à jouer entre eux qu’à la maison. Et pourtant on empêche une partie de ces enfants de retourner à l’école à cause de normes sanitaires à la limite de l’absurde. On peut aussi comparer ces chiffres avec la mortalité infantile : 0,38% des enfants meurent avant leur premier anniversaire.

le sceptique : On se retrouve donc après 2 mois de confinement, 27 000 morts, 6 points de PIB envolés et 12 millions de chômeurs partiels à dire : on n’est pas pour autant immunisé et on aura une vague 2. A quand un débat de fond sur le principe de précaution ?

Albane Delipovać : Moins de 0,001% de létalité chez les moins de 20 ans… Ouvrez les universités, les plages, les jardins, les bars, puis libérez ces jeunes ! Puis les moins jeunes, puis les trentenaires, etc. Jusqu’à ce que les 65% soient atteints (60% de la population à moins de 50 ans).

Jean Claude Grange : Oui, mais pour cela il faut du courage politique…

EFG, Epidémie, Famines, Guerres… normal

Malthus avait tout prévu dès 1798, l’épidémie, la famine, les guerres. Dans son « Essai sur le principe de population », il ramenait les causes multiples de ces dysfonctionnements à une cause principale, la non maîtrise de sa fécondité par l’espèce humaine. Dans une note, Malthus précisera son idée de fond : « A ce qu’il me semble personnellement, celui qui indique le moyen d’atteindre un mieux relatif est un bien plus grand bienfaiteur de l’humanité que celui qui se contente de discourir sur les tares de la société actuelle et la beauté d’une société différente, sans indiquer une méthode concrète pour accélérer notre progression de l’une vers l’autre. » A son avis, il était donc nécessaire de réguler l’évolution de la population à un niveau compatible avec les ressources alimentaires. Qu’en penser aujourd’hui alors que la révolution agricole depuis 200 ans a multiplié les ressources et accompagné l’explosion démographique ? Avant la crise sanitaire actuelle, les indicateurs de la malnutrition étaient déjà au rouge, 820 millions de personnes souffrent déjà de la faim, un Terrien sur neuf. Selon la FAO*, la pandémie de Covid-19 pourrait ajouter avec la récession économique 15 à 80 millions de personnes. L’objectif « faim zéro  d’ici à 2030 » que s’est fixé la communauté internationale semble de moins en moins atteignable. Il est vrai que les médias, les experts et les politiques insistent toujours sur l’alimentation, les gaspillages des riches, les inégalités de distribution de nourriture… mais n’abordent quasiment jamais la nécessaire régulation des naissances. Erreur funeste.

Nous connaissons aujourd’hui avec la contamination virale le vertige des exponentielles. Si tu es porteur du virus et que tu contamines deux personnes, ces deux personnes vont transmettre à leur tour le Covid-19 à quatre personnes, puis à 8, etc. Cela apparaît au début peu inquiétant, mais au bout de dix transmissions, une seule personne en a rendu malade 1 027 ; au bout de 20 transmissions il y a plus d’un million de personnes infectées. Ce schéma théorique est proche de la vitesse de diffusion du coronavirus. La courbe épidémique chinoise semble montrer un « R0 » de 2,2. Le R0 correspond au nombre moyen de personnes qu’un individu infecté peut contaminer en six jours. La multiplication humaine suit le même schéma d’une génération à l’autre. Même avec un taux réduit d’accroissement naturel actuellement à un peu plus de 1 %, les humains doublent leur nombre tous les 70 ans, et cela se compte dorénavant en milliards ! La deuxième leçon à tirer de l’épisode SARS-CoV-2, c’est qu’arrêter la diffusion exponentielle du virus est extrêmement difficile, même après un confinement généralisé de deux mois. Les comportement sociaux ne suivent pas forcément les directives médicales de distanciation sociale. Il en serait de même de la démographie humaine, il suffit de voir les bagarres homériques à propos de l’avortement ou même de la contraception. De toute façon presque aucun gouvernement, sauf le repoussoir que constitue la Chine pour certains, n’a programmé de politique malthusienne. Ajoutons le lien direct entre pandémie et densité humaine. Wuhan était peuplée de 11 millions d’habitants, les grandes villes concentrées sont les plus touchées par le virus, et métros et stades de foot sont vecteurs privilégié de la contamination. Combattre la surpopulation devrait aller de pair avec les objectifs de sobriété partagée.

Un article du MONDE estime que « le confinement imposé à une partie de la planète laisse présager une aggravation de la famine ». Il n’y est jamais question de démographie, seuls quelque commentateurs sur lemonde.fr mettent les pieds dans le préservatif :

Agnès: Attention aux fausses évidences. La famine a toujours existé quelle que soit la population. De nos jours, la production alimentaire est très supérieure aux besoins. C’est un problème de répartition et de gaspillage auquel s’ajoute maintenant le blocage par la pandémie des circuits économiques qui l’aggrave. L’explosion démographique est cependant réelle, avec toutes sortes de problèmes, mais pas celui de l’insuffisance alimentaire globale pour l’instant.

Démographie Responsable : Bon, d’un autre côté, nous ne sommes que 7,8 milliards d’humains aujourd’hui et les ONG et autres FAO affirment depuis des lustres que la planète peut nourrir plus de 12 millards d’individus. Il ne s’agit donc que d’une mauvaise organisation et ça n’est pas comme si nous étions en surpopulation..

gaston : PLUS ONT EST NOMBREUX PLUS LA PART DU GÂTEAU EST PETITE..

Gabuzo : Je n’ai jamais compris pourquoi les thèses de Malthus faisaient l’objet d’un tel dédain, à part du fait d’un aveuglement propre à l’homme, persuadé qu’il y a aura toujours des ressources à l’infini ou une innovation technologique miraculeuse pour le sauver. La politique de l’enfant unique en Chine était d’une grande violence, mais sans elle il y aurait 300 à 400 millions de Chinois en plus à éduquer, loger, nourrir. La population de l’Afrique devrait doubler en 2050 (scoop : ce n’est pas le cas des ressources agricoles). Est-ce que l’humanité va attendre d’être au pied du mur et regarder les gens crever de faim, de pollution et de tous les autres maux de la surpopulation ou est-ce qu’on est capable, pour une fois, d’anticiper ?

LEONCE : Allez donc vous même essayer d’expliquer aux Africains et autres de ne plus faire d’enfants. L’ONU a mis en place partout des bureaux de « planning familial » qui sont aussi inefficaces que coûteux.

Régis : Les thèses démographiques de Malthus sont plutôt bien considérées, certains de ses remèdes, comme cesser l’aide économique aux pauvres, beaucoup moins.

Pascalou : Avec une population mondiale hors de contrôle mais des ressources alimentaires forcément limitées car nous vivons dans un monde fini, il fallait bien que cela arrive un jour. Regardez par exemple la courbe de la l’évolution de cette population depuis 2000 ans. Elle est tout simplement effrayante quand on voit son emballement récent. Cela posera tôt où tard la question de l’autorisation de procréer, que cela plaise ou non.

* http://www.fao.org/3/ca8800en/ca8800en.pdf

Plutôt mourir du coronavirus plutôt qu’intubé

Des contaminés qui arrivent à l’hôpital déjà cyanosés, crachant une mousse sanguinolente. Des gens atteints d’œdème pulmonaire aigu, dont l’état se dégrade à toute vitesse et que l’on intube à même les couloirs. Nous sommes en 1968-1970, la grippe de Hongkong frappe une partie de la planète ; le virus H3N2 fera au moins 1 million de mort, en France sans doute plus de 30 000 morts. Au 13 mai 2020, la Covi-19 a fait moins de 300 000 morts au niveau mondial, moins de 30 000 morts en France. En 1968, on minimise : «  La symptomatologie de cette grippe parait bénigne et, si l’on prévoit l’extension rapide et très large de cette épidémie, il ne semble pas cependant qu’elle doive prendre un caractère de quelconque gravité (LE MONDE du 11 novembre 1968). » En 2020 on confine la presque totalité des habitants de la planète. La mise en scène par les médias actuels d’une pandémie comme il y en a eu bien d’autres exacerbe les réactions socio-politiques. On passe d’une dramatisation à une autre, hier les attentats terroristes, aujourd’hui la pandémie, demain ce sera autre chose. La particularité de la société thermo-industrielle, c’est l’hubris, la démesure anti-nature qu’il nous faut combattre. Prenons l’exemple du passé.

Le 17 décembre 1969, une note au directeur général de la santé informe que le département du Tarn, très touché, enregistre 25 % de malades dans les familles, 30 % d’absents dans les écoles, 20 % dans les administrations, 17 % dans l’industrie, 18 % dans les autres secteurs d’activité. « L’épidémie de grippe qui s’étend, comme chaque année, sur l’Europe n’est ni grave ni nouvelle »*, lit-on pourtant dans Le Monde du 18 décembre 1969. L’État n’entreprend rien pour freiner l’épidémie, la grippe, c’est ce que tout le monde attrape. Personne ne connaît le nombre exact de victimes, on ne disposait à l’époque d’aucun outil de surveillance épidémique en temps réel. De toute façon la plupart des gens en 1968 considéraient qu’il était normal de mourir de quelque chose. Les accidents de la route et le tabac faisaient un carnage sans que la population s’en émeuve. Aujourd’hui le rapport à la mort a changé, il devient intolérable de mourir de façon naturelle, on pratique l’acharnement thérapeutique, les transhumanistes rêvent de nous voir vivre 1000 ans et les militaires veulent pratiquer la guerre zéro morts. Les progrès techno-scientifiques nous ont fait perdre tout sens de la limite. De toute façon il faut bien mourir un jour, autant que ce soit en bonne santé et non pas transpercés par des tuyaux reliés à des machineries.

