Post-covid, il faut combattre l’urbanisation

Philippe Chiambaretta : « L’accélération exponentielle de l’urbanisation a conduit à un épuisement tel des ressources naturelles que la Terre est aujourd’hui en état d’urgence respiratoire. Les villes consomment 80 % des ressources de la planète sur seulement 2 % de sa superficie. En cette période de confinement, la chute spectaculaire des niveaux de pollution et de production de déchets fait prendre conscience à l’opinion publique de l’impact des villes sur leur environnement. Le concept de « ville-métabolisme », qui s’attache à comprendre les interactions entre les différentes strates de la ville – mobilités, nature, infrastructures, usages, bâti – ne passera pas au stade de recherche appliquée sans le recours à la « data », qui permet de quantifier ces phénomènes. L’expérimentation de voiries temporaires dédiées au vélo peut permettre de mesurer une évolution du trafic, entraînant la libération d’espaces qui peuvent donner lieu à des systèmes de végétalisations susceptibles d’accueillir à leur tour de nouveaux usages, et jouer un rôle sur les niveaux de pollution, le bien-être, renforcer la biodiversité ou supplanter des infrastructures. Des projets pilotes à l’échelle d’une décennie devront pouvoir déroger aux normes habituelles qui brident l’innovation par principe de précaution et court-termisme politique. »

Chiambaretta pose pour incontournable l’existence des villes, il suffirait de les améliorer pour qu’elles soient moins polluantes et destructrice des ressources. L’idée de désurbanisation ne l’effleure jamais, il suffit de s’adapter, rengaine de ceux qui ne veulent rien changer vraiment à nos modes d’existence. L’idée de surpopulation, une des causes première de l’entassement dans les villes et leurs immeubles à (nombreux) étages, n’est pas du tout le cadre de sa pensée. Son idée fixe est du genre « donnez moi le pouvoir, fi du principe de précaution, vous allez voir ma capacité d’innover. » Mais il ne peut rien contre la réalité : une ville mise sous cloche verrait mourir rapidement presque tous ses habitants, un village isolé peut arriver rapidement à son autonomie alimentaire et énergétique. La révolution industrielle a détruit la paysannerie, socle fondamental de nos besoins primaires, alimentaires. Le système de classification moderne a bien octroyé au secteur agricole la qualification de « primaire » (qui vient en premier), mais c’est pour mieux glorifier l’extension du secteur secondaire puis tertiaire. Pourtant que ce soit clair : ouvriers, employés et cadres urbanisés ne sont que des parasites qui vivent au crochet des agriculteurs. Avec les crises écologiques qui menacent, le besoin d’avoir de quoi se nourrir va redevenir l’exigence de tous les jours.

En cette période de confinement, nous avons appris où se trouvent nos besoins essentiels. Chacun devrait cultiver son jardin, les paysans seront de retour. La meilleure politique de la ville pour les années à venir doit consister à abandonner progressivement les grandes agglomérations pour revitaliser les campagnes ; en France notamment des milliers de villages sont abandonnés. Nous avons connu l’exode rural pendant des décennies, le moment et venu de faire le mouvement inverse. c’est la position de ce blog biosphere. Pour en savoir plus :

2005 Les paysans sont de retour de Silvia Pérez-Vitoria

20 octobre 2013, un mauvais choix gouvernemental, l’agro-industrie

24 janvier 2019, Cultiver la nature en ville ou désurbanisation ?

1er mai 2019, BIOSPHERE INFO, Small is Beautiful

29 juin 2019, Bidonvilisation démentielle de la planète

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3 réflexions sur “Post-covid, il faut combattre l’urbanisation”

  1. Déjà il n’y a qu’à jeter un œil sur le genre de réalisations à mettre au palmarès de cet architecte (ex : Aéroville, 3ème plus grand centre commercial en France, 200 boutiques, 30 restaurants, un hypermarché Auchan avec Drive, 1er multiplexe EuropaCorp Cinémas). Ainsi que sur son agence PCA-STREAM, ses projets pharaoniques, pour la plupart dédiés à la gloire du Business et du Pognon.
    Toujours pareil, l’écologie étant devenue une marie-couche-toi-là il ne faut pas s’étonner de tout ça. Les archis comme les autres exploitent le filon. En nous pondant des villes «vertes», avec des tours végétalisées, des jardins suspendus, des pistes cyclables pour les trottinettes électriques, et autres foutaises du genre.
    Toujours pareil, des projets et des innovations (à la con) ! «Des projets pilotes à l’échelle d’une décennie devront pouvoir déroger aux normes habituelles qui brident l’innovation par principe de précaution et court-termisme politique». Que Biosphère traduit à juste raison par : «donnez moi le pouvoir, fi du principe de précaution, vous allez voir ma capacité d’innover.» Toujours pareil, ici comme ailleurs, des YACA et des FAUCON !
    En attendant, nous pouvons toujours rêver à ce «mouvement inverse», aux jardins pour tous, à la revitalisation des campagnes etc. Et à Illichville.

    De toute façon ces tribunes dans le journal Le Monde ne sont que mascarades. Lire le petit encart en bas P7 de La Décroissance de ce mois-ci : «Ecrire des tribunes sur les sites de Le Monde-Libération-Le Figaro (Le Libémonde), c’est renforcer le contrôle par le web des 10 millionnaires qui possèdent les grands médias. » Et en commentant tout ça, nous tous ici faisons de même.

  2. Quel prêchi prêcha pédant , M. Chiambaratta , ingénieur et urbaniste de son état , caramba !
    Taratata , une grande ou moyenne ville est un cauchemar démographique , énergétique , sécuritaire et environnemental et vos idées de bobo libertarien à haute densité en développement durable et végétalisation effrénée n’ y changeront rien !
    L’ ingénieur productiviste et naturellement progressiste point sous le verbiage sociologique du radoteur typique de notre époque merdique 😒😒😒
    Je suis bon prince , M. Chia… , un des éléments clés de la solution consiste en une forte réduction de chiffre de population mais il y en a d’ autres comme la sobriété 😊😊

    1. Je ne sais pas si cet archi est à ranger dans le panier «bobo libertariens», d’ailleurs je ne sais pas de quoi il s’agit. Serait-ce une autre famille, ou alors une sous-famille de «gauchos» ou autres ? Peu m’importe. Ceci dit je vous donne raison, le type fait partie de ces progressistes, entendu dans le sens de toujours plus, d’innovations etc. De ceux là nous en trouvons de toutes sortes et d’un tas de couleurs. Vous avez raison aussi au sujet «des éléments clés de la solution», la réduction de la population n’en étant qu’un parmi tant d’autres. Bien sûr il y a aussi la sobriété mais aussi la lucidité et l’honnêteté. L’honnêteté intellectuelle et/ou l’honnêteté tout court. Par exemple avant de sortir (de je ne sais quel chapeau) des chiffres aussi extravagants qu’alarmants, ayons clairement en tête la superficie nécessaire pour nourrir correctement tant d’être humains. Regardons «chez nous» en France pour commencer et de là essayons de voir le nombre d’êtres humains que la Terre pourrait réellement nourrir (et non gaver). L’archi dit «Les villes consomment 80 % des ressources de la planète sur seulement 2 % de sa superficie». Et pourtant il se focalise sur les villes. C’est normal c’est son job. Egalement, avoir clairement en tête ce chiffre de 500 esclaves 24/24 (voir Jancovici), avoir clairement en tête que dans nos pays dits riches, développés, nous nous sommes salement embourgeoisés. Et des bourgeois, là aussi nous en trouvons de diverses sortes et d’un tas de couleurs.

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