Plutôt mourir que donner du fric à Renault

Un prêt public bancaire de 5 milliards d’euros prévu pour Renault. Encore de l’argent gaspillé ! Pour obtenir l’aide de l’Etat, le constructeur automobile doit s’engager « dans trois directions : le véhicule électrique, le respect de leurs sous-traitants et la localisation en France de leurs activités technologiquement les plus avancées », dixit le ministre français de l’économie. Rien sur l’écologie ! Bruno Le Maire ajoute sans rire : « Toutes les aides que nous apportons aux entreprises doivent être orientées dans deux directions : la décarbonation de l’économie française et l’amélioration de sa compétitivité. » Déroutant oxymore ! Étonnant que les politiques ne parlent pas du nécessaire dévoiturage, l’abandon de la voiture individuelle qui épuise les ressources fossiles et nous procure un réchauffement climatique de moins en moins délicieux. Sauvegarder l’emploi n’est rien quand cela se fait au prix de la détérioration des conditions de vie sur cette petite Terre. La voiture électrique ne résout rien, l’électricité est une énergie qu’il faut fabriquer dans des conditions non durables pour permettre la voiture électrique pour tous. Nous dilapidons l’argent public pour la voiture, l’avion, des secteurs sans avenir. Notre système thermo-industriel a bien obligé les paysans à quitter la terre, pourquoi on ne convertirait pas les travailleurs de l’automobile en paysans  ? Une agriculture non industrialisée a besoin de bras, de beaucoup de bras…

Pour en savoir plus sur le dévoiturage, lire sur notre blog biosphere :

5 juin 2019, Nous n’en poumons plus, vite le dévoiturage !

Extrait : La loi d’orientation des mobilités (LOM) est discutée par nos députés depuis le 3 juin. Le projet inscrit dans la loi l’interdiction en 2040 de la vente des voitures utilisant des énergies fossiles (pétrole, essence, GPL, GNL)…

16 septembre 2019, Le salon de l’automobile en accusation

Entre 15 000 et 25 000 manifestants, la plupart en vélo, ont défilé samedi 14 septembre à Francfort à l’occasion du salon international l’automobile. Le slogan « des sous, des sous » est remplacé par des évidences, « On ne peut pas remplacer nos poumons », « Le salon de l’automobile représente le siècle passé », « On n’en veut plus de ces gros SUV  »..

22 février 2019, LE MONDE est l’otage des lobbies automobiles

Extrait : Normal de pleurer sur la fin de la civilisation automobile, LE MONDE est victime de la nécessité de recettes publicitaires dont une grande partie provient du lobby automobile. Dans le numéro de mardi dernier, la dernière page en son entier est un hymne à Peugeot, « Motion & émotion » ! Un tiers de la page 7 pour la Nouvelle classe C coupé (jusqu’à 228 g de CO2 au km !). Sans oublier la rubrique habituelle « Styles » consacrant toute la page à l’automobile, ici la Toyota hybride…

18 janvier 2019, La voiture demain, économique, propre, omniprésente ?

Extrait : Économique, connectée, propre, la voiture de demain sera au cœur de la vie quotidienne des citoyens de demain, estime Serge Clemente dans LE MONDE*. Un tel point de vue est si irréaliste qu’il en est comique. Il est vrai que pour quelqu’un dont le métier est de vivre de l’automobile, le point de vue est biaisé. Comme on disait dans les années1970, la bagnole ça pue, ça pollue et ça rend con…

18 octobre 2017, La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté

Extrait : Pour un écologiste, c’est à la déconstruction du monopole de la bagnole qu’il faut travailler, le dévoiturage doit être massif. Déjà en 1974, le candidat écolo à la présidentielle René Dumont s’exprimait ainsi : « Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde…

10 juillet 2017, Une société sans voitures à essence est-elle possible ?