Acceptons la mort qui vient au nom de la sélection naturelle, et sur nos directives anticipées rajoutons le refus de l’intubation et de la ventilation artificielle. Mieux aurait valu politiquement miser sur l’immunité collective et ne pas se lancer dans des confinements à répétition. Il faut à un moment et à d’autres donner des limites à la mainmise de la techno-science sur nos existences. Voici quelques lectures complémentaires sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

24 avril 2020, Soyons courageux, attrapons le SARS-CoV-2

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

3 avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

26 mars 2020, Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

25 février 2020, Coronavirus : pandémie et sélection naturelle

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

* https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/11/qui-se-souvient-encore-de-la-grippe-de-hongkong_6039258_3224.html

Post-covid, il faut combattre l’urbanisation

Philippe Chiambaretta : « L’accélération exponentielle de l’urbanisation a conduit à un épuisement tel des ressources naturelles que la Terre est aujourd’hui en état d’urgence respiratoire. Les villes consomment 80 % des ressources de la planète sur seulement 2 % de sa superficie. En cette période de confinement, la chute spectaculaire des niveaux de pollution et de production de déchets fait prendre conscience à l’opinion publique de l’impact des villes sur leur environnement. Le concept de « ville-métabolisme », qui s’attache à comprendre les interactions entre les différentes strates de la ville – mobilités, nature, infrastructures, usages, bâti – ne passera pas au stade de recherche appliquée sans le recours à la « data », qui permet de quantifier ces phénomènes. L’expérimentation de voiries temporaires dédiées au vélo peut permettre de mesurer une évolution du trafic, entraînant la libération d’espaces qui peuvent donner lieu à des systèmes de végétalisations susceptibles d’accueillir à leur tour de nouveaux usages, et jouer un rôle sur les niveaux de pollution, le bien-être, renforcer la biodiversité ou supplanter des infrastructures. Des projets pilotes à l’échelle d’une décennie devront pouvoir déroger aux normes habituelles qui brident l’innovation par principe de précaution et court-termisme politique. »

Chiambaretta pose pour incontournable l’existence des villes, il suffirait de les améliorer pour qu’elles soient moins polluantes et destructrice des ressources. L’idée de désurbanisation ne l’effleure jamais, il suffit de s’adapter, rengaine de ceux qui ne veulent rien changer vraiment à nos modes d’existence. L’idée de surpopulation, une des causes première de l’entassement dans les villes et leurs immeubles à (nombreux) étages, n’est pas du tout le cadre de sa pensée. Son idée fixe est du genre « donnez moi le pouvoir, fi du principe de précaution, vous allez voir ma capacité d’innover. » Mais il ne peut rien contre la réalité : une ville mise sous cloche verrait mourir rapidement presque tous ses habitants, un village isolé peut arriver rapidement à son autonomie alimentaire et énergétique. La révolution industrielle a détruit la paysannerie, socle fondamental de nos besoins primaires, alimentaires. Le système de classification moderne a bien octroyé au secteur agricole la qualification de « primaire » (qui vient en premier), mais c’est pour mieux glorifier l’extension du secteur secondaire puis tertiaire. Pourtant que ce soit clair : ouvriers, employés et cadres urbanisés ne sont que des parasites qui vivent au crochet des agriculteurs. Avec les crises écologiques qui menacent, le besoin d’avoir de quoi se nourrir va redevenir l’exigence de tous les jours.

En cette période de confinement, nous avons appris où se trouvent nos besoins essentiels. Chacun devrait cultiver son jardin, les paysans seront de retour. La meilleure politique de la ville pour les années à venir doit consister à abandonner progressivement les grandes agglomérations pour revitaliser les campagnes ; en France notamment des milliers de villages sont abandonnés. Nous avons connu l’exode rural pendant des décennies, le moment et venu de faire le mouvement inverse. c’est la position de ce blog biosphere. Pour en savoir plus :

2005 Les paysans sont de retour de Silvia Pérez-Vitoria

20 octobre 2013, un mauvais choix gouvernemental, l’agro-industrie

24 janvier 2019, Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

1er mai 2019, BIOSPHERE INFO, Small is Beautiful

29 juin 2019, Bidonvilisation démentielle de la planète

post-covid, pour une planification écologique

Une planification socio-écologique paraît incontournable après cette période de déconfinement. Il s’agit de déterminer politiquement les secteurs d’activité qui doivent être supprimés, réorientés ou soutenus. Il s’agit de mettre en place une orientation de l’activité productive qui soit plus impérative que la planification indicative mise en place par la France après 1945, mais moins autoritaire que la planification à la soviétique. Voici quatre approches pour accompagner notre réflexion collective au-delà de l’écume du court terme.

Histoire de la planification : En 1914 Walter Rathenau, dirigeant de l’entreprise d’électronique AEG, soumit au ministre de la guerre un plan visant à remplacer les matières premières importées et à enregistrer les stocks existants, plan immédiatement mis en œuvre par Rathernau lui-même. Des campagnes de substitution des produits importés furent lancées auprès du public. Après son départ du ministère, en mars 1915, Rathenau exposa dans une conférence cette coopération inédite entre les entreprises et le gouvernement, dans un système décentralisé de sociétés de guerre créées dans tous les secteurs de l’économie, et qu’il appela la « planification ». Sa conférence eut un retentissement mondial. L’Américain Raymond Moley, principal inspirateur du New Deal de Franklin Roosevelt, considéra qu’avec Le Capital, de Karl Marx, aucun autre texte économique n’avait eu plus d’influence sur le monde. Il avait inspiré Wilson et son War Industries Board dès 1917, puis Lénine, Roosevelt en 1933, avant Monnet et de Gaulle en 1945. Aujourd’hui la planification est d’autant plus impérieuse que l’Europe est particulièrement vulnérable à la diminution des ressources d’énergie fossiles et autres matières premières. Une planification plus ou moins impérative doit mettre en place une coopération européenne dans des secteurs clés, décisifs aujourd’hui pour l’emploi et le climat, par exemple les transports, l’énergie et les réseaux. Notons que d’un point de vue historique, le covid-19 n’est qu’une péripétie. Mais cet épisode s’inscrit dans un contexte largement défavorable à une politique croissanciste. Outre le problème central du changement climatique et du déclin de la biodiversité, il apparaît dans un système à bout de souffle, victime (et responsable) de l’épuisement progressif des ressources naturelles tant non renouvelables que renouvelables, ce qui rend illusoire toute velléité de relance économique non planifiée selon des critères socio-écologiques.

Planification impérative ou équilibre automatique : Dans les années 1930, les pays socialistes ont mis en place des plans impératifs pour cinq ans qui organisaient toute la vie économique, mais ce système s’est effondré avec la chute du communisme ; ces pays sont devenus « en transition » vers le libéralisme. Une planification centralisée est inopérante dans une société complexe, mais ce n’est pas synonyme de victoire du marché. Le système libéral est un mode de régulation qui sert à échanger de façon décentralisée des informations sur les préférences de chacun par l’intermédiaire de la variation des prix : la loi de l’offre et de la demande déterminerait donc de façon automatique ce qu’il faut produire et consommer. Cependant la montée croissante des pénuries (forêts, eau, énergie, terres cultivables…) qui résulte de l’imprévoyance du marché donne de nouvelles perspectives à une planification prospective : quand il devient plus facile de déterminer les choix fondamentaux, quand la société prend conscience des nécessaires objectifs écologiques, alors se détermine les moyens de gérer l’avenir même si c’est de façon approximative. L’État aurait du imposer depuis quelques années déjà les choix d’un retour à l’équilibre entre l’activité humaine et les possibilités de la Biosphère. Au niveau institutionnel, constitutionnaliser une règle verte (2016, Le programme de la France insoumise, L’avenir en commun, 2016) est un bon plan : « Ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer ni produire plus que ce qu’elle peut supporter. »

Une planification de la frugalité : L’idée de planifier une politique de décroissance des consommations de matières premières et d’énergie peut choquer, tant nous sommes habitués aux discours inverses. Mais un tel point de vue recouvre néanmoins un principe de réalité incontournable. Personne ne souhaite aller vers une société de privation et d’abstinence, mais nous n’avons pas d’autre choix que de mettre en place des normes, des réglementations, des instruments fiscaux qui concourront à la modération des productions, des comportements et des consommations. J’entends déjà les cris d’orfraie : c’est une révolution ! Eh bien, oui ! Nous sommes, de fait, engagés dans une révolution, planétaire de surcroît. Qui peut imaginer que le défi écologique pourra se relever à la marge ? Si nous n’opérons pas de manière planifiée, à quoi ferons-nous appel ? Au marché, dont on connaît le peu de cas qu’il fait de l’intérêt général si on le laisse jouer librement ? A la vertu de l’humanité qui, comme chacun le sait, présente quelques fragilités ? Comme toutes les nations industrialisées, la France participe à l’origine du mal. Il est symptomatique de cette société productiviste et consumériste qu’il s’agit de refonder. Les gens veulent bien accomplir des efforts, beaucoup ont parfaitement saisi les enjeux et s’affirment prêts à réviser profondément leurs modes de vie. Ils savent que le chemin ne sera pas aisé, mais ils ne veulent pas s’engager isolément. Pour avoir le sentiment que leur action individuellement à quelque chose, ils ont besoin qu’elle s’insère dans une dynamique collective. On ne peut leur en tenir rigueur, l’effort doit être partagé. La société à venir devra mettre fin à la surenchère, choisir ce qui doit continuer à croître et ce qui doit commencer à décroître : moins de biens, plus de liens ! Si nous laissons perdurer la situation actuelle, nous risquons d’entrer dans une société de privation, avec ses systèmes de quotas, ses cartes de rationnement et tout ce que cela peut compter d’atteintes aux libertés. Le meilleur moyen de s’y opposer, consiste à mettre en place sans plus tarder une société de modération.

