réponse à Sarkozy

Lettre aux éducateurs, écrite par Nicolas Sarkozy, président de la République française :

« Je suis convaincu qu’il ne faut pas laisser le fait religieux à la porte de l’école. Le spirituel, le  sacré accompagnent de toute éternité l’aventure humaine. Ils sont aux sources de toutes les civilisations, Et l’on s’ouvre plus facilement aux autres, on dialogue plus facilement avec eux quand on les comprend. » (p.13)

« Il ne faut pas que les enfants restent enfermés dans leur classe. Très tôt ils doivent être confrontés aux beautés de la nature et initiés à ses mystères. C’est dans les forêts, dans les champs, dans les montagnes ou sur les plages que les leçons de physique, de géologie, de biologie, de géographie, d’histoire mais aussi la poésie, auront souvent le plus de portée, de signification. Il faut apprendre à nos enfants à regarder le chef-d’œuvre de la nature. » (p.21)

« Ce qu’il nous faut retrouver, c’est la cohérence du projet éducatif. Retrouver un fil directeur dans l’éducation, lui fixer des principes, des objectifs, des critères. Voilà ce que nous avons d’abord à faire. » (p.24)

Réponse de la Biosphère :

Les religions du livre n’ont pas besoin d’être étudiées puisque Dieu n’a jamais parlé à personne, que ce soit son Fils, Mahomet, ou ses thuriféraires. Donc pas besoin de parler en classe de l’imaginaire des différentes sectes qui nous ont historiquement manipulés. De plus il n’est nul besoin de passer par Dieu ou une institution religieuse pour s’ouvrir plus facilement aux autres, c’est même plutôt le contraire qui est vrai : l’agnostique ou l’athée, n’ayant aucun présupposé, se donne plus de chances d’être à l’écoute de son prochain. Par contre il est vrai que la dimension spirituelle est toujours nécessaire, elle permet de donner un sens à l’existence. Ce sens, Nicolas Sarkozy le frôle au détour d’une page, c’est notre nécessaire symbiose avec la nature, non pour discourir de façon abstraite en répétant les leçons d’un professeur imbu de sa propre discipline, mais pour déterminer le fil directeur de nos pensées, la nécessaire  symbiose avec le support qui nous fait vivre, la Nature.

La Biosphère  nous parle par de nombreux vecteurs, mais nulle part avec autant de clarté, d’exubérance et de détails qu’à travers la Nature et tous ses habitants, du ver de terre à l’éléphant. Aussi pour moi, lorsque nous détruisons des ressources naturelles, nous devons penser que nous n’avons pas le droit d’imposer cela  à nos générations futures – ni à nous-mêmes.

 

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quelques aphorismes

1) Les personnes qui réussissent à donner sens à leur existence sont plus heureuses que celles qui ne font que passer d’un plaisir à un autre. (Le prix du bonheur de Sir Richard Layard) ó « Dans un monde globalisé, chaque individu devrait être amené à se penser non pas comme une personne isolée dans un endroit donné, mais comme un maillon d’une chaîne qui le relie à la nature. » (Michel Loreau)

 

2) Ce qui compte, ce n’est pas ce que la vie te donne, mais ce que toi tu donnes à la vie. (Sir Richard Layard) ó « La richesse et la diversité des formes de vie sont des valeurs en elles-mêmes. » (Arne Naess)

 

3) Le plus grand bonheur réside dans le fait de s’absorber entièrement dans un objectif qui nous soit extérieur. (Sir Richard Layard) ó « Le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque (en eux-mêmes). Ces valeurs sont indépendantes de l’utilité que peut représenter le monde non-humain pour nos intérêts humains. » (Arne Naess)

 

4) La vertu est à elle-même sa propre récompense. (Sir Richard Layard) ó « De celui qui dans la bataille a vaincu mille milliers d’hommes et de celui qui s’est vaincu lui-même, c’est ce dernier qui est le plus grand vainqueur. » (Bouddha)

 

5) L’homme a été fait pour louer, révérer et servir Dieu, et atteindre, ce faisant, le salut. (St Ignace de Loyola) ó «  Le principal changement idéologique consistera en la valorisation de la qualité de la vie plutôt que de toujours promouvoir un niveau de vie supérieur. » (Arne Naess)

 

6) Donne-moi la sérénité pour accepter les choses que je ne puis changer, le courage pour changer celles que je peux, et la sagesse pour en connaître la différence. (Prière de la sérénité) ó « Je ne désespère pas de l’espèce humaine, mais je ne suis pas entièrement rassurée non plus » (Germaine Tillion, ethnologue, résistante, arrêtée par la gestapo, rescapée du camp de concentration de Ravensbrück)

 

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impuissance du roman

Les concepteurs du  Monde des livres (25 mai 2007) font de l’auto-congratulation : « Quelles que soient les directions successives, les équipes, les inclinations d’époque, le roman a joui d’une sorte de préséance On y évide une évidence, à savoir que le roman joue un rôle capital dans la conscience que nous avons du monde. »

Mais quelle conscience ? Le roman, support du rêve, instrument d’une fausse liberté ! Si vous aviez le temps de lire tous les romans parus dans l’année, vous êtes sûr de finir aussi ignorants des réalités que lorsque vous avez commencé. Ce n’est pas ainsi qu’on fait un homme ! Le prix Nobel de littérature devait récompenser normalement une « inspiration idéaliste », maintenant l’écrivain projette le lecteur dans un monde fictif qui n’a pour principal acteurs que des hommes centrés sur leur nombril. Sauf trop rares exceptions, c’est un point de vue anthropocentré qui s’exprime, nullement l’apprentissage des relations de l’homme et de la Nature, l’apprentissage de l’équilibre. Le « partage d’humanité » (selon l’expression du Monde des livres) permet au lecteur de se replier dans une petite bulle confortable où il ne prête nulle attention aux malheurs de la Biosphère.

