Post-covid à la gloire du libre échange, NON

Idée fausse : « La spécialisation et la production à grande échelle génèrent des bénéfices économiques importants. »

Idée pas claire : « La mondialisation permet aux consommateurs d’avoir accès à des biens sophistiqués à un coût faible. »

Idée fataliste : « Les politiques protectionnistes sont très coûteuses pour ceux qui les mettent en place, surtout dans des systèmes de production très fragmentés. »

Idée fantaisiste : « L’Europe a beaucoup tiré profit du libre-échange. »

Idée absurde  : « Les normes sociales et environnementales sont indispensables à une croissance durable sur le long terme. »

Ces propos d’Isabelle Méjean, professeure à l’Ecole polytechnique, sont largement commentés sur lemonde.fr :

Marredesc : Ca tourne en rond, façon hamster. Il faut « diversifier les sources d’approvisionnement », mais cela suppose de « réviser la concentration très importante de la production dans un petit nombre d’entreprises et de pays ». Or cette concentration « génère des bénéfices économiques importants », et si on revient en arrière c’est « le consommateur [qui] paiera la note ». Et çà il ne faut pas cher.e.s ami.e.s, car dans le modèle dont elle cause, c’est votre consommation effrénée de tout un tas de produits inutiles et toxiques (qui finissent dans de vastes dépotoirs) qui fait marcher le bazar.

Walden58 : Cette « jeune » économiste de 39 ans nous repropose la vieille lune de la mondialisation comme un résultat win/win. Quand on voit le résultat en matière d’explosion du chômage dans les pays occidentaux, l’exploitation féroce d’un salariat de misère dans les pays de délocalisation et la course tout aussi féroce aux riches dividendes par les actionnaires, on voit bien que les tenants de la mondialisation ne se préoccupent que de la bonne santé des dividendes et non des besoins réels de la population mondiale non détentrice de capitaux.

Super Sara : Si on relocalise en France, on payera plus cher. Mais on aura des emplois, des retombées fiscales et l’assurance qu’on ne sera pas tenu par les c… par la Chine et autres cinglés exotiques.
NGO : Ce qui est inquiétant c’est qu’elle enseigne à Polytechnique. Je doute que des profs d’économie puissent être neutres, ils propagent surtout leurs idées.

Michel SOURROUILLE : Si on rentre dans le détail des propos de Méjean, il faudrait croire à cette idée folle qu’une croissance durable sur le long terme est encore possible sur une planète dont on a déjà dépassé toutes les limites. Il faudrait croire à cette idée éculée d’un bénéfice du libre-échange pour l’Europe alors que celle-ci a pratiquement abandonné toutes ses activités industrielles, du textile aux gants chirurgicaux, au prix d’une dépendance absolue aux importations et d’un chômage de masse. Il faudrait encore désirer des « biens sophistiqués à un coût faible » alors que l’avenir est à la simplicité volontaire. Il faudrait refuser le protectionnisme mais instituer une taxe carbone aux frontières. Rappelons à cette économiste que la démondialisation pour une relocalisation des activités est la seule alternative à un libre échange qui impose la loi du plus fort, chose connue depuis Ricardo et la prédominance de l’Angleterre dans son empire au XIXe siècle.

Izy : Cette dame n’a pas l’air d’intégrer la nécessité d’une transition économique décarbonée dans ce qu’elle nous dit sur la relocalisation (laquelle s’impose tout simplement déjà pour réduire les coûts en carbone des transports). Je ne sais pas ce qu’elle raconte aux polytechniciens mais si c’est pour les maintenir dans l’idée complètement fausse que l’économie est indépendante des systèmes physiques et des équilibres biologiques terrestres , ça craint un maximum…

C. du Lac : Un prix bas pour les consommateurs n’est pas le nec plus ultra. Certains économistes oublient que le but de la politique économique, c’est la distribution juste du bonheur. La mondialisation, quant à elle, a pour destin la mort par le lingchi (supplice en usage en Chine qui consistait à entailler et retirer successivement, par tranches fines, des muscles et des organes du condamné avant de lui couper la tête).

Roymacaille : Mon grand père qui ne roulait pas sur l’or avait coutume de dire :  le bon marché revient cher. A quoi sert un prix bas pour un produit dont on n’a pas besoin ? Un prix bas au moment de l’achat signifie-t-il un prix bas sur la durée d’utilisation ? C’est loin d’être évident avec tous ces produits dont la principale caractéristique est la recherche du plus bas prix. Et je ne parle pas des conséquences sociales et environnementales…

Jean Kazadi : C’est la course effrénée à qui versera plus de dividendes aux actionnaires qui a justifié la délocalisation des entreprises, pas le souci de vendre des produits moins chers. Dans les années 1960 mon père qui n’avait pas plus étudié que moi pouvait faire des économies de quelques mois pour s’acheter une VW produite en Allemagne ; aujourd’hui je dois recourir à un crédit bancaire pour m’acheter la même Coccinelle dont la production a été délocalisée au Brésil, « pays à la main d’œuvre moins chère ».

G.Martin : Pas un mot sur le pic de production de pétrole qui a été dépassé alors que notre économie dépend entièrement du pétrole. Pas un mot donc concernant la préparation à l’après pétrole par la relocalisation. Jancovici a encore bien des conférence à faire avant de toucher les économistes… courage !

Gandalf : Relocaliser c’est créer des emplois ici et se rendre indépendant des aléas internationaux. Une vraie bonne idée alors que la catastrophe écologique est bien là et que le local est une vraie réponse pour y faire face. Peut-être un peu trop de lobbying dans ses propos ?

RAS : Merci pour cet article intéressant aussi par les réactions qu’il suscite. On pourrait bien sur inviter tous les « indignés » à planter leurs pommes de terre pour la récolte qui les nourrira l’année prochaine, et à se demander d’où viendront le coton et le polyamide de leurs futurs masques. Plus sérieusement il est évident que la question posée est celle de l’échelle adéquate pour une production efficace, et la diversification (en localisation, qualité, prix) semble essentielle.

Ana Chorète : Ouaip, j’ai planté mes pommes de terre. Sans indignation mais avec cohérence. Sans hystérie. Sinon, le lin et la laine, c’est bien aussi, pas pire que le polyester. N’est pas remise en question « une croissance durable sur le long terme ». Dans un monde fini ? Long terme… vingt, cinquante ans ? Un siècle ? Jusqu’à épuisement de toutes les ressources disponibles ?

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1 réflexion sur “Post-covid à la gloire du libre échange, NON”

  1. Le libre échange c’est complétement idiot; la commerce international est organisé de manière abrutie énergivore et gaspillovore d’énergie…. Que l’on exporte des denrées que l’on produit en surplus je peux comprendre, que l’on importe des marchandises qu’on est incapable de produire sur son propre sol, je peux comprendre aussi…. Mais que l’on exporte des marchandises qui sont déjà en manque en interne (comme des denrées alimentaires dans des pays d’Afrique par exemple) ou qu’on importe des marchandises qu’on est déjà capable de produire sur son propre sol au nom de la concurrence libre et non faussée c’est entièrement grotesque ! Je ne comprends pas qu’on importe des tomates ou des bœufs provenant d’Amérique latine ou d’ailleurs alors qu’on en a plein en France ? Alors qu’en parallèle on va exporter nos tomates et nos bœufs de France ailleurs…. Il y a du gaspillage énorme de pétrole pour transborder de grands nombres de marchandises qui n’ont pas lieu d’être….

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