Si seulement l’Amérique pouvait être la Chine. Rien qu’une journée ! Les dirigeants chinois possèdent la faculté de couper court à tous les intérêts particuliers, à tous les obstacles bureaucratiques, à toutes les craintes de répercussions électorales, pour simplement décréter des changements radicaux dans les prix, les règlements, les normes, l’éducation et l’infrastructure. C’est un atout de poids quand il s’agit de réaliser un changement aussi considérable qu’une révolution verte, où vous êtes confrontés à des intérêts acquis, enracinés, grassement financés et fortement retranchés, où vous devez motiver des opinions publiques pour qu’elles acceptent des sacrifices… Un matin de fin 2007, les commerçants chinois se sont réveillés en apprenant que le Conseil d’Etat venait d’annoncer que tous les supermarchés, toutes les boutiques, auraient interdiction de distribuer gratuitement des sacs en plastique. Et le tour était joué. L’Amérique a entamé en 1973 une procédure de retrait des carburants comportant du plomb, et ce n’est qu’en 1995 que l’on n’a plus vendu sur le sol américain que de l’essence sans plomb. La Chine a décidé d’adopter le sans-plomb en 1998 ; la nouvelle norme a été appliquée partiellement à Pékin en 1999, et, dès 2000, toute l’essence vendue sur le territoire national était sans plomb. (in La Terre perd la boule de Thomas L.Friedman)

post-Covid, l’espoir ténu de l’autosuffisance

Nous sommes déjà avertis de l’effondrement civilisationnel prévisible depuis le rapport au club de Rome en 1972 sur Les limites de la croissance. Aujourd’hui popularisée en France par Pablo Servigne, la collapsologie explore à à nouveau la vulnérabilité de notre société thermo-industrielle face à divers risques systémiques. La crise du coronavirus fait donc écho à des scénarios connus : un monde d’autant plus fragile qu’il est complexe, un monde rendu invivable par la surpopulation humaine, un monde non durable qui va rencontrer pénuries, crise pétrolière et financière, sans oublier le réchauffement climatique, la chute de la biodiversité, la guerre, la famine et les épidémies. Les commentateurs sur lemonde.fr se partagent entre effondristes et anti-écolos :

Ursus speleus : Le monde se divise en deux: le collapsologue qu’a une pelle et le gonze qu’a un revolver, et donc le collapsologue creuse.

Du Joli : Et quand il n’a plus de balles, le gonze prend un coup de pelle.

MaxBoltz1954 : La collapsologie : variante moderne du « Repentez-vous, pauvres pêcheurs » avec quelques scientifiques perdus ou en mal de reconnaissance.

As1 : La collapsologie, c’est un terme à la mode. Le réchauffement climatique et l’extinction rapide du vivant, ce sont des réalités. Les anti-ecolos croient qu’il s’agit d’un positionnement politique. Non, c’est juste un constat. Ne pas voir, c’est simplement du déni.

Alazon : L’exposition donnée par LE MONDE à ces illuminés collaspsos est indécente. Heureusement que face à cette crise on a des TGV médicalisés, Tesla, PSA ou Renault qui font des respirateurs, des produits chimiques pour les anesthésies, LVMH pour faire du gel, Facebook pour nous aider à pister le virus… Cela sauve des vies. Tout cela c’est l’avenir. Le boboécolo, lui, ne comprend rien à son époque. Il est terré au fond de son appartement à manger des graines bio, confit dans la peur et dans la nostalgie d’un passé fantasmé, amoureux transi de la nature qui vient de nous envoyer une belle saloperie. Les collapsologues sont les derniers soubresauts de ce monde qui meurt : celui de la France moisie et recroquevillée, celui du poujadisme, celui de Zemmour et Hulot.

Fep : On vous laisse manger votre TGV et boire votre gel hydroalcoolique alors… bon app’ !

ca_alors : Oui Alazon. Vos termes sont un peu violents, mais je les partage, car sérieux, il y en a marre. La rédaction du MONDE n’est pas folle cependant, car elle sait que certains sujets déchaînent des passions. Depuis peu, j’entends des amis se plaindre franchement d’avoir des enfants qui les accusent d’avoir détruit la Terre. Des enfants à qui on aimerait leur proposer un stage d’un mois (n’exagérons pas) de chasseur cueilleur (espérance de vie de 30 ans), sans téléphone (les ondes), sans médecine (la technologie), et bien sur sans électricité. Un peu comme les 800 millions de personnes qui attendent eux, avec une immense impatience, d’avoir de l’eau potable dans leur maison.

As1 @ca_alors : Vous êtes superbe de déni. Entre deux romans, lisez le dernier rapport du Giec.

GERONIMO : Les collapso sont des curés. Ils ont troqué la Peur de Dieu par la Colère de Gaïa. Ils sermonnent, nous devons faire pénitence, nous blasphémons quand nous achetons une simple tranche de steak et nous ne serons jamais assez digne de la nouvelle divinité.

Transition_necessaire : Je m’inquiète de la non soutenabilité de notre monde depuis 15 ans. J’ai eu une phase de peur/sidération il y a 1 an. Et je vis la crise COVID comme un soulagement (et pardon pour ceux touchés par la surmortalité ou une crise éco sociale violente). Le virus nous a permis de ralentir globalement. Et jusqu’ici les services vitaux restent disponibles, même s’il y a des exceptions tragiques. Surtout j’ai espoir que des changements voient le jour. Mais nos moyens d’action seront beaucoup plus limités si on attend des chocs (inertie climatique sur 30 ans, s’il fait 50° c’est trop tard), ou de subir des pénuries de pétroles incontrôlables. Construisons une résilience hors croissance.

Clovis : Je pense le contraire de tous ces rêveurs : les petits groupes rousseauistes n’ont aucune chance de survie. Les sociétés complexes, avec une forte industrie, un gros budget de recherche, une armée et une police bien payées, des hôpitaux bien équipés, des greffes d’organe, et donc une industrie chimique pour fabriquer les médicaments antirejet sont les seules à pouvoir résister. On peut faire remarquer qu’actuellement il existe une société qui vit en petits groupes, et plus ou moins en parasite des grandes sociétés : c’est les Rom. Perspective peu encourageante pour nos collapsologues, mais c’est pourtant ce qui les menace : la clochardisation, comme à ND des Landes.
Vetruvio : Je ne crois pas à un effondrement proche. Mais je crois que d’ici 20 ou 30 ans nous allons être confronté à des problèmes de ressource gigantesque. Et on a beau traiter les collapsologues de bobo naif…Il suffit de lire un rapport du giec , un rapport sur les réserves de pétroles et de gaz, un rapport sur les terres rares et métaux pour s’apercevoir que l’on va vers un gros problème. Et pour tous ceux qui parle d’un switch vers les renouvelables , je vous laisse faire comparer les ressources nécessaires pour faire avancer un camion d’un kilomètre avec du pétrole, et de l’autre avec de l’électricité issue de moyen de production renouvelable. Oui la technologie progresse, mais les lois de la physique et de la thermodynamique ne changeront pas.

ChP : Je ne pense pas que nous serons victime d’un effondrement quelconque, je pense plutôt que nos sociétés partiront en déliquescence. En effet nous avons largement les moyens de retarder la fin au lieu de préparer un monde d’après, durable, acceptable et accepté par tous. Cette impréparation conduira a des luttes interminables entre les différentes zones d’influence du monde et entre les différents pays de ces zones. Cela prendra peut-être un siècle. L’attitude de l’UE, des pays membres, de leurs dirigeants à l’ego surdimensionné, que l’on observe en cette période de crise du Covid-19, en est un triste présage. Les nationalismes conduiront à porter au pouvoir des fous illuminés tel que Trump qui ne pense que rapports de forces et non pas coopération. Le voila le monde de demain.

Thierry Oiseau : Gaïa tient le chronomètre. Ainsi, à mon avis, elle nous laisse 10 ans, 20 tout au plus, pour créer le monde de demain : écologique et paisible. Oui le défi est colossal.

Vince : Se nourrir et s’approvisionner en énergie, eau… au plus proche est très bien. Réduire ses consommations aussi. La croissance actuelle est mortifère, car elle consomme trop de ressources et détruit notre maison commune. Ceci dit, l’autonomie est un leurre complet. La vie EST inter-dépendance, depuis les bactéries jusqu’aux êtres les plus évolués. La solidarité et l’entraide sont les seules solutions. Le repli sur soi n’a aucun sens car nous ne savons quasiment RIEN faire par nous-mêmes. Faites la liste des chose que vous pouvez faire ENTIEREMENT par vous-même et vous comprendrez.

Charly : Ces gens planent totalement. Comment peut-on être à ce point en dehors des réalités ? Ils n’ont aucune autonomie, c’est une illusion, ils restent dépendants pour tout (santé, éducation, matériels, logistique…). Le repli sur soi ou sa tribu serait l’avenir de l’humanité ? C’est plutôt le passé… Et puis surtout, si nos sociétés devaient s’effondrer comme l’écrit de manière aberrante Yves Cochet, tout serait balayé : tout. Rien n’y résisterait. Ces gens se croient en sécurité dans leurs rêves et leur éco-hameau ? Ils seraient pillés, massacrés avant les autres. Vous croyez au scénario Cochet ? Apprenez le maniement des armes, cela vous sera d’un meilleur secours que la permaculture…

Guillaume Landes : Ne pas confondre collapsologie et survivalisme, parfois c’est compliqué… La résilience des territoires avec autonomie alimentaire et autonomie politique locale parce que small is beautifull, ça existe depuis longtemps. Du phalanstère en passant par la coopérative agricole, du municipalisme libertaire à la commune, du monastère cistercien à la recherche du Siddharta d’Herman Hesse, on connaît toutes ces belles utopies. Ce qui change avec les collapsologues, c’est juste qu’il nous disent qu’ils ont besoin d’une mega-crise pour se justifier… mais pas la peine ! Pas besoin d’être dos au mur pour faire la révolution.

François C.H. : Je ne sais pas si nos civilisations finiront par s’effondrer d’un coup, par morceau ou pas du tout, mais il faudrait être sacrément sourd pour ne pas voir que la probabilité d’un grand crash est relativement élevée. Dans ces conditions on comprend que certains prennent les devants. C’est une vie difficile, mais sûrement mieux remplie et plus satisfaisante qu’une vie de fourmi boulot/Netflix/dodo/shopping/etc.

zorglub : « partager les ressources et les compétences à l’échelle d’un petit territoire, afin de satisfaire l’essentiel des besoins fondamentaux « . Ça a été tenté avec la communauté anarchiste de Longo Maï. Echec, ils sont obligés de mendier en Suisse pour subsister. En fait les collapsos ne mesurent pas à quel point ils sont dépendants de l’industrie. C’est dramatique parce que ça crée une forme d’écologie totalement esthétisante, romantique, peuplée de totems et de tabous, et pour le coup hors sol. Il faut faire des calculs ; par exemple un vélo à vitesse, c’est en réalité une réalisation hautement moderne et industrielle.