 On connaît la puissance du langage, la force de persuasion des mots et la magie des phrases. Encore faut-il que cela puisse ouvrir véritablement les yeux au monde Ainsi, aucun enfant ne peut admirer un paysage avant que sa socialisation ne lui ait construit par des mots le sens de son environnement. Apprendre à ressentir les choses n’est pas  rattaché à l’écrit, encore moins au roman, les civilisations orales étaient bien plus durables car elles se contentaient de leur stabilité et non de la fugacité des romans. Seule une socialisation qui forgera l’amour de la Biosphère pourra nous permettre de construire un discours commun : toutes les inventions des romanciers, toutes les analyses des sociologues ou des économistes, tout cela ne remplacera jamais la contemplation d’un coucher de soleil en famille.

sac à dos écolo

Le concept de sac à dos écologique, développé en 1994 par M. Schmidt-Bleek de l’Institut Wuppertal (Allemagne), vise à connaître la « consommation totale d’environnement » d’un produit. Pour les uns, cet indicateur va permettre de mesurer le progrès accomplis dans les pays industrialisés pour atteindre un développement plus soutenable, pour les autres il démontre de toute évidence que l’homme est devenu une force géologique qui perturbe complètement la Biosphère.

 Cet outil donne les résultats suivant sur quelques produits courants :
   une alliance de 5g représente un poids écologique de 2 tonnes ;
   un jean de 600 grammes représente en réalité 32 kilos de matières auquel il faut rajouter 8 000 litres d’eau ;

   le sac à dos écologique d’une voiture (qui pèse en moyenne 1 tonne) est de 70 tonnes voire plus pour les voitures luxueuses ;
   un litre de jus d’orange déplace plus de 100 kg de terre et d’eau…

 Cette nouvelle mesure les objets de notre consommation change de regard sur nos objets usuels, leur donne leur véritable poids écologique, doit nous inciter à économiser, à pratiquer la simplicité volontaire, à remettre en question toutes nos certitudes..

Chef Raoni

Enfin quelqu’un qui pense juste !!! Un résumé de la pensée de Raoni, chef du peuple indien Kayapo qui vit au cœur de l’Amazonie brésilienne :

 « L’homme blanc est étrange. Il ne prend pas le temps de rêver, de méditer, de célébrer la beauté de la terre, la naissance de l’aube, la douceur de la rivière. Il ne regarde pas les étoiles, il lui faut de l’argent, toujours de l’argent. Il lui faut même payer l’eau dont il se désaltère. Il court jusqu’à sa mort et sa vie lui passe sous le nez. Il survit dans un monde qui est pour nous incompréhensible. Dans les villes il y a trop de voitures, trop de gens, on ne peut pas respirer. Il me semble que l’homme blanc ne sait pas qui il est. Dans les années 1980, nous avons fait confiance aux Blancs qui avaient délimité notre réserve. Et puis sans prévenir, ils ont construit une route au milieu. Elle a apporté la maladie, les enfants ont commencé à mourir de la grippe. En principe notre territoire est protégé par la loi, mais il est très difficile de le contrôler. Les bûcherons, les chercheurs d’or et les fermiers blancs ne respectent pas la loi. Il leur faut de la terre, encore de la terre, toujours de la terre. Ils la fouillent comme des cochons, ils souillent l’eau avec le mercure, ils tuent le gibier pour le plaisir. Nous ne sommes pas des spécimens pour anthropologues, ni de nobles sauvages. Nous voulons simplement être libres d’être ce que nous sommes. Nous avons vécu pendant des milliers de lunes sans l’homme blanc. Notre mode de vie est le résultat d’une longue tradition qui nous a conduits à connaître chaque plante et chaque animal de la forêt. Et par là, à les respecter.  