Nicolas Hulot a présenté le 6 juillet 2017 un plan climat : « Ce n’est pas un sujet qui spontanément passe toujours au premier plan dans l’écran radar. Notre responsabilité, c’est de faire que ce sujet prime sur tous les autres. » Il annonce la fin de la commercialisation des voitures roulant à l’essence ou au gazole en France d’ici 2040. Un gouvernement adepte du dévoiturage, je demande à voir ! En fait il s’agit d’abord de relancer la machine à fabriquer encore plus d’automobiles…

9 mai 2017, Adieux à l’automobile, le dé-voiturage en marche

Extrait : Une fois encore, nos gouvernements font preuve de manque de vision ; on répare les infrastructures routières qui se détériorent, on cherche les moyens de diminuer les bouchons de circulation, on encourage le remplacement des moteurs à combustion par des moteurs électriques… Bien évidemment, avec la fin du pétrole bon marché, l’ère de l’automobile s’achève et il faut dès maintenant repenser notre civilisation sur un autre modèle…

29 février 2016, Dévoiturage : l’urgence de sortir du tout routier

Extrait : Moteur du dynamisme économique et de la mobilité individuelle, le trafic routier se présente en même temps comme une des causes principales du fameux effet de double ciseau : raréfaction de la ressource pétrolière d’une part et aggravation de l’effet de serre d’autre part…

27 avril 2015, Pourtant il faudra bien un jour se passer de voiture

Extrait : Pic de pollution en Ile-de-France*. Pourtant la ministre socialiste Ségolène Royal refuse des mesures de restriction du trafic routier contre l’avis des élus locaux : « Empêcher quelqu’un de prendre sa voiture, c’est une mesure privative de liberté (…). Personne ne peut ni imposer, ni vociférer, ni exiger »…

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9 réflexions sur “Plutôt mourir que donner du fric à Renault”

  1. Sauver l’emploi à court terme, c’est toujours « maintenant », mais le moyen terme c’est souvent « jamais ». C’est ce que nous enseigne l’histoire depuis le rapport Meadows en 1972. Comment d’ailleurs, concilier les théories de l’effondrement ou les slogans sur « l’urgence écologique » avec la notion qu’il faut repousser sans cesse la décroissance d’activités comme l’automobile ou l’aviation. Couper le doigt de pied ferait trop mal au patient, attendons la gangrène?
    La crise va être profonde et il faut que la sortie de crise soit fortement empreinte d’écologie. Refusons la logique d’une succession de plans sectoriels. Quels emplois rémunérés à quels salaires. Quel chômage indemnisé à quel hauteur? Quelle charge fiscale répartie comment? Ce n’est pas à moyen terme qu’il faut répondre à ces questions c’est le plus rapidement possible.

  2. Franchement, il n’y a pas de quoi être traumatisé par la voiture électrique. En effet, la production de batteries peine à dépasser les 4,5 millions d’unités, la production fluctue essentiellement entre 3 et 3,5 millions de batteries annuelles selon les années….

    OR, le marché automobile mondiale lui tourne entre 95 à 100 millions de voitures neuves vendues chaque année !

    Bref, il n’y aura JAMAIS assez de batteries pour voitures électriques afin d’alimenter le marché mondial de l’automobile ! Autrement dit, si la voiture électrique était imposée à l’échelle mondiale en interdisant les voitures thermiques, alors plus de 95% du parc automobile mondial disparaîtrait !

  3. – « la décarbonation de l’économie française et l’amélioration de sa compétitivité. »
    Encore une fois, rien de nouveau sous le soleil. Dans la logique de notre système économique on peut faire de la croissance et améliorer sa compétitivité sur n’importe quoi. Même sur la débilité. N’importe quel secteur, pourvu qu’il soit marchand.
    Dans le cadre de la sacro-sainte Transition, la fumeuse «décarbonation» fait très bien l’affaire. Quand on veut faire de bonnes affaires (Business as usual !) c’est d’ailleurs LE secteur sur lequel il faut absolument se positionner. Et sur lequel on se doit de briller.
    C’est encore et toujours l’idée de continuer comme avant, de se tirer la bourre, toujours plus, mais bien sûr «proprement», «durablement», «respectueusement», hi han ! Et en rajoutant maintenant un zeste de relocalisation, vous allez voir ce que vous allez voir ! C’est celui qui construira le plus de bagnoles et de trottinettes électriques, le plus d’éoliennes, les plus hautes, les plus «majestueuses» etc. qui sera le plus «propre», le plus «respectueux», le plus «respectable». Et en même temps le plus compétitif sur le sacro-saint Marché. Ce sera lui le plus brillant, le plus «vert», le plus «vrai», le plus beau !