Alain PANNETIER @ zorglub : Vous avez tout à fait raison. Avant de venir taper mon commentaire, je quitte mes chaussures en écorce de bouleau (histoire de ne pas salir le sol de la caverne), j’enlève mon gilet en peau de chèvre et je colle mammouth (« mammouth » c’est mon chien) dans la cage tournante pour générer un peu de courant avec quelques cristaux de galène sur l’axe rotatif (la science !!!). Bon allez, faut que je vous quitte. C’est pas tout ça mais j’ai encore 5 chèvres à traire 3 mouflets à torcher, quelques silex à finir, et un lapin à dépecer. Ce soir c’est la fête : soirée macdo. J’ai déterré des tubercules dans la clairière à côté de la cascade et on va se faire des frittes dans de la graisse de sanglier, par Toutatis.

TO : Les collapsologues que je fréquente ne craignent pas l’effondrement de notre civilisation : Ils en rêvent! Ils fantasment d’un retour à la terre, d’une vie plus simple, plus communale, … bref une autre manière de vie. Sans croire à leurs théories, je me dis parfois la même chose…

Shakti : Votre problème, TO, c’est de croire à l’idée même de civilisation ! Car celle que vous nommez, c’est un fantasme de conquérants illusionnés par un croissancisme hypocrite qui n’aboutit qu’à la hausse des inégalités sur une planète aux ressources saccagées.

Stéphane : Le plus grand problème dans l’effondrement assuré de notre Civilisation tiendra dans ses nombreux soubresauts et la violence croissante que cela engendrera. La gestion de cette violence par l’Etat n’est pas garantie.

DDom : Ils mettent la barre très bas, au niveau du sol qu’ils devront gratter et disputer aux ravageurs. Ils mourront à 40/50 ans, épuisés par une vie de labeur et de pénuries. Ils auront oublié que leur pays avait produit Pasteur. Moliére…, construit Versailles , Vézelay…. Et s’habilleront de haillons, sentiront la crasse et la misére. Tandis qu’ailleurs dans le monde des ingénieurs, des scientifiques, des artistes et d’autres continueront à toujours élargir les frontières de l’ignorance.

Pffff : C’est oublier un peu vite, Ddom, que ce sont ces gueux qui vous nourrissent… La nourriture ne se produisant pas seule sauf dans vos rêves d’un futur qui n’existera jamais.

Pessicart : Pour ce qui est des légumes, à Nice, donc dans une région privilégiée, un potager à l’air libre ne produit quasiment rien entre début novembre et fin mai. Pour les fruits, c’est à peu près pareil hormis les agrumes. Celui qui veut se nourrir de sa production doit donc produire beaucoup pendant peu de temps puis stocker ou faire des conserves et il faut accepter ensuite pendant 6 mois de manger toujours la même chose et du pas frais. Ensuite, les fruits et légumes contiennent très peu de calories, la plus grosse part de l’énergie que nous engloutissons vient des sucres lents, principalement des céréales, de la viande et de l’huile (ça on a chez nous). Dans les Alpes maritimes, plus d’un million d’habitants, la production de céréales comme de viande est quasiment nulle, même la production de poissons est très faible. Pour vivre en autosuffisance, sur le plan de l’alimentation, bonjour l’angoisse.

Constanze @pessicart : Renseignez-vous un peu avant de dire des bêtises, il y des productions hors des périodes que vous citez : poireaux, carottes, pomme de terre, noix, noisettes, kiwis, kaki … Ce ne sont pas les mêmes et il y en a moins mais de là à dire qu’il n’y a rien. Quand à stocker et faire des conserves pour manger de bons produits, je ne vois pas ce qui vous pose problème par rapport à acheter de la bouffe industrielle dans une surabondance d’emballages plastiques. Certains aliments aussi se font sécher, se conservent avec le sel et sans doute d’autres moyens.

Pessicart : @constanze, j’ai écrit « quasiment rien ». Pour votre info à Nice les pommes de terre se sèment fin janvier et se ramassent en juin, les garder jusqu’au mois de janvier suivant c’est pas facile vu les chaleurs. Les carottes ne passent pas l’été, les poireaux il faut en planter au 15 août et bien s’en occuper, pour ce qui est des noix et noisettes ça ne pousse pas ! Il y a effectivement des kakis, on les cueille en octobre et on les garde au garage un mois ou deux. Vous pouvez chipoter, le principe c’est que quand il y a peu d’ensoleillement et pas de chaleur rien ne pousse. Mon grand père stockait des melons dans de l’orge en septembre, il en mangeait jusqu’à Noël. On peut trouver des combines mais c’est du travail et il faut beaucoup de technique. Mon propos était seulement de moquer les gens qui prétendent se nourrir avec leur jardin, ils ne savent pas ce qui est mis en œuvre aujourd’hui pour, par exemple, qu’ils aient des carottes toute l’année.

Esclave moderne : Pour ce qui est de la viande, nos aïeux avaient des lapins, cochons, poules etc. mais il faut accepter de se salir les mains et d’autres moyens de conservation que le congélateur existent.

Marcus78 : Mes grand parents étaient paysans (pas agriculteurs, paysans) et franchement je n’envie pas leur vie. Que les collapsologues collapsent en paix. Personnellement je pense que le monde d’après sera encore plus globalisé, les grands gagnants seront (sont déjà) les GAFA et consort qui nous permettent de survivre pendant cette période grâce aux nouvelles technologies. Les perdants : les vieilles technologies et industries, le tourisme, les transports collectifs.

VeritasOrigine : Le système actuel pourrait très bien se perpétuer si l’on avait une politique volontariste de diminution de la population mondiale. Cependant cette politique se heurterait à de multiples religions ( croissez et multipliez, tabou de la contraception…) et aux extrêmes, donc elle ne se fera pas.

Une femme : Ne vous inquiétez pas ! Après les quelques famines et guerres que vont entraîner l’effondrement des ressources, vous l’aurez votre diminution de la population mondiale.

Post-covid, qui sera président en 2022 ?

Les médias s’agitent déjà, qui sera président en 2022 ? Macron ne pense qu’à ça, Édouard est en embuscade, Mélenchon croit qu’il va enfin rassembler le peuple de gauche, Marine espère ne pas louper le face à face du deuxième tour. Qui sera l’éternel outsider de l’écologie alors que tous ceux que nous venons de citer se diront en 2022 plus écolo qu’un écolo ? Nicolas Hulot a déjà joué plusieurs fois le rôle de candidat potentiel. Benoît Hamon ne peut être qu’un cheval de retour. Yannick Jadot s’est dégonflé en 2018 alors qu’il était le candidat officiel de l’écologie institutionnalisée. Arnaud Montebourg s’est cru à une époque le Jaurès de l’écologie, aujourd’hui il hésite à quitter ses abeilles. Le meilleur candidat que nous ayons eu à une présidentielle, René Dumont en 1974, est mort depuis presque 20 ans. Alors les journalistes brodent : « M. Jadot défend la stratégie de la « coalition climat », où tout le monde, quelle que soit sa famille politique, se rassemblerait derrière la lutte environnementale… M. Hulot risque de se substituer à M. Jadot comme figure « raisonnable » de l’écologie… Eric Piolle, le maire de Grenoble, fourbit ses armes pour se lancer dans la course… Julien Bayou s’est « recentré », soucieux de ne pas s’enfermer dans le rôle du « gauchiste »… Rien n’est simple, donc pour Yannick Jadot, qui doit à la fois parler aux modérés sans s’aliéner les électeurs de gauche, et se méfier de ses amis.»

Les commentateurs sur lemonde.fr se déchaînent il n’y a pas que les médias qui s’intéressent à l’écume de la politique :

Tokolosh : V’là-t-y pas que les « conservateurs et les cathos » sont aussi écolos. Oui, à la sauce (peu ragoutante) de leur revue « Limite ». Même le RN maintenant, s’y met, sous leur seul angle : les frontières, la « francité ». Il ne faut pas confondre un immobilisme traditionaliste vaguement ruralo-folklorique, qui n’est que le ripolinage XXIe siècle de « la terre, elle, ne ment pas » avec une écologie politique (en fait, un sauvetage d’urgence de notre planète) qui bouleversera tous les aspects de notre vie quotidienne si elle est menée à bien.

ClementJ : Piolle a toutes ses chances face à Jadot qui ne suscite même pas l’enthousiasme dans son propre parti. Il coche toutes les cases. Il y a d’ailleurs des mouvements qui commencent à se lancer pour l’appuyer (voir EtPourquoiPasPiolle sur twitter). Ce sera intéressant à suivre. Et le retour de Montebourg bouscule aussi Jadot et les autres candidats possibles à gauche. Vraiment, je fais le pari que Jadot ne sera pas le candidat des forces écologistes et sociales en 2022.

Thierry Oiseau : L’enjeu écologique n’a jamais été aussi urgent qu’à ce jour. Depuis le « notre maison brûle » de Jacques Chirac, presque 20 années sont passées, et les Etats des différents pays sont restés bien trop à la traîne. J’attribue le ponpon à Trump, très nettement le pire des élèves. A mon sens, 2022 constitue donc notre ultime chance pour placer la France en pôle position du changement vert dans une Europe consciente, responsable, et donc édifiante. La campagne électorale doit mettre l’écologie holistique au centre des débats, celle qui appréhende toutes les causes (social, économique, politique, agriculture, médecine, etc) au travers d’un prisme, d’un filigrane vert. Le Corona nous intime l’ordre de tous nous mettre au vert.