« Nous pouvons beaucoup vous apprendre sur la façon de vivre en harmonie avec la nature. La nature est comme l’homme, le sol est sa peau, les forêts sont ses cheveux et les rivières sont ses veines. Nous respirons tous un seul air. Nous buvons tous une seule eau. Nous vivons tous sur une seule terre. Nous devons tous la protéger. La sauver, c’est nous sauver nous-mêmes. »

Quand un humain parle aussi bien de la Biosphère, il n’y a rien à ajouter…

 

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David Selby, faire partie de la nature

Enfin quelqu’un qui pense juste !!! Un résumé de la pensée de David E.Selby, professeur en sciences de l’éducation à Plymouth (Grande-Bretagne) :

« Dans The Sense of Wonder, Rachel Carson nous rappelait dès 1956 que l’enfant comprend et détient une vérité que les adultes oublient trop fréquemment : nous faisons tous partie de la nature. L’enfant a aussi besoin de la compagnie des adultes pour partager  le sens du merveilleux avec lui. Mais aujourd’hui les écoles sont les cathédrales d’un esprit mécaniste et fragmentaire, elles jouent un rôle dominant dans l’érosion de la perception de l’écheveau du vivant. Le cursus scolaire est subdivisé en disciplines distinctes, l’enseignement de la compétition individuelle est la norme. L’école ne sait pas généralement fournir à l’enfant  l’opportunité d’apprendre dans et par son environnement naturel. Ce  faisant, nous oublions l’exhortation de Rachel Carson qui soulignait que « pour l’enfant, il importe moins de savoir que de sentir ». Au bout du compte, même le discours environnemental à l’école est arc-bouté sur l’anthropocentrisme. Ainsi tout le discours visant à sauver la forêt tropicale est purement instrumental, « La forêt contient des plantes rares capables de soigner certaines pathologies humaines ». Il évite soigneusement de se baser sur la valeur intrinsèque de cette forêt et des formes de vie dont elle regorge.

« Mais à quoi ressemblerait une éducation biocentrique, centrée sur la vie, holistique ? Premièrement le projecteur se braquerait sur  nos niveaux de consommation parfaitement inéquitables et absolument non viables. Deuxièmement, la prise de conscience que la société humaine fait partie de l’environnement, que l’on doit respecter la nature au lieu de la piller, qu’il existe en toute chose une forme de conscience, que tous les êtres vivants possédant aussi une valeur intrinsèque. Une école soucieuse de la Terre défendrait aussi la convergence des disciplines, organiserait des expériences festives réaffirmant l’intégration de la société humaine dans la nature. De tels enseignements comprendraient un art contemplatif, la danse, des exercices de respiration profonde, la méditation… »

 

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Scott Momaday

Un résumé de la pensée de Scott Momaday, professeur de littérature à l’université d’Arizona, peintre, dramaturge. Enfin quelqu’un qui pense juste !!!

« La révolution technologique a eu, entre autres effets, celui de nous déraciner, de nous arracher au sol. Nous autres Américains, nous sommes désorientés ; nous avons subi une forme de dislocation psychique de l’être. Notre sens de l’ordre naturel s’est émoussé et n’est plus fiable. Comme la nature sauvage elle-même, la sphère de nos instincts s’est rétrécie en proportion. Nous avons tous adopté une attitude d’indifférence envers la terre. Et cependant je crois qu’il est possible de formuler une conception éthique de la terre (de la Biosphère ?), une idée de ce qu’elle doit être dans notre quotidien. » (…)

« Nous sommes ce que nous imaginons être. Il y a depuis fort longtemps dans la vision du monde de l’indigène d’Amérique la conviction profonde que la terre est vivante, qu’elle a une dimension spirituelle, une dimension dans laquelle l’homme trouve sa  juste existence. Dans la mesure où je suis inclus dans la terre, il est approprié que je m’affirme dans l’esprit de la terre. Je dois célébrer ma vie dans le monde physique et  le monde dans ma vie. Tout au contraire dans la société actuelle, nous concevons la terre en termes de propriété et d’usage. C’est une valeur d’échange dépourvue de toute vie ; elle n’a pour la plupart d’entre nous pas plus de spiritualité qu’une automobile ou un réfrigérateur. Nous pouvons acheter et vendre la terre, nous pouvons en exclure autrui, en être exclu par lui et, dans le cadre de la propriété, nous pouvons en user comme bon nous semble. En ce qui concerne l’usage, à l’évidence l’Indien utilise et a toujours utilisé la terre et les ressources qu’elle offre. Mais en tant qu’Indien, je pense : « Vous dites que j’utilise la terre, et je vous réponds oui, c’est vrai ; mais ce n’est pas la vérité première. La vérité première, c’est que j’aime la terre ; je constate qu’elle est belle ; en elle, je me réjouis ; en elle, je suis vivant. »

 

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le sens des limites

Un diagnostic sans remèdes 

Edgar Morin, sociologue, directeur de recherche au CNRS, fait un diagnostic sans concession : « Une société-monde a besoin de gouvernance. Mais l’exemple de l’Europe nous montre la lenteur d’un cheminement qui exige un consensus de tous les partenaires. C’est dire qu’il faudrait œuvrer dans le sens d’un civisme planétaire, d’une émergence de société civile mondiale, d’une amplification des Nations unies. A travers régression, dislocation, chaos, la Terre-patrie pourrait surgir, non se substituant aux Patries, mais les enveloppant. La tendance à l’unification de la société-monde suscite des résistances nationales, ethniques, religieuses, qui tendent à la balkanisation de la planète. Il y a surtout l’immaturité des Etats-nations, des esprits, des consciences, c’est-à-dire fondamentalement l’immaturité de l’humanité à s’accomplir elle-même. Il faudrait que surviennent de grands progrès de l’esprit humain, non tant dans ses capacités techniques et mathématiques, non seulement dans la connaissance des complexités, mais dans son intériorité psychique. »  

Un remède, le sens des limites, la  décroissance ?