    On peut voir là un «déroutant oxymore», une absurdité ou une logique sortie d’un cerveau Shadok, et tout ce qu’on voudra. Seulement quand on est déboussolé on voit les choses autrement. Biosphère s’étonne que les politiques ne parlent pas du nécessaire dévoiturage et de l’abandon de la voiture individuelle. De mon côté je ne vois rien d’étonnant à ça, au contraire. Je peux de même regretter qu’ils ne bannissent pas de leur vocabulaire les mots compétition, compétitivité, croissance etc. mais ça c’est peut-être trop leur demander. En attendant, on peut toujours rêver.

    1. Pour ce qui est de la compétition, je pense qu’il faut s’en accommoder jusqu’à la retourner : c’est par la pression sociale qu’on peut faire que les consommateurs délaissent des comportements expansifs que la norme encourageait jusqu’alors. Honte d’acheter un véhicule Renault ou autre, honte de faire des enfants, etc. Une norme sociale peut soudainement se retourner et pousser dans la direction opposée.

      1. S’en accommoder, faire avec, oui c’est sûrement ce qu’il y a de mieux à faire, en attendant. Quant à la retourner, attendre que la honte s’empare des champions, des winners et des killers, on peut toujours rêver !
        La compétition est partout, dans le monde du travail et du sport n’en parlons pas. Le capitalisme valorise la réussite individuelle, le mérite ainsi que la compétition entre les individus. Or cela renforce le culte de l’ego, la recherche de pouvoir, le besoin de reconnaissance, le besoin de briller et de consommer plus que les autres, etc. Et qu’on n’aille me raconter que la compétition, comme ce «besoin» de toujours plus, sont dans notre «nature», dans nos gènes. La compétition nous est inculquée dès le plus jeune âge, dès l’école, «20/20, oh que c’est bien ! Tu mérites un cadeau». C’est le «parce que je le vaux bien» qui pousse le con-sot-mateur à acheter la dernière de chez Renault, et non pas un vélo d’occase chez Emmaüs. C’est la même chose qui pousse le petit-bourgeois à afficher sa «réussite» avec la Rolex et la grosse BM. En attendant, le mieux que nous puissions faire, à titre individuel, c’est d’être fier d’avoir échoué.

        1. « La compétition nous est inculquée dès le plus jeune âge »
          C’est regrettable, mais pas complètement le fruit du hasard ni celui de la pure bêtise. La sagesse par contre est absente, ça c’est sûr 🙂 !
          Ça fonctionne très bien pour survivre dans la jungle. Du reste, on est encore le seul singe à être allé sur la lune.

          Nous sommes en tant qu’espèce maintenant mal équipés pour passer le XXIe siècle relativement paisiblement. L’issue de secours demandant le moins d’effort est encore de faire en sorte que la sagesse et la raison domptent le prédateur/colonisateur qui est en nous.

          1. – « L’issue de secours […] faire en sorte que la sagesse et la raison domptent le prédateur/colonisateur qui est en nous. »
            Oui, c’est bien ce que je pense. Et pour ça yaca enseigner la sagesse et la raison dès le plus jeune âge. Au lieu de donner du fric à Renault et Airbus, faucon embauche tout plein tout plein de profs de philo. L’idéal serait de mettre et en même temps des sages au gouvernement, mais pour ça il faudrait déjà les trouver. 🙂

  4. Europe Écologie Les Verts appelle Renault à prendre l’engagement, en échange de l’aide de l’État, de ne fermer aucun site, de ne pas procéder à des licenciements contraints et de ne plus délocaliser ses activités… Les nombreuses filières qui sont aujourd’hui fragilisées par la crise sanitaire et dont l’avenir doit être repensé à l’aune de la crise écologique (automobile, aéronautique) doivent engager une concertation État – organisations syndicales – fédérations patronales – pour mettre en place une reconversion des activités sur des créneaux porteurs d’avenir. Leur mutation est inéluctable face au défi du réchauffement climatique et de la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. (Communiqué de presse d’EELV du 22 mai 2020)
    Il est significatif qu’un groupe qui s’annonce écologique ne voit pas la contradiction absolue qui existe entre l’idée de ne fermer aucun site de production de voiture et « reconvertir » l’activité ! Pour ces pseudo-écolos la «sécurisation des parcours pour les personnels » l’emporte largement sur l’urgence écologique.

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