Millefiori : J’avoue ne pas du tout me préoccuper de qui fera pipi le plus loin entre Jadot, Hulot ou autre. Mais force est de constater que si on veut espérer un espoir pour nos enfants, on n’a plus le temps de tergiverser sur certains points indiscutables. Les verts ne sont certes pas parfaits, ils n’échappent pas aux rivalités intestines. Néanmoins, ils portent un espoir pour la planète que ne porte aucun autre mouvement politique.

Peps72 : C’est souvent l’extrême gauche et les écolos qui parlent de mettre en avant la solidarité et l’intérêt général, ou comment il faut dépasser les égoïsmes et les intérêts particuliers pour créer un nouveau monde plus fraternel et équilibré. Mais chez eux il semble que la pratique soit plus proche de la concurrence pure et parfaite en économie de marché que de la mutualisation raisonnée des moyens de production en économie planifiée…

François C.H. : Tant que les écologistes resteront enfermés dans un clivage droite/gauche il ne se passera rien, ils resteront ce qu’ils ont toujours été, une des multiples chapelles de la gauche, plus obsédés par l’écriture inclusive et la fin du nucléaire que par les vrais périls. Aussi Jadot et Hulot voient juste, il est temps de casser cet encrage, non pas pour devenir un parti de droite, mais pour en faire un pôle dans lequel chacun puisse se reconnaître, et dieu sait qu’il y a à droite bien des gens très sensibles sur le sujet (conservateurs, cathos, etc.). Bref, il est temps s’ouvrir les fenêtres et de rassembler large en misant sur une radicalité nouvelle, la société post-croissance.

Arn : J’ai presque 70 ans, j’ai toujours voté écolo quand c’était possible. Je suis conforté par les graves périls environnementaux donc globaux donc aussi économiques qui nous menacent au moins à moyen terme et le sujet de la personne n’est pas primordial. Les écologistes sont pragmatiques et peuvent s’allier à d’autres pour gouverner et avancer dans le bon sens. Voir l’Autriche et les différentes Länder allemands. La menace créée par la crise climatique est grave et existentielle. Macron et ses amis ont-ils pris conscience de cette menace ? Hum, tellement arrogants et sûrs d’eux. Pas les seuls ….

furusato : J’ajouterai que les écologistes sont dans l’ensemble immigrationnistes et alignés sur les produits idéologiques US : « racisation  » et politique de genre. L’époque devant nous va être plus que difficile et l’élément dominant sera la confusion : ça tirera à hue et à dia mais l’élément central sera des réflexes dictés par la survie. En attendant les électeurs savourent bon gré mal gré leur confinement !

espérance de vie et équivalent pétrole

Denis Cheynet : « Alors qu’elle était de moins de 30 ans en 1800, l’espérance de vie mondiale moyenne est aujourd’hui de plus de 72 ans. Mais ce « progrès » ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur l’énergie que nous sommes prêts à mobiliser pour améliorer une espérance de vie que nulle autre civilisation sur Terre n’avait jamais ne serait-ce qu’approché. La corrélation entre la quantité d’énergie mobilisée par chaque être humain et l’espérance de vie est frappante. Malgré de très fortes inégalités, ce chiffre global n’a cessé d’augmenter. Aurait-ce était possible si notre consommation d’énergie primaire moyenne par habitant n’avait pas été multipliée par trois en 200 ans. On pourrait même mettre un chiffre sur l’année d’espérance de vie : environ 25 litres de pétrole et par an. Notre espérance de vie moyenne se puise sous terre sous forme de charbon et de pétrole. Parce que cette énergie abondante et bon marché est une anomalie de l’histoire humaine, on peut en déduire que notre espérance de vie l’est aussi. La France dépense un peu plus de 11 % de son PIB dans le domaine de la santé, c’est-à-dire plus de 200 milliards d’euros. Nous aimerions faire perdurer cette opulence coûte que coûte, mais en oubliant que la vie se nourrit de la mort, comme les plantes se nourrissent de l’humus. Certains comme Jean-Luc Mélenchon aimeraient pourtant vaincre la mort, ce qui signifierait purement et simplement refuser de laisser de la place pour les générations suivantes. Accepter le finitude de nos existences, savoir tirer notre révérence et laisser quelques ressources énergétiques aux suivants, cela fait aussi partie du mouvement de la décroissance. »*

Serge Latouche : « La montée en puissance du refus de la mort qui s’est manifestée dans le fantasme de guerres zéro morts et se révèle aussi dans les recherches chimériques des transhumanistes transparaît dans la complicité implicite entre le pouvoir médical, la puissance gouvernementale et l’opinion publique. Je crains que certains en soient encore à la position infantile d’une illimitation de leurs désirs et de leur egos qui me semble le principal fondement de la foi dans la Croissance. Faire envisager une absence de maladie dans le monde idyllique qu’on nous promettait est une forme de messianisme qui me fait peur. Les dépenses de santé sont rentrées dans une logique exponentielle immaîtrisable de médecine de pointe. Il est tout à fait remarquable qu’on ait régressé de « l’économie coûte que coûte » à « la santé coûte que coûte ». Le curseur s’est déplacé, il faut échapper à la mort quel que soit le prix à payer en terme de renoncement aux libertés, et même s’il faut quelque peu sacrifier l’économie et à plus forte raison l’écologie. Il y a quelque chose de pathétique dans la course mondiale de masques de protection dont la fabrication ne nécessite ni terres rares, ni haute technologie… »**

sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

18 avril 2020, Covid, regardons sans ciller la mort en face

15 avril 2020, Covid-19, le droit à la vie et à la mort

24 février 2020, Covid-19, bientôt 5 millions de morts ?

14 février 2020, Aux mains des « labo de la mort »

1er juillet 2019, Droit à la vie ou droit à une mort digne ?

* La décroissance, mai 2020, L’espérance de vie ? C’est du pétrole ! (extraits)

** La décroissance, mai 2020, coronavirus et décroissance (extraits)

Post-Covid, nous allons mourir de chaleur

Si rien n’est fait pour limiter les émissions de CO2, 3,5 milliards de personnes pourraient sortir de la « niche climatique » dans laquelle les humains ont prospéré depuis six mille ans. Des conditions climatiques presque invivables. Dans un scénario où les émissions continuent d’augmenter sans relâche, la température mondiale devrait s’élever de 3 °C d’ici à 2070 par rapport à l’ère préindustrielle, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Mais, en réalité, selon les auteurs de l’étude américaine publiée le 4 mai 2020, la majorité des humains subira une température deux fois plus élevée : elle pourrait atteindre 7,5 °C, en l’absence de migrations. Cette différence s’explique par le fait que les terres se réchauffent davantage que les océans et parce que la croissance démographique se fera principalement dans les zones les plus chaudes. Si rien n’est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, un tiers de l’humanité pourrait vivre, d’ici à cinquante ans, dans des endroits aussi chauds que le Sahara aujourd’hui. Les commentateurs sur le monde.fr s’inquiètent à juste titre et n’oublient pas la variable démographique :

Captainbeagle : La voici la deuxième vague. Pas une vaguelette, mais une grosse vague qui arrive sur nous et qui est annoncée, confirmée et reconfirmée par les scientifiques depuis de nombreuses années. Des milliards de personnes vont être contraintes de se déplacer pour rejoindre les endroits de la Planète plus habitables. C’est à cette vague qu’il faut se préparer (vite) et c’est celle-ci qu’il est urgent de limiter par la prise des mesures fortes. Ne pas « profiter » de la période actuelle pour mettre sur pied un monde meilleur, plus juste et plus sain, ce ne serait pas une erreur, ce serait criminel.

le sceptique : L’article du MONDE est plus prudent que d’habitude. On commence par dire que le monde n’évolue pas vers un scénario BAU (business as usual), lequel suppose des usages croissants peu réalistes du pétrole, du gaz et du charbon jusqu’en 2080 au moins. Cela dit, le premier paramètre de l’équation de Kaya est la population, qui devrait croître au moins jusqu’en 2050. Si le CO2 / hab baisse, la hausse du nombre d’habitants à nourrir, loger, soigner, etc. compense cette baisse. Et le CO2 n’est pas tout, un humain exploite des équivalents-ha (l’empreinte écologique) avec un niveau de vie moderne au-dessus de celui d’un seigneur du Moyen Age pour notre classe moyenne (pas juste la mythologie confortable des 1% de riches causes de tous les maux).

Grand Enfant : Il faut dire qu’il y a 6000 ans, nous n’étions pas 8 milliards mais moins de 100 millions… La surpopulation, ce n’est pas seulement une histoire d’espace mais d’utilisation des ressources et de production de pollution. En ce sens, il y a une surpopulation dans l’UE (France comprise). Donc, il faut diminuer la population, ce qui aura monstrueusement plus d’efficacité que tout le reste, y compris en France donc. C’est simple : 33 millions de Français, ça pollue 2 fois moins que 66 millions de Français (sans toucher au niveau de vie !). Je préfère que mes descendants vivent riches et peu nombreux dans un monde luxuriant plutôt que dans un monde végétarien surpeuplé et où la campagne aura remplacé tous les espaces sauvages. Hélas, la cécité humaine, le tabou vis à vis du malthusianisme, feront que nous ne vivrons pas cela.

Gaston : la première chose a faire c est la contraception obligatoire donc limiter les naissances surtout dans certains pays dont le nom est tabou du moins ici… La chine a réussi son virage démographique, c est donc possible, mais il faut une volonté politique et un refus des idéologies religieuses qui sont criminelles comme lors de l épidémie du sida et la condamnation des préservatifs en Afrique par les religieux…

Lidae : Il apparaît clairement que l’hypocrisie des dirigeants mondiaux, avec leur soi-disant principe de « la santé quel qu’en soit le prix », ne concerne que les crises immédiates, visibles et médiatiques.
Pourtant les réfugiés climatiques ne seront pas quelques centaines de pauvres gens arrivant par bateaux de fortune. Mais des dizaines de millions de gens affamés. Êtes-vous prêts ?