Scott Momaday, professeur à l’université d’Arizona, a grandi dans les réserves indiennes et possède la potion magique : « Aucun de nous ne vit totalement séparé de la terre ; un tel isolement est inimaginable. Tôt ou tard, il nous faudra tenir compte du monde physique qui nous entoure, il nous faut en tenir compte dans une optique d’éthique. » Pour plus de précisions, pensons à Aldo Leopold, avant-garde de l’écologie profonde : « Une éthique (écologiquement parlant) est une limite imposée à la liberté d’agir dans la lutte pour l’existence. Il faut valoriser une éthique de la terre et montrer sa conviction quant à la responsabilité individuelle face à la santé de la terre, c’est-à-dire sa capacité à se renouveler elle-même. L’écologie, c’est cet effort pour comprendre et respecter cette capacité. Le progrès n’est pas de faire éclore des routes et des paysages merveilleux, mais de faire éclore le sens de l’observation dans des cerveaux humains. »

 

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suicide de Gérard Horst

La Biosphère te donne la vie, la croissance, la maturité, le déclin et te retire de toute façon un jour ou l’autre le droit de continuer. La Nature est plus forte que l’environnement…

 

Né à Vienne en février 1923, sous le nom de Gerard Horst, André Gorz est considéré comme un penseur de l’écologie politique et de l’anticapitalisme. Cependant André Gorz ignorait la philosophie de l’écologie profonde, apparue en même temps que son article Ecologie et liberté. Contre les courants environnementalistes systémistes ou écocentristes, il s’était en effet attaché à défendre un courant humaniste pour qui l’environnement se conçoit seulement comme un environnement humain. Exit la Nature ! Dans Capitalisme, Socialisme, Ecologie (1991), il adoptait même une attitude sans nuances : « Du point de vue des fondamentalismes pré-modernes, tout le développement de la modernité a été un péché contre l’ordre naturel du monde. Son issue catastrophique obligera l’humanité à sa nécessaire conversion. Il n’existe pas de voie rationnelle vers le salut, seul l’effondrement inévitable pourra ouvrir la voie. » C’est pourquoi il allait jusqu’à trouver une parenté entre ce qu’il appelle « les fondamentalistes Vert » et les intégristes : « Il n’est pas exclu, d’ailleurs, que le fondamentalisme  islamique ait  recours à des armes biologiques ou nucléaires afin d’anéantir l’impie civilisation moderne avec sa propre technique scélérate. (p.28) 

 Pourtant on peut être à la fois un écologiste forcené et un non-violent confirmé, à la fois un écologiste forcené et un athée convaincu. Mais laissons là le débat, paix à son âme, il s’est suicidé  le 24 septembre 2007 en même temps que sa femme, Dorine, atteinte depuis longtemps d’une affection évolutive qui s’est doublée d’un  cancer. L’écrasante beauté d’une communion dans le suicide de deux amoureux octogénaires ne peut que nous faire penser à Paul Lafargue qui écrivait, avant de se suicider en 1911 avec sa femme Laura Marx : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » Ce double exemple montre qu’il n’est pas nécessaire d’aller en Suisse pour avaler un cocktail létal et pratiquer ainsi une forme d’auto-euthanasie.  

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vivre en vaut-il la peine ?

Pour clarifier le débat sur la bioéthique, Pierre-andré Taguieff identifie dans son livre La bioéthique ou le juste milieu ; une quête de sens à l’âge du nihilisme technicien trois courants de pensée.

Le premier courant est le plus ancien, il n’a aucune considération pour l’écologie. Mais issu de la chrétienté et plus particulièrement de l’Eglise catholique, cette idéologie estime que Dieu a créé l’homme à son image, conférant de ce fait à la vie humaine son caractère sacré. Interdiction éternelle est donc faite à l’homme d’agir aux confins des deux extrémités de son existence terrestre. Le Vatican est opposé aussi bien à l’avortement qu’à l’euthanasie et à la manipulation génétique ; il est hors de question de modifier l’alphabet et la grammaire de ce Livre de la vie qu’il voit en son génome.

 

La position de la deep ecology valorise au contraire la considération des relations entre l’homme et son milieu. Selon Taguieff, il s’agit d’une forme nouvelle de fondamentalisme, caractérisée par une mystique panthéiste (tout est lié et sacré) doublé d’un souci éthique face à la nature. L’humain est considéré comme faisant partie de la biosphère, mais en tant  qu’agent dénaturé, devenu particulièrement polluant avec la société techno-industrielle. Dans cette éthique de la diversité de la vie, l’intégrité de la nature, génome compris, est la mesure de toutes choses. Ce n’est plus la vie humaine qui est ici sacrée, mais l’ensemble de la vie.

 

La troisième position, liée à ce qu’on peut appeler l’écologie réparatrice, est qualifiée par Taguieff de prométhéenne. Elle présuppose que l’homme est un dieu pour l’homme, ce qui implique l’idéal d’une maîtrise technoscientifique de la nature et entend que l’homme fasse tout ce qui est susceptible d’améliorer ses facultés et son bien-être. Ces trois courants sont incompatibles et le comité consultatif français d’éthique ne peut donc depuis un quart de siècle qu’émettre des avis flous et sans conséquences.