Hein : L’article du MONDE donne une évaluation de l’objectif : « réduire » la population mondiale d’au moins 3,5 milliards de personnes – en évacuant les régions devenues inhabitables, sans accroître la densité dans les zones restées vivables. Inhumain, impensable? Mais ce ne serait que revenir au chiffre de population de 1970 : 3,5 milliards. On pourrait aussi viser en revenir à celui de 1910 : 1,5 milliard. Ou même à celui estimé en 1789 de 800 millions – qui est aussi celui de la « sustainability » à long terme. Soit environ 10% de maintenant. La hausse de population incroyable du dernier siècle est liée aux antibiotiques, à la réduction de la mortalité infantile, à la production de nourriture – inutile de revenir sur cela, mais la médecine offre tous les moyens de contraception efficace. Un grand plan rationnel à la chinoise nous pend de toute façon au nez. Sinon les zones tempérées seront submergées par les foules fuyant les déserts. Quant à maîtriser le climat : too late!

10 commandements plutôt que 100 principes

Nicolas Hulot énonce cent principes fondateurs dans une tribune au « MONDE ». Autant nous rendons régulièrement hommage à NH sur ce blog biosphere, autant le mot « consternant » nous vient à l’esprit pour qualifier tous ces poncifs. Exemples : 1. Le temps est venu, ensemble, de poser les premières pierres d’un nouveau monde.. 10. Le temps est venu de réanimer notre humanité… 20. Le temps est venu de se rappeler que la vie ne tient qu’à un fil… 30. Le temps et venu d’apprendre de nos erreurs… 40. Le temps est venu d’une mondialisation qui partage, qui coopère et qui donne aux plus faibles… 50. Le temps est venu de s’extraire des idéologies stériles………… 100. Le temps est venu de créer un lobby des consciences.

On aurait pu faire beaucoup plus court et beaucoup plus incisif, style « les Dix commandements de la Biosphère» :

Tu pratiqueras la simplicité volontaire ;

Tu as autant de devoirs que de droits ;

Tu aimeras la planète comme toi-même ;

Tu réagiras toujours de façon proportionnée ;

Tu protégeras l’avenir des générations futures ;

Tu respecteras chaque élément de la Biosphère ;

Tu ne laisseras pas les machines te dicter leur loi ;

Tu adapteras ta fécondité aux capacités de  ton écosystème ;

Tu ne causeras pas de blessures inutiles à ton environnement ;

Tu vivras des fruits de la Terre sans porter atteinte au capital naturel.

Dix Commandments

You will love the Earth as yourself ;

You have as many duties as rights ;

You will not allow machines to govern you ;

You will always respond in a balanced manner ;

You will respect each element of the Biosphere ;

You will lead your life in an intentionally modest way ;

You will protect the future of  the generations to come ;

You will not cause unnecessary damage to your environment ;

You will adapt your fruitfulness to the capacity of your ecosystem ;

You will live on the fruits of the Earth without undermining its natural wealth.

Covid-19, enfin des contributions stimulantes

La pandémie a donné lieu à une vague de contributions extrêmement stimulantes, voici quelques extraits.

Rony Brauman : « Le plus terrible avec cette pandémie, c’est que toute personne peut être à la fois une aide et une menace pour les autres. Quand on ne peut pas avoir confiance, le rapport à l’autre s’exerce sous la menace d’une amende ou pire. Ce que les êtres humains ont en partage, ce n’est pas une morale commune, mais la conscience de leur commune vulnérabilité. L’habitus, ce qui est profondément inscrit dans les façons de faire, comme la poignée de main et les embrassades en Europe ou le salut à distance en s’inclinant en Asie, est déjà fondamental dans la transmission d’un virus. S’il y a bien un autre invariant dans une situation épidémique, c’est l’intrication du politique et du biologique. La remarquable réaction de Taïwan, avec une conscience très élaborée du risque viral, a été totalement occultée parce que l’OMS a cédé aux pressions de Pékin qui voulait marginaliser le plus possible l’indépendantiste Taïwan. Aujourd’hui, on commence à s’interroger sur les vertus du confinement. Il n’était qu’un pis-aller, dans la mesure où nous ne disposions pas des tests et des masques qui auraient permis le traçage et la protection. Quant au pourcentage d’irréductibles, ce n’est pas à partir de ces gens-là qu’il faut édicter la loi du groupe. Il faut tabler sur la responsabilité des individus. Je suis un peu effrayé de mesures qui peuvent s’inscrire dans une stratégie de surveillance policière généralisée. C’est extrêmement dangereux, car on ne sait pas ce que l’avenir politique nous réserve. Nous devrons vivre désormais sous la menace perpétuelle d’une pandémie, cela fait partie de l’existence humaine. On voit comment des formes d’organisation sociale ont ouvert de véritables autoroutes aux virus : que ce soit dans l’élevage industriel où la reproduction des poulets ou des porcs, de génome identique en génome identique, favorise la transmission, ou dans l’intrication des animaux sauvages et domestiques au bord des grandes métropoles du Sud ou d’Asie. Bref, les modèles de l’urbanisation, de l’élevage, de l’alimentation, doivent être considérés sous un autre angle que celui de la rentabilité immédiate et de l’usage quotidien. Cette épidémie nous incite à porter notre regard au-delà de l’horizon immédiatement perceptible. »

Serge Morand : «  Cette pandémie agit comme un révélateur de nos propres errements ; les écosystèmes ne peuvent plus supporter notre croissance démographique si intiment liée à notre expansion économique. Le passage d’un milliard d’individus en 1800 à 7,5 milliards aujourd’hui a entraîné des impacts sans précédent, nous avons besoin de toujours plus d’espaces pour nos habitations, nos moyens de de déplacement, nos terres à cultiver. Comme les populations humaines interagissent fortement avec les autres espèces, des épidémies comme celle du coronavirus vont se répéter.Survenue en 2003, l’épidémie de Sras est un cas d’école de “métropandémies” touchant quasi simultanément des foyers très éloignés géographiquement mais intensément connectés par le trafic aérien. Elle révèle l’impact sanitaire du haut degré de connexité entre les métropoles du monde globalisé. Aujourd’hui, l’aviation transporte plus de trois milliards de passagers par an. Ces voyageurs qui circulent de plus en plus loin, de plus en plus vite, hébergent chacune et chacun dans leur corps des virus. Toute l’histoire de nos maladies infectieuses est une histoire de circulation des personnes, de mondialisation ; les rythmes de propagation se sont simplement accélérés au fur et à mesure que la vitesse des moyens de transport a augmenté. » 

Jane Goodall : « Cette pandémie a contraint les industries à fermer dans de nombreuses régions du monde. En conséquence, de nombreuses personnes ont découvert pour la première fois le plaisir de respirer un air sain et de voir le ciel étoilé la nuit. Mon espoir est qu’une compréhension de ce que le monde devrait être, accompagné de la prise de conscience que la pandémie actuelle est liée à notre manque de respect pour le monde naturel, encouragera les entreprises et les gouvernements à allouer plus de ressources au développement d’une énergie propre et renouvelable, à l’atténuation de la pauvreté et à aider les personnes à trouver des alternatives pour gagner leur vie sans que cela n’implique d’exploiter la nature ou les animaux… Faites que nous prenions conscience que nous faisons partie du monde naturel et que nous dépendons de lui pour notre nourriture, notre eau et notre air. Faites que nous reconnaissions que la santé des personnes, les animaux et l’environnement sont connectés. Faites que nous soyons respectueux des autres, mais aussi de tous les animaux sensibles et de la nature. Dans l’intérêt du bien-être de nos enfants et des leurs, et pour la santé de cette magnifique planète Terre, notre seule demeure. »

Pablo Servigne : « La pandémie montre l’extrême vulnérabilité de nos sociétés, leur degré d’interconnexion, de dépendances et d’instabilité. J’anticipais beaucoup de crises graves, en particulier financière, climatique ou énergétique, mais celle-là, je ne l’ai pas vue venir, alors que je la connaissais en théorie. J’ai « lissé » ma présentation des risques : dans les conférences ou les articles, je ne citais même plus les pandémies, parce qu’elles font très peur. Le piège serait de considérer cette crise comme uniquement sanitaire. C’est une crise globale, systémique. Si la finance s’effondre, provoque des politiques autoritaires ou identitaires, cela pourrait déboucher sur des guerres, des maladies et des famines, qui, elles, interagissent en boucle. Les catastrophes sont désormais la réalité de la génération présente : nous en vivrons de plus en plus tout au long du siècle. Reste que le confinement est une expérience très intéressante de renoncement : on renonce aux transports, aux voyages, etc. Dans quels cas est-ce désagréable ou agréable ? Quand le déconfinement viendra, on aura goûté à ce qui était vraiment essentiel. Les questions de vie ou de mort nous amènent à une certaine sagesse. Cela nous apprend l’auto-limitation et l’humilité, ce qui est capital pour la suite. Il faut retrouver de l’autonomie à toutes les échelles (individuelle, locale, nationale). Bref, des principes inverses au monde actuel, globalisé, technicisé et libéral… »

La face cachée du coronavirus chinois

Un peu de publicité pour une association très informée sur les technologies et leurs critiques, pièces et main d’œuvre. Voici leur dernière livraison :