 

En fait se pose depuis toujours cette question fondamentale : « Comment juger si une vie humaine vaut ou non la peine d’être vécue ?

transversalité !!!

EDF se présente comme ayant le meilleur bilan CO2 de tous les grands groupes énergétiques européens puisque pratiquement 80 % de sa production est d’origine nucléaire. Mais on se garde bien de nous parler de l’épuisement des ressources en uranium, des risques de la prolifération nucléaire mondiale et de l’accumulation des déchets radioactifs. La Biosphère a pour habitude de gérer la complexité des cycles de vie, les humains ont oublié que la vie est complexe.

 

Les CFC (chlorofluocarbures) sont des composés chimiques commercialement appelés Fréon. Incolores, inodores, ininflammables, non-corrosifs à l’état gazeux ou liquide, ils ne sont pas intrinsèquement toxiques, mais certains de leurs produits de décomposition peuvent être dangereux. Les deux principaux dérivés des CFC sont les Halons et les HCFC. Les premiers membres de ce groupe ont été utilisés comme réfrigérants dans les années 1930. Ils ont également été utilisés comme gaz propulseur des aérosols, comme matières premières dans la synthèse de composés organiques, comme solvants, comme extincteurs et comme agents d’expansion dans les mousses de matières plastiques. Les CFC sont responsables de la dégradation de l’ozone qui protège la Terre à haute altitude (stratosphère). En 1987 à Montréal, les principaux pays producteurs de Halons décidèrent d’en stopper la production. La dernière conférence de Montréal, qui s’est achevée le 22 septembre 2007, a accéléré  le calendrier d’élimination des HCFC dont la date butoir est quand même fixée à 2020 ou 2040 !

 

Cependant la famille des substituts aux HCFC, dénués de chlore, ont un fort coefficient de réchauffement climatique : le HFC152 a par exemple un effet 140 fois supérieur à celui du CO2, le HFC 23 un effet 11300 fois supérieur. La conférence n’a pas abordé cet « inconvénient » puisque son objet n’était pas le changement climatique. Il en est donc  au niveau international comme au niveau individuel : dans la société thermo-industrielle ou la spécialisation des personnes est poussée à son paroxysme, il ne faut pas s’attendre à une analyse transversale des problèmes.

 

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WWF

Amoureux de la Nature, objecteurs de croissance, simple citoyens,  engagez-vous ! Agissez seul, agissez en groupe, adhérez à des associations…

 

Son emblème est l’un des animaux les plus rares sur Terre, le panda géant de Chine. Le 11  septembre 1931, le WWF (World Wildlife Fund for Nature) voyait le jour. Il s’agit d’abord d’un réseau international capable de récolter des fonds pour mettre en œuvre des programmes de sauvegarde de la biodiversité sur la planète. Aujourd’hui il s’agit d’un réseau de 5 millions de membres présent dans plus de 100 pays. Sa philosophie est fondée sur le dialogue avec les communautés locales, les gouvernements, les entreprises, les organisations internationales. Des entreprises se sont donc engagées dans le développement de produits-partages WWF comme des tee-shirts ou des sacs scolaires. On mise sur le produit bio et le recyclage pour permettre aux saumons de remonter les rivières, pour sauvegarder les 1800 derniers tigres du Bengale dans les années 1970 ou pour soutenir la création actuelle du parc amazonien de Guyane. Le WWF a aussi popularisé l’indicateur « empreinte écologique »

 

Le slogan de la fondation « Et si la solution c’était vous ? » devrait mobiliser tous les gens de bonne volonté. Tu peux contacter le site http://wwf.fr, la Biosphère a besoin de toi, hier, aujourd’hui, demain… Nous n’avons qu’une seule Terre à notre disposition et nous avons déjà dépassé ses limites.

irréversibilité

Irréversibilité ! Le découragement me gagne…

 Quand je constate l’échec du protocole de Kyoto, je m’aperçois que la formation d’un groupe de scientifique qui nous montre l’inéluctable ne peut de toute façon faire mouvoir en rien les inerties et les égoïsmes. De même, la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, entrée en vigueur en 1996 et signée par 190 pays, a peu d’effets sur le terrain. Les Etats concernés se désintéressent de la question, voire privilégient des politiques de développement économiques contraires à l’objectif. Un jour la Biosphère se désintéressera des humains.

Car la désertification n’est pas un phénomène naturel, c’est la détérioration des sols causée par une mauvaise exploitation des terres (cultures intensives, surpâturage, déforestation pour gagner de nouvelles terres cultivables), et par une irrigation incontrôlée. La couche supérieure des sols, si elle est surexploitée, peut être détruite en quelques années, alors que des siècles ont été nécessaires à sa constitution. Le réchauffement climatique, en accroissant les besoins en eau des sols et en modifiant le régime des pluies, aggrave le phénomène. Aujourd’hui, 250 millions de personnes en subissent les conséquences, et un tiers de la population mondiale sera affecté à l’avenir si rien n’est fait. Les pauvres sont à la fois les agents et les premières victimes de cette situation. C’est la pauvreté qui pousse les habitants des zones sèches à exploiter au maximum les terres, les conduisant à privilégier leur survie à court terme, et ne leur donnant d’autre choix que d’agir au détriment de leurs intérêts à long terme. Mais les pays du Tiers-monde ne sont pas les seuls concernés, un tiers des Etats-Unis est affecté. Ce constat était au cœur de la huitième conférence internationale des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), qui a eu lieu du 3 au 14 septembre 2007 à Madrid.

 

La Convention des Nations unies contre la désertification s’est terminé de façon prévisible par un échec : les 191 membres n’ont pas réussi à s’accorder sur une augmentation de son budget en raison de l’opposition des Etats-Unis et du Japon. De toute façon le plan stratégique annoncé, qui définit de grands objectifs à dix ans, n’aura aucune valeur contraignante. On passe donc par pertes et profits un milliard de personnes qui sont menacées alors que 40 % des terres se désertifient. La perte de terres arables va générer des flux migratoires d’autant plus ingérable qu’ils seront considérables. Il est vrai que les pauvres ne savent pas défendre leurs intérêts et que les gouvernements des pays riches restent égoïstes. Certains accusent un déficit scientifique, on ne dispose pas de paramètres pour mesurer la désertification comparables aux émissions de gaz à effet de serre et aux listes taxinomiques… Mais même quand on sait, on n’agit pas !

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

techniques douces

Les Etats-Unis avaient invité les quinze économies les plus fortes du monde, y compris la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du sud, à deux jours de réunion (27 et 28 septembre 2007) sur la sécurité énergétique et le changement climatique. Il est vrai que ces économies dominantes sont responsables de 90 % des émissions de gaz à effet de serre. Selon Condoleezza Rice, « Le système actuel n’est pas durable. » Mais selon la même, secrétaire d’Etat, « Nous devons le transcender complètement par une révolution dans la technologie de l’énergie ». Le secrétaire de la Convention des Nations unies sur le changement climatique lui a rétorqué : « La technologie n’est qu’un élément des quatre piliers de la lutte, avec la réduction des émissions, l’adaptation aux conséquences du changement et le financement ». La Biosphère a même constaté à plusieurs reprises que la technique qui a créé le problème ne peut résoudre le problème.

 

La Biosphère demande donc instamment aux dirigeants américains actuels de savoir reconnaître la différence entre techniques dures et techniques douces. Quelques pistes de réflexion qu’on pouvait déjà lire il y a trente cinq ans :

Société à technologies dures Communautés à technologies douces

Grands apports d’énergie

Matériaux et énergie non recyclés

production industrielle

priorité à la ville

séparé de la nature

limites techniques imposées par l’argent…

Petits apports d’énergie

matériaux recyclés et énergie renouvelable

production artisanale

priorité au village

intégrée à la nature

limites techniques imposées par la nature…

Liste complète dans le hors série spécial écologie du Nouvel Observateur (juin-juillet 1972), « La dernière chance de la Terre » !

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

le roi devenu fou

Il y a des textes qui n’ont pas vieilli depuis trente cinq ans, malheureusement :

« Ce que l’on appelle la crise de l’environnement est tout simplement le résultat d’une violation sans cesse aggravée des lois de l’écologie, fondées sur l’interdépendance des êtres vivants entre eux et avec leur milieu physique. Dans une première phase, l’homme reste un prédateur parmi d’autres, occupant une modeste place dans la biocénose originelle. Mais avec le perfectionnement de ses techniques, avec le biface, le flèche, le feu, son efficacité s’accroît sensiblement. Tandis que se développe la révolution néolithique, la structure sociale se modifie ; la ville va naître, et par conséquent, le palais, le temple, la boutique, la caserne, le bordel et la prison : la civilisation est en marche.

 

« Si, à l’origine, un certain équilibre pouvait subsister entre le potentiel de destruction de l’homme et les capacités de récupération du milieu naturel, la balance, désormais, penchera de plus en plus du côté de l’agresseur. Une idéologie belliqueuse et orgueilleuse, la mythologie d’un « roi de la création » chargé de conquérir, de domestiquer, de dominer, sans souci ni des conséquences pour lui-même ni, bien sûr, des droits des autres être vivants devaient nous permettre de ravager la planète en toute bonne conscience. Et d’autant plus facilement que la religion du profit allait rendre licite n’importe quel méfait du moment que l’assurance d’un gain venait l’absoudre, voire le sanctifier. Dès lors, quoi d’étonnant si la production, l’industrialisation, le gigantisme humain, la croissance économique, sont tenus pour des vertus axiomatiques ?