« Depuis le début officiel de l’épidémie, au lendemain des élections municipales, nous voyons une ruée sur les enquêtes que nous avions publiées au début des années 2000 à propos des laboratoires de la guerre au vivant. Soudain on se souvient. Dix mille personnes meurent chaque année en France de la grippe saisonnière – et 150 000 du cancer. Trente mille meurent entre décembre 1969 – année érotique – et janvier 1970 de la « grippe de Hong Kong ». Seuls les médecins l’ont su. Ce n’est qu’ensuite que les autorités sanitaires ont enjoint aux vieux de se faire vacciner.
C’est également 30 000 personnes qui vont mourir du virus cette année. Jusqu’à ce qu’on vende un nouveau vaccin et qu’on oublie. Ce qu’il y a de nouveau cette fois, c’est que les autorités ont décidé d’en faire un événement. L’événement s’oubliera, laissant des traces telles que la numérisation de nos vies (cyber-école, télémédecine, télétravail, etc) et la traque électronique : retour à l’anormal. Pour mémoire et pour nos lecteurs du futur – lors de la prochaine pandémie-, voici trois points d’acquis :
– L’Etat français a vendu à l’Etat chinois des laboratoires et des technologies de cauchemar, dont le laboratoire P4 de Wuhan.
– Ces laboratoires et ces technologies permettent – entre autres – de manipuler des virus naturels et d’accroître leur dangerosité.
– De tels laboratoires sont de plus en plus nombreux dans le monde. Des virus s’en échappent constamment. Nous vivons un état de contamination virale perpétuel (saviez-vous que le H1N1 était devenu notre grippe saisonnière ?), ponctué de pics dont n’importe lequel pourrait emporter une partie de l’humanité.
Pour en savoir plus :

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/le_virus_a_venir.pdf

Covid, la trouille politique devant la mort

Malade d’un cancer, François Mitterrand contre toute transparence démocratique a caché la réalité de sa mort à venir pendant ses deux septennats. François Hollande, confronté à la mort part terrorisme, a déclenché en 2013 une funeste intervention militaire au Mali. Pendant la pandémie, Emmanuel Macron a regretté l’énumération quotidienne médiatique du nombre de décès : « Il faut sortir du décompte des morts qui n’est qu’un tic-tac mortifère. » Il a choisi le confinement généralisé. Face à la mort, un politique politique donne toujours sa propre version. En Suède, le premier ministre Stefan Löfven a déclaré pendant la crise due au coronavirus : « Beaucoup de gens encore vont mourir ». Il a choisi l’immunité collective. Si les lycées et universités ont fermé, les crèches, écoles primaires et collèges sont restés ouverts. Même chose pour les cafés et les restaurants. Seuls sont interdits les rassemblements de plus de 50 personnes et les visites en maison de retraite. Il ne faut pas refuser de regarder la mort en face, c’est pourtant trop souvent ce qu’on évite de faire.

Début mai 2020, le bilan suédois du Covid donne 256 morts pour 1 million d’habitants, c’est loin d’être catastrophique, et nettement inférieur au bilan français 370 morts pour 1 million d’habitants ! Il est vrai que les températures polaires confinent déjà les gens en Suède, que la densité est peu propice à la contamination, 24 hbt/km2 (Espagne 93, France 119, Italie 201) et qu’elle bénéficie d’une barrière naturelle interne, qui s’ajoute à son isolement dans le nord de l’Europe. Mais l’essentiel est ailleurs. Pourquoi avoir peur de la mort quand on est dirigeant ? Le virus n’a aucun désir de tuer, il veut juste se multiplier. La mort de l’hôte est même un échec pour lui. Le nouveau coronavirus est opportuniste, il tue les plus proches de la mort. En France, le 29 avril par exemple, le bilan cumulé de l’épidémie s’élève à 12 155 résidents d’Ehpad sont morts de cette épidémie, plus de la moitié de la totalité des décès. Les EHPAD forment un cluster, lieu idéal de contamination, communauté très resserrée, allé et venue de nombreux intervenants. Au premier janvier 2020, il y avait plus de 2 200 000 personnes âgées de plus de 84 ans en France selon l’Insee. La mortalité dans cette tranche d’âge, du 1er mars au 29 avril, comparée à la moyenne des décès de 2018 et 2019, est certes en augmentation ; mais le surcroît de mortalité 2020 correspond à moins de 0,5% de la population des plus de 84 ans. Notons aussi que la durée de séjour jusqu’au décès d’un résident d’EHPAD est de l’ordre de trois ans, ce qui correspond à un taux de mortalité d’environ 30% par an. Le virus ne fait qu’accélérer un peu la tendance générale. Convenons que la caractéristique du Covid 19, c’est surtout le signe d’une société si effrayée par la mort qu’elle en hypothèque toute autre considération. On aurait pu éviter le confinement, les personnes dans les EHPAD ou atteintes de comorbidité sont plus sujettes à décéder, c’est dans l’ordre des choses. Pourquoi refuser à tout prix la sélection naturelle ? Cette situation est d’autant plus ridicule que l’on devrait plutôt aider les gens à mourir dignement en les accompagnant plutôt que de s’escrimer en réanimation sur des cas désespérés où on ne récupère que quelques survivants en mauvais état. Nous sommes comme un troupeau de mouton qui se jette de la falaise parce qu’on a cru voir un loup.

L’espèce humaine est versatile, on fait tout pour éviter quelques morts de la grippe et on ne fait rien pour empêcher la mort en 14-18 de millions d’hommes jeunes et en bonne santé. Au mercredi 29 avril, la Covid-19 a fait approximativement 224 402 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine. Mais chaque année rien qu’en Europe, il faut compter plus de 400 000 morts prématurées par pollution de l’air selon l’Agence européenne de l’environnement. A ce chiffre, il faut ajouter les morts par les maladies dites de civilisation (cancer, obésité diabète, etc.). Il faudrait aussi compter les morts par guerres ou famine. Relevons uniquement les guerres qui ont fait à chaque fois plus de 500 000 morts après 1945 : guerre civile chinoise, Indochine, partition des Indes, Algérie, Viêt Nam, Indonésie, guerres civiles soudanaises, guerre d’indépendance camerounaise, massacre de 1965 en Indonésie, guerre civile cambodgienne, Biafra, troisième guerre indo-pakistanaise, guerres civiles en Éthiopie, guerre civile angolaise et celle du Mozambique, Afghanistan, Iran-Irak, génocides des Tutsis au Rwanda (830 000 morts), guerres du Congo, guerres qui sont oubliées aussi vite que commencées. En 2018 un peu plus de 820 millions de personnes, soit près de 11 % de la population, étaient sous-alimentées. La dysenterie et le choléra dus au manque d’eau et d’assainissement causent 780 000 décès par an. Il y a cinquante ans, la grippe de Hongkong – qui a fait le tour du monde entre 1968 et 1970 – avait fait plus de 31 000 morts en France dans une indifférence quasi générale. La sécheresse en France a fait 15 000 morts en 2003. La mort, si présente autrefois tant elle était familière, devient honteuse. L’irruption brutale de la mort dans nos sociétés de l’image, et donc de l’émotion, n’est plus tolérée. Quelques morts par terrorisme fait la Une des médias pendant des jours et des jours. Est-ce un signe de société civilisée ? Quel est le combat le plus urgent, lutter contre le terrorisme en interenant militairement dans des pays tiers, lutter par un confinement contre un virus qui met en péril toute la vie économique mondiale ou lutter contre la surpopulation et la société thermo-industrielle qui nous mènent de toute façon au désastre  ?

(Re)composer avec la nature, ça presse

Recension du livre « Composer avec la Nature (renaturation et géocitoyenneté) » : La vie sur Terre va très mal, une nouvelle pandémie vient de s’abattre sur elle, la Nature réagit à sa façon aux innombrables destructions qu’on lui a fait subir… Nous affrontons trois problèmes majeurs : le dérèglement climatique plus rapide que prévu, la pollution généralisée des sols, des eaux (océans compris), de l’air et la régression rapide de la biodiversité pillée et polluée. Bouleversements qui affectent le monde entier. Les rapports entre États, religions, groupes sociaux et personnes se délitent. Des évolutions divergentes sont à l’œuvre partout. Quatre scénarios se dessinent, les vents contraires sont puissants mais des vents de travers plus salvateurs se sont levés, moins apparents mais aussi effervescents. Les étudier dans leur nature et leurs impacts impose d’abord de revisiter nos rapports à la Nature tout au long de l’Histoire.

Respectée et célébrée autrefois, abandonnée et ignorée, puis méprisée et asservie, dépassée demain ou au contraire retrouvée ? Comment mieux penser la Nature, en nous et en dehors à toutes les échelles. Il n’y a pas d’extérieur du monde, d’écologie « hors sol ». Ce livre appelle à la renaturation du monde et à l’émergence d’une géocitoyenneté mondiale à travers des réapprentissages indispensables, celui d’une coopération décloisonnée entre les humains, dans, avec, par et pour la Nature, clés d’un avenir vivable. Appropriation également d’une pensée complexe, qui relie autant qu’elle distingue, pour oser fonder le couple Conjuguer des points de vue et Concilier des intérêts différents pour co-construire l’intérêt général. Pour en finir avec la démesure, l’hubris, retrouver enfin le sens de l’humilité, des limites, sans lequel aucune vie ne peut durer. 

On peut commander ce livre en direct à l’éditeur l’Harmattan ou via L’Autre librairie. Michel ADAM, ingénieur et sociologue, créateur d’entreprises solidaires et de leurs réseaux, a pratiqué la coopération dans de multiples domaines et publié des ouvrages sur  les schémas, le travail et l’emploi, l’entrepreneuriat, l’association, la pensée précurseure de Jean Monnet. Membre des réseaux Intelligence de la Complexité, LABO de l’ESS, des Convivia-listes, il est aujourd’hui impliqué dans l’action pour les patrimoines naturel, bâti et culturel.