 

« Les aberrations écologiques qu’entraîneront ces beaux et lucratifs principes, on ne les connaît que trop. La grosse industrie, les grands pollueurs, devant l’émotion enfin soulevée dans le public par leur excès, se trouvent désormais sur la défensive et réagissent de plusieurs façons. On condamne en bloc les rousseauistes, les passéistes, les amateurs de rêve bucolique ou de pureté champêtre, bref tous ceux qui ont l’impertinence, ces impies, de refuser d’adorer le Veau d’or, le Fric-Jéhovah ou Sainte production. Au besoin on les accusera de vouloir revenir à l’ère pré-industrielle alors qu’ils osent à l’avance penser l’ère postindustrielle. Puis on tente de minimiser les faits ou d’en émasculer la signification : n’y a-t-il pas eu, de tout temps, une érosion naturelle ? Des espèces animales n’ont-elles pas déjà disparu sans intervention de l’homme ? On va d’ailleurs plus loin, en tentant de vastes opérations de « dédouanement » publicitaire. A en croire certaines de ces firmes puissantes, c’est tout juste si leur souci majeur, essentiel, primordial, ne serait pas devenu la protection de l’environnement. L’écologie, l’environnement, les équilibres biologiques, etc., deviennent une tarte à la crème : de hauts personnages en ont, sans rire, plein la bouche, de ces mots qu’ils ignoraient il y a six mois.

 

« On ne luttera plus désormais, pour incarner une véritable conscience écologique, sans se heurter aux puissants. On n’y insistera jamais trop : le combat pour la qualité de la vie débouchera nécessairement sur des questions de principes et de finalités, donc de choix. Après tout, qu’est-ce qui compte vraiment ? Continuer à saccager allègrement la planète, ou bien accepter d’entrer dans une troisième phase de l’histoire des relations homme-nature, celle de la réconciliation ? »

 

Théodore Monod, « Le roi devenu fou », numéro hors série du Nouvel Observateur « spécial écologie » (juin-juillet 1972)

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

déesse du fleuve

Il n’y a plus de domiciles inviolables pour les espèces animales quand le nombre d’homo sapiens dépasse les 6 milliards. La pollution accompagne l’urbanisation, la pêche intensive s’essouffle à nourrir les populations humaines, il n’y a plus de respect pour les différentes formes de vie sur notre planète.

 

Selon un recensement de 1993, il y aurait dans le monde 4629 espèces de mammifères. Si les extinctions de mammifères sont rares, elles pourraient se multiplier dorénavant avec l’emprise humaine. Les dernières recensées étaient celle de la musaraigne des Caraïbes vers l’an 1500, des lémuriens géants de Madagascar vers 1650 et du tigre de Tasmanie dont le dernier représentant est mort en captivité en 1936. Aujourd’hui le dauphin d’eau douce qui peuplait le Yangzi est devenu introuvable. Dans les années 1950, sa population était estimée à 6000 individus, elle était tombée à 200 en 1990, puis à 7 en 1998. Ce grand vertébré appartenait à une espèce vieille de 20 millions d’années, mais la pollution de l’eau, les filets de pêche qui l’étouffent, la circulation fluviale qui a nui au bon fonctionnement de son sonar et la pêche par explosif ont décimé le baiji, un cétacé pourtant vénéré à une époque comme déesse du fleuve. Outre Lipotes vexillifer (nom savant du dauphin du Yangzi), d’autres dauphins des rivières sont menacés, dans le Gange, l’Indus, l’Amazone, l’Atacuari ou le Javari.

 

Pourtant, selon le premier principe de l’écologie profonde, « Le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque (en eux-mêmes). Ces valeurs sont indépendantes de l’utilité que peut représenter le monde non-humain pour nos intérêts humains. »

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

Pernambouc en sursis

Le commerce de plus de 7.000 animaux et 32.000 familles de plantes est aujourd’hui réglementé par le Cites, et même totalement interdit pour plus de 800 espèces. Mais la surexploitation de la Biosphère par l’activisme humain et la surpopulation ne font que ralentir le rythme des extinctions. En conséquence, l’épanouissement de la vie non-humaine requiert une diminution substantielle de la population humaine.

 

Le pernambouc (Caesalpinia echinata) ou bois du Brésil couvrait une partie du pays jusqu’à ce que les colonisateurs  portugais découvrent ses  capacités tinctoriales : rouge-violacé du cœur et doré de l’aubier. La disparition de cette légumineuse, qui peut atteindre 10 mètres de hauteur après une croissance très lente, est déjà programmée. La Biosphère ne mettra pas sur le dos des fabricants d’archet cette triste destinée, même s’il est vrai que la forte densité, une rare élasticité, une résistance à la courbure et une  capacité vibratoire extrême en font une ressource exceptionnelle et recyclable pour les violonistes. Mais les arbres sont surtout abattus pour planter canne à sucre, café, soja ou eucalyptus, quand ce n’est pas pour faire place nette au bétail ou aux bâtisseurs de ville. La forêt pluviale atlantique du Brésil a été décimée à 90 % depuis l’arrivée en 1500 de Pedro Cabral. Le 13 juin 2007, la Convention sur le commerce des espèces menacées d’extinction (Cites) a classé le pernambouc dans son annexe II : toute transaction devra s’accompagner d’un certificat émis par l’exportateur et d’un autre émis par le pays exportateur.

 

En fait l’arbre cache la forêt, l’attention portée au pernambouc permet à d’autres espèces d’être surexploitées par dizaines de milliers de mètres cubes : l’UE a retiré sa proposition visant à inscrire le cèdre acajou, le palissandre cocobolo et le palissandre du Honduras à l’Annexe II. En plus de ces reculs, les Parties ont retiré un nombre sans précédent de propositions, celles sur l’éléphant africain, sur la gazelle Dorcas visant à l’inscrire à l’Annexe I, sur le poisson cardinal de Banggai, les populations brésiliennes de la langouste indienne ou de la langouste blanche des Caraïbes visant à les inscrire à l’Annexe II.

 

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responsable et coupable

L’ensemble de notre système thermo-industriel est à la fois responsable et coupable : alors que le tourisme par avion représente une menace pour la biodiversité et le climat, l’Unesco a même signé un partenariat avec Jet Tours qui labellise des circuits guidés par un personnel formé aux problèmes de conservation du patrimoine. L’écologie devient un simple discours sur les espèces en voie de disparition alors qu’on s’ingénie à multiplier les causes de dislocation de la Biosphère.

 

Le sanctuaire de l’antilope oryx arabe est situé dans les régions biogéographiques du désert central et des collines côtières d’Oman. Les brouillards saisonniers et la rosée y constituent un écosystème désertique unique et sa flore compte plusieurs plantes endémiques. Sa faune comprend le premier troupeau d’oryx arabes en liberté depuis l’extinction mondiale de l’espèce à l’état sauvage en 1972 et sa réintroduction en ces lieux en 1982. La population d’oryx sur ce site s’élevait en 1996 à près de 450 individus mais elle s’est depuis réduite à 65 individus, dont seulement quatre couples reproducteurs, ce qui rendait son avenir incertain.

 

Pourtant, suite à la décision d’Oman de réduire la taille de la zone protégée de 90%, le Comité du Patrimoine mondial a retiré ce bien de la liste. Après avoir largement consulté le sultanat d’Oman, le Comité a estimé en effet que la réduction unilatérale de la taille du sanctuaire et les projets de prospection d’hydrocarbures détruirait la valeur et l’intégrité du bien, qui abrite également d’autres espèces en danger comme la gazelle d’Arabie ou l’outarde houbara. Cela ne s’était jamais produit depuis la signature en 1972 de la Convention de l’Unesco sur la protection des sites culturels et naturels ! Chaque année la liste s’allongeait et comptait aujourd’hui 851 sites. Il commence  donc à rétrécir au fur et à mesure de la boulimie humaine : le sultanat a préféré la prospection pétrolière à la protection des antilopes oryx, se mettant en infraction avec les orientations de la Convention du Patrimoine mondial. Comme l’exprime Le Figaro du 7/07/2007, « Que représente la vie de quelques bestioles face à la puissance de l’or noir ? »

 

           Le sultanat n’est donc pas le seul fautif, c’est tout le système thermo-industriel qui est à la fois responsable et coupable : c’est nous, c’est notre bagnole, c’est notre mode de vie le responsable, je suis donc coupable !

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

l’ennemi, c’est nous-même

En fait, il faudrait décroître l’activité humaine, diminuer la population humaine, réfléchir enfin au fait que notre planète n’est qu’une toute petite boule fragile perdue dans le cosmos. Il faudrait combattre l’égocentrisme de notre espèce…

 

Même si l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) rassemble 83 pays, plus de 800 ONG et un réseau d’experts issus de 181 pays, son efficacité est proche de zéro. Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées par l’UICN sont en péril. L’objectif de gouvernance fixé en 2002 par les Etats signataires de la Convention sur la diversité biologique ne peut être atteint, chaque pays n’en faisant qu’à sa tête. De toute façon la perte de biodiversité ne suscite aucune mobilisation, elle n’est pas perceptible par les individus et ne menace l’emploi que de façon marginale. Pourtant la perte de biodiversité pèsera sur l’avenir des sociétés humaines : l’homéostasie du système planétaire résulte d’innombrables interférences entre les espèces, nul ne peut prévoir l’évolution future d’une régulation très complexe, d’autant plus que la disparition d’une espèce est irréversible. Il faudrait sauvegarder la diversité des milieux, maintenir de grands espaces naturels, lutter contre la désertification, la déforestation, le mitage territorial… La réunion de Montpellier du 15 au 17 novembre prochain, dans le cadre du Mécanisme international d’expertise scientifique sur la biodiversité, ne changera rien à l’affaire.

Il faudrait combattre l’égocentrisme de notre espèce…

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Cites plutôt que cités

En 1997, les ventes ponctuelles de défenses d’éléphants, accordées à la Namibie, au Botswana et au Zimbabwe, ont entraîné une recrudescence de la contre-bande. Cette année encore, 20 000 éléphants seraient victimes de braconnage. Depuis sa création en 1975, la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction) fait ce qu’elle peut, mais la mondialisation libérale n’accepte un embargo commercial que quand il est déjà trop tard. D’ailleurs la Tunisie a réussi à faire retirer les coraux rouges et roses de la liste sous le prétexte de l’importance de cette pêche pour leurs communautés côtières. Pourtant la biodiversité est une condition fondamentale de durabilité des grands mammifères (dont l’espèce homo sapiens), en bout de la chaîne alimentaire…

 

Supprimons nos cités et limitons nos désirs.