Post-covid, pour une société sans école

La rentrée scolaire post-confinement va se dérouler en plusieurs phases, à partir du lundi 11 mai. Ni les modalités, ni les raison n’en sont claires. Emmanuel Macron dixit : « L’école des parents, c’est gentil, mais on ne peut pas continuer comme ça, sinon ça voudrait dire que les profs sont inutiles… Pour faire redémarrer le pays, on n’a pas le choix : l’économie ne peut repartir avec les seules personnes qui n’ont pas d’enfants. (Le Canard enchaîné du 29 avril 2020) » Edouard Philippe : « Chaque mois d’école perdu est un énorme problème social. Avec le déconfinement scolaire, il faut garantir la réussite éducative des élèves, notamment les plus vulnérables d’entre eux, dont la scolarité souffre terriblement du confinement. (LE MONDE du 30 avril 2020) »

Nos dirigeant ne saisissent pas la réalité. L’école des parents est essentielle dans la formation cérébrale, c’est elle qui formatera par la socialisation primaire des personnalités actives ou passives. L’école, attachant les élèves à leurs chaises pendant des années et des années, n’est qu’une création du système thermo-industriel qui a chassé les paysans de leurs terres et rendu l’école obligatoire pour trouver du travail ailleurs, « en sachant lire, écrire et compter ». Les profs ne sont utiles que pour la pérennité d’une orientation professionnelle qui trie les élèves vers les métiers annuels pour ceux qui ne sont pas jugés aptes aux études longues. Faire revenir les enfants des classes défavorisées à l’école ne règle pas du tout le problème des inégalités sociales, un enfant inadapté à enseignement à distance pendant le confinement restera inadapté à l’enseignement présentiel. L’enfumage gouvernemental révèle pourtant son argumentation première, séparer enfants et parents pour que la vie économique puisse repartir comme avant. Du point de vue des écologistes, la simplicité volontaire c’est refuser l’école car à quoi bon apprendre à lire et à écrire à des gens qui resteront soit passifs consommateurs gavés de pubs et de spectacles, soit adaptés à écraser leurs rivaux dans un système concurrentiel ? Un analyste subtil et profond de la société thermo-industrielle, Ivan Illich, a publié en 1971 un livre intitulé une société sans école : « Les sociétés attachées à la scolarisation universelle et obligatoire insistent sur une entreprise frustrante et toujours plus insidieuse qui multiple les ratés et les infirmes. L’institution tenue pour sacrée légitime un monde où la grande majorité des individus sont stigmatisés comme recalés tandis qu’une minorité seulement sortent de ces institutions avec en poche un diplôme qui certifie leur appartenance à une super-race qui a le droit de gouverner. L’apprentissage est vu comme le fruit d’un enseignement par des maîtres professionnels et comme un curriculum, littéralement une course. La scolarisation fait office de portier à l’entrée des boulots ; or le marché du travail disparaît. Une petite anecdote éclairera mon propos. Il y a vingt ans, quand j’écrivais les essais réunis dans Une société sans école, j’ai appris avec stupéfaction que la direction sanitaire de la ville de New York excluait les boueux qui n’avaient pas leur baccalauréat ! L’obsession de notre société qui oblige les enfants des bas quartiers (et du Tiers-monde) à fréquenter les écoles des bas quartiers est une cruauté absurde. » D’un côté les sur-diplômés, de l’autre les exclus. En France pour être instituteur dans les années 1960 on pouvait passer le concours à la fin de la troisième, puis on a exigé le baccalauréat, puis deux années de licence et maintenant une maîtrise, tout ça pour apprendre à des enfants à lire, écrire et compter.
Pour Marcel Gauche, il ne s’agit pas de bien vivre même si on est analphabète, mais de s’adapter à une société complexe et en compétition avec les autres sociétés  : « Le plus grave, c’est l’incapacité du système scolaire à assurer à tous l’acquisition des savoirs élémentaires. Le lire-écrire-compter est vital pour les enfants du XXIe siècle pris individuellement, mais aussi pour la cohésion de notre société et la compétitivité du pays.  (LE MONDE du 22 mars 2013) » Nous préférons l’analyse de Marie Duru-Bellat*, Pour une vision écologique de l’école : « Au début des années 70, Ivan Illich, théoricien de l’écologie politique, publiait « Une société sans école ». Il y poursuivait la construction d’une théorie critique de la société industrielle et de sa logique du « toujours plus ». Quarante ans plus tard, la pensée illichienne est plus que jamais d’actualité. Les questions d’éducation sont posées d’une manière qui reflète fidèlement le fonctionnement social et économique que l’écologie dénonce : plus, c’est forcément mieux, avec à la clé une « politique de l’indice » (50 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur par exemple) sans retour réflexif sur une mise en avant des bénéfices individuels… L’école est victime d’une logique de compétition. Rejetant cette dérive, une perspective écologique amène à repartir de la question élémentaire : pourquoi et à quoi éduquer? Or, en se limitant à l’insertion dans une vie qui n’est que professionnelle, l’école freine la compréhension transversale et multidimensionnelle des enjeux du long terme. L’école apprend-t-elle à travailler avec les autres, au-delà de leur niveau de réussite scolaire qui les transforme tous en concurrents ? L’école apprend-elle à se situer dans l’environnement, à mieux interagir avec le reste de la nature ? On y apprend qu’apprendre se fait par l’entremise de contenus abstraits dispensés par des adultes qui ne se définissent pas avant tout comme des éducateurs mais comme des spécialistes d’une discipline. Les enjeux écologiques ne doivent plus être traités de manière cloisonnée. Voici quelques directions à prendre :

–          Faire entrer à part entière l’enseignement de la coopération dans les matières enseignées.

–          Assurer des passerelles entre les formations et supprimer la hiérarchisation des métiers.

–          Placer les activités manuelles, indispensables à l’équilibre général des compétences, au cœur des programmes.

–          Mettre au cœur de l’enseignement des enfants, la connaissance, la compréhension, l’interaction avec la Nature.

–          Enseigner les cycles du vivant et la dépendance de l’être humain à la Nature.

–          Favoriser l’épanouissement des enfants, leur estime d’eux-mêmes et une véritable autonomie, gage de sécurité.

–          Former les enseignants aux savoirs-être et à la coopération.

–          Développer l’éducation à la parentalité, tout au long de la vie des parents.

–          Mettre en place un système d’évaluation progressif et favorisant l’estime d’eux-mêmes des élèves

* http://www.huffingtonpost.fr/marie-durubellat/ecole-ecologie_b_2867078.html

Post-covid, le sport-spectacle sans avenir

La marchandisation des pratiques de loisir  transforme le plaisir de vibrer par soi-même en un spectacle de masse assuré par des professionnels. Cette dénaturation du sport-amateur accompagné par du bénévolat se retrouve dans la pratique du football, du vélo, de la voile, etc. La pandémie actuelle a cela de bien qu’elle arrête tous ces jeux de cirque et, même si c’est temporaire, on peut espérer que les graines d’un avenir sans abrutissement des masses ont été semées.

Fin de partie pour le football français : « La saison 2019-2020 de sports professionnels, notamment celle de football, ne pourra pas reprendre »(Edouard Philippe le 28 avril). Le football est devenu un secteur sinistré, comme l’aérien ou le tourisme. Canal+ et BeIN Sports ne verseront pas à la Ligue de football professionnel (LFP) les quelque 244 millions d’euros qui étaient encore attendus. Désormais certains que la dernière tranche des droits télévisuels ne sera pas versée, les dirigeants devraient demander à leurs vedettes de renoncer définitivement à une partie de leurs revenus. Que du bonheur quand on est écolo et adepte du fait maison.

Incertitude des des Jeux olympiques de Tokyo : « Nous devons organiser les JO pour témoigner de la victoire de l’humanité sur le coronavirus. Mais ils ne pourront pas avoir lieu si la pandémie n’est pas contenue », a déclaré le premier ministre M. Abe devant le Parlement japonais le 29 avril. La veille, le président du comité d’organisation des JO, Yoshiro Mori, avait affirmé que les Jeux devraient être annulés si la pandémie n’était pas maîtrisée d’ici à l’année prochaine.

Voile : la Transat anglaise annulée : The Transat, course transatlantique quadriennale à la voile qui devait partir de Brest le 10 mai pour son 60e anniversaire, a finalement été annulée purement et simplement par les organisateurs. Les spécialistes de la course au large voient ainsi tomber le deuxième de leurs grands rendez-vous cette année. Reportée dans un premier temps (le 17 mars), la Transat AG2R – La Mondiale, qui devait débuter initialement le 19 avril, a finalement été annulée le 10 avril.

Le départ du Tour de France contrarié: Les premiers tours de roue du Tour de France, déjà reporté au 29 août, restent dans le flou. Dans son plan de déconfinement, le premier ministre Edouard Philippe a précisé que les événements pouvant rassembler plus de 5 000 personnes, et nécessitant d’être organisés en lien avec les préfectures, ne pourraient « se tenir avant le mois de septembre ». Le maire de Nice, Christian Estrosi, souhaite toujours accueillir le départ du Tour. Il a versé 3,55 millions d’euros à l’ASO pour accueillir le « grand départ ». De là à penser que la grande boucle est une affaire d’argent il n’y a qu’un grand coup de pédalier. Pourquoi pédaler contre les autres plutôt que de réfléchir à la façon dont le vélo peut résoudre la crise environnementale ? 

La F1 à huis clos : La saison de formule 1 aurait dû démarrer le 15 mars, en Australie. Mais les dix premières courses de la saison ont été annulées ou reportées, Covid-9 oblige. Chase Carey, président-directeur général de Formula One Group précise : « Nous nous attendons à ce que les premières courses se déroulent sans spectateurs ». Un peu avant la communication des dirigeants de la F1, la manche française, qui aurait dû avoir lieu le 28 juin sur le circuit Paul-Ricard du Castellet (Var) a été annulée.

Pour militer, NON aux JO de Paris : L’épidémie de coronavirus, a mis en avant la nécessité de changer de modèle de société. Or, dans 4 ans, Paris se propose d’organiser les Jeux Olympiques. Par leur gigantisme ils supposent la construction de lourdes infrastructures artificialisant toujours plus les territoires. Par leur caractère mondial ils généreront de nombreux déplacements énergétiquement coûteux et susceptibles de favoriser la propagation de nouvelles épidémies. Ils entretiendront l’esprit de compétition et le nationalisme quand la coopération devrait être le mot d’ordre. Enfin, ils seront financièrement très lourds au moment où les budgets publics sont déficitaires et où les dépenses devraient être prioritairement consacrées à l’adaptation de nos sociétés à un monde plus résilient et plus respectueux de l’environnement. N’organisons pas les Jeux Olympiques. Il existe déjà beaucoup de compétitions sportives et un tel renoncement constituerait un excellent symbole d’une réelle volonté de changer les choses et d’aller vers un monde plus